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RoboCop vs The Terminator : pardon mais ce comics oublié de Frank Miller est indispensable

Par Elliot Amor
5 octobre 2019
MAJ : 21 mai 2024
24 commentaires
RC v T Kill Human

Bien évidemment que Terminator et RoboCop devaient se rencontrer dans une pépite des années 1990 signée Frank Miller et Walter Simonson.

Il y a 35 ans, les carrières de James Cameron et Arnold Schwarzenegger étaient lancées grâce à Terminator. Deux ans plus tard, en 1987, RoboCop de Paul Verhoeven, avec Peter Weller, est arrivé. Et la rencontre entre les deux hommes d’acier était inévitable.

C’est en 1992, soit peu après les sorties de RoboCop 2 et de Terminator 2 : Le Jugement dernier, que Dark Horse Comics publie un crossover intitulé RoboCop Versus The Terminator.

 

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UNE ÉQUIPE DE CHOC

Avant de parler de l’œuvre, parlons des auteurs. Walter Simonson est connu au début des années 1990 pour avoir écrit et dessiné des aventures des Quatre Fantastiques en compagnie de Thor, Iron Man, Wolverine, Spidey, etc. On lui doit également les dessins de quelques numéros de Batman et The Mighty Thor au début des années 1980. C’est d’ailleurs dans The Mighty Thor #337 qu’est apparu Beta Ray Bill pour la première fois.

 

Beta Ray Bill (mieux qualité)Beta Ray Bill, super personnage créé par Simonson.

 

Est-il vraiment nécessaire de vous présenter Frank Miller ? Non, mais on va quand même le faire. Tout d’abord, il est l’auteur le plus important pour l’univers de Daredevil chez Marvel. Le diable de Hell’s Kitchen lui doit à peu près tout, qu’il s’agisse de sa backstory ou des personnages qui gravitent autour de lui, comme Elektra, créée en 1981.

Ensuite, il y a Batman, Miller est à l’origine de la run Batman: The Dark Knight Returns de 1986 qui nous présente un futur possible de l’univers DC dans lequel les héros sont à la retraite (pour résumer ça de façon gentille). Pour l’anecdote, Peter Weller prête sa voix au Chevalier Noir dans l’adaptation animée du comics.

 

Elektra BullseyeLa mort d’Elektra, par Frank Miller.

 

Nous arrivons aux années 1990, les éditeurs Dark Horse, Valiant et Image Comics émergent pour faire un semblant de concurrence aux géants Marvel et DC. En 1991, Dark Horse Comics publie le premier numéro de l’incontournable Sin City, créé par Frank Miller. Ce dernier a écrit RoboCop 2, sorti deux ans plus tôt, et ne veut pas s’arrêter là.

Ça tombe bien, il fait partie de la rédaction de Dark Horse qui commence à apprécier les licences cinématographiques telles que Alien, Predator ou Godzilla. Vient alors l’idée d’un crossover entre RoboCop et Terminator.

  Encore bagarreBref résumé de l’œuvre

 

BAGARRE !!

RoboCop vs. Terminator, de quoi ça parle ? Ce ne serait pas très honnête de résumer l’histoire en disant « C’est des robots qui font la bagarre », parce que ce récit va tout de même plus loin que ça. L’introduction du comics pourrait être celle d’un film Terminator : le futur, un monde dévasté, l’Humanité au bord de l’extinction… où la résistance humaine envoie un de ses meilleurs éléments qui répond au nom de Kyle Reese Florence Langer. Un personnage féminin badass (avec une coupe au bol) de plus pour les deux sagas, ça fait toujours plaisir.

 

Après bagarreVoyager dans le passé et finir en garde à vue pour y casser du macho. Classique.

 

Florence, qui a donc un background similaire à Kyle de Terminator, atterrit dans le Detroit des années 1990, ville américaine où le taux de criminalité est non négligeable. Flo a pour mission d’éliminer le responsable du Jugement Dernier : Alex Murphy, alias RoboCop. Apparemment, ce dernier a fusionné avec Skynet, ce qui a permis à l’intelligence artificielle d’acquérir la puissance nécessaire pour dominer la race humaine.

Avant que Flo ne vienne à sa rencontre, Murphy s’occupe d’une prise d’otage, puis d’un braquage. En quelques vignettes, les malfrats sont maîtrisés, assommés ou morts. De plus, le justicier inspire la peur chez les criminels, ça nous évoque un peu l’Homme chauve-souris avec lequel les deux auteurs ont travaillé et travailleront par la suite.

 

Shiny and chrome« Shiny and chrome »

 

L’intrigue contient quelques éléments que Frank Miller voulait intégrer à RoboCop 2 et RoboCop 3, en particulier les phases où l’esprit d’Alex Murphy erre dans des bases de données et ne fait qu’un avec des machines informatiques. On peut aussi voir de très belles planches avec RoboCop qui se propulse dans les airs tel Iron Man avec des fusées aux pieds. Il disposera d’un jetpack dans RoboCop 3 deux ans plus tard.

