Star Trek Discovery : et si le retour de la saga était la belle surprise de la rentrée ?

Geoffrey Crété | 25 septembre 2017
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Affiche, Star Trek : Discovery saison 1

La nouvelle série Star Trek, Discovery, commence sur les chapeaux de roues.

Star Trek : un demi-siècle et une galaxie grandiose, qui s'est étalée sur cinq séries et treize films, forgeant un monument de la science-fiction pour des générations entières. Sixième aventure télévisée, Star Trek : Discovery débarque ainsi dans un monde différent qui n'a plus rien à avoir avec celui des années 60 où la série originale de Gene Roddenberry a émergé.

La Nouvelle GénérationDeep Space Nine, Voyager, Enterprise et la renaissance de la saga au cinéma depuis 2009 avec J.J. Abrams ont au fil des décennies reflété leurs époques, et permis à la franchise d'évoluer avec. La nouvelle série créée par Bryan Fuller et Alex Kurtzman (producteur et scénariste des deux films d'Abrams) marche donc dans le même chemin, et apporte une énergie moderne à la saga spatiale.

 

ATTENTION SPOILERS


 

RETOUR VERS LE FUTUR

Star Trek : Discovery commence à l'origine : une décennie avant la série originale de 1966. Les Klingons, race d'aliens belliqueux bien connus de la Fédération, n'ont pas donné signe de vie depuis 100 ans lorsque l'USS Shenzhou découvre au détour d'une mission a priori anodine un étrange objet non identifié. Fidèle officier de la commandante Philippa Georgiou (Michelle Yeoh, de retour dans l'espace après Sunshine), Michael Burnham (Sonequa Martin-Green, révélée dans The Walking Dead) enquête et découvre que l'horreur est sur le point de recommencer : les ennemis mythiques de Star Trek sont en train de se réunifier autour d'un leader nommée T'Kuvma, et préparent une attaque.

 

Photo Sonequa Martin-Green, Michelle Yeoh, Doug Jones

Doug Jones, Sonequa Martin-Green et Michelle Yeoh

 

La sixième série Star Trek s'ouvre avec un pilote d'1h30 en deux parties qui reprend les grands codes de la franchise : l'exploration et les ambitions nobles de la Fédération portée par un vaisseau qui donne son nom à la série, un groupe composé de visages et couleurs diverses, le focus sur les membres importants de l'équipage rassemblés autour d'un(e) capitaine, un mélange de légèreté du côté de l'équipage et de spectaculaire dans les étoiles, et l'incontournable thème musical d'Alexander Courage. Le programme semble donc classique.

Sauf que Discovery démarre avec une force sensationnelle. Ce pilote est un grand préambule semblable à un téléfilm qui annonce la suite sous la couleur du désespoir, de l'amertume, et de l'échec. Échec de la mutinerie, échec de la défense, échec de l'attaque, échec des négociations. La mission pour emprisonner le leader Klingon et éviter d'en faire un martyre se termine par deux morts, et une promesse inévitable de double vengeance et de guerre spatiale. L'héroïne perd son mentor, sa position, ses convictions. Jugée, emprisonnée, elle revit le cauchemar de son enfance, et le traumatisme des Klingons. Surnommée Number One, Michael sera la responsable d'un carnage et d'une ère sombre annoncée dans la bande-annonce qui clôture le pilote. Star Trek : Discovery sera donc la série du chaos.

 

Photo Star Trek : Discovery

 

VERS L'INFINI ET AU-DELÀ 

À l'heure où le recyclage des formules est devenu ordinaire, où une sixième série Star Trek laissait craindre une répétition superflue, et où même le blockbuster Star Trek Into Darkness était un remix de la La Colère de Khan, Discovery prend le risque de bousculer les codes. Dès la première scène, les célèbres mots "Nous venons en paix", chantés par la Fédération à travers l'espace, deviennent synonymes d'une déclaration de guerre dans l'esprit dans Klingons.
 
Si Star Trek est attachée depuis ses origines à l'idée de paix, de cohabitation entre les peuples et d'un futur lumineux au-delà des races et des différences, Discovery raconte l'histoire d'une entente impossible, d'une impasse culturelle profonde, et d'une répétition funeste. Le pilote tourne autour de cette rencontre imprévue mais finalement incontournable entre la Fédération et l'Autre, posant l'éternelle question de l'approche à avoir face à un éventuel ennemi. Attaquer pour sauver les siens, tendre la main quitte à la perdre : la série se concentre au fil de 90 très efficaces minutes sur cette question, portée par deux personnages féminins en miroir. 
 

