Le film catastrophe Skyscraper de Rawson Marshall Thurber avec Dwayne « The Rock » Johnson s’est largement inspiré du Piège de Cristal de John McTiernan. Attention Spoilers.
Inutile d’avoir un doctorat en histoire du cinéma en poche pour identifier la principale inspiration de Skyscraper, avec un Dwayne « The Rock » Johnson jouant les John McClane bodybuildés. Dans le film de Rawson Marshall Thurber, The Rock, ex-agent du FBI reconverti en patron d’une agence de sécurité privée, s’en va prendre d’assaut le plus grand gratte-ciel de l’histoire, pour y sauver sa famille, prisonnière des flammes.
30 ans séparent le presque fiasco financier Skyscraper (2018) et le premier Die Hard (1988). Pourtant, que ce soit dans leur structure, dans l’écriture des personnages, et jusqu’à la campagne de promotion, le film catastrophe (dans tous les sens du terme) est largement allé se servir chez John McTiernan.
The Rock et Bruce Willis, même combat
John McClane (Bruce Willis), héros cabossé de Die Hard, est un flic à l’ancienne, qui n’hésite pas à sortir son 9 mm en cas de besoin. Il a aussi le sens de la famille : à l’approche de Noël, il a sauté dans un avion pour aller voir sa moitié, installée à Los Angeles. Mais surtout, il est allé jusqu’à risquer sa vie dans un immeuble tombé aux mains de terroristes pour la sauver.
De son côté, Will Sawyer (The Rock), est un ancien agent du FBI. À la suite d’une mission qui a dégénéré, il a perdu une jambe, a quitté le Bureau, et est devenu patron d’une boite de sécurité spécialisée dans les gratte-ciel (a priori, ça existe). Will a aussi une famille, avec une femme et des jumeaux. Et il a risqué sa vie pour les sauver d’un immeuble ravagé par un incendie.
Les deux personnages ont des biographies et des motivations très similaires. Ils partagent également de nombreux gimmicks. McClane commente tout ce qu’il fait, et provoque les terroristes. Sawyer pense à voix haute, et tente de jouer la carte du bagout. Les deux héros ont aussi droit à leur scène où ils se soignent seuls, à la Rambo : des bouts de verre plantés dans les pieds de McClane, un morceau de métal dans le torse pour Will.

Skyscraper : La Tour Infernale
Que ce soit dans Piège de Cristal ou dans Skyscraper, les décors sont les mêmes. Une unité de lieu qui prend place dans un gratte-ciel, à Los Angeles pour Die Hard, avec le Nakatomi Plaza, un beau bébé de 150 mètres de haut et 34 étages au compteur. Du côté de The Rock, le théâtre des événements est « le plus grand gratte-ciel au monde« , The Pearl, un édifice de 96 étages situé à Hong-Kong, appartenant à Zhao Ming Zhi, un multimilliardaire chinois.
En dépit d’une différence de gabarit indéniable, les deux lieux sont utilisés de la même manière. Leurs tailles démesurées condamnent les héros coincés dans leurs hauteurs à ne pas pouvoir s’échapper, et sont prétextes, dans les deux films, à une séquence dans laquelle le héros se balance au bout d’une corde pour descendre quelques étages. Leur look similaire, très inspiré par l’architecture industrielle des années 80/90, donne des impressions de déjà-vu face à Skyscraper.

Se taper l’affiche
Coïncidence (ou pas), les deux films sont sortis au cours de la semaine du 13 juillet aux États-Unis : le 15 juillet 1988 pour Die Hard, le 13 juillet 2018 pour Skyscraper. On quitte cependant le champ des heureux hasards lorsqu’il s’agit de jeter un œil aux affiches promotionnelles des deux films.
L’une des affiches du film de Dwayne Johnson est la copie quasi conforme de l’une des affiches de Die Hard. Utilisation du noir et blanc à l’exception d’une explosion en haut de l’image, police de caractère rouge pour le titre du film, moitié du visage du héros sur la droite de l’image, avec un immense gratte-ciel coupant l’illustration en deux… Tout y est.

Hans Gruber. Enfin, presque.
Le mimétisme de Skyscraper est allé jusqu’à la conception de son antagoniste principal, Kores Botha (Roland Møller). Le crapuleux Hans Gruber (Alan Rickman), chef des terroristes attaquant le Nakatomi Plaza, se sert de cette attaque pour détourner l’attention de la police. Son but, très terre à terre, est de braquer la somme de 640 millions de dollars, contenu dans les coffres sécurisés du building.
Kores Botha joue à peu près sur le même tableau : il a mis le feu au gratte-ciel de Zhao Ming Zhi afin de pouvoir lui soutirer un disque dur contenant des informations sur trois grands groupes criminels. Parce qu’en 2018, les disques durs sont plus cools que les billets verts. Kores Botha a même droit à une fin similaire à celle de Hans Gruber, tombant dans le vide au ralenti.

Presque copie carbone de Die Hard, la superproduction Skyscraper n’a évidemment pas échappé aux comparaisons avec le mètre étalon de John McTiernan. À moins de vouloir une grosse dose de testostérone décérébrée, ou d’avoir besoin d’un produit surcalibré et peu inspiré, on préférera de loin revoir Piège de Cristal, ou même La Tour Infernale.
On peut aussi rajouter la photographie similaire ainsi que le bruit des camions identiques entre les 2 films. Encore un très bon film de la part de the rock