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“Attendre 10 secondes avant de dire non” : Nicole Kidman dévoile les règles de tournage de Kubrick

Par Judith Beauvallet
21 juillet 2024
Nicole Kidman et Tom Cruise dans Eyes Wide Shut

Star du dernier film de Stanley Kubrick aux côtés de Tom Cruise, Nicole Kidman revient sur les conditions de tournage particulières d’Eyes Wide Shut.

Sorti en 1999 de manière posthume, quelques mois seulement après la mort de Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut fut le point final clivant d’une immense carrière. Réalisateur de Spartacus, 2001 : l’Odyssée de l’espace, Orange Mécanique ou encore Full Metal Jacket (pour ne citer que ceux-là), la légende du septième art était aussi connue pour sa direction d’acteurs pas toujours très orthodoxe. Le décès récent de Shelley Duvall, interprète de Wendy Torrance dans Shining, a été l’occasion de rappeler que l’actrice avait dénoncé la torture psychologique du réalisateur à son encontre durant le (très long) tournage du film.

Aujourd’hui, c’est à Nicole Kidman de revenir sur la manière dont elle a été dirigée par Kubrick lorsqu’elle incarnait Alice, aux côtés de Tom Cruise, son époux de l’époque, dans cette histoire de couple torturé par la tentation de l’adultère. Heureusement pour Kidman, elle ne semble pas avoir souffert des mêmes traitements que Shelley Duvall. Mais dans une interview donnée au Los Angeles Times, l’actrice est revenue sur les méthodes mises en place par le réalisateur pour diriger ses acteurs sur un tournage qui dura… deux ans !

« J’ai la dernière réplique du dernier film de Stanley Kubrick. C’est une carrière en soi », se réjouit Nicole Kidman.

Les 3 commandements de Stanley Kubrick

  • Ne pas le mettre sur un piédestal

Chose appréciable selon Kidman, la première règle établie entre Kubrick et ses acteurs fut de ne surtout pas le considérer comme supérieur. Selon la comédienne, le réalisateur aurait cherché à faciliter le dialogue, de manière qu’ils soient tous à égalité et libre de proposer des idées et des improvisations.

« Ce qui a été génial de sa part, c’est de nous avoir dit : “Ne me mettez pas sur un piédestal”. C’était la règle numéro 1, parce que lorsque nous sommes allés chez lui, tout ce qu’on se disait, c’était “Oh mon Dieu, c’est le grand Stanley Kubrick”. Ce genre de façon de penser est un frein à la créativité. Il ne voulait pas de lèche-bottes, il voulait qu’on balance des idées. »

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  • Ne jamais dire non immédiatement

Mais la règle de l’abolition de la hiérarchie n’était pas la seule instaurée par Kubrick en répétition et sur le tournage. Les autres étaient d’ailleurs plus contraignantes, comme celle interdisant de répondre immédiatement “non” à une demande. Sans vouloir réellement interdire à ses collaborateurs la possibilité de refuser (tout du moins, on l’espère), Kubrick souhaitait sans doute inviter chacun à réellement considérer ses demandes avant de les rejeter.

« Tout le monde devait attendre au moins 10 secondes avant de répondre non à une idée. J’ai entendu ça, du haut de ma vingtaine, et je me suis dit “Ok, allons-y ». C’était expérimental, un peu comme de faire des films étudiants en Australie. »

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  • Ne jamais demander pourquoi

Dernier interdit – et pas des moindres – imposé par le réalisateur (oui parce que c’est bien d’être égaux sur le tournage, mais pas trop quand même) : les acteurs ne devaient jamais lui demander pourquoi leur personnage agissait ou parlait de telle ou telle façon. Une directive pas facile à suivre, quand on sait à quel point la compréhension des motivations d’un rôle peut-être une clef essentielle du travail d’un acteur, mais Nicole Kidman était apparemment habituée à cette méthode.

« “Pourquoi ?” était la question qui l’agaçait le plus. C’est le cas de beaucoup de metteurs en scène. Je me rappelle l’avoir posée à Philip Roth [auteur du roman La Tache, adapté à l’écran avec Nicole Kidman au casting], et il m’avait répondu “ne me pose jamais cette question”. Il m’a ensuite donnée une copie dédicacée du roman sur laquelle il avait écrit “Pