Kingdom : les zombies coréens de Netflix ne font pas de prisonniers !

Simon Riaux | 28 janvier 2019 - MAJ : 28/01/2019 15:55
Simon Riaux | 28 janvier 2019 - MAJ : 28/01/2019 15:55
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Décidément, il suffit que la figure du zombie paraisse complètement desséchée pour que sa résurrection s’opère, précisément par là où on ne l’attendait plus. C’est donc du côté de Netflix et de la Corée médiévale que les morts-vivants nous font désormais de l’œil, via Kingdom.

ATTENTION (petits) SPOILERS 

 

photo, Ryu Seung-ryongLes officiels du régime tentent de maquiller une crise... contagieuse

 

HARD ZOMBIE

Série de six épisodes intégralement mise en scène par Kim Seong-hun, Kingdom nous immerge au cœur de la dynastie Joseon, alors qu’un prince tenu à l’écart du pouvoir tente de comprendre la vérité quant à l’état de son suzerain de père. Il va bientôt faire face à une épidémie, tandis que les têtes pensantes du régime font leur possible pour garder le pouvoir tout en maquillant la crise qui s’annonce.

Le réalisateur de A Hard day et de Tunnel retrouve avec le scénario de Kim Eun-hee plusieurs éléments qui ont fondé son cinéma jusqu’ici. D’une part, il a ici les coudées franches pour décortiquer une nouvelle fois le fonctionnement absurde, voire franchement pervers, d’un appareil d’état incapable de saisir les enjeux sur le point de broyer le péquin moyen. Parallèlement, il renoue ici avec l’énergie brute de A Hard day, cette construction furibarde qui lui permet d’interconnecter des séquences aussi intenses que spectaculaires, au gré d’une série de décharges cinétiques surpuissantes.

 

photo De l'importance de garder son calme

 

Et c’est d’ailleurs tout l’objet de Kingdom, au-delà de l’adrénaline et de la frousse. En effet, on apprécie dans cette intrigue, le désir de représenter physiquement comment la corruption d’une classe dirigeante inocule littéralement au sein du corps social des comportements de prédation qui menacent la société dans son ensemble. Dans le contexte de production de la Corée contemporaine, soit celui d’un pays marqué par la chute et la corruption d’une partie de ses élites, ce type de logique vient enrichir encore une trame déjà bien riche comme il faut.

 

CE QUI NE ME MANGE PAS...

C’est cette énergie qui porte l’ensemble, et lui permet de faire coaguler des éléments traditionnellement opposés. Ainsi, malgré sa brièveté et sa narration ramassée, la série parvient avec brio à mêler des ingrédients très hétéroclites sur le papier. Vrai drama qui pousse à fond les potards sentimentaux, l’ensemble assume totalement sa dimension romanesque, mais aussi une certaine verve aventureuse, et un sens de l’action parfois échevelé.

 

photoDes zombies extrêmement motivés

 

Toutes ces facettes se conjuguent étonnamment avec le sincère amour du zombie dont fait preuve Kim Seong-hun, qu’il accompagne d’une cruauté bienvenue. Tout d’abord ses zomblards sont forts différents de ceux auxquels nous a habitué le cinéma occidental. Créatures de la nuit, ils structurent le récit, en poussant les protagonistes à tenter d’user de leur intelligence le jour, pour mieux les confronter à un déchaînement de violence nocturne.

Déferlement qui ne vire pas franchement dans le gore, mais conserve de bout en bout une excitante dimension organique. Les morts-vivants convulsent, bavent et vomissent, grognent, rugissent… Bref, leur expressivité va bien au-delà du grognement mal mixé tel que nous en avons pris l’habitude. Enfin, qui dit zombies, dit effet de masse et cruauté, deux éléments ici utilisés avec intelligence. Les parents boulottent leurs enfants, on entasse des quantités de cadavres, et des décors aussi simple qu’une grange ou un champ sont rapidement transformés en centrifugeuses à cauchemar.

