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Masters of Horror : les vrais adieux de John Carpenter au cinéma d’horreur ?

Par Geoffrey Crété
1 novembre 2020
MAJ : 21 mai 2024
6 commentaires

La Fin absolue du monde (Cigarette Burns) de John Carpenter est l’un des épisodes les plus marquants de l’anthologie Masters of Horror.

Photo Cigarette Burns (La Fin absolue du monde) de John Carpenter

Retour sur un épisode culte de la série d’anthologie horrifique Masters of Horror, où sont passés de grands réalisateurs du genre. Notamment John Carpenter, avec La Fin absolue du monde (Cigarette Burns), mené par Norman Reedus (The Walking Dead).

Masters of Horror était un fantasme pour les amateurs de films de genre entre 2005 et 2007 : une série d’anthologie composée d’histoires horrifiques, filmées par des cinéastes de renom. John Carpenter, Takashi Miike, Tobe Hooper, John Landis, Lucky McKeeJoe Dante ou Dario Argento ont ainsi eu carte blanche lors de deux saisons diffusées sur Showtime, et chapeautées par Mick Garris.

Née suite à différents dîners organisés par Garris avec les maîtres de l’horreur, la série a connu deux saisons de 13 épisodes avant d’être annulée. Le créateur a bien tenté de renouveler l’expérience sur NBC avec Fear Itself, sur la même idée et avec le retour de quelques réalisateurs, mais l’anthologie n’a pas dépassé une saison. Masters of Horror reste donc un objet précieux pour les amateurs, qui peuvent depuis contempler ces petits trésors plus ou moins saisissants et mémorables.

Parmi les épisodes marquants, qui a divisé à l’époque : La Fin absolue du monde (Cigarette Burns), épisode 8 de la première saison, et premier des deux épisodes réalisés par John Carpenter. Un moment vertigineux, qui sonne comme des adieux au cinéma de genre pour le cinéaste culte de Halloween, New-York 1997 et Prince des ténèbres.

 

AfficheLes maîtres de l’horreur

 

CINEMA GORE ET D’ESSAI

La Fin absolue du monde a beau offrir quelques scènes gore délicieuses, il marque avant tout par son histoire profondément dérangeante et fascinante, centrée sur un film français mythique au pouvoir diabolique.

L’épisode commence avec Kirby Sweetman, incarné par un Norman Reedus pré-The Walking Dead. Propriétaire d’un cinéma, endetté et hanté par le souvenir funeste d’une femme, c’est un chasseur de trésors capable de dénicher des objets de collection rares. Il rencontre l’étrange monsieur Bellinger, interprété par un Udo Kier génialissime : riche cinéphile obsessionnel, il le charge de retrouver une copie de La Fin absolue du monde, un film d’horreur mythique.

Kirby connaît la légende : il n’aurait été projeté qu’une fois, en ouverture du festival de Sitges, où le public est devenu fou. Le gouvernement a ensuite saisi le film pour le détruire. Sauf qu’il en existe encore une copie.

 

Photo Cigarette Burns (La Fin absolue du monde) de John CarpenterLa Neuvième porte vers la bobine

 

Parce que l’affaire n’est pas encore suffisamment étrange, Bellinger montre à Kirby l’un des accessoires du film, qu’il garde précieusement dans une pièce de sa luxueuse maison : un homme aux allures d’ange. Il a coupé les ailes de la créature pour les accrocher dans son bureau, et la maintient à peine en envie, enchaînée. La chose explique à Kirby qu’il est lié au négatif, et que son existence prouve que La Fin absolue du monde est encore là. Kirby négocie une récompense de 200 000 dollars et se lance à la recherche de la précieuse pellicule. 

Du bureau d’un critique de film devenu fou aux hangars obscurs de Rosny-sur-Seine en région parisienne, John Carpenter créé une vraie dynamique de film autour d’une enquête à la Neuvième Porte. Le cinéaste n’avait pas réalisé depuis Ghosts of Mars en 2001 et n’a depuis réessayé qu’avec The Ward (même s’il a participé au Halloween 2018), mais La Fin absolue du monde témoigne d’un vif désir de plonger dans une histoire tortueuse aux dimensions cinématographiques.

 

PhotoAnge et démon indeed

 

ENTRE LA FOLIE

Comme une version hardcore de The Ring croisée avec L’Antre de la folie, petit bijou de Carpenter, l’épisode tourne ainsi autour du pouvoir fulgurant de l’image. A la question de la violence au cinéma qui serait potentiellement responsable de celle de son public, le réalisateur répond en montrant que l’image n’est qu’un miroir, qui ne révèle rien d’autre que la véritable nature du spectateur monstrueux.

« Une chose se passe quand on pointe la caméra vers quelque chose de terrible : le film gagne du pouvoir », explique le bourreau de banlieue. 