 

Photo Sonequa Martin-Green, Michelle Yeoh, Star Trek : Discovery saison 1

 

En 2017, Star Trek : Discovery reflète un autre monde. L'héroïne connaît les vertus et les valeurs de la diplomatie, mais comprend l'horreur et le désordre qui se dressent face à elle. Elle n'est pas tant pro-guerre que profondément enracinée dans le réel : sauver sa famille d'adoption, piocher dans l'expérience des Vulcans même si elle est douloureuse et violente, trahir ses proches pour mieux les protéger. La série questionne la guerre et son caractère inéluctable avec intelligence, prenant soin de ne pas recycler un simple et niais discours pacifiste. Cette approche donne à Discovery une fière allure, étonnamment riche et mélancolique.

Échappée de The Walking DeadSonequa Martin-Green incarne cette héroïne avec force. Même lorsque la série déballe trop vite la carte de l'insubordination sans pleinement l'assumer, même quand elle rejoue une scène classique de traversée périlleuse de l'espace sans combinaison, l'actrice s'y abandonne avec une simplicité touchante. Le personnage se révèle en outre suffisamment complexe, avec une part évidente de violence et de contradictions, pour en faire une protagoniste engageante.

Face à elle, Michelle Yeoh représente sans surprise toute la noblesse et le raffinement d'un visage fier de la Fédération. Ce beau duo féminin parvient à installer une relation solide, malgré très peu d'éléments offerts dans des flashbacks pas très fins.

 

Photo Sonequa Martin-Green, Star Trek : Discovery

 

Et si la série a ses moments de faiblesse en terme d'écriture, elle brille finement à d'autres endroits, comme lorsque ce jeune officier blessé prend des airs d'enfant perdu, se retrouvant face à l'héroïne à qui il demande, crédule, pourquoi ils se battent. Saru, incarné par un Doug Jones encore une fois invisible sous son maquillage (il est le mémorable Abe Sapien dans les Hellboy de Guillermo Del Toro, et la créature de The Shape of Water), se révèle lui aussi parfaitement touchant au détour d'une scène où il partage la peur de la mort inscrite dans son ADN. Dans ces moments en suspens, Discovery démontre une belle sensibilité, propre aux meilleures phases de la saga.

 

Photo Star Trek : Discovery saison 1

Doug Jones, un second rôle intrigant

 

LA GUERRE DES MONDES

Star Trek : Discovery arrive après les films de J.J. Abrams, et en reprend les codes, comme en témoigne l'utilisation pas bien nécessaire du flare et des plans désaxés. Néanmoins, la direction artistique emporte. La peur de la laideur freinera certains spectateurs, qui pisteront les faiblesses des effets spéciaux et fonds verts. Peu importe : la riche palette de couleurs, le soin apporté aux maquillages et la variété des décors a de quoi convaincre. Le décor spatial est largement exploité, et les dimensions pharaoniques des affrontements entre les vaisseaux est réussie. Sans oublier que les limites du budget de Doctor Who n'ont jamais empêché la série d'émerveiller et émouvoir, pas plus que ceux d'Au-delà du réel n'ont bloqué le potentiel effrayant de l'univers.

Discovery assume pleinement son univers, ne masque pas ses effets et n'en a pas peur : les Klingons (dont l'allure fera rager quelques fans) sont filmés en gros plan durant de longues scènes de dialogues (il existe même sur Netflix une option sous-titrage pour avoir les mots aliens à l'écran), et les deux épisodes donnent beaucoup d'espace à ces ennemis, pour installer leur culture et leurs problématiques.

Cette introduction offre par ailleurs de nombreuses images spatiales dans la pure tradition de la série, loin de l'attachement à la Terre des films d'Abrams. Avec la sensation d'un retour aux sources donc. Quelques plans, comme celui où l'espace se reflète sur la rétine de l'héroïne, laissent même espérer que la série sera capable d'impressionner. 

 

Photo Star Trek : Discovery

 

Après un pilote spectaculaire, particulièrement bien ficelé, Star Trek : Discovery promet ainsi une saison de 15 épisodes riche en sensations et surprises. Le troisième épisode reprendra après une ellipse et retrouvera l'héroïne, libérée dans un monde déchiré par la guerre. Une situation qui laisse espérer un développement intéressant de son personnage, et devrait offrir une terrain d'action et d'émotion excitants.

