Bodyguard : pourquoi la série thriller politique britannique va vous captiver sur Netflix

Alexandre Janowiak | 30 octobre 2018 - MAJ : 30/10/2018 16:55
Alexandre Janowiak | 30 octobre 2018 - MAJ : 30/10/2018 16:55

Diffusée en août et septembre sur la BBC au Royaume-Uni, la mini-série Bodyguard, avec Richard Madden (Game of Thrones) et Keeley Hawes, a explosé les records d'audience.

L'ultime épisode a ainsi réuni 15,9 millions de spectateurs britanniques, du jamais vu depuis 2002 (et le système de mesure actuel). En tout, les six épisodes ont rassemblé plus de 38 millions de spectateurs seulement avec les replays.

Un succès incroyable que Netflix n'a pas voulu manquer. La plateforme s'est ainsi octroyée les droits de diffusion de la série à l'international. Ecran Large ne pouvait pas passer à côté de la série britannique phénomène. Verdict.

 




C'EST QUOI CETTE SÉRIE ?

Bodyguard raconte l'histoire de David Budd. Ce vétéran de guerre, sujet à un profond stress post-traumatique et à une dépression amoureuse, devenu sergent de police travaille comme agent de protection de personnalités.

Après avoir empêché un attentat, il est chargé de protéger Julia Montague, la Secrétaire d'Etat à l'Intérieur britannique. Une femme politique très ambitieuse, ultra-conservatrice et qui porte des valeurs que David rejette profondément. Dans un climat politique hostile et une époque menacée par une vague de terrorisme, la tache s'annonce compliquée.

 

Photo Richard Madden, Keeley HawesDavid Budd et la Secrétaire d'Etat, Julia Montague

 

L'INCONNU DU LONDON EXPRESS

Dès les premiers instants de Bodyguard, impossible de ne pas comprendre pourquoi la série a rapidement rendu accro le public britannique. Un son de mitraillettes résonne sur un fond noir quelques secondes avant de laisser découvrir au spectateur le visage de David Budd, se réveillant en sursaut à bord d'un train qui arrive en gare. Puis, en un seul regard sans aucun dialogue (ou presque) et des cadres fixes, une inquiétude se crée. Une musique stressante, parfois accompagnée de grosse basse rappelant la partition de feu Johan Johannsson dans Sicario, vient appuyer l'anxiété grandissante.

Un comportement suspect va alors mener à l'action du personnage principal (et donc du spectateur) et à la mise en place d'une menace bien réelle. Le montage est calme et réfléchi, à l'image du sang-froid du héros incarné par Richard Madden (malgré son stress post-trauma bien caractérisé pendant la séquence). La narration en temps réel de l'événement permet d'ancrer pleinement le spectateur au coeur de l'action et l'empêche de reprendre son souffle.

Ainsi, en quelques plans, de simples mouvements de corps, des dialogues minimes et concis, une musique dosée à la perfection, un décor oppressant (l'intérieur d'un wagon) et surtout une montée crescendo du suspense, une tension incroyable envahit l'écran.

 

Photo Richard MaddenCet événement du 1er octobre va conditionner le futur de David Budd

 

HAUTE TENSION

Ce genre de séquences millimétrées, où la menace terroriste (ou autres plus tard) se fait pleinement ressentir, la série de Jed Mercurio en offrira de nombreuses. Cette force dans la mise en scène des scènes de tension, due au travail remarquable du Français Thomas Vincent et du Britannique John Strickland (à la réalisation de trois épisodes chacun), est sans aucun doute la marque première du succès de Bodyguard.

De cette scène d'ouverture à des scènes d'interrogatoires percutantes, en passant par des attentats avortés, réussis ou ratés, les deux metteurs en scène savent jouer des situations pour étouffer le public dans des cadres inquiétants (notamment celles dans des espaces clos, formidablement optimisées !). Leur maitrise technique est saisissante et à travers une mise en scène toujours très efficace, ils peuvent à tout moment passer d'un calme rassurant à une terreur inattendue.

Par conséquent, le stress est permanent lors du visionnage des six épisodes de la série britannique et pour David Budd ou le spectateur, tout comportement suspicieux devient un risque potentiel. 

