Rambo : qui a pu oublier l'affreuse série animée, copie honteuse de G.I. Joe ?

Christophe Foltzer | 6 septembre 2020
Christophe Foltzer | 6 septembre 2020

Rambo, c'est une saga de films, mais aussi une série d'animation oubliée, dans les années 80.

Rambo et Sylvester Stallone, c'est une longue histoire, qui s'étend de Rambo en 1983 à Rambo : Last Blood en 2019. C'est l'un des rôles les plus emblématiques de l'acteur, avec tout ce que cela comporte de surprises et de déceptions (voir notre critique du dernier volet en date, juste ici). Mais il nous restait encore une "oeuvre" à traiter dans notre rétrospective de la saga. Et, accrochez-vous, parce qu'on va parler de Rambo: The Force of Freedom.

Générique !

 

 

KIDS FRIENDLY

Rambo et Rambo II : La Mission ayant fichtrement bien cartonné, respectivement en 1982 et 1985, il ne faisait aucun doute que le vétéran le plus énervé des États-Unis reviendrait à un moment ou un autre. Mais avant que notre viandard aille nettoyer l'Afghanistan des méchants Russes, il s'est dit qu'il devait aussi éduquer les enfants aux hautes valeurs morales américaines ; défendre la veuve et tous ses orphelins, militer à l'heure du goûter et transformer toutes les têtes blondes en machines de guerre sévèrement burnées. 

C'est ainsi que naît le projet d'une série télé animée au milieu des années 80 sous l'impulsion du scénariste Michael Chain. La série ne débute pas immédiatement, mais prend d'abord la forme d'un téléfilm en 5 parties, diffusé à partir de septembre 1986 aux États-Unis avant de laisser sa place à une unique saison pour un total de 65 épisodes. Dans le fauteuil du producteur, la société Ruby-Spears, spécialiste d'adaptations foireuses puisqu'on lui doit aussi le dessin animé Punky Brewster et celui adaptant Police Academy.

Et évidemment, la mythologie du personnage doit subir un bon gros lavage des familles, parce que présenter une série animée destinée aux enfants avec un vétéran qui tue indistinctement des flics américains et des soldats vietnamiens, qui traque sans relâche et répand de la barbaque à la moindre occasion, ça ferait franchement mauvais genre.

 

photo RamboChacun sa guerre

 

LA FORCE DE LA LIBERTÉ

Dans cette version, si Rambo est toujours un militaire, il n'est plus un vétéran traumatisé, mais plutôt un "combattant de la liberté". C'est d'ailleurs le Colonel Trautman qui loue ses services pour qu'il prenne la tête de la Freedom Force, organisation secrète chargée de maintenir la paix mondiale.

C'est ainsi que Rambo se retrouve avec une série de collègues assez exotiques comme Edward 'Turbo' Hayes, pilote afro-américain et mécanicien de génie ou K.A.T. Taylor, militaire asiatique maitresse dans le déguisement et les arts martiaux, grandement inspirée de la Co-Bao de Rambo II et love-interest potentiel du héros.

 

photo RamboLe héros de toute une génération

 

On trouve aussi White Dragon, un gentil ninja, frère jumeau d'un méchant ninja noir, TD Jackson, un ancien joueur de foot américain et ami de Rambo, tout autant que Chief, un amérindien qui veut préserver ses racines. Ne manque plus que l'enfant et le chien et nous avons une escouade Benetton de type classique.

Évidemment, face à eux, une terrible organisation s'élève : S.A.V.A.G.E. (pour "Specialist-Administrators for Vengeance, Anarchy and Global Extortion" sans déconner), menée par l'affreux Général Warhawk (un sale Européen aux relents allemands) entouré d'à peu près tout ce que la Terre a engendré de raclures comme Gripper, ancien Légionnaire pourvu d'une griffe mécanique à la place d'une main ; Nomad, un terroriste du Moyen-Orient et, évidemment, des robots et des bikers.

 

photo RAmboDes méchants vraiment très, très méchants. Et moches, en plus

 

G.I. RAMBO

Évidemment, les plus anciens lèveront un sourcil à ce court résumé parce que ça rappelle quand même vachement quelque chose, qui est sorti à la même époque en plus. Et ils ne se tromperont pas puisque la série Rambo est avant tout une grosse repompe des G.I. Joe. Qu'il s'agisse de son postulat ou de sa direction artistique, cette Force de la liberté frôle dangereusement avec le plagiat et poursuit exactement le même objectif : vendre des jouets.

 

photo RAmboDes robots !

 

Parce que la série de Ruby-Spears est avant tout une excuse pour capitaliser et élargir l'influence de la marque. Comme toutes les séries américaines de l'époque (ça n'a d'ailleurs pas vraiment changé depuis), elle n'est qu'un prétexte pour présenter une gamme de jouets, ce qui explique ses personnages un peu loufoques et outranciers, capables de faire des ravages dans les cours d'école. Ironiquement, la gamme de produits dérivés durera plus longtemps que la série elle-même.

 

photo RamboLe vrai objectif de la série, les jouets

 

BEUUUUAAAAAAAAARH

Avec un concept aussi opportuniste et pété de la carafe, on pense bien que la vie de la série Rambo : la force de la liberté n'a pas été des plus paisibles. Et c'est totalement vrai puisque, outre son lavage en profondeur, il fallait encore convaincre les parents que le spectacle était inoffensif pour leurs rejetons.

