Castle Rock Saison 1 Episode 2 : La ville du Mal

Christophe Foltzer | 30 juillet 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Photo Castle Rock

Si le premier épisode de Castle Rock nous avait laissé un brin perplexe, le second décide de passer à la vitesse supérieure pour nous présenter un mystère bien plus tenace que celui auquel nous pensions. Attention, SPOILERS.

 

 

L'OEUVRE DE DIEU, LA PART DU DIABLE

Finalement, l'évasion du mystérieux jeune homme et le massacre dans la prison n'étaient qu'une illusion et le gardien Zalewski (Noel Fisher) l'apprend à ses dépends puisque, après avoir déclenché l'alarme, il manque de flinguer son collègue. De son côté Henry Deaver (Andre Holland), toujours à la recherche d'informations sur son mystérieux client, décide de rendre visite à la veuve aveugle de l'ancien directeur de la prison, Dale Lacy (Terry O'Quinn), pour obtenir quelques indices. En fouillant son bureau, il découvre plusieurs articles relatant des histoires sordides de la ville avant que la veuve ne comprenne qui il est et ne souhaite son départ.

 

photo Episode 2Au premier plan, Jackie Torrance

 

Molly (Melanie Lynskey), la femme toxicomane du premier épisode, se révèle être l'amie d'enfance d'Henry et sa voisine lorsque, en 1991, il est parti avec son père avant de disparaitre pendant 11 jours. Interrogée à l'époque, elle semble garder pour elle quelques secrets terribles. La nouvelle directrice de la prison ne sait pas quoi faire du mystérieux jeune homme et décide de le mettre en cellule avec un gros nazi le temps de trouver une solution. Manque de bol, le nazi est retrouvé mort, des suites de multiples cancers, à la surprise générale.

Continuant son petit tour de Castle Rock, Henry arrive à l'église où il rencontre une jeune femme, Jackie Torrance (Jane Levy), qui semble intriguée par son cas. Le nouveau pasteur, à la différence des autres habitants, ne voit pas le retour d'Henry comme un mauvais présage et le félicite même pour la manière dont il a remonté la pente depuis le drame.

 

photo Episode 2Le mystérieux prisonnier, toujours aussi flippant

 

Alan Pangborn (Scott Glenn), l'ancien shériff de la ville, semble en savoir long sur ce qui se trame. Un soir, dans un bar, il accoste la directrice de la prison et lui conseille vivement de ne pas libérer le jeune homme. Il est le Mal. Dans un autre bar, Henry essaye d'accoster Zalewski pour connaitre l'identité de son client. Il se retrouve avec Jackie Torrance qui lui parle de son passé et veut en savoir plus sur le drame. Agacé, Henry la quitte en lui révélant que son père n'est pas mort au lac comme tout le monde le pense, mais chez lui. Zalewski ne veut pas trop lui parler, il a peur, sa femme va bientôt accoucher et refuse de l'aider à entrer en contact avec le jeune homme. Il faudrait un acte de Dieu pour qu'il y arrive.

Résultat, Henry s'infiltre dans le groupe de visiteurs du pasteur qui va donner une messe à la prison et, lorsqu'il en sort, il aperçoit au loin son client. Il lui dit qu'il doit le nommer comme son avocat s'il veut qu'ils se parlent et prend quelques photos de lui pour prouver son existence alors que les gardiens le raccompagnent énergiquement en cellule. Dans le jardin de sa maison, il découvre Pangborn en train de déterrer le cadavre d'un chien, pour prouver à sa mère qu'il est toujours bien mort. On retrouve Pangborn plus tard dans sa voiture, en lisant une lettre de Lacy lui indiquant qu'il a peur pour la ville alors qu'un chien déterre la tête disparue du directeur après son suicide. Ambiance...

 

photo Episode 2Alan Pangborn et ses occupations nocturnes un brin étranges

 

EN GROS, CASTLE ROCK, C'EST SILENT HILL

On ne pourra pas reprocher à ce nouvel épisode d'alimenter son mystère et d'en révéler pas mal sur le fond de son histoire qui, d'un seul coup, devient bien plus intéressante. En effet, à travers le personnage de Lacy, mort au début de la série mais omniprésent, la série nous apprend qu'elle parlera avant tout de la ville, considérée comme une plaque tournante dans la lutte du bien contre le mal.

Versant dans le religieux sans aucune retenue, elle nous présente le jeune homme mystérieux comme l'incarnation du mal absolu, contenue par Lacy pendant des années et qui va à présent s'abattre sur la communauté. Une approche très satisfaisante qui donne vraiment corps à Castle Rock en tant que personnage et qui est en droite lignée des écrits de Stephen King qui met toujours en avant la puissance de l'environnement sur ses personnages. Cela dit, la série n'en oublie pas de parler de problématiques très actuelles en dénonçant la privatisation des prisons ainsi que la réforme du système de santé américain, et la fin de l'Obamacare en particulier.

 

photo Episode 2Un gardien de prison au bout du rouleau

 

Au niveau des références, l'épisode s'en donne à coeur joie. Evidemment, le clin d'oeil le plus évident est le personnage de Jane Levy, Jackie Torrance, référence directe à Shining, mais on trouve aussi d'autres pistes au détour des articles de journaux que découvre Henry chez Lacy : Stand by Me, Le Bazaar de l’Epouvante, ou encore Cujo. Et comment ne pas voir dans la scène où Pangborn déterre le chien un tremplin évident vers Simetierre ?

Si, à la différence du pilote, cet épisode parvient enfin à capter toute notre attention par le mystère et les questions qu'il installe, ce jeu des références constitue peut-être encore le plus gros danger de la série dans la mesure où cette chasse aux Easter eggs nous sort de l'intrigue et peut nuire à l'ensemble si, un moment ou un autre, elle n'est pas utilisée dans le seul intérêt de l'histoire.

 

Plus satisfaisant que dans l'épisode précédent, Castle Rock laisse encore percevoir bon nombre de fragilités. Mais l'histoire s'installe, la mythologie de la ville s'annonce passionnante, donc nous sommes prêts à aller plus en avant dans ce gros mystère estival avec toujours la même crainte qu'au final, la montagne n'accouche d'une souris.

 

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