Snowpiercer saison 2 épisode 1 : la fin des haricots pour Sean Bean sur Netflix ?

Mathieu Jaborska | 26 janvier 2021 - MAJ : 26/01/2021 15:52
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photo, Sean Bean

Et c'est reparti pour un tour ! Affaiblie par une production chaotique, la saison 1 de Snowpiercer était loin d'avoir convaincu tout le monde, la faute à un traitement très télévisuel se revendiquant malencontreusement de l'excellent film de Bong Joon-ho. Il faut dire qu'adapter un concept aussi allégorique (un train-monde abritant les derniers survivants de l'humanité) n'est pas chose aisée.

Et doter cette histoire d'une suite encore moins. Anticipant l'effort narratif nécessaire à une saison 2, l'équipe de scénaristes menée par Graeme Manson avait dédié le dernier épisode de la saison 1 à un cliffhanger géant. Ce premier épisode, disposant de quelques armes, en tête desquelles l'apparition de Sean Bean, est-il à la hauteur ?

ATTENTION, LÉGERS SPOILERS.

 

photo, Daveed Diggs, Mickey SumnerUn voyage plus mouvementé qu'un trajet TER Lille-Dunkerque

 

Unstoppable

Malheureusement, la réception critique pour le moins mitigée de la saison 1 n'a pas poussé Graeme et les exécutifs de TNT à toucher à la formule de la série, sans compassion pour notre rédaction, qui a déjà épuisé tous ses jeux de mots ferroviaires. L'inventivité de nos titres suivra donc la triste courbe de progression de l'intrigue, qui avait déjà débuté un nouvel arc à l'épisode précédent. Cet épisode 1 ressemble à s'y méprendre à un épisode 2, puisqu'il fait directement suite aux révélations de la fin de la saison précédente.

Rien de neuf sous le soleil glacial : ces premières 45 minutes bénéficient des mêmes qualités et souffrent des mêmes défauts que la saison précédente, à savoir une direction artistique soignée, un scénario plutôt bien rodé, une mise en scène académique au possible et surtout un mépris total des particularités visuelles et spatiales de la vie dans un train. Vus de l'extérieur, les wagons ressemblent à des gratte-ciels sur rail, ce qui est toujours bien pratique pour construire des décors de studio sans prendre en compte la linéarité de l'engin.

 

photoUne méga-locomotive encore plus grosse

 

Oubliez donc une fois de plus l'impression de progression et de claustrophobie horizontale qui suintait du long-métrage de Bong Joon-ho. En dépit de l'intrigue, centrée autour du train de ravitaillement, l'influence de la bande dessinée de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette est toujours aux abonnés absents. Originellement pensée pour se réapproprier la charte graphique du film, la série n'a plus qu'elle-même comme référent, et elle commence à se passer de ses béquilles les plus risibles.

Parmi elles, le fameux sous-train, excuse technologique gommant l'aspect successif des wagons, qui n'est même plus mentionné. Désormais, les personnages se téléportent à leur guise et sans contraintes dans les centaines de compartiments, et ce malgré leur taille improbable. Snowpiercer se devait de s'éloigner du long-métrage afin de perdurer aussi longtemps que ses ambitions veulent la mener (une saison 3 est déjà commandée), et elle a fait le choix de se contenter de ses propres prémisses, aussi bancales soient-elles.

 

photo, Rowan BlanchardLes carottes sont cuites

 

Danke Sean

Rien de bien étonnant au programme de ces retrouvailles, si ce n'est quelques surprises attendues... ou pas. La première de ces surprises n'en est donc pas une : comme prévu, Sean Bean se glisse dans l'uniforme de Wilford, dont l'absence était une des grandes forces de la saison 1. Et si la barre était haute après l'interprétation toute en froideur aristocratique d'Ed Harris, la chair à canon préférée du 7e art brille en proposant une tout autre lecture du personnage, en accord avec la balourdise de la série. Le nouveau Wilford est un pur méchant de série B, vicieux, opulent et frontalement manipulateur.

Le protagoniste s'inscrit dans un registre assez loin de la complexité hypocrite des premiers épisodes, illuminant d'espoir ceux qui suivront. En effet, grâce à lui et sa clique, la narration commence doucement à assumer de malmener la suspension d'incrédulité pour foncer tête baissée dans le divertissement bourrin. Tous les nouveaux personnages déployés se démarquent par leur unilatéralité fonctionnelle, du duo de docteurs allumés au capitaine droit dans ses bottes.

 

photo, Sean BeanSolide comme un Sean

 

Le véritable clou du spectacle, c'est évidemment l'orc défiguré, quasiment une créature fantastique, faisant carrément lorgner l'ensemble sur le jeu vidéo, avec boss maléfique tenant les ficelles et sous-boss super vénère. Le bougre, équivalent apocalyptique du gosse en short hivernal de votre lycée, est carrément doté de super-pouvoirs, initiant une transition vers l'épopée débile, où la démocratie est moins un concept à décortiquer qu'une valeur à défendre, si possible dans une méga-bataille épique.

