The Comey Rule : critique qui s'attaque à Trump sur Canal+

Alexandre Janowiak | 29 octobre 2020
Alexandre Janowiak | 29 octobre 2020

En ces temps électoraux, le monde du cinéma et des séries tient particulièrement à participer au débat, entre fiction et réalité, reconstitution ou documentaire. Après Les Sept de Chicago de Aaron Sorkin sur Netflix et Borat : Nouvelle Mission Filmée de Sacha Baron Cohen sur Amazon Prime, la mini-série The Comey Rule de Showtime, diffusée sur Canal+ en France, s'attaque encore plus frontalement à l'administration Trump en revenant sur les coulisses de l'élection présidentielle de 2016.

TRUMP L'OEIL

Dès les premières photos, The Comey Rule a intrigué pour une chose en particulier : Brendan Gleeson dans la peau de Donald Trump. La transformation de son physique faisait déjà mouche sur les premiers aperçus et la bande-annonce avait fini de nous convaincre que l'acteur, trop rare dans de grands rôles, allait livrer une prestation formidable dans la peau du président polémique.

Après visionnage de la série Showtime, nul doute qu'il s'agit d'une des performances de l'année. The Comey Rule est composée de deux épisodes de près de deux heures chacun à l'origine, mais Canal+ a décidé de découper le tout en quatre épisodes plus digestes d'environ une heure. Le moyen sans doute également de teaser un peu plus l'arrivée de l'acteur en Trump, puisqu'il n'apparaît qu'à partir du troisième épisode.

 

Photo Brendan GleesonBrendan Donald Gleeson

 

Une attente qui vaut particulièrement la peine tant sa présence bouscule complètement le récit, la personnalité du président américain étant tout aussi fascinante que déstabilisante. Lors de sa première apparition, les gesticulations et singeries de l'acteur dans la peau de Trump sont assez déconcertantes, laissant croire quelques instants que l'incarnation ne sera finalement qu'une simple parodie un peu moins ridicule que celle d'Alec Baldwin au SNL.

Un doute qui s'éteint très rapidement lorsque l'on comprend que Trump est finalement un personnage aussi fantasque que les décisions farfelues qu'il prend ou des requêtes illégales qu'il fait au FBI. De facto, lorsque Brendan Gleeson capte pleinement son assurance, son culot ou sa roguerie, jusqu'à complètement s'emparer de ses tics de langage, sa gestuelle, sa démarche et surtout ses mimiques faciales de ses bruits de mastication à la forme de sa bouche en passant inévitablement par son teint orangé, il illumine les séquences autant qu'il les transcende.

 

Photo Brendan GleesonUn travail monstrueux sur les mimiques

 

HIS PRESIDENCY, HIS RULEs ?

The Comey Rule ne tourne toutefois pas uniquement autour de Donald Trump et, au contraire, se concentre surtout sur l'ancien boss du FBI : James Comey. La série est en effet adaptée des mémoires de Comey, Mensonges et vérités, une loyauté à toute épreuve, et revient donc avec précision sur les investigations du FBI durant la présidentielle de 2016 avec l'enquête sur les e-mails de Hillary Clinton, mais également sur les soupçons d'ingérence russe durant la campagne.

La mini-série Showtime est donc particulièrement pointue, développant à l'aide de la fiction, mais également d'énormément d'images d'archives médiatiques, ces deux sujets lourds et précis. À de nombreuses reprises, la série se révèlera d'ailleurs sans doute trop technique pour les spectateurs, les discussions politiques, économiques, sociales et judiciaires se multipliant à travers des dialogues ingrats et peu divertissants.

 

Photo Jeff Daniels, Brendan GleesonUn duel au sommet

 

C'est sans doute ce qui manque à la série : un ou une scénariste capable de vulgariser deux énormes morceaux de la politique américaine des dernières années pour en faire une fiction distrayante en plus d'être pertinente. Le showrunner Billy Ray, derrière les scénarios de Terminator : Dark FateGemini Man et Le Cas Richard Jewell, qui est à la fois au scénario et à la réalisation de The Comey Rule, ne réussit jamais à rendre le récit pleinement cinématographique, là où un Aaron Sorkin aurait sans doute apporté un panache bienvenu.

Par ailleurs, faire de Rod Rosenstein (Scoot McNairy) le narrateur de l'histoire est un choix assez maladroit. Après quatre épisodes, il est difficile de comprendre la raison pour laquelle Billy Ray a décidé de le faire mener le récit, alors même qu'il n'est jamais réellement en son centre. Il s'agissait peut-être d'un moyen de donner une vision plus décentrée de l'affaire, mais concrètement le pari est raté, la narration étant plus heurtée par ces allers-retours qu'épaulée.