Ce n’est pas un hasard si l’épisode de Carpenter, écrit par Drew McWeeny et Scott Swan, tourne autour d’un film français : le cinéaste spécialisé dans l’horreur et le fantastique a vite été considéré comme un auteur et pas un simple faiseur de notre côté de l’Atlantique. Quand le bourreau déclare avoir transformé l’horreur (une femme décapitée) en art (la scène, l’une des plus marquantes de l’épisode), difficile de ne pas y voir une métaphore sanglante de sa carrière.

 

Photo Cigarette Burns (La Fin absolue du monde) de John CarpenterLa critique saisie par Carpenter

 

C’est pour cette raison que La Fin absolue du monde est un épisode fascinant : il va au-delà de l’exercice de style, de la parenthèse horrifique, pour offrir une fenêtre étonnante sur le cinéaste et le film de genre.

L’histoire s’ouvre avec des mots lourds de sens : « Un film est magique. Et entre les bonnes mains, une arme ». Sous ses airs de série B, le cinéma de John Carpenter est politique, des fantômes de Fog sacrifiés pour bâtir une petite ville parfaite, aux lunettes aliens et anti-capitalistes d’Invasion Los Angeles. Ses créatures, ses monstres, ses tueurs, sont des vecteurs de frissons mais également de sens. C’est pour les fans une évidence, que le réalisateur met ici en scène avec une maturité et une noirceur saisissantes.

 

Photo Cigarette Burns (La Fin absolue du monde) de John CarpenterUn, deux, trois soleil

 

ROI DES TÉNÈBRES

La Fin absolue du monde est certainement imparfait. Loin de la sobriété élégante de ses meilleurs films, John Carpenter pèche par excès d’ambition, se reposant trop sur les dialogues explicatifs sans laisser suffisamment de place au mystère pur.

Lorsque l’épisode déballe l’horreur, il y a de quoi ravir les yeux gourmands avec quelques scènes puissantes, comme la fin du grandiose Udo Kier avec ses intestins. Le résultat est moins heureux lorsque avec les apparitions de l’amour de Kirby, qui flirtent trop avec la série B (dans les effets et les intentions) pour fonctionner avec la tonalité globale.

 

Photo Cigarette Burns (La Fin absolue du monde) de John CarpenterQue tu reçois ton contrat pour The Walking Dead

 

Il y a aussi l’absence regrettable de John Carpenter à la musique, celui-ci ayant laissé son fils Cody (qu’il a eu avec l’actrice Adrienne Barbeau) s’en charger.

Peut-être moins efficace que certains épisodes instantanément célébrés à l’époque de Masters of Horror, La Fin absolue du monde n’en demeure pas moins l’un des moments les plus effrayants, profonds et envoûtants. Et une oeuvre majeure pour les fans du cinéaste.

 

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Rédacteurs :
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Dirty Harry

Beaucoup aimé cet épisode à l’époque, il y avait un petit coté « conspiration des ténèbres » de Roznak dans ce récit (pour ceux qui ont lu le livre) et des vrais moments gores à en retourner chez le boucher.

Mouais Bof...

J’ai aimé l’épisode comme la série M.O.H.Des épisodes parfois inégaux. Mais un vrai plaisir coupable.

Quant à cet épisode, il fait partie de mes favoris. De toute façon Carpenter avait dit Adieu au cinéma horrifique bien avant Cigarette Burns avec les très médiocres Vampires et Ghost Of Mars.

Mais bon Big John reste l’un de mes réal favoris.

RobinDesBois

Vampires médiocre ? C’est l’un des meilleurs film de vampires de tous les temps !

Mouais Bof...

@Robin desbois

Pas du tout aimé.

James Wood est une caricature du mâle alpha. Baldwin est insupportable.

Sauf Shery lee ,qui a son habitude,est toujours aussi stupéfiante.

Je me suis remis à matter tous les carpenter. et oui j le dis ,il est même mauvais. Quand on a kiffé In the mouth of madness, The Thing, They Live, Assault, Escape New York and LA, Prince of Darkness et j’en passe, on attend toujours beaucoup de Big John.

En film de vampire, je préfere ,et de loin les Blade,(surtout le 1er) Entretien avec un vampire, Morse , Le Nosferatu d’Herzog. Celui de Carpenter ne fait pas partie des meilleurs du genre pour moi.

Dario 2 Palma

VAMPIRES imparfait certes mais une bonne série B hargneuse avec un casting presque royal, je le préfère en tout cas à ce médiocre ‘La fin absolue du monde » où Carpenter refait laborieusement L’ANTRE DE LA FOLIE , pas aidé par des acteurs pas terribles (n’est pas Sam Neill qui veut!) …Carpenter n’apparait pas très à l’aise « confiné au petit écran, il est fait pour le CINEMASCOPE!
Ses collègues des Masters of Horror enfin certains d’entre eux s’en sont bien mieux sortis:
Joe Dante, Dario Argento, John Landis…