Alors qu'il reste une grande partie des personnages à découvrir et que les principaux enjeux se dessinent à peine, ce préambule tonitruant laisse augurer un retour en fanfare de Star Trek. Affaire à suivre, de très près.

Diffusée sur CBS aux Etats-Unis, Star Trek : Discovery est également disponible sur Netflix, en parallèle.

 

Photo Star Trek : Discovery saison 1

Photo Star Trek : Discovery saison 1

 

commentaires lecteurs votre commentaire !

billi81
04/02/2018 à 22:54

Salut à tous.. et bah moi j'ai 50 ans, fan de star trek depuis toujours..au moment même où j'ai commencé à regarder le premier épisode de star trek Discovery, je n'ai pu m'arrêter..je me suis régalé et encore c'est loin du plaisir que j'ai éprouvé! franchement, alors oui les klingons ont changé de tête, mais ont s'en fou! les épisodes s’enchaine avec chaque fois une histoire qui vous emporte d'originalité avec comme toujours notre société en miroir.

Quand on aime la science fiction les combats stellaires sont toujours un plaisirs surtout avec de tels effets spéciaux mais surtout les histoires, qui moi me font rêver, avec des intrigues et des rebondissements comme à chaque fois. Les personnages ont tous une dimension qui les rendent attachant. J'ai vu toutes les séries depuis la création de star trek et pour moi celle-ci ouvre un nouvel opus que je classerai en tête..nous sommes en 2018 et tout à changé de rythme surtout les films et cette série est digne de ce monde dans lequel nous vivons où tout va si vite.. vivement la saison 2 et en espérant qu'il y ait autant de saisons que dans les autres séries, juste pour rêver encore et encore..un grand merci aux créateur de ces histoires fantastiques et finalement pleine d'humanité.

Oscar Vonzu
27/09/2017 à 14:33

Mitigé au lendemain de la vision des deux épisodes de cette nouvelle série. Trop belliqueuse: beaucoup trop de combats dans l'espace ou au corps à corps. Soulagement: on a échappé à Michelle Yeoh voletant un batleth à la main en apesanteur dans le navire amiral Klingon ! Une diction des acteurs campant les Klingons insupportable (en v.o.:enlevez-moi ces prothèses dentaires on comprend rien. Je veux bien que le Klingon se crache plus qu'il ne se parle mais quand même là c'est ridicule et pénible). Les effets spéciaux, la photographie et l'esthétique générale sont intéressants tant ils confinent au réalisme (façon Battlestar Galactica). L'idée d'une humaine qui veut devenir une vulcaine (à tout le moins formée par les Vulcains à la logique) bien qu'alambiquée est prometteuse.Et les partisans de la théorie du genre seront satisfaits: l'héroïne féminine a un prénom masculin (quelle trouvaille!). En conclusion: on ratisse large chez les producteurs et on perd un peu de l'âme de la série originelle. On ne peut souhaiter à la série de vivre longtemps et de prospérer !

Kouak
27/09/2017 à 10:01

Bonjour,
Mouais...Bof...
On va attendre un peu, voir si cela mûrit au fil du temps...
Pour l'instant c'est un peu trop "théâtral" à mon goût...
Les acteurs sont tendus ou mal dirigés, j'en sais rien, mais leur jeu n'est vraiment pas naturel.
(Klingons y compris)
A la limite d'un Shakespeare interprété par une classe de primaire.
Mais soyons patients...Ce ne sont que les 2 premiers...

R90
26/09/2017 à 14:44

@Arnaud

C'est ce que je dis : les motivations, impossible de les connaître véritablement avec le pilote. Il faudra patienter un minimum, puisque là il n'y a même pas l'équipe officielle de la série de présenté.

Les Klingons : rien d'impardonnable pour moi. Vraiment.

Pour la technologie : je n'ai pas lu de crise autour de cette question pour Prometheus par ex. Alors que la question de la modernité y était évidente. Il n'y a que le jeu vidéo Alien Isolation qui a eu l'intelligence de reprendre de la technologie rétro-futuriste, inspirée par le premier Alien, pour créer un futur cohérent.
J'y vois une contrainte de la chaîne/du business en 2017 pour attirer le spectateur (de la même manière que Fuller voulait à la base une anthologie, avec des saisons indépendantes, mais on le lui a refusé). C'est dommage certes, mais je n'en fais pas un point central pour juger la chose pour ma part.