 

photoL’esprit de Murphy, pris au piège par Skynet.

 

Le flic mi-homme, mi-robot affronte trois Terminators à Detroit, libre à vous d’imaginer que plus gros d’entre eux a le visage de Schwarzy, le dessin n’y ressemble pas forcément (en tout cas, il l’évoque). Et cet affrontement est tout à fait spectaculaire, on prend plaisir à voir à quel point les droïdes ED-209, créés par le méchant du premier RoboCop, sont complètement idiots, mais super motivés.

Mais ce qu’on retient surtout de cette escarmouche, c’est combien la mise en scène rend justice aux deux personnages : le T-800 et Murphy se battent à armes égales et on se demande lequel surpassera l’autre. Finalement, RoboCop prend le dessus et tient le crâne métallique de son adversaire comme un trophée. Ainsi s’achèvent le premier affrontement et le tome 2.

 

Fin de bagarre textless« You are… robocopated. »

 

Le narrateur omniscient se met souvent à la place de Skynet. Via ce point de vue, on comprend que l’intelligence artificielle déteste profondément l’espèce humaine et a comme objectif de guérir la Terre de ce virus pour ensuite aller conquérir les étoiles (oui, comme dans Battlestar Galactica).

Et Skynet fait tout pour se défendre et envoie des robots dans le passé à chaque anomalie temporelle : lorsque Flo abat RoboCop dans le tome 1 et lorsque ce dernier se donne la mort dans le tome 3 de façon presque aussi touchante que Schwarzy dans Terminator 2 : Le Jugement dernier. Donc, avant cette seconde anomalie temporelle, l’antagoniste envoie deux Terminators pour empêcher le suicide de Murphy et le connecter de force à sa base de données.

Hélas, le duo de méchants robots accomplit sa mission, Alex Murphy est prisonnier de la matrice pendant une longue ellipse qui anéantit la race humaine, ou presque. Une ellipse d’ailleurs assez plaisante qui fait référence à la vision de Sarah Connor dans Terminator 2. Nous voilà de retour vers le dans le futur, au début du premier tome : le héros se réveille.

 

SupercopSupercop

 

Libéré de l’emprise de Skynet après plusieurs années, Murphy se réveille dans une usine à Terminators. Il s’y construit un corps, fait tout sauter et vole à la rescousse de la résistance avant que Flo ne remonte le temps pour essayer de le tuer. Il se débarrasse tout seul de plusieurs troupes de Terminators parce qu’il est badass et en colère

Supercop va même jusqu’à dévier un missile nucléaire envoyé par la méchante IA (vous comprenez pourquoi on le surnomme « Supercop » ?), et d’ailleurs Miller fait donc sans scrupule référence à son Dark Knight Returns, on aime. Ensuite, Murphy crée une armée de RoboCops pour préparer la bataille finale.

Commence une relation assez intime entre Murphy et Florence, on ne le refuse pas, mais on pense que ce petit flirt aurait été beaucoup plus beau s’il avait été mieux préparé en amont. Mais ce n’est pas grave parce qu’il y a une guerre entre des armées de RoboCops et de Terminators et ça, c’est méga-cool.

 

Bromance et bagarreRomance ou Bromance ? Peu importe, y a la bagarre.

 

RoboRésistant va faire face à Skynet, tel Neo dans Matrix Revolutions, pour en finir une bonne fois pour toutes. Bien sûr, la machine malfaisante ne se laisse pas faire : lorsque le héros pénètre dans la machine, il est dans un rêve où il a une apparence humaine, où l’épouse de sa vie précédente et Florence lui font des avances. Le premier numéro du comics sous-entendait effectivement que l’humain en lui regrettait la douceur féminine.

C’est beau de voir que le dernier rempart de Skynet pour protéger son existence n’est pas une bombe ou une armée de robots. Skynet se sert d’une illusion, un souhait enfoui dans l’esprit de son ennemi qu’il nomme « créateur ». Une rêverie idyllique et utopique comme celle-là peut évoquer le comics Superman For the Man Who Has Everything de ces bons vieux Alan Moore et Dave Gibbons.

 

Shut up and dieOn a peut-être oublié de le préciser, mais RoboCop gagne… en faisant un doigt d’honneur.

 

D’un point de vue visuel ou dramaturgique, on sent que Miller et Simonson sont de vrais fans des deux franchises. Ils parviennent à rendre émouvante et épique une œuvre que beaucoup qualifieraient de « commerciale et débile » en voyant la couverture. Qu’il ait marché ou pas, RoboCop Versus The Terminator était de toute façon voué à être un one-shot sans suite. Bien qu’en 2011, une run intitulée Terminator/RoboCop: Kill Human ait été publiée chez Dynamite Entertainment.

