The Last of Us : critique d'un chef d'œuvre absolu

La Rédaction | 4 juillet 2013 - MAJ : 02/07/2020 15:45
La Rédaction | 4 juillet 2013 - MAJ : 02/07/2020 15:45

En attendant la prochaine génération de consoles de salon, qui arrivera à temps pour les fêtes de fin d'année, la Playsation 3 nous prouve qu'elle en a encore sous le capot en nous offrant son chant du cygne : The Last of Us, survival horror post-apocalyptique, est une véritable bombe, un jeu qui fait passer les derniers Resident Evil et consort en ersatz de Cooking mama. Explications...

 

The Last of Us est développé par les Californiens de Naughty Dog, studio à l’origine de petites perles exclusives à Sony comme Crash Banticoot, Jack and Dexter et plus récemment la très surprenante trilogie « j’ai botté le cul de Lara Croft » Uncharted.

Avec The Last of Us, Naughty Dog prend le pari audacieux de redonner un coup de jeunesse au survival horror, devenu quelque peu méprisé depuis que les jeux leaders du genre, les bien nommés Resident Evil et Dead Space ont décidé de se tourner davantage vers l’action. Une place était donc à prendre dans le cœur des gamers.

Mais Naughty Dog n’en est pas à son premier coup de génie. Grâce à la série Uncharted, jeux d’aventures et d’explorations, seul et unique dignes successeur d’Indiana Jones, le studio californien a déjà prouvé son savoir-faire en matière de jeux ambitieux, à l’univers riche et aux personnages charismatiques. Présenté pour la première fois en décembre 2011, The Last of Us intriguait par son ton à la fois minimaliste et brutal. On avait l’impression de découvrir les images de la prochaine série de HBO. Et même si les images et vidéos qui ont suivies laisser présager un bon jeu, on était très loin de se douter que le studio était en train de nous concocter une petite bombe vidéo ludique.

 

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L’histoire se passe principalement en 2033. Un terrible champignon appelé le cordyceps a contaminé toute la planète. On incarne Joel, la cinquantaine, qui a pour mission de ramener la jeune Ellen Page, Ellie, une orpheline de l’autre côté de la ville. Dans cette univers ravagé où la nature a repris naturellement le dessus, le duo va devoir survivre à une horde de contaminés mais aussi de militaires et de rebelles anarchistes.

On va s’arrêter là pour ce qui concerne l’histoire, ce serait un crime de vous en dire plus. Car, oui, contrairement à 90% des jeux vidéo The Last of Us dispose d’un véritable scénario. Certes, celui-ci n’est pas particulièrement révolutionnaire dans son principe, mais suffisamment bien écrit et élaboré pour se distinguer des autres productions du même genre. Oui, The Last of Us est un jeu qui a de grosses cojones et qui n’a pas peur de raconter une histoire mature, avec des personnages qui ont un véritables background (on a littéralement chialé après les quinze premières minutes d’intro).

 

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Car, là où l’industrie du jeu vidéo, nous a un peu trop habitué à des personnages lisses au look neutre, Naughty Dog n’a aucunement peur de mouiller sa chemise. The Last of Us possède des partis-pris narratifs francs et audacieux. Son univers sombre et craspec dresse un portrait de désolation d’une humanité déjà morte. Vos ennemis, humains ou claqueurs (infectés au stade maximum), sont mis au même niveau. Chaque combat est d’une brutalité rare, mis en valeur par une véritable sensation de réalisme. C’est simple, lorsque Joel administre ou reçoit une tatane, c’est un peu comme si vous étiez à sa place. Vous l’aurez compris, on a rarement ressenti un tel niveau d’immersion dans un jeu.

 

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L’intrigue est prenante, la narration particulièrement bien rythmée, les personnages attachants comme rarement dans un jeu. Là où Bioshock Infinite nous proposait de partager l’aventure avec un personnage féminin qui vous suivait lors de votre aventure, The Last of Us propose une formule similaire. A la différence que ce dernier a largement réussi là où le premier a finalement déçu. Dans Bioshock, le personnage d’Elizabeth était certes attachant, mais ses fonctions étaient finalement limitées et répétitives. On était donc très loin des promesses des différentes bandes-annonces. Dans The Last of Us, le personnage d'Ellen Page, Ellie fait partie intégrante de l'aventure, les émotions du joueur sont en diapason total avec ce que vit notre héros. Joel méprise dans un premier temps Ellie, et au fur et à mesure que l'aventure avance, un lien filial particulier va se développer entre les deux personnages. La naïveté d'Ellie vous fera sourire par moment, sa fragilité va vous émouvoir, vous allez vous inquiétez pour elle et vous battre pour sa survie. Les équipes de Naughty Dog sont ainsi parvenues à prolonger l'identification vers un personnage que l'on ne contrôle pas. Principe plutôt rare que l'on n'avait pas ressenti depuis le magnifique ICO, où un lien similaire se développait entre le personnage éponyme et Yorda, la reine qui vous accompagnait.

