Luke Cage saison 2 : le héros arthritique de Netflix est de retour, pour le meilleur (et surtout le pire) ?

Simon Riaux | 25 juin 2018 - MAJ : 25/06/2018 17:58
Simon Riaux | 25 juin 2018 - MAJ : 25/06/2018 17:58

Malgré une narration défaillante et des enjeux souvent évanescents, la première saison de Luke Cage avait pour elle une proposition esthétique bienvenue, un style remarquable, et un casting solide. La deuxième saison parvient-elle à sublimer ces qualités tout en atténuant les manquements de la première ?

ATTENTION SPOILERS

 

photo, Luke Cage, Mike Colter, Rosario DawsonDieu merci, cette romance bien nulle n'occupera pas plus de 2 ou 3h de votre temps

 

UNE SAISON À POING

Dans un vaste entrepôt nimbé dans une lumière violacée, entre délire pulp et fantasme noctambule rescapé des eighties, Luke Cage et Iron Fist déboulent en abattant une cloison, avant de mettre une grosse tannée à quantité d’hommes de main. La scène est ample, s’amuse parfaitement de ses nombreux jeux de couleurs, propose quelques très beaux bourre-piffes cinégéniques. Durant presque cinq minutes, c’est un bonheur que de voir ainsi le héros de Harlem distribuer les pains.

Problème, il faudra attendre le 10e épisode pour qu’intervienne cette sympathique baston, fort plaisante à l’œil, mais à des années-lumière qualitativement parlant de ce que peut emballer le plus calme des épisodes de Into the Badlands. Mike Colter, pour sympathique et bon comédien qu’il soit, est toujours aussi peu mis en valeur par des affrontements incroyablement répétitifs, où le colosse n’a qu’à plier des accessoires en carton, tout en fronçant les sourcils pendant que les hommes de main les plus bêtes de l’hémisphère nord s’évertuent encore à tenter de le plomber.

 

photo, Luke CageJoie diffuse des combats de parking

 

Heureusement que l’impressionnant Mustafa Shakir est là pour ponctuellement relever un peu les scènes d’action, grâce à un investissement physique hors-normes, ainsi que quelques chorégraphies plus complexes, qui flatteraient presque la rétine. Hélas, ce nouvel antagoniste, plus radical, fiévreux (sur le papier) que les précédents adversaires de Cage, nous perd à coup de dialogues interminables sur le bienfondé de la vengeance.

 

BOUCHE MASTEUR

Cette deuxième saison se montre donc aussi approximative en matière de force brute que la précédente, comme Iron Fist et The Defenders avant elle. Mais cette faiblesse technique n’est pas le plus gros problème de Luke Cage, qui plus encore que DaredevilJessica Jones ou The Punisher, souffre de la recette Netflix. Thématiquement et esthétiquement inspiré par tout un pan du cinéma d’exploitation et la Blaxploitation en particulier, le show du géant de la SVOD tente de marier des motifs issus d’un divertissement voué au rythme et à la satisfaction immédiate du public avec des considérations politiques contemporaines et un programme de 13 épisodes de 60 minutes.

En l’état, le rythme est intenable. L’intrigue de cette saison remplirait à peine les attendus d’un thriller de 90 minutes, et oblige les scénaristes à dilater à l’extrême une narration remplie ras-la-gueule de développement stéréotypés. 

 

photo, Luke Cage, Mike ColterUn combat que vous verrez... plusieurs fois

 

Si ce n’est pour rendre un hommage tardif à Reg E. Cathey, on comprend mal ce que vient faire là l’interminable sous-intrigue dévolue au père du père du personnage principal, ou un remake miteux de Assaut de Carpenter, totalement dénué d’impact sur l’intrigue. Pire, alors qu'on pouvait espérer que Rosario Dawson bénéficierait enfin d'un vrai rôle, cette dernière se fait éjecter du récit comme une malpropre.

On s’étonne ainsi de voir la série de jouer très artificiellement sur les questionnements moraux de notre héros, que nous avons déjà suivi 13 heures durant alors qu’il devenait un super nounours préoccupé par le vivre-ensemble. Puis, comme il faut bien meubler, le scénario donnera une grande place à un autre arc dispensable, à savoir les atermoiements de Shades (Theo Rossi), Terminator latino de la première saison, soudain transformé en objecteur de conscience enamouré.

 

Photo Mike Colter, Luke CageLuke, en plein cours de contrôle de la colère

 

Même constat du côté de Miss Dillard, grande papesse du côté obscur, dont le script ne sait jamais s’il veut jouer la Nemesis et alliée de mauvaise volonté ou la carte du Mal absolu. Deux figures également essorées, qui ne passionneront jamais. Il faudra ainsi survivre un peu plus de dix épisodes pour que quelque chose advienne dans Luke Cage. Et encore, si le dernier mouvement remue un peu, c’est uniquement parce qu’il exauce le spectateur en éjectant enfin une poignée de personnages secondaires en bout de course.

