Atypical : la saison 2 de la série Netflix est-elle à la hauteur des attentes ?

Mise à jour : 13/09/2018 17:44 - Créé : 13 septembre 2018 - Prescilia Correnti
Photo, Keir Gilchrist, Brigette Lundy-Paine, Jennifer Jason Leigh
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Petite révélation de l’année dernière sortie en catimini, Atypical avait charmé et conquis les spectateurs. L’exploit est-il renouvelé pour cette saison 2 ?

Rare sont les séries qui arrivent à susciter autant d’empathie et d’affection dès leur première diffusion. Atypical fait partie de ces petites pépites télévisuelles qui ne bénéficient pas d’une aussi grosse publicité que des shows tout autant teenagers comme The InnocentsInsatiable ou encore Riverdale, et qui mérite le détour. La création de Robia Rashid revient donc dans une saison 2 encore plus touchante, mature et équilibrée que la précédente (malgré quelques fausses notes).  

ALERTE SPOILERS

 

 

RENTRÉE SCOLAIRE

La série reprend là où elle avait lâché son spectateur. Casey (Brigette Lundy-Paine) va devoir se confronter à sa nouvelle école guindée. Elsa (sublimement jouée par Jennifer Jason Leigh) va devoir subir les conséquences de son adultère, tandis que Doug (Michael Rapaport) va réellement prendre conscience de l’impact de l’autisme de son fils sur sa vie, et sur celle des autres. Sam quant à lui, est toujours déterminé à trouver l’Amour avec un grand A mais devra aussi palier l’une des plus grandes peurs des étudiants : son orientation professionnelle.

Sur le papier, Atypical traite ni plus ni moins d'une famille qui explose et vole en éclat. Rien de très original et pourtant, la série de Robia Rashid réussit à captiver grâce son grand réalisme et sa vraisemblance. Chaque instant qui se passe – que ce soit la réaction de la jeune adolescente face à l’image désabusée de sa mère, que du mari trompé et humilié – pourrait exactement se dérouler de la même manière dans la vie réelle. Au lieu de dépeindre une série sur le spectre émotionnel d’un adolescent et la centrer uniquement sur son protagoniste principal Sam, Atypical sait aussi occuper l’espace avec des personnages secondaires touchants et charismatiques.

Parce que chaque famille est singulière, Atypical arrive savamment à jongler entre les différents traits de caractères de ses personnages, à les faire grandir, mûrir et évoluer.

 

photo, Keir GilchristL'élève et son maître

 

SUBIS MA FAMILLE

Outre le personnage de Sam, toujours campé par un brillant et époustoufflant Keir Gilchrist, c’est surtout le personnage de Casey qui interpelle. Toujours aussi bien incarnée par Brigette Lundy-Paine, la jeune adolescente est clairement l’un des points forts de cette nouvelle saison. Alors qu’elle traverse une quête identitaire majeure, sa manière de réagir à l’autisme de son frère est aussi forte que pertinente. Tandis que dans les premières saisons, elle tentait de prendre sa défense en s'affirmant comme une deuxième maman poule, ici, elle retrouve son caractère adolescent - et parfois immature - en changeant son comportement, auprès de son frère depuis que sa famille a explosé.

« Il faut que je continue de le faire chier, ça fait partie du processus » dit-elle après une frasque contre Sam. Malgré une belle lancée, la série se plante en dernière partie lorsqu’elle perpétue dramatiquement le stéréotype de la jeune fille garçon manqué, qui est en réalité une lesbienne refoulée. Ou du moins, qui semble le devenir.

 

Photo, Keir Gilchrist, Brigette Lundy-PaineDéfinition de faire chier son monde

 

De son côté, le père de la fratrie, Doug (Michael Rapaport), s’implique plus que jamais dans la vie de son fils. Alors que la séparation détruit émotionnellement Elsa, Doug s’en sort grandi, et petit à petit, va se remettre en question et s’interroger sur la notion d’autisme. L’exemple le plus frappant est sans nul doute lorsque Sam, alors qu’il dort chez un ami, est pris d’une peur panique et souhaite rentrer chez lui. Apeuré et paniqué, il croise la route d’un policier sur le chemin du retour. S’en suit alors un quiproquo dramatique, où Sam tentera simplement de passer inaperçu alors que l’agent de police le prendra pour un déséquilibré et le mettra presque au sol de force.