 

photo, Holly HunterHolly Hunter qui passe aussi par là

 

BREAKING TRUE NEWS

Billy Ray avait, toutefois, des objectifs bien différents à travers The Comey Rule. Suivre l'excellent Jeff Daniels dans la peau de James Comey est passionnant à bien des égards, le directeur du FBI étant en proie à de profonds dilemmes moraux et de riches questionnements éthiques et intellectuels.

Voir cet homme aux intentions louables se démener pour guider le FBI, lui faire conserver son apolitisme et l'élever au-dessus de la mêlée dans des affaires compliquées, dont les traitements pourraient avoir (ont eu) de grosses conséquences sur le pays offre de jolis moments à la fois émouvants, intimes et révoltants.

 

photo, Jeff DanielsJe jure de dire toute la vérité (trop même)

 

Mais plus qu'un simple divertissement relatant cette histoire, il est clair que Billy Ray voyait en sa mini-série le moyen de remettre sur le devant de la scène un épisode essentiel de l'Histoire américaine récente. Diffusée à quelques semaines (pour les Américains) ou jours (pour nous) de la présidentielle américaine de 2020, The Comey Rule a surtout une portée informative.

Elle est déterminée à dénoncer les agissements de Trump ou en tout cas, à les révéler à la plus grande audience possible avant un vote si crucial. Si son héros pèse en permanence le pour et le contre entre une vérité dangereuse et une discrétion providentielle, la mini-série de Showtime fait le choix de ne rien passer sous silence et de frapper du poing sur la table. Suffisant pour mériter votre attention.

The Comey Rule est diffusée à partir du 29 octobre 2020sur Canal+

 

Affiche US

Résumé

The Comey Rule est souvent rude et trop bavarde, mais n'en reste pas moins une série passionnante sur les coulisses d'une élection présidentielle palpitante et historique. 

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commentaires

ceciloule
08/11/2020 à 14:34

Passionnant et instructif, en effet ! Quant à la performance trumpienne... à souligner, je confirme. Par contre, je n'ai pas trouvé indigestes les conversations purement techniques et cette série a même été source d'un enrichissement rare de mon côté (j'en parle plus longuement ici : https://pamolico.wordpress.com/2020/11/08/the-comey-rule-billy-ray/)


05/11/2020 à 21:09

Je boycotte ce film...
Je boycotte toujours ce genre de film, copie conforme des autres films à charge, sans aucune objectivité, aucune analyse globale géopolitique des bonnes actions de Trump, de l'économie au top des US (chômage au plus bas notamment chez les noirs, salaire médian au plus haut historique, Dow Jones au plus haut, impôt au plus bas, décontraction progressive de l'Obamacare qui est un fiasco nationale, même Biden veut le changer, élaboration des multiples plans de paix pays du moyenne Orient avec Israël...). Et je ne parle pas des cassroles encore plus grosse que Clinton chez Biden et son escroc de fils...
Bref une nième série gauchiste et moralisatrice à la veille d'une élection : aucune crédibilité ni aucun intérêt.

A bon entendeur

Blason
01/11/2020 à 16:05

@Malvina, avant le FBI était vraiment une institution prestigieuse, tout le monde voulait y travailler, maintenant elle est corrompue, et vicié de l'interieur, tout n'est que manigance, coups fourré, elle rejoint la CIA dans ces opérations, et n'est plus le FBI d'antan.

Malvina
31/10/2020 à 22:12

C'est instructif et passionnant. Ca en dit long sur le FBI et le dévouement de ceux qui y travaillent, ça doit pas être de la tarte tous les jours. Sur Trump, ça confirme ce que tout le monde sait. J'espère que le résultat de cette élection va remettre les pendules à l'heure de façon fracassante! Pay back time, Mr Trump!

Tonto
31/10/2020 à 08:31

Mouais, perso, je commencerai a faire la morale aux autres quand on aura nous-mêmes quelque chose qui ressemble à un président...
Je n'ai jamais aimé dézingué Trump pour le principe, même s'il est évident que c'est parfois plus que tentant.
Après, d'une, la série a déjà plus de légitimité pour le faire que la plupart de nos médias occidentaux qui ont un niveau de réflexion et de géopolitique ne dépassant pas Oui-Oui au pays des jouets (la série, elle, s'adresse à un public que ça concerne vraiment) et de deux, il faut voir si la critique est pertinente ou non.
Si on a l'éternel refrain visant à faire passer Trump pour un gamin qui joue avec les ficelles du pouvoir sans savoir de quoi il s'agit, alors très peu pour moi. Si on est sur une vraie critique qui ne fait pas l'erreur de prendre son adversaire pour un débile, alors ça peut être intéressant.

