American Horror Story : l'ouverture de 1984 griffe-t-elle déjà la nuit ?

Camille Vignes | 20 septembre 2019 - MAJ : 20/09/2019 17:48
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Premier épisode d'American Horror Story saison 9, premières impressions.

Après la maison hantée, l'asile psychiatrique, les sorcières, le freak show, l'hôtel monstrueux, l’horrible téléréalité, les Américains glauques et l’Apocalypse, place à un des plus grands classiques de l’horreur : le slasher.

La saison 9 d'American Horror Story, l'anthologie de Brad Falchuk et Ryan Murphy, s’est séparée de Jessica Lange ou encore Sarah Paulson et c'est  désormais Emma Roberts qui prend le lead dans le rôle de Brooke. On retrouve aussi devant la caméra Billie Lourd, Cody FernLeslie Grossman et John Carroll Lynch en même temps qu'on découvre de nouvelles têtes au casting : Gus Kenworthy, Angelica Ross (Pose), Matthew Morrison (Glee), DeRon Horton (Dear White People), Zach Villa (Shameless) et Todd Stashwick (Jane Got a Gun).

Retour vers le passé donc, et bienvenue en 1984 ! 

 

ATTENTION SPOILERS !

 

 

 

CRIME, SLASHER ET NOSTALGIE  

Avec le naufrage progressif des dernières saisons d'American Horror Story, rien d’étonnant à voir l’enthousiasme autour de l'anthologie de Brad Falchuk et Ryan Murphy retomber comme un soufflé. Chaque saison était un peu plus bancale dans son architecture, dans le traitement des personnages (souvent trop nombreux), des enjeux du scénario, dans les effets de caméra… Et si l'apocalypse, la saison 8, se voulait plus fraîche, plus spectaculaire et plus incontournable que jamais, force est de constater qu’elle était loin de combler les attentes des fans. 

1984 a donc frappé fort avant même la diffusion de son premier épisode, en annonçant sortir des sentiers battus des aliens, fantômes et autres freaks issus du bestiaire de l’horreur. Car, si c’est peut-être ça que nous aimions au départ, les huit saisons d’AHS ont fini par épuiser le concept de monstre. Du coup, comme chez Ecran Large on est des inconditionnels de l’horreur et de l’épouvante, la perspective de voir le genre ô combien vintage et appréciable du slasher être remis au goût du jour a évidemment piqué notre curiosité. 

 

photoOuuuuh.... toi t'es pas bien...

 

Et dès le départ, on a envie de sourire : il est là l’immense tueur sanguinaire vêtu d’un long imperméable vert, chaussé de gros godillots inquiétants et trimbalant son arme blanche aussi tranchante que mortelle à la recherche de quelques âmes à faire passer violemment et prématurément de l’autre côté. Il est là, le meurtre (enfin le massacre) originel, glauque, gratuit et dépourvu d’explications. Il est là le camp d'été dans un lieu reculé, les chalets en bois perdus au milieu de la forêt et le lac inquiétant les bordant. 

Mais surtout, surtout, ils sont là les cinq jeunes clichés ambulants. Car pour faire un bon slasher des familles, la pouffe blonde, l’afro-américain, l’ingénue ou encore le sportif ne peuvent pas manquer à l’appel. Vous l’aurez compris, AHS : 1984 nage en pleins clichés. Pour le moment, rien ne semble sortir des sentiers battus, mais ce grand bol de nostalgie fait du bien et pourrait être amusant. 

 

photoContent !

 

MASSACRE AU CAMP D'ÉTÉ

Ceux pour qui Les Griffes de la nuit, Halloween, la nuit des masques, Vendredi 13 ou encore Massacre au camp d'été représentent la quintessence de l’horreur ou ceux pour qui ces films sont une sorte de madeleine de Proust devraient donc être rapidement satisfaits : American Horror Story : 1984 honore dès son premier épisode le genre et semble offrir (pour l’instant en tout cas) un véritable pastiche. 

Voilà donc qu'Emma Roberts, arrivée dans la série avec Coven, se lance dans un nouveau numéro : celui la gentille et naïve petite Américaine. Avec son look de jeune femme sage, elle dénote complètement au milieu de la bande d'amis avec qui elle part en voyage. Notamment avec celui de la pouffe de service accro à l'aérobic campée par Billie Lourd... 

 

photoBlonde peroxydée pour bon gros cliché 

 

Après un générique grinçant ensanglantant un entraînement d'aérobique type ceux de Jane Fonda, la présentation des personnages lors d'un cours de sport un brin goguenard (et franchement réussie) et la proposition un peu trop abrupte du prof d'aérobic d'aller jouer les monos au "Camp Redwood", tout ce beau monde prend donc la route.