 

DE PETITS RESTES

Les acquis de Luke Cage sont toujours là. Au détour de chaque épisode se trouve souvent une scène débordante de style, un décor impeccable, ou un plan iconique. Simone Missick s’impose, en dépit de la prothèse de bras la plus ridicule de l’histoire de l’amputation, comme un sidekick intéressant. De même, la violence réveille souvent, entre deux siestes dialoguées, tant Luke Cage ose traiter de la brutalité urbaine et de la criminalité sans en glamouriser les éruptions de hargne. Le résultat est souvent trés fort et remuant.

La bande-son est toujours canon, et Mike Colter est un des héros les plus plaisants du moment, sorte d’antidote à la fête de la vanne promue par Marvel Studios, rejetant également la noirceur de pacotille. Tout en charisme et en souplesse, l’acteur propose une sorte de sauveur suave et bougon, un bouclier de proximité dont la simplicité et l’aura font du bien dans le paysage super-héroïque actuel.

Mais, distillé au sein de 13 heures de programme, c’est bien peu, et loin d’être suffisant pour éviter la catastrophe.

Luke Cage est disponible en intégralité sur Netflix.

 

Affiche saison 2

commentaires

rataratararé
10/10/2018 à 07:09

la saison 2 est quand meme bien meilleur que la 1 meme si les episodes sont trop long chacun de 10 a 15 minute recette Netflix oblige ... Les perso sont bien mieux développer l'intrigue meilleur que la saison 1 alors oui comme toute les series marvel c'est un poil long à démarrer mais on a l'habitude ...

Seb
02/07/2018 à 23:58

Je dois avouer que c'est très léger, ça radote sévère, les dialogues son très simpliste... c'est très ennuyant....
Je préfère même pas parler de Jessica Jones, car c'est pire !!!
Navré, déçu...!!!!

yellow submarine
01/07/2018 à 20:04

en 10 épisodes la saison aurait été mieux équilibrée mais sinon dans l'ensemble c'était plutôt correct. Mention spéciale à la playlist et surtout à Bushmaster, j'espère qu'on reverra très bientôt son interprète je l'ai vraiment beaucoup apprécié

hider
28/06/2018 à 01:45

et sinon vous arrivez a vous rendre compte du travail de taré quil as du falloir au scénariste pour juste adapter l'univers de power man un comics nés dans les années 60 ou harlem ne ressemblait en rien a ce qu'il est aujourdh'ui entre la contextualisation de l'histoire a notre époque et la cohérence entrre le mcu et le msu (marvel series universe) la temporalitée ect ect je ne dit pas que la saison est parfaite mais sans déconner les gens faites un effort je met au défi quiquonque de trouvé des idées de scénar cohérente pour une saison 3 fan made on verrat si vous faite mieux donc écran large vous ne prennez clairement pas les chose comme elles sont vous oubliez le principal cette série est une adaptation avec beaucoup moins de budget que les license ciné sachez vous contenter de ce que l'on vous donne plutot que de jouer les critique ciné pour des séries ya mieux a faire perso je connais le commics et ya des méchante longueur aussi la narration desfois te renvoi en arriere pour de bonne raisons et pour des détails qui apparaissent ensuite d'une importance capitale au final une chose a retenir c'est une saison de transition allez salut

Roukesh
26/06/2018 à 11:40

Bon bah Netflix ne veulent pas changer de format.
On se fait chier!

Alyon
26/06/2018 à 11:10

Cela devient pénible ces séries Marvel sur Netflix … bon parfois c'est si nul que c'est drôle (merci Iron Fist!). Un peu le sentiment de voir Netflix privilégier la quantité au détriment de la qualité et c'est vrai pour un bon nombre de séries (pas que Marvel hélas). Si seulement ils se donnaient le temps d'écrire et de réfléchir au lieu de mettre sous pression des armées de scénaristes dénués d'idées ou de visions ...

REA
26/06/2018 à 09:05

@tomytom
bravo, mais bravo !!!!!!!!! Si j'arrêtais toutes les séries, films, parce que je n'accroche pas dès le 1er épisode ou les 20 premières minutes, je ne regarderais rien.

Faut réfléchir McFly. Tu sais ce qu'il se passerait si je regardais les séries/films avec ton cerveau ? Je posterais des commentaires débiles sur internet. C'est pas ça que tu veux ?!

PS : en même temps, c'est mieux d'être devant pour la regarder, parce que derrière je n'aurais rien vu.

Picai
26/06/2018 à 01:08

C'est marrant comme certains, quand ils rencontrent un avis différent du leur, sortent des excuses pour dire que l'Autre a un problème. Alors qu'en fait y'a jamais de problème à avoir des avis différents. En revanche, avoir un souci avec ça, c'est un problème. Les abrutis sauront se reconnaître.

Fallgaz
25/06/2018 à 23:43

C'est marrant pour un site qui s'appel écran large l'esprit des acteurs de ce site est vachement étriqué.............

LégerPoulet
25/06/2018 à 23:26

Franchement vous êtes dur, on a déjà vu bien pire (le désastre qu'est la deuxième saison de Jessica Jones, au hasard!).

Plus

votre commentaire