Même chose pour Spock et les références (franchement discrètes dans le pilote) : si c'est une contrainte pour permettre à la série de naître, et aux scénaristes d'avoir un terrain pour s'exprimer, là encore je ne me formalise pas. Je vois en quoi ça dérange ou énerve, mais rien de dramatique pour moi, jusque là.

Je citais BSG pour la réaction des fans : justement, même comme remake qui avait donc la liberté de réécrire l'univers, il a été descendu violemment à l'époque, avec un listing de tout ce qui n'allait pas. C'était un exemple pour illustrer le retour de flamme logique des fans. Je reste persuadé que si Discovery avait été ce "pur" Star Trek (sachant que la définition est hautement variable : voir l'exemple de la légèreté où on a des désaccords dans les commentaires), on aurait vu un produit cynique qui recopie sans inventer, oser, risquer.

Quant à la question de générer du fric : ça concerne toute la saga Star Trek (on ne rentrera pas dans le débat ici, mais avec la somme de films, téléfilms et séries à la qualité variable, c'est dans l'ADN de la marque depuis des lustres, peu importe si Roddenberry l'aurait validé), et toute série/film. On parle quand même d'une franchise qui dure depuis 1966... Evidemment le fric est là. Mais le fric n'a jamais empêché l'art, la créativité, la beauté, et les bonnes surprises. Selon le point de vue, Discovery est une machine facile conçue pour plaire... ou qui ose prendre le fan à rebrousse-poil, tordre quelques codes pour parler de notre époque.

Et j'ai bien du mal à pouvoir m'exprimer avec assurance sur "le but et les intentions" de Discovery après avoir vu le pilote, qui encore une fois ne présente même pas le coeur de la série (l'époque, les personnages, le décor, et même le statut de l'héroïne). J'y vois suffisamment d'âme, d'ambitions et d'envies pour suivre ça de près, avec intérêt et curiosité.

Arnaud
26/09/2017 à 14:23

@R90

Pour le coup l'aspect légereté je te rejoins sur ce point. La légereté dans Star Trek a toujours été a géométrie variable. Dans la série, les fions que s'envoyaient Spock Kirk et McCoy etaient fun mais beaucoup d'épisodes n'en contenaient pas ou peu. De même Star Trek DS9, surtout sur la fin, ne laissait pas beaucoup de place à la luminosité

Qu'ils mettent de la noirceur dans Star Trek ne me derange pas, cela a deja ete fait par le passé. Je pense que ce qui turlupine Firbholg ce sont les motivations de cela. Mais pour moi ca n'est pas derangeant.


En revanche, les Klingons ... pardon mais la non. Ca ne passait deja pas dans les trailers a cause de leur apparence, mais maintenant quand tu vois a quoi ils reduisent leur culture juste pour faire plus mystique et mechant ... gros foutage de gueule ... Impardonnable

Et désolé Yellow Submarine mais justement non, il a ete dit et redit et sur-communiqué que cette serie se passait dans le meme univers des series précédentes et pas du tout dans la chronologie des trois derniers films Abrams/Lin

Donc ca c'est un gros doigt d'honneur envoyé au trekkies dans le monde, dans le style "on s'en tape de ce qui a ete fait avant, nous on fait le truc a notre sauce pour vendre"

Et comme avec les films, tout aurait pu passer si ils avaient fait ca dans le futur de la Federation et pas en meme temps que Kirk et Spock

Parce que oui, effectivement d'autre serie ou sage ont connu ca (l'exemple type etant Star Wars, quelque soit le moment ou on se place la technologie est la meme ...)

Sauf que dans Star Trek il y a justement toujours eu cette coherence d'evolution (technologique, sociétale, politique, philosophique, etc ...) a travers toutes leurs serie

Tu te mets aller, 100ans apres DS9 et la toutes tes incoherences n'en sont plus. Meme les Klingons auraient pu evoluer tant physiquement que culturellement ... Mais non, faut pouvoir ramener pleins de reference a Kirk et Spock parce que merde, y a que eux qui comptent !!! On va balancer du Sarek, du Kang etc ...