Loin de Google, des GPS et autres magies de l'internet moderne et sans rajouter de manigances superflues ou de folie absurde dont Brad Falchuk et Ryan Murphy ont le secret, la joyeuse bande ne pouvait passer outre la fameuse pause à la station essence. Alors qu'ils payent leur plein sur la route vers le camp d'été, la couleur est annoncée : ils vont mourir là-bas... 

 

photoJe te vois, toi qui essaie de survivre...

 

STRANGER THINGS 

Jusque dans le personnage du pompiste donc, qui incite les héros à rebrousser chemin avant qu'il ne soit trop tard (et qui sera le premier à périr lors de la deuxième folie meurtrière de M. Grelots), AHS : 1984 est entièrement tendue du côté de la nostalgie et de l'hommage. D'habitude provocateurs, on en viendrait presque à se demander si Brad Falchuk et Ryan Murphy seraient rentrés dans le rang, et si leur but ne serait pas de faire une révérence au genre et à l’époque (musique, coiffures, costumes...) plutôt que d'en proposer une relecture !

Une entrée en matière un poil trop familière qui met l'accent sur les bons côtés de l'épisode. Adieu le style baroque et la surabondance de détails et d'effets visuels. La mise en scène est épurée pour laisser quelques rares scènes et séquences prendre le dessus sur les autres. Notamment celle d’ouverture qui, après avoir joué subtilement de la tension sexuelle (pour cette série en tout cas), propose un meurtre abrupt et mémorable. C'est également le cas lorsque les cinq jeunes renversent avec leur van un homme complètement ahuri. Pendant quelques secondes, la scène est vraiment drôle et parodique.

 

photoSage comme une image ? 

 

L’identité du tueur étant connue (l'homme joué par John Carroll Lynch est derrière les barreaux depuis une petite quinzaine d'années), le récit ne devrait pas avoir pour but principal de le démasquer. Heureusement donc même si un twist n'est pas à exclure.

D'un côté, le personnage d'Elizabeth Booth paraît beaucoup trop louche pour ne pas avoir une quelconque implication dans les meurtres à venir. D'un autre, Brooke est plus sage que les personnages joués habituellement par Emma Roberts et sa rencontre en début d'épisode avec avec le night stalker Richard Ramirez laisse penser qu'elle a pas mal de choses à cacher.

C'est à grands coups de références et d'hommage évidents que AHS : 1984 débute, le générique de saison et l'introduction des personnages saluant l'époque avec brio. Espérons donc que ce premier épisode soit un baromètre de la qualité globale de la saison. Et si c'est le cas, si la série ne se perd pas dans des détours inutiles et qu'elle reste concentrée, il se pourrait qu'American Horror Story renaisse de ses cendres. À voir si la suite cramera le chamallow ou s'il sera grillé juste ce qu'il faut pour être bon.

La saison 9 d'American Horror Story est diffusée chaque vendredi soir à 22h55 sur Canal + Series.

 

Affiche

commentaires lecteurs votre commentaire !

Celine62
22/09/2019 à 23:03

Je n'ai jamais été déçue d'aucun épisode d'ahs. Je les ai tous savouré. Celui là étrangement m'atire moins je le trouve moins original. Mais ce n'est que le premier...

Murph
22/09/2019 à 15:18

J'ai suivi toutes les saisons d'American Horror Story et pour le moment, c'est le plus mauvais premier épisode: personnages sans charisme et au sex-appeal limité, absence des acteurs récurrents des saisons précédentes, enjeux dramatiques inexistants, gore sans fantaisie, etc.

Mais je regarderai de toutes façons: même quand c'est nul, on ne s'ennuie jamais avec les séries trash de Ryan Murphy. Les pires saisons de Nip/Tuck demeuraient d'excellents plaisirs coupables: un festival de n'importe quoi et de mauvais goût, du trash du trash du trash (la grande méchante qui fourre ses victimes comme des ours en peluche, une patiente qui se tranche les seins au couteau à pain dans la salle d'attente de la clinique, la nouvelle copine du héros qui se crotte dessus dans le jacuzzi lors d'un apéro romantique, etc.).

Sahara
21/09/2019 à 22:05

Grosse m... américaine

Boddicker
21/09/2019 à 10:35

Aucun intérêt, revoyez plutôt même le plus mauvais slasher des années 80 et ce sera meilleur que ça...

prof west
21/09/2019 à 10:27

Du calme il y a seulement un épisode pour le moment

Gladiateur assuré au tiers
21/09/2019 à 10:27

Pour l'instant, ressemble à un copié-collé de Dead of Summer. Après l'introduction, il faudra un bon fil conducteur pour maintenir l'intérêt, sinon le soufflé va vite retomber...

Magnum
20/09/2019 à 21:12

Mouais...Quelques bonnes idées mais c'est pas fou non plus.

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