 

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Car, oui, The Last of Us rappelle les meilleures références vidéo ludiques, tout en les digérant et en se les réappropriant. Mais ce n’est pas tout : il est aussi impossible de jouer sans penser à Je suis une légende de Richard Matheson. Au delà des environnements racontés dans le livre, le jeu partage la même mélancolie et le sentiment d’isolement que le roman de Matheson. Bien évidemment, le jeu évoque aussi la meilleure période du comic book The Walking Dead de Robert Kirkman, à travers son côté poisseux, sa dramaturgie et le fait que n’importe qui dans l’histoire peut mourir.

Et cerise sur le gâteau, le jeu n’est pas sans rappeler le chef d’œuvre d’Alfonso Cuaron ; Les Fils de l’homme, qui a dû indéniablement servir de référence aux développeurs. La trame principale est quasiment la même et les liens qu’entretiennent Joel et Ellie ne sont pas sans rappeler ceux de Theo Faron (Clive Owen) et Kee (Clare-Hope Ashitey). On a connu pire comme inspiration…

 

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Concernant le gameplay, The Last of Us se joue à la troisième personne. Le principe de jeu est une compilation de ce qu’on a vu de mieux ces dernières années. Tout y est intégré avec une rare subtilité, le jeu n’est jamais beauf (comprenez ; il ne s’agit pas de tirer à tout va), toutes les actions sont justifiées et sont en totale adéquation avec l’histoire et ses personnages. Non, vous ne jouez pas à Call of Duty ! Il y a plusieurs façons d’avancer dans le jeu : l’infiltration ou la fuite étant parfois plus gratifiant que la méthode bourrine. Les arènes sont vastes et variées. Le tout accompagné par des graphismes qui tirent le meilleur de la PS3. Le jeu est beau à pleurer et on est très souvent ébahi devant le travail accordé à la lumière et le niveau d’animation, fluide au millimètre près.

 

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The Last of Us promet de véritables moments de flippe, jamais gratuits et mis en valeur au travers d’un rythme subtil alternant des instants de vie gracieux et de bonnes séquences de tension. Les amateurs de frissons, seront aux anges, certains passages du jeu foutent réellement la chocotte. Lorsque l’on se retrouve, par exemple, à ramper discrètement à côté d’un claqueur, on hésite à deux fois avant de terminer son action, car le moindre pas de travers peut réveiller l’infecté, qui est sensible uniquement au son. Afin de mieux profiter de l’expérience il est d’ailleurs conseillé de jouer avec un bon équipement sonore, tant la bande son, extrêmement travaillée, participe largement à l’immersion ludique. Pour couronner le tout, la très belle et discrète musique du jeu est composée par Gustavo Santaolalla, compositeur de films aussi prestigieux que Révélations de Michael Mann et Babel d'Alejandro Gonzalez Inarritu.

A noter que le jeu est accompagné d’un mode multi-joueurs, sympathique, mais largement dispensable et faisant office de gadget. Le jeu solo étant vraiment le principal intérêt du jeu, on ne peut s’empêcher de penser que ce mode « bonus » a été posé comme cahier des charges par l’éditeur. 

 

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Naughty Dog a gâté les joueurs de PS3. En livrant un jeu d’une justesse et d’une sincérité trop rare, le développeur et son éditeur ont prouvé qu’il était encore possible de fabriquer des jeux avec amour et respect des joueurs. On est bien loin des Call of Duty et autres machines faciles à pomper du fric.  The Last of Us est un chef d’œuvre, certainement l’un des trois meilleurs jeux de la génération actuelle de consoles. On espère qu’il servira de modèle d’audace aux autres acteurs de l’industrie du jeu vidéo. Naughty Dog a en tout cas placé la barre très haute, peut être même un peu trop haut…

 

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commentaires

Rem
19/12/2015 à 00:32

20 années de jeux vidéo à mon actif, en toute honnêteté et objectivité, The last of us est tout simplement un pur chef d’œuvre, jamais un jeu ne m'a procuré autant de sensations, d'immersion, de réalisme avec un gameplay "parfait"
Parcourez les profondeurs de ces villes infectées avant de mourrir !!

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