Entourage Saison 1

Sandy Gillet | 20 février 2008
Sandy Gillet | 20 février 2008

Entourage est parti d'une envie : celle de raconter l'histoire d'une jeune star montante à Hollywood. Jusque là rien de très folichon si ce n'est qu'au détour du générique on aperçoit le nom de Mark Wahlberg en tant que producteur exécutif. Recherche effectuée via la petite featurette présente sur le second disque de cette édition, Entourage est en fait librement inspiré de la déjà très prolixe carrière de l'acteur qui a débuté dans le métier très jeune. On se dit alors que le show mérite que l'on s'y attarde davantage. Et à l'arrivée on ne le regrette pas tant cette très courte première saison (au regard des standards habituels de la chaîne HBO, commanditaire de la série), 8 épisodes de 25 minutes, détonne tout en plantant le décor : autour de la star gravite ses trois meilleurs amis qui tout comme lui ont quitté leur Queens natale pour venir s'installer à Beverley Hills. Si chacun « profite » à sa manière de la renommée naissante de Vincent Chase (le bellâtre Adrien Grenier que l'on a pu voir dans Harvard Story aux côtés de Sarah Michelle Gellar), tous ne pensent qu'à une chose, s'assurer de la réussite de sa carrière sans arrière-pensées. 

 

 

C'est cet équilibre au sein d'une ville qui ne l'est pas qui fait tout le piment de cette première saison. Il y a ainsi Eric, appelez-le E – prononcez i, –qui s'affirme peu à peu comme étant le manager de Vincent (Kevin Connoly entraperçu dans N'oublie jamais), Johnny « Drama » Chase, le frère de Vincent, un acteur un peu raté qui a bourlingué sa carcasse bodybuildé dans quelques séries mineures (Kevin Dillon, formidable à tout point de vue), Turtle le plus parasite de la bande mais qui permet à tout ce petit monde de ne jamais oublier d'où ils viennent (Jerry Ferrara, un peu inconnu au bataillon mais dont la présence devant la caméra est indéniable). Sans oublier l'agent de la star, le bien nommé Ari Gold (énorme Jeremy Piven que les plus branques d'entre nous n'ont de cesse d'avoir en mémoire sa prestation hallucinée dans Very bad things), aussi parvenu qu'efficace dans un job qui symbolise à lui seul Hollywood. Hollywood justement que la série dépeint au plus près avec ses stars et starlettes, ses beuveries et coucheries. Tout y est jusqu'aux « guest » qui agrémentent chaque épisode, de Mark Walhberg himself à Scarlett Johansson, en passant par Jessica Alba ou encore Val Kilmer en gourou hilarant. Et la seconde saison s'annonce encore plus riche.

 

 

En un peu plus de deux heures on est donc séduit, voire même accroc. C'est que depuis son canapé on assiste, médusé, au revers de la médaille d'une ville de tous les extrêmes. Non que l'on ne s'en doutait pas, mais de là à oser le montrer aussi crûment, il y a un pas qu'HBO a franchi de la manière la plus naturelle possible, au risque peut-être même de se tirer une balle dans le pied (la chaîne fait en effet partie intégrante du décor). Bien entendu, on se dit aussi que tout ce qui est montré n'est certainement que la partie immergée de l'iceberg, avec pour espoir que la saison 2 plongera un petit peu plus vers des zones d'ombre obligatoirement moins glamours. Car c'est bien là la limite d'Entourage qui ne se veut pas critique mais juste lucide, tout en assurant une bonne dose d'entertainment, car il ne faut surtout pas lasser l'audience WASP (pas un black à l'horizon comme si Hollywood restait la dernière citadelle white CSP++) qui se doit tout de même de rêver à cette vie faite de strass et de paillettes. Au-delà de sa limite, c'est donc bien d'ambivalence dont il s'agit ici où il faut montrer certes mais sans démontrer et être voyeur sans plus.

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