Cet épisode compliqué, aura en tout cas un impact titanesque dans la tête du père de famille qui comprend alors à quel point les services de police, de santé, ou publics ne sont que très peu informés face à ce genre de troubles mentaux. L’épisode fait d’autant plus grincer des dents lorsque le policier refuse catégoriquement de reconnaître son erreur.

 

photo, Jennifer Jason Leigh, Keir GilchristRegard de jugement et de désapprobation

 

VIS MA VIE

Enfin, comment ne pas terminer sans parler de Sam Gadner, l’héros atypique mais ô combien touchant de cette série ? Bien qu’il eût toujours été, et soit encore, au centre de la narration et explicitement montré, l’autisme de Sam prend encore plus d’ampleur au fil des épisodes. Alors qu’il tente désespérément de remplacer son ancienne thérapeute (Amy Okuda), le jeune homme va très vite se confronter à d’autres adolescents atteint du même syndrome.

Parfois délicate et candide, la série n’hésite pas non plus à montrer les hauts et les bas (surtout les bas) de l’autisme de Sam. Au centre, sa relation conflictuelle, toujours compliquée, avec les autres élèves qui le prennent pour un monstre ou pour l’idiot du village. Mais aussi celle avec sa sœur, qui souffre de plus en plus de ses tocs, avec ses parents et en particulier de sa mère (qui décidemment aura pris des sacrés revers de manche lors de cette saison, augmentant son capital sympathie).

 

photo, Brigette Lundy-Paine, Michael RapaportUne famille normale, avec ses hauts et ses bas

 

Mais Sam est décidé à aller de l’avant, prouvant à sa mère, beaucoup trop protectrice (voire étouffante), et à lui-même, qu’il peut s’en sortir et y arriver par ses propres moyens. Une jolie leçon de courage, puisqu’il n’y arrivera pas du premier coup. Il tombera, se relèvera, prendra la fuite pour retrouver la sécurité du cocon familial mais finalement prendra conscience de son potentiel et commencera à voler de ses propres ailes.

Somme toute, Robia Rashid nous prouve qu’elle connaît et maîtrise à la perfection ses personnages. Par le biais d’une écriture fluide et maîtrisée, d'une caméra intimiste, l'utilisation de couleurs chaudes, et de ses héros, Atypical est une série rafraîchissante dans le paysage télévisuel moderne d’aujourd’hui, et qui fait chaud au coeur.

La saison 2 d'Atypical est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 7 septembre 2018. La saison 1 est toujours disponible également.

 

Affiche officielle

commentaires

Alexandre Janowiak - Rédaction 17/09/2018 à 17:25

@jessicame

la saison 3 n'a pas encore été commandée par Netflix... Mais l'année dernière la saison 2 avait été commandée un mois après la diffusion de la saison 1 donc pas d'inquiétude...

jessicame 17/09/2018 à 16:28

es qu'il aura la saison 3 de atypical ?

ZEN!! 14/09/2018 à 11:35

@Geoffrey Crété
Merci pour votre réponse. Je trouve que cette septième saison est la meilleure avec la première. Elle est passionnante à suivre.
Make AHS great again!

Geoffrey Crété - Rédaction 14/09/2018 à 09:50

@ZEN

Le récap du premier épisode sera publié dans la journée, et on verra après comment on couvrira cette saison - par épisode ou un bilan final.

ZEN!! 14/09/2018 à 08:26

Est-ce qu'un récap sur la septième saison d'AHS est prévu ? Merci d'avance.

ZEN!! 14/09/2018 à 05:59

Cette deuxième saison est pas terrible. Ca tourne vite en rond et n'est pas super intéressant. D'autant plus que l'acteur principal est énervant.

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