Waco Saison 1 Episode 2 : Etroite Surveillance

Créé : 6 février 2018 - Christophe Foltzer
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Le premier épisode nous l'avait laissé penser, le second nous le confirme : Waco est d'ores et déjà une des grandes séries incontournables de l'année.

ATTENTION SPOILERS !

 

LE RÉSUMÉ

Tandis que Noesner se débat avec sa hiérarchie suite au fiasco de la prise d'otages de Ruby Ridge et après que le FBI ait reçu une subvention de 10 millions de dollars pour s'armer, David Koresh a un nouveau voisin. Ou plutôt des nouveaux voisins puisqu'il s'agit d'un trio d'agents du FBI chargé de surveiller la secte suite à des informations révélant qu'elle possédait des armes illégales et que Koresh avait des relations sexuelles avec des mineurs.

Jacob, l'un des agents, infiltre la famille de Mont Carmel pour avoir une preuve visuelle des suspicions et lancer l'assaut mais il se retrouve face à un David Koresh bienveillant qui l'accueille à bras ouverts. Jacob y découvre une communauté bâtie sur l'amour de l'autre et la compréhension et, alors qu'il assiste au mariage arrangé de deux fidèles (dont une épouse de Koresh), ses défenses s'abaissent surtout que le gourou sait où appuyer.

Tandis que le FBI se prépare à l'assaut avec une chargée de communication, un article assassin sur Koresh parait dans le journal local, enlevant tout effet de surprise. Koresh essaye de convaincre Jacob d'annuler l'assaut mais lorsqu'il tente de le faire, c'est trop tard : Jacob se retrouve en plein milieu de la route, dépassé par un cortège plein d'agents qui filent en direction de Mont Carmel. Le pire est à venir et tout le monde le sait.

 

Photo Episode 2Les bras ouverts mais un peu flou quand même

 

L'OEUVRE DE DIEU, LA PART DU DIABLE

Waco confirme donc avec ce second épisode, ce que l'on soupçonnait déjà la semaine dernière : tout le monde va en prendre pour son grade. Et il faut reconnaitre que c'est fait de façon admirable. Entre David Koresh, ambigu au possible, passant d'un père aimant à un monstre de narcissisme, première victime de son propre discours, un agent du FBI, Jacob, parsemé de failles personnelles qui le font tomber entre les griffes du gourou. Mais aussi le FBI, totalement aux fraises et obsédé par son image et Noesner, le négociateur désenchanté encore en retrait, la série nous prouve en deux épisodes que l'homme est bel et bien son pire ennemi.

 

Photo Episode 2Les femmes de David Koresh ont besoin de mettre les points sur les i

 

La tentation est grande d'entrer dans les détails de ce fantastique épisode et pourtant, nous ne le ferons pas tant sa principale qualité repose sur son expérience. En effet, au-delà de la terrible histoire vraie que le show nous raconte, c'est avant tout le spectateur qui est la première victime de David Koresh (Taylor Kitsch). Et nous sommes admiratifs de la maestria avec laquelle on nous balade d'un point de vue à l'autre.

Tantôt représenté comme un amour d'être humain, convaincu de sa mission et inoffensif, il suffit d'un regard, d'un détail dans l'image pour nous rappeler son versant monstrueux. La série évolue constamment en zones de gris, jouant avec la connaissance du spectateur quant à l'issue tragique de l'histoire et abattant derechef la carte d'un fatalisme quasi divin : David Koresh sait ce qui va lui arriver, il sait qu'il ne peut rien faire contre, il sait que cela fait partie de sa mission sur Terre, mais cela n'enlève pas la souffrance pour autant.

 

Phot Episode 2Jacob face au plan d'intervention des forces spéciales

 

Et c'est évidemment tout le travail de manipulation à l'oeuvre sur le personnage de Jacob (excellent John Leguizamo) qui retient l'attention et qui est le coeur de cet épisode. Comme Jacob, nous avons envie d'y croire, comme Jacob, nous savons que son discours est faux et, comme Jacob, nos failles personnelles ouvrent la voie de notre coeur à Koresh.

Arriver à une telle confusion des sentiments en un seul épisode est quelque chose de fantastique et de très rare à la télévision. Preuve que les deux créateurs, John Erick Dowdle et Drew Dowdle, connaissent à fond leur sujet et ont le talent nécessaire pour le raconter. Tandis que l'issue de l'épisode annonce le drame de manière effective, on se dit qu'une semaine d'attente, c'est beaucoup trop long...

 

Waco confirme avec ce second épisode son statut d'oeuvre indispensable du moment. Très bien réalisée, interprétée et magistralement écrite, elle nous met dans une position délicate qui nous force à remettre en question notre vision des choses. Magistral.

 

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