Si l'action était au rendez-vous et que Rambo n'était jamais le dernier à y utiliser de grosses pétoires, personne ne mourait et aucun filet de sang n'était versé.

 

photo RamboÇa va péter, mais gentiment

 

Et c'est assez troublant de se dire qu'une saga aussi violente et classée R aux États-Unis (donc interdite aux moins de 17 ans non accompagnés d'un adulte) s'est transformée aussi facilement en programme pour toute la famille. Ce qui ne l'a pas empêché de connaitre quelques polémiques puisque plusieurs parents n'ont pas hésité à manifester leurs inquiétudes en craignant que la série ne transforme leurs bambins en créatures assoiffées de sang. 

 

photo Rambo"Aaaaaaaaaah noooon, pas les bouleeeeeeeetttteuh"

 

Histoire de bien coller au modèle en vigueur à l'époque, Rambo n'hésitait jamais à conclure ses aventures par une petite leçon de morale bien américaine pour que les spectateurs restent dans le droit chemin, ce qui est quand même très rigolo quand on connait le parcours du personnage et son fond thématique.

D'ailleurs, au passage, il ne souffre plus de choc post-traumatique, ça faisait probablement mauvais genre pour l'ami des enfants. Et puis, tant qu'à faire, on ne parle pas du tout de la guerre du Vietnam et de son douloureux passif là-bas. Il ne faudrait pas qu'en plus les gamins apprennent que leur pays a fait des trucs moyens cools avant leur naissance.

 

photo RamboMaintenant, ça va chier

 

Diffusée chez nous par Canal + en 1987 puis par La Cinq en 1991, Rambo : la force de la liberté est tout ce qui se fait de pire en matière de merchandising excessif. Mal gérée, mal produite, opportuniste, dénaturant totalement son matériau d'origine, elle fait partie de ces saloperies qui, malheureusement, acquièrent un côté touchant avec les années qui passent. Mais ne vous y trompez pas, c'est totalement ridicule et sans intérêt. Finalement, il n’est pas si mal ce Rambo : Last Blood...

 

photo Rambo

commentaires

Dsluc
09/09/2020 à 13:03

Je me souviens avoir vu quelques épisodes de cette série sur la Cinq. Evidemment, à l'époque je l'avais trouvée très sympa. Avec le recul, je me dis, qu'il fallait quand même oser feire un personnage d'anim sur Rambo! Il n'y a qu'Aux Etats Unis qu'on peut voir ça avec l'approbation des parents.
Sinon tout pareil, j'ai un excellent souvenir de la 1ère série animée SOS Fantômes que mes parents tentaient de m'empêcher de voir. Si quelqu'un a une idée pour retrouver les épisodes autres que ceux en VO qu'on peut trouver sur Youtub, je suis preneur.

Lax69
08/09/2020 à 09:06

Le perso préféré de Trump ?

Luigi
07/09/2020 à 07:56

Les génériques de ces "adaptations" et de la plupart des autres séries animées étaient plutôt bien foutu graphiquement mais des que l'épisode commençait la c'était la bouille visuelle...

Krakenstein
06/09/2020 à 22:01

@ vida18

SOS Fantômes était quand même canonissime, comme série : je la préfère même aux films, c'est dire !
J'ai eu plus du mal avec Extreme Ghostbusters ; C'est con parce j'adore la nouvelle équipe ! Et ce générique...

brucetheshark
06/09/2020 à 21:49

Tiens, j'avais un bon souvenir de la série Police Academy moi... Mais bon, j'étais très jeune et ai découvert ça avant les films donc ça doit jouer ^^"

Yotsu
06/09/2020 à 20:48

Dites-vous qu'il y a même eu un dessin animé basé sur Toxic avenger...
Mais des dessins animés tiré de film y en a un sacré paquet: SOS Fantômes, RoboCop, Betteljuice, l'histoire sans fin, Men in black, Godzilla, Conan, Rambo, Evolution, King Kong, Retour vers le futur, Ace ventura, The mask, Dumb & Dumber, Karaté kid, la momie, Osmosis Jones, Police academy, la planète des singes, Casper (suite au film pas la série d'origine), la guerre des étoiles (depuis la série les droïdes et Les Ewoks). Et je ne compte pas les spin off ou série animé déjà basé sur des long métrages animés. Ce qui est parfois sympathique et plus agréable à regarder en VF c'est que parfois celle-ci se paye le luxe de reprendre les même comédiens principaux que dans les films.

Louig
06/09/2020 à 19:54

Jamais vu non plus (contrairement à Conan qui était assez sympa d'ailleurs) mais apparemment j'ai rien manqué ^^
Pour revenir sur GI Joe, autant les jouets étaient masterclass autant le DA était dégueulasse.

RiffRaff
06/09/2020 à 17:49

Ca s'est beaucoup fait, outre ghostbusters et robocop, déjà cités on avait eu Highlander, Conan, Beetlejuice et même un projet non abouti d'Aliens

Lex Bathor
06/09/2020 à 16:17

Alors j'ai beau chercher, autant je me souviens de M.I.B ou Ghostbuster, autant je n'ai aucun souvenir de ça...

Par contre arrêté votre rabaisse de Last Blood... Au vu du contexte, je le trouve mieux que le 3 même ????

vida18
06/09/2020 à 16:16

@ Numberz

Pas vu la série animée S.O.S Fantômes hélas mais j'avais adoré quand j'étais gamin Extrême Ghostbusters.

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