Tu nous cite BSG, sauf que c'est un tres mauvais exemple parce que justement (et tu le dis) BSG recent etait un remake. Pas un ajout, pas une continuité, mais une autre version. Ce que ne sont ni les films d'Abrams/Lin (puisque je rappelle que Star Trek Enterprise est un tronc commun aux deux univers) ni cette serie qui se place a la quasi meme epoque que Kirk (celui de la serie)



Donc au final oui cette serie peut-etre super interessante d'un point de vue visuel, et meme dans son histoire (on va voir la suite). Mais encore une fois, les mecs ne veulent ni respecter, ni s'eloigner des precedentes iterations, et marchent donc sur tout ce qui a ete fait avant, effectivement dans le seul but de généré du $
Le but même de cette serie et ses intentions vont a l'encontre total de ce qu'est Star Trek dans sa philosophie

R90
26/09/2017 à 12:58

@Firbholg

J'ai pourtant vu plusieurs moments légers dans la série (le flashback autour de la rencontre entre Michael et Philippa, la première sortie dans l'espace avec des rires et la complicité du commandant, par ex). Je n'ai pas vu l'intégralité de Star Trek dans tous les sens, mais rien que la série originale est moyennement joyeuse et lumineuse à mes yeux. J'y ai vu beaucoup de sérieux, de solennel, de drame, avec une légèreté portée par les interactions entre les personnages (comme ici entre les deux femmes en gros).

Je perçois tout ça très différemment : si le but était de plaire à tout le monde, et vu la communauté Trekkie, ça aurait été plus simple de juste copier les succès passés. Or, ici, ils prennent quelques risques - s'aliéner les fans, très présents et influents. Et le monde ayant bien changé, Discovery reflète autre chose (impossible de faire le Trek des années 60 en 2017).
D'autant que si Discovery avait repris poliment et fidèlement les codes, je parie qu'on aurait été là à s'interroger sur l'utilité de la chose-répétition.

Pour ce qui est de "le sérieux c'est ce qui marche" : ça m'amuse car on reproche à Marvel d'être trop léger, à DC de piocher dans cette recette pour plaire au public, bref on entend tous les jours que ce qui marche c'est la bouffonnerie. Donc si la série avait été super légère, je suis là encore prêt à parier qu'on aurait lu des critiques pour dire que c'était la tendance facile...

Quant à l'apparence Klingon, celle-ci ayant déjà changé par le passé avant d'être expliquée pour rentrer dans les canons il me semble, rien n'indique que ce ne sera pas encore le cas. Et vu le temps consacré à leur côté de la bataille, je ne vois rien de simpliste pour les rendre maléfiques-manichéens.

Mais pour conclure : après 50 ans et de multiples évolutions, c'est bien logique que la série change. On pourra dire que c'est pour suivre la mode, pour refléter le monde, pour le meilleur ou pour le prie : le fait est que la chose évolue, et ne peut que décevoir ou frustrer. Exactement comme une adaptation de livre : il y a une part inhérente de trahison, qui est partie intégrante à la création. Quand Galactica a été remaké, je me souviens de la colère des fans, pour x raisons (Starbuck devenu une femme par ex). Au final, reste une chose : une oeuvre à part entière, considérée par beaucoup comme excellente (et j'y ai aussi pensé car ça a commencé avec un téléfilm en 2 parties très spectaculaire, qui au final était une introduction loin de véritablement présenter l'âme de la série).

Pour savoir si tout ça a été fait pour de "bonnes raisons", il faudra attendre pour ma part. 2 épisodes sous forme de gros pilote, l'équipage n'a même pas été présenté (Rainn Wilson va clairement jouer un comic relief par ex, donc légèreté incoming), le décor de la saison à peine planté... Impossible de se prononcer à la vision d'un pilote, dont le but est d'en mettre plein les yeux, attirer le public et vendre du rêve. De nombreuses séries ont démontré que cette introduction est parfois trompeuse, et que la "vraie" série démarre après.

Kouak
26/09/2017 à 12:39

@Firbholg
"Je pense que certains réalisateurs devraient arrêter de se prendre pour des élus du renouveau."
On est déjà deux...On se fait une bouffe ?
Merci pour ta critique très , très précise...
Donc en résumé, c'est beau, les acteurs sont bons, l'action est bonne, les personnages un peu moins et l'ambiance pas du tout.
Ok...
Je vais mater ça...
Et je te dirai ce que j'en ai ressenti...
Mais je suis loin d'être un expert...
En tous les cas Sasha à l'air...Radieuse !

