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The Mandalorian saison 2 épisode 2 : rien que pour vos œufs

Par Simon Riaux
6 novembre 2020
MAJ : 21 mai 2024
19 commentaires
Affiche française

Après une entrée en matière extrêmement spectaculaire, la saison 2 de The Mandalorian dévoile son deuxième épisode. Et il fait froid dans le dos. 

ATTENTION SPOILERS 

 

photo« C’est parti pour un tour »

 

LE PRINCE ET LA GRENOUILLE

Si vous aviez encore des doutes quant à la volonté farouche de Jon Favreau de ne surtout pas faire progresser sa trame principale, le nouvel épisode de la série phare de la plateforme Disney+ devrait gentiment les faire voler en état. Toujours à la recherche de semblables en mesure de le guider dans sa quête, Mando accepte une mission qui doit le mener jusqu’à d’autres solitaires masqués… pour mieux devoir se dépatouiller d’une mésaventure feuilletonnante, jusqu’à celle de la semaine prochaine. 

Et donc, dans l’espoir de trouver quelqu’un en mesure de lui indiquer la localisation de membres de l’espèce de Baby Yoda, il accepte d’embarquer à bord de son vaisseau le Razor Crest, une extraterrestre crapoïde et ses œufs, qu’elle souhaite apporter à son époux afin qu’il les féconde. Une altercation spatiale et un crash plus tard, voici nos trois compagnons d’infortune pris au piège d’une grotte glacée, peuplée de milliers de monstres arachnéens. 

 

photoLe développé couché, un grand classique Mandalorien

 

On s’est souvent demandé pourquoi l’intrigue n’usait pas du potentiel bestiaire de Star Wars comme un chèque en blanc hallucinogène. Jusqu’à présent, la série s’était contentée de quelques proto-yacks ou rhino spatiaux, et une poignée d’inquiétants monstres volants, sans jamais tout à fait assumer le degré de créativité rendu possible par le monde inventé par George Lucas

Le précédent chapitre, avec son phénoménal Dragon Krayt, laissait entendre que The Mandalorian avait vu les choses en grand à l’occasion de sa nouvelle saison, et le segment de la semaine semble le confirmer. On y joue une nouvelle fois la carte du bestiaire, tant pour explorer par petites touches successives les conditions de vie au sein de la galaxie, comme lorsque la passagère de notre héros lui livre les motifs de son périple, ou que nous découvrons à la faveur d’une séquence frissonnante une faune à huit pattes excessivement hostiles. Autant de petits ingrédients qui renforcent la densité de l’ensemble. 

 

photoQui veut un mister Freeze ?

 

LES 101 ARACHNEENS

Une nouvelle fois, on appréciera le degré d’orfèvrerie qui préside à la fabrication du tout. Qu’il s’agisse de l’hommage à Alien glissé lors de la découverte d’une ponte pas franchement rassurante, tout le long d’une fuite plutôt nerveuse, jusqu’à la retraite dans un vaisseau envahi d’atroces bébêtes, les mélanges d’effets physiques et numériques inspirent le respect. Le décor paraît plus complexe qu’à l’accoutumée : marionnettes, maquillages et monstre baveux tournoient avec une belle énergie et plus de créativité que ce à quoi la première saison nous avait habitués. 

L’épisode est confié aux bons soins de Peyton Reed, réalisateur des deux Ant-Man de Marvel. Technicien solide au style remarquable de discrétion, on ne peut pas dire qu’il marquera ici l’Histoire de la mise en scène, mais son expérience sur des blockbusters où les jeux d’échelle sont légion lui permet dans ce cadre de manier les quelques séquences spectaculaires avec une belle assurance. 

 

photoLes casqués font du ski

 

Mais il n’y a pas que dans son déballage de prédateurs affamés que l’amateur de Star Wars pourra se rassasier. On découvre ici comment la nouvelle république, encore balbutiante, tente d’imposer son autorité sur la galaxie, avec un zèle parfois très problématique, quitte à engendrer une belle échauffourée. Et quand pour parer à un contrôle administratif notre Mando essaie de distancer deux X-Wings, nous avons droit non pas à un dog-fight, figure très usitée de la licence, mais à une phase de chat et la souris aérien. 

Un passage dont la réussite plastique et la maîtrise technique provoquent encore une fois bien du plaisir, à fortiori quand celui-ci s’insère dans un aussi bref récit. Après son ouverture gourmande, The Mandalorian retrouve un format de 37 minutes, particulièrement dense, qui rend pratiquement impossible le moindre temps mort. 

 

photoBaster mon amour

 

TARAM ET LE RONRON MAGIQUE

Par conséquent, et constatant ces qualités indéniables, on se désole de voir Jon Favreau et ses scénaristes se contenter de dérouler une intrigue si paresseuse, qui a recours en permanence aux Deus Ex Machina. Non seulement le procédé ôte à cette aventure l’essentiel de son impact dramatique, mais lui fournit en plus une conclusion aux airs de queue de poisson, frustrante à souhait. Non seulement il est désolant de voir les forces de la République, introduite de manière relativement ambiguë, se transformer en super gentils de l’extrême (Rogue One avait abordé cette question avec beaucoup de justesse), mais les greffer à cet épisode pour les en extraire de manière aussi artificielle souligne combien Disney se moque bien de raconter sérieusement une histoire.

C’est d’autant plus rageant que ces facilités menacent l’intégrité du héros lui-même. Membre d’une élite de mercenaires et combattants cosmiques, réputé redoutable, il passe décidément son temps à se viander, collectionner les totems de poisse, ou à se faire sauver l’armure par de valeureux seconds rôles. Comment dès lors se passionner pour cet aventurier chromé aux airs de coquille vide ? 

Autant de problèmes loin d’être neufs, mais qui finiront par entamer durablement notre plaisir de visionnage si The Mandalorian ne fait pas preuve d’un peu plus de rigueur. 

Un nouvel épisode de The Mandalorian saison 2 chaque vendredi sur Disney+ depuis le 30 octobre 2020

 

Affiche française

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CHFAB

Très déçu de constater que cette série retombe dans le vide hebdomadaire… scénario zero, persos zero, rebondissements foutage de gueule, et fil rouge… disparu… Mais y en a-t-il eu vraiment un? encore un épisode comme ça et je lâche l’affaire… Alien maintenant? Dans le trois ce sera Terminator? Indiana Jones? Ya vraiment showrunner là?…Et par dessus tout je suis effaré de l’insistance de nombreux d’entre nous à être déçus mais à regarder quand même… Et si une bonne fois pour toute on acceptait que Star Wars, au dessus de 8 ans, c’est fini!!!! Mais avec la polémique délirante quasi anti avortement sur Yoda (ben oui quoi, il mange les créatures du seigneur quand même!… non mais pitié!) avec un peu de chance tout ça va s’écrouler, la série va devenir ultra bashée, et grandes oreilles avec, ce qui serait pour le cinéma mondial la meilleure des nouvelles. Star Wars est mort, Marvel est mort, vive… autre chose!

Mandalo

Mais qu’ils virent ce bec-à-foin de Favreau et embauchent des scènaristes. « J’y vais t’y donner un indice pour trouver un gars qui te donnera un autre indice s’y t’y transporte un truc pour moi d’un point A à un point B… »

Le Bandit

Je sais pas si je suis le seul mais la saison 2 me donne l’impression qu’ils essaient de faire des hommage au grand film de la SF. 1 episode il y a clairement un petit clin d’oeil a DUNE et l’épisode 2 quant a lui rend hommage a ALIEN.
bref je vois peut-être des complots partout 🙂

Lord Sinclair

On va pas se mentir. il ne se passe rien dans cette série depuis l’épisode 102.
On regarde ça à cause des décors, de l’imaginaire de notre enfance (ou de la nostalgie).
Les scénarios font une demie page, et conviendraient à un dessin animé de 20 mn. Il n’y a aucune cratérisation des personnages, aucune audace dans les combats ou la violence, aucune originalité dans les scénarios. Ce qui aurait pu être une vaste aventure badass SF avec comme toile de fonds des évènements géopolitiques à l’échèle d’une galaxie s’est transformé en artwork de 40 mn sans âme ni ambition.
Mais je regarderai quand même. Quand on aime les madeleines, même industrielles… Va comprendre….

EEDGE

l’épisode 2 était bien nul… linéaire, juste voir des X-wings le seul moment sympa