Si ce premier épisode reprend presque tout de la saison 1, il ne reproduit pas son erreur de mettre en pause les enjeux principaux le temps d'une sous-intrigue absurde (même si la présence de la fille de Mélanie laisse présager le pire), nous montre déjà un assaut et en annonce d'autres. On décèle quelques indices anticipant la fissure du régime établi par le héros, mais surtout un affrontement futur, digne de ce nom avec un peu de chance.

Espérons donc que cette saison 2 laisse tomber ses cabotinages sociaux pour se concentrer sur sa principale qualité : sa capacité de divertissement simple. Maintenant qu'un grand méchant et un bon gentil se font face, c'est bien possible. D'autant plus que la dernière phrase prononcée par le personnage de Daveed Diggs laisse entendre que le conflit risque d'occuper l'intégralité de cette salve d'épisodes, et que c'est bien ce face à face délicieusement manichéen qui motivera tout. Verdict la semaine d'après, puis celle d'après, puis celle d'après...

Un nouvel épisode de la saison 2 de Snowpiercer sur Netflix chaque mardi en France dès le 26 janvier 2021

 

Affiche US

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Harry cover
02/02/2021 à 08:59

La série est plutôt bien faite et la critique un peu rude ..
Surtout quand on voit les même critiques adorer les séries françaises du genre " demain nous appartient" ...

Ely
31/01/2021 à 02:03

Apparemment l'auteur de cet article aurait voulu voir les personnages traverser des centaines de wagons pendant 45min car pour lui ça aurait plus crédible.
On a compris que le train était très long mais on regarde une série pour se divertir, pas pour compter mes wagons.
Très mauvais article, commentaire inutil et pathétique.

Ely
31/01/2021 à 01:59

Et bien moi jai adoré cette série et detesté les commentaire de cet article si négatif.
J'espère vivement quelle continuera et pour ceux à qui elle ne plaît pas, rien ne vous empêche de regarder autre chose.
C'est comme le chocolat, si t'aime pas ça, n'en degoute pas les autres.
Le casting est bon, les images sont magnifiques, le scénario basé sur l'inégalité des classes reflètent exactement notre monde d'aujourd'hui et ça donne à réfléchir.
Car même en cas de fin du monde, une élite tentera toujours de prendre le dessus du peuple, et se sera toujours le peuple qui nourrira l'élite, donc traiter de ce problème était très malin et approprié.
Je n'ai jamais mu la bd et ne peux donc comparer.
J'ai hâte de voir les prochains épisodes.

Locawendoline
28/01/2021 à 01:25

Quel mauvais article de série ...la personne n’a clairement ps apprécier cette série qui est super bien fait et super intéressante! Cette serie vient du film du même nom ...mais l serie est 10 x meilleure! Je l’ai adoré même! Alors chacun ces goûts...mais moi contre routes attentes je l’ai dwvore cette série!

giro
27/01/2021 à 23:13

et ça s'encule dans les hautes sphères...

Tanguy f
27/01/2021 à 19:47

Personnellement, j'attends la suite avec impatience
Je trouve que cette série est unique !
Elle se démarque des autre grâce à son concept original
Par rapport au film, je trouve que le snowpiercer de la série est plus approfondie et mieux élaboré, on apprend donc des choses intéressantes sur nous même
Je trouve donc intéressant de poursuivre cette série
Je sais que pour beaucoup d'entre vous, le concept de vivre dans un train est un peut farfelues voir même ridicule mais ce train n'est ni plus ni moins qu'un bunker mobile ce qui sera très utile pour l'organisation de l'humanité après le grand gèle car il n'y a pas les mêmes ressources partout sur la terre
Je pense que ce qu'il vous bloques, c'est le fait de vous poser la question de savoir comment un train peu sauver l'humanité
Il serait donc important d'approfondir d'avantage l'aménagement de ce train pour avoir une base plus solide sur la série
Merci d'avoir lu ce commentaire et désolé pour les fautes d'orthographe
Merci pour vos commentaires intéressants
J'espère vous revoir bientôt

Internaute
27/01/2021 à 17:41

" Me semble que tout le monde , média compris à kiff la saison 1 !!!! "

La série a 5.5 sur Senscritique, donc je crois pas que tout le monde ai kiffé....

Simon Riaux - Rédaction
27/01/2021 à 11:57

@saint-Plaix

Alors Snowpiercing, je ne sais pas, mais Snowpiercer en effet, on trouve ça plutôt moyen. notez néanmoins que la critique ci-dessus est très loin d'être négative. Juste, pas particulièrement emballée.

Enfin, une critique n'a jamais pour but de décréter ce qui serait de bon goût, ou de "bon ton". Simplement de proposer une grille de lecture, de permettre à chacun d'éprouver son opinion et de discuter. Dans le respect. La bienveillance.

indy75
27/01/2021 à 11:43

"La fin des haricots pour... Sean Bean". Bien joué :-)

Pog
27/01/2021 à 09:50

@Massi

Je pense que ce n'est pas aussi triste que d'être toi : se sentir obligé de râler et critiquer ceux qui ne pensent pas comme toi, avec la carte bien bête du "vous devez pas vous amuser dans la vie si vous vous amusez pas avec ça"... C'est vraiment le degré zéro de l'échange, donc tristesse totale sur toi.

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