Killing Eve : pourquoi il faut regarder cette série d'espionnage, succès surprise de l'année

Mise à jour : 14/09/2018 17:04 - Créé : 14 septembre 2018 - Alexandre Janowiak
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Killing Eve a été diffusée sur BBC en mai 2018 et a reçu un superbe accueil critique. La série d'espionnage et de tueurs à gages est d'ailleurs nommée à plusieurs reprises aux prochains Emmy Awards. Alors qu'elle a débarqué sur Canal + ce 13 septembre en prime time, Ecran Large revient sur le phénomène du printemps dernier et vous explique en quelques points pourquoi il faut le rattraper.

 

 

C'EST QUOI LE PITCH ?

Killing Eve raconte l'histoire de deux femmes. D'un côté, Eve Polastri (Sandra Oh), une agent du MI5 qui commence à s'ennuyer au travail puisqu'elle bosse dans un simple bureau, et que ses fantasmes d'espionne à la James Bond se sont vites évanouis en n'allant pas sur le terrain. De l'autre, Villanelle, une tueuse à gages qui adore son train de vie, entre luxe et petites planques modestes.

Un jour, un assassinat est perpétré par Villanelle, et Eve est chargée de l'enquête. Les destins des deux femmes, brillantes dans leurs domaines respectifs soit dit en passant, vont alors se croiser. Une rencontre qui va changer leurs quotidiens et leur manière d'agir.

 

Photo Sandra OhUne rencontre aux portes de l'irréel

 

PHOEBE WALLER-BRIDGE

Killing Eve est une série britannique inspirée par les livres Codename Villanelle de Luke Jennings et créée par Phoebe Waller-Bridge. Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose, et pourtant elle est à l'origine de deux mini-séries de grande qualité. Tout d'abord, Crashing diffusé sur Channel 4 (UtopiaMisfits) début 2016 : l'histoire de six jeunes d'une vingtaine d'années, qui décident de cohabiter dans un hôpital désaffecté lors de la crise du logement en Angleterre. Un bon délire au coeur d'une bande de potes un peu déjantée et très efficace.

Mais Phoebe Waller-Bridge est surtout derrière l'excellente mini-série tragi-comique Fleabagpetite sensation de la télé britannique de l'été 2016, où elle était à la fois scénariste, actrice et productrice exécutive. Ici, elle campait le rôle d'une londonienne trentenaire un peu dépassée, en mêlant admirablement l'humour, le drame et les émotions tout en s'amusant avec le 4e mur.

Autant dire que voir la talentueuse scénariste (et comédienne, qui a prêté sa voix à L3-37 dans Solo : A Star Wars Story) se lancer dans une série d'espionnage donne forcément envie.

 

photo, FleabagPhoebe Waller-Bridge dans Fleabag

 

UN TON ACCROCHEUR

Ce qui faisait la force de Crashing et Fleabag, c'était la facilité qu'avait Phoebe Waller-Bridge à mêler les différents genres et les tonalités. Avec Killing Eve, on pouvait s'attendre à un thriller d'espionnage plus classique et plus sérieux. Au contraire : la série s'amuse énormément en s'imposant quelques-uns des codes inhérents au thriller ou au film d'espionnage, tout en intégrant un humour tranchant très amusant.

Ainsi, les réactions des personnages sont parfois très inattendues et les situations tragiques particulièrement cocasses (un voisin retrouvé inerte sur le palier). L'idée de mélanger le tragique au comique, l'angoisse réelle à une certaine forme de décontraction, rend la série originale et assez captivante, notamment grâce à son duo féminin.

 

photo, Sandra OhDes voyages en Russie, en France, au Royaume-Uni...

 

UN SUPER DUO FÉMININ

En effet, autant garder le meilleur pour la fin. Si elle bénéficie d'une superbe ambiance, d'un scénario solide (bien qu'un peu téléphoné) et d'une mise en scène raffinée, la série BBC de Phoebe Waller-Bridge peut surtout s'appuyer sur ses deux actrices principalesSandra Oh et Jodie Comer.

Sandra Oh, qui interprète Eve, s'est faît connaître du grand public grâce à son rôle dans Grey's Anatomy, ou encore dans le film indé SidewaysDepuis, elle n'a plus rien à prouver et ses talents de comédienne sont plus que reconnues. Ici, elle présente toujours autant de belles qualités mais c'est surtout son acolyte-ennemie, Villanelle, qui impressionne le plus.

 

photoJodie Comer, la meilleure carte de Killing Eve

 

Jodie Comer est sans aucun doute le plus bel atout de Killing Eve, Agée de seulement 25 ans, la jeune actrice britannique crève l'écran à chacune de ses apparitions. A travers son regard, sa gestuelle, ses mimics, elle réussit à créer un personnage particulièrement déconcertant. Entre fausse naïveté et véritable cruauté, douce agressivité et violente fragilité, rire inquiétant et sourire séduisant... Villanelle est fascinante. Elle dégage en permanence une forme de magnétisme déroutant, entre crainte et concupiscence.

Plus qu'à sa très belle écriture, cette forme de fascination, le personnage la doit à Jodie Comer, véritable révélation du show et du monde des séries cette année. Si elle est encore inconnue du grand public, elle devrait voir beaucoup de portes s'ouvrir dans les mois à venir. Un futur succès qui serait amplement mérité puisque Jodie Comer est la meilleure raison de regarder Killing Eve.

 

La saison 1 de Killing Eve est diffusée chaque jeudi soir depuis le 13 septembre sur Canal + en France. Une deuxième saison a déjà été commandée.

 

Affiche officielle

commentaires

Jiher 16/09/2018 à 16:40

Fascinante, addictive. Une réussite totale pour cette série.
Dans ce thriller au féminin, une fois n'est pas coutume, les deux actrices principales crèvent l'écran, avec une mention spéciale pour Jodie Comer. Elle est capable de jouer de la naïveté, de la malice, d'une cruauté illimitée, de séduction, avec une désinvolture totale. On est sous le charme.
Une mention spéciale à Sandra Oh et Kim Bosnia.
À voir et pourquoi pas revoir, sans modération.

Decoy 15/09/2018 à 13:01

Série que l'on suit sans mal, je recommande (pour ce que vaut mon avis,). Comer est parfaite en tueuse sans empathie (à quoi ça sert?) et Sandra Ho dans un rôle à la Fargo.
Les personnages secondaires auraient par contre mérités d'être plus travaillés (les "collègues de travail" de Villanelle par ex.)

Hank Hulé 14/09/2018 à 16:54

Tip top : la meilleure nouvelle série vue cette année. Marrant qu'EL nous casse les bonbons² avec les clichés sur la représentation de la France dans Jack Ryan mais là, rien... Y aurait pourtant de quoi pleurer.

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