Mais c'est sur qu'on pourrait faire une série au moins tout aussi dense sur Biden... Ceux qui croient avoir a faire au sauveur de l'Amérique ont oublié d'étudier la question.
De toute façon, les Américains vont bientôt trancher : si Biden passe, le monde sera sauvé, si Trump passe, ça sera encore la faute du système, qui, scrogneugneu, n'est pas démocratique... J'en peux plus, de notre presse de demeurés mentaux, qui croit que la peste peut nous sauver du choléra.

Pauvre cons
31/10/2020 à 03:14

Ça vole bas. De grands Présidents et surtout les fondateurs doivent se retourner dans leurs tombes, à observer ce sale type, mafieux et qui se fout complètement de l'Amérique et des Américains. 4 ans de plus serait catastrophiques. Tout, mais pas lui !

Blason
30/10/2020 à 20:13

Si Ecran Large strike certains commentaires, dans un contexte ou la liberté d'expression est devenu un sujet sensible, c'est que vraiment EL tout comme les médias main stream suit une logique à géometrie variable. La série parle de Trump et l'egratine, il est normal de critiquer ce parti pris quand des personnes politiques comme Biden, ou Hillary Clinton, sont épargnés de toute critiques.

Flash
30/10/2020 à 17:56

Kyle Reese@ tu as tout dit concernant ce sinistre personnage.

Joe n' a pas la frite
30/10/2020 à 16:14

@Simon Riaux;
les affaires du procureur en ukraine limogé par biden, et les affaires avec son fiston dans la petrochimie? c'est filmé en public et ià rigole en plus
complotiste?
les dizaines de video de meeting ou Joe Biden tripote des jeunes filles devant camera et en meeting? complotiste?
l'affaire du pc portable et les centaines de svideo X18, complotiste? avec des cuties ne plus!
complotiste?
et les affaires Clinton, Obama, complotiste?
vous montrez un film anti trump, c'est votre droit,mais on on pourrait en faire 20 fois plus sur Biden L'endormi et son fiston
et vous faites sauter des com en plus anti biden
donc si vous êtes anti anti biden vous êtes pour Biden c'est de la logique

Kyle Reese
30/10/2020 à 16:13

@foutage de gueule ou peu importe

Allez pour le fun.

Personne ne caricature Trump, il se débrouille très bien, c'est une véritable caricature à lui tout seul.
Même au sein des républicains Trump fait tache, bcq n'en veulent plus, la faute aux méchants démocrates et leurs méchantes influences bien sur. Trump a réussi à se mettre à dos un nombres incalculable de personnes qui croyaient en lui.
Biden sera toujours mieux que Trump. Faut pas chercher bien loin pour comprendre ce qui ne va pas avec Trump. Une partie de sa famille, ses anciens proches collaborateurs tous décrivent quelqu'un d'ignorant, de pervers narcissique, de menteur pathologique, d'arnaqueur, de manipulateur, irrespectueux envers tout le monde, sa fortune ne vient pas de lui mais de son père, il n'est qu'une marque utilisé à des fins marketing, il n'est pas le génial homme d'affaire milliardaire qu'il prétend être, ce n'est que du vent, sans parlé de toutes les femmes qui ont été victime harcèlement ou d'agressions.
Rien qu'à l'écouter on comprend de suite à qui on a à faire, pas besoin d'avoir une licence en psychologie. Mais bien évidement j'ai du subir un lavage de cerveau par Hollywood et tous les médias démocrates qui le démontent depuis plus de 4 ans maintenant. Trump n'est qu'une pauvre petite victime ...
Après vous pouvez le défendre comme vous voulez, créer des diversions ou des contres feux à coup de fake news, de complots etc ça ne changera rien aux faits, vous ne pouvez pas maquiller l'état dans lequel il laissera son pays après ses 4 années de présidence foireuse. Il a fait illusion au début avec ses méthodes brutales mais très vite ça a fait pchitt et la réalité complexe du moment lui fait tomber le masque. Il tient tellement à son pays qu'il est prêt à en partir s'il n'est pas réélu.

Maintenant s'il est ré-élu à la loyale, ce sera le choix de la majorité des américains et bien que je ne crois pas en dieu je n'aurai à ce moment qu'une seule chose à leur dire "God save america"

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