Firbholg
26/09/2017 à 11:43

Commençons par les points positifs. Les effets visuels sont jolis, on en a plein les yeux et les personnages sont intéressants bien que tous dans le même moule (Enfance traumatisante + esprit torturé) A croire que c'est la saule façon de rendre un personnage intéressant. Mais ils le sont, c'est déjà ça.

Pour le reste, étant fan de longue date, j’avoue avoir eu trop peu l’impression de regarder une série Star Trek en visionnant Discovery. A l’image des films, l’ambiance est trop sombre en permanence sans le moindre petit moment de légèreté. Nous sommes ici entourés de personnages à l’enfance traumatisante et à l’esprit torturé comme si tout le monde dans un équipage de vaisseau spatial vivait forcément une enfance terrible. En bref, on sent parfaitement que le foisonnement de personnages à l’esprit torturé est là uniquement car c’est la tendance du moment et tant pis si cela dénature l’ambiance originalement propre à une bonne série Star Trek.

Concernant l’apparence des Klingons, je ne redirai pas ce qui à déjà été dit mais là aussi j’ai l’impression que les terribles changements effectués depuis Star Trek Entreprise, Voyager, Deep Space Nine et Next Generation (les 4 Séries Star Trek de référence concernant l’apparence klingonne) ne sont là que par l’envie du ou des réalisateurs d’imposer leur marque « sacrée » dans l’histoire de la franchise. Si le problème n’était qu’esthétique, probablement que ça ne m’aurait pas trop ennuyé cependant c’est loin d’être le cas. Je n’ai pas non plus reconnu la culture klingonne et je ne savais pas que les klingons s’étaient eux-mêmes inspirés des égyptiens pour leur déco ainsi que pour leurs funérailles. Etant sensés avoir également un humour bien à eux (Un peu style humour de pirates), ce trait semble également être passé à la trappe sans doute parce que ça ne faisait pas assez maléfique.

Enfin, venons-en sur des termes un peu plus techniques au niveau des effets visuels. Visuellement, rien à redire, c’est beau, on en reçoit plein les yeux pendant les batailles. Mais que sont devenus les banques de faisceaux phasers utilisées normalement sur les vaisseaux de la fédération ?
Je m’explique, d’un côté, nous avons des armes de types canon et d’un autre des armes de types banque de faisceaux. Les canons tirent des petits salves de lasers en mitraillement, les faisceaux envoient un rayon ininterrompu vers leur cible. Pour résumer, les vaisseaux klingons sont normalement équipés de canons disrupteurs donc de ce côté-là, pas de problème. Par contre (et JJ Abrams a fait la même erreur volontaire dans ces films) les vaisseaux de la fédération devraient pour la plupart, être équipés de banque de faisceaux phaser hors, on voit très clairement qu’ils sont équipés d’armes à canon comme les klingons. Encore une fois, on prime le visuel et la poudre aux yeux au dépend de ce qui a été établi par le passé. Gene Rodenberry doit à coup sûr se retourner dans sa tombe à l'heure qu'il est car il est clair que l'univers qu'il avait imaginé est aujourd'hui passé à la trappe pour des questions de poudre aux yeux et de vouloir essayer de plaire à tout le monde. Il est d'ailleurs assez dommage d'effacer le côté utopique de la franchise au profit d'un côté utopique financier.

En résumé, ça ne me dérange pas lorsque l’on ajoute du nouveau à de l’existant. Ca ne me dérange pas si on modifie subtilement l’existant pour des raisons de bon sens. Mais lorsque l’on en vient à changer l’existant à ce point juste pour que « ça pète » à l’écran et cela au point de dénaturer l’ambiance de Star Trek présente dans les 5 séries précédentes. Je pense que certains réalisateurs devraient arrêter de se prendre pour des élus du renouveau. Car je n’ai pratiquement pas eu l’impression de regarder Star Trek en visionnant Discovery. Ce qui différenciait la série Star Trek des séries comme Battlestar Galactica, Stargates, ou plus récemment The Expanse, n’est plus. Aujourd’hui, avec Discovery, Star Trek vient de perdre son individualité pour être fondu dans la masse.

TOUSEN
26/09/2017 à 09:23

Sur Netflix sérieux??? Ah enfin...

Yellow submarine
26/09/2017 à 08:14

@silveran: la série se situe dans le même univers que les 3films de la trilogie relancée par Abrams.
Aucune hérésie bien au contraire

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