 

photo, Ju Ji-hoon UN personnage qui met du temps à se trouver

 

... ME REND PLUS MORT 

Si tout cela est des plus réjouissants, soyez prévenus que cette orgie d’aventure horrifique ne débutera véritablement qu’à la fin du deuxième épisode, alors que le spectateur assiste à la deuxième attaque de cadavres, et premier véritable massacre dans les règles de Kingdom. En effet, si dès son troisième chapitre, le show nous embarque pour une autoroute du fun sans péage, où nous dérapons de flaque de sang, en duel historique, sans oublier de pédaler dans la semoule de tripes, il faudra d’abord se fader une interminable introduction.

 

photoLe calme avant la tempête (de viscères)

 

La faute à des personnages qui sentent plus l’eau de rose que la grande fresque fantastique, Kim Seong-hun, Kingdom ne peut tout de suite se lâcher et nous embarquer, condamner à donner un peu de chair et de consistance à ses personnages. Il n’y parviendra d’ailleurs pas totalement, comme en témoigne la pauvre Doona Bae, qui paraît ici curieusement sous-exploitée. Quant au prince joué par Ju Ji-hoon, il lui faut (au moins) deux épisodes avant de parvenir à faire de son personnage d'héritier malmené autre chose qu'un gant de toilette un peu sec.

En l’état, la satisfaction à l’issue du visionnage, sitôt l’intrigue lancée, s’avère telle qu’on conseillera à chacun de laisser véritablement sa place à cette production Netflix maline et impressionnante. Signe de sa réussite, Kingdom parvient à surprendre jusque dans ses brèves séquences où des humains se transforment en morts-vivants. Entre pantomime et pur trip horrifiques, elles rythment et cadencent cette odyssée aux débuts ramollos, mais dont il nous tarde déjà de dévorer une deuxième saison.

La saison 1 de Kingdom est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 25 janvier 2019.

 

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commentaires

Moi
01/02/2019 à 03:19

Une putain de série !!
Un scénario qui prend son temps tout en ayant suffisamment de rythme. Des personnages qui s'améliore comme du vin certes archetypaux mais réussis. La photographie m'a parfois laissé sur le cul, y a des plans absolument magnifiques. Les costumes m'ont bien convaincu, assez rare pour le souligner. Les musiques sont très correctes, en raccord avec l'esthétisme dégagé (je suis vraiment tombé amoureux de la photo). Les combats sont relativement bien mis en scène. Et surtout du Zombie à l'orientale qui fait plaisir. Beaucoup de figurants qui se donnent à fond, crédibles et rafraîchissants.
Ça faisait bien longtemps que j'avais pas été tant frustré de devoir attendre la saison suivante. Je recommande vivement

Chingchang
31/01/2019 à 09:23

Quel ennui cet serie

maski mask
29/01/2019 à 14:59

kingdom n'a rien a envier a the walking dead d’ailleurs je comprend pas pourquoi certains journaliste l'appelle le walking dead de netflix, pour moi c'est très différent de walking dead on d'un coté des zombies lents et de l'autres des créature de la nuit (ou presque) en regardant kingdom tu as de la comédie, du suspense de l'horreur de l'action tout se que j'attendais de cette série mais le dernière épisode m'a clairement laisser sur ma faim dieux merci netflix a renouveler pour une saison 2 avant la diffusion de la première

JayT
28/01/2019 à 21:30

Comme Captp j’ai trouvé le pilote vraiment intriguant et intéressant. La série prend son temps pour décoller mais vraiment dans le bon sens des choses.
Cette série est une pure merveille !

Captp
28/01/2019 à 17:45

Bonne surprise (me manque le dernier ep)
J'aime la réalisation et contrairement à l'auteur j'ai bien aimé l'introduction, qui pour une fois dans ce genre de récit, explique bien le pourquoi de ce joyeux bordel.
Petite chose pas précisé...la toute petite dose d'humour très asiatique , j'ai même eu quelque fou rire.

maski mask
28/01/2019 à 17:25

manisfestement tu chercher une meuf, tinder cest fait pour toi

Han Hulé
28/01/2019 à 17:22

Manifestement, tu attends aussi un bon Bescherelle...

maski mask
28/01/2019 à 16:41

les zombie me rappelle ceux de resident evil et un idee comme celle on en trouve pas dans le cinema hollywodien un serie lourd mais le derniere episode ma laisser sur ma fin la saison 2 est acctuellement en tournage et je l'attend de pied ferme

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