 

Photo Keeley Hawes, Richard Madden"Lavande à bon port"

 

HOMELAND SECURITY

Une tension qui, au-delà des scènes d'action ou de suspense, sera présente grâce aux mystères caractérisant les personnages principaux. David Budd, bien évidemment, n'est pas sans rappeler le personnage campé par Damian Lewis dans la série Homeland, et certaines de ses actions nous font douter de sa vraie sincérité.

De l'autre côté, Julia Montague (incarnée par l'excellente Keeley Hawes), semble cacher de nombreuses informations primordiales sur la sécurité du pays à la Met et notamment la section anti-terroriste dans un contexte houleux. Ces zones d'ombre qui amplifient la méfiance constante, sans compter les multiples protagonistes aux actions suspectes, permettent d'instaurer un thriller à plusieurs étages.

Avec une intrigue savamment écrite et une fluidité narrative particulièrement précieuse (des cliffhangers et twists bien sentis), Bodyguard peut ainsi se permettre d'être bien plus qu'un simple thriller. La série développe donc de nombreuses thématiques au-delà du terrorisme : l'état d'urgence, les conflits internes entre les services opérationnels, les complots politiques, les manoeuvres politiciennes qui en découlent, le rôle des médias ou encore les secrets d'Etats...

 

Photo Richard Madden, Keeley HawesEn route pour 10 Downing Street ?

 

Bien sûr, la série de Jed Mercurio n'évite pas tous les écueils du genre et manque parfois de finesse. La complicité entre Budd et Montague et leur rapprochement sont des plus prévisibles par exemple. Cependant, à l'image de l'ensemble de la série, cette intimité entre les deux personnages est loin d'être superflue et conditionne bien des (ré)actions de Budd notamment.

Plus important encore, grâce à certaines de ses manipulations, la série démontre son sens du rythme et sa maestria dans l'art de captiver. Au coeur de la série, au moment même où elle semble s'enfermer dans quelque chose de déjà vu et attendu, la série sait étonner et réussit à rebattre ses cartes admirablement. Le moyen de garder l'attention du spectateur jusqu'au bout et surtout de le faire douter des intentions de chacun ou craindre le pire pour tous, jusqu'au grand final.

 

Photo Richard MaddenRichard Madden est parfait et pourrait bien se placer pour le prochain James Bond

 

Avec une belle maitrise technique, une mise en scène percutante, une intrigue captivante et des personnages très bien écrits, facile de comprendre comment Bodyguard a fasciné le Royaume-Uni en fin d'été et pourquoi Netflix s'est emparé des droits de diffusions à l'international.

Si le show britannique ne révolutionne pas le genre, il est sans aucun doute un des plus efficaces qui nous a été donné de voir cette année sur le petit écran, et ce dans tous les domaines.

La mini-série Bodyguard est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 24 octobre.

 

Affiche officielle

commentaires

Nope
13/11/2018 à 13:29

Très bonne surprise, ça montre ce qu'aurait pu devenir 24 en osant un peu plus qu'en se reposant sur ses acquis.

Jonathan
31/10/2018 à 21:03

Oh le charisme d’huître des acteurs ! Et il y en a qui ont que ça à foutre de regarder des séries comme ça !

empeureur18
31/10/2018 à 20:46

je viens juste de la finir ,cette série est d'une intensité exceptionnelle surtout le final qui m'as fait sursauter plus d'une fois
une bonne série UK dans la lignée des LINE OF DUTY

Andarioch
31/10/2018 à 09:20

Pas vu mais pour revenir sur l'accent, il l'avait déjà très prononcé dans son segment de la série sur K. Dick. Un bonheur.

Yellow submarine
30/10/2018 à 20:41

C’est clair, l’accent est très limité, on dirait qu’il a forcé un poil dessus. D’autant que dans got de mémoire il n’est pas aussi prononcé.

Sinon tres très bonne série.

Triste qu’en France on ne soit pas capable de produire des séries d’aussi bonne qualités

thierry A
30/10/2018 à 20:29

Très bonne mini série, au final bien moins décevant que Condor.
Réal efficace (jouant souvent avec le focus), photo superbe, acteurs impeccable.
L'accent, notamment du héros, est à couper au couteau, merci les st :)

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