 

Cover 2Beauté

 

 

Le comics a aussi eu droit à une adaptation vidéoludique en 1993 sur plusieurs consoles de l’époque. D’ailleurs, le T-800 va bientôt débarquer dans Mortal Kombat 11 aux côtés du Joker et de Spawn. Peut-on espérer une annonce de RoboCop prochainement dans le jeu ? Affaire à suivre.

Quoi qu’il en soit, on attend de voir si Terminator : Dark Fate sera mieux qu’on ne le pense et si Neill Blomkamp arrivera à faire quelque chose de RoboCop Returns (sauf qu’il a quitté le projet cet été). On n’y croit pas trop même si Chappie était un RoboCop inversé intéressant, alors pourquoi pas.

 

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Murphy

Très bon dossier, mais il manque des infos. J’aurai aimé savoir où me procurer le tome de 128 pages publié en 2014. Je viens de voir à l’instant qu’il existait, j’aurais aimé que vous me donniez l’info, mais aussi des liens pour se le procurer.

Geoffrey Crété

@Murphy

Ces infos ne « manquent » pas : de la même manière que nous ne proposons pas de service pour vous permettre de trouver une salle de cinéma et les horaires dans votre ville, nous ne sommes pas là pour vous vendre des comics ou vous donner des liens vers des sites dont c’est le travail.

Nos dossiers parlent des œuvres, proposent des critiques, pour partager des avis et participer au débat. A chacun, ensuite, de suivre son cœur et chercher à aller voir un film ou acheter un comics, par lui-même 🙂

Néanmoins, vous pouvez tout à fait profiter de la section commentaire pour nous demander des infos, on répondra toujours dès qu’on a le temps. Mais pas parce qu’on a oublié de mettre les infos : simplement parce qu’on aime échanger avec les lecteurs passionnés comme nous 🙂

Elliot Amor

@Murphy
Merci pour votre retour.
Sachez que l’auteur de ces lignes n’a jamais lu de version française de cette œuvre. Si vous cherchez une version reliée, vous avez plus de chances de la trouver d’occasion dans des librairies spécialisée un peu partout dans l’Hexagone.

Murphy

@Geoffrey

« nous ne proposons pas de service pour vous permettre de trouver une salle de cinéma et les horaires dans votre ville » vous partez loin là quand même. J’évoquais précédemment des informations complémentaires qui viennent enrichir votre article, déjà fort intéressant.

Si c’est clairement une info. manquante. Une simple ligne dans le style – « Vous retrouverez RvsT dans la collection bidule chez bidule » – rien de plus rien de moins. Quelque chose de similaire à des « Le film est disponible en dvd / blu-rau depuis le … chez ‘Nom de l’éditeur' ».

Le but d’un article c’est apporter de l’information et aujourd’hui avec toutes les règles du web SEO, UX etc. ou encore les taux de rebonds etc. un dossier se doit de contenir cette info, et il n’est pas question de parler de service, mais uniquement d’une simple phrase informative.

Du coup, j’ai vraiment l’impression d’être le gros lourd de service, mais c’est pourtant la base ce que je vous dis, ça m’a frappé. Je me suis régalé à lire ce dossier et au final je repars du site comme je suis venu sans savoir où me le procurer. Il y a peu d’info sur le web à ce sujet, l’auteur montre dès les premières lignes qu’il connait son sujet, je me suis dit que j’allais y trouver l’info.

@Elliot

Merci Elliot d’avoir répondu, en espérant que vous proposerez d’autre dossier dans ce style. Mais pensez à la petite phrase ^^.

Geoffrey Crété

@Murphy

Vous écriviez : « J’aurai aimé savoir où me procurer le tome de 128 pages publié en 2014 (..) mais aussi des liens pour se le procurer. ». Ce qui est assez différent de la simple mention d’un éditeur. D’où ma réponse et la comparaison avec les salles et ce type de service 🙂
On mentionne souvent les éditeurs, mais pas où acheter un comics avec des liens. C’est simplement un choix edito, totalement en accord avec le reste du site. Après, forcément, chacun pourra toujours penser qu’on aurait pu faire et dire plus.

L’idée n’était pas de vous dire que vous étiez lourd (j’ai au contraire dit que toute l’équipe répondait au maximum dans les commentaires et la preuve : on est déjà 2 à vous parler). Juste, je précisais que c’était plus une discussion dans les commentaires, qu’une obligation dans l’article, et donc un manque de notre part. Encore une fois, qu’on prenne le temps de vous répondre aussi vite, à deux, un samedi, montre bien notre rapport assez simple et sain aux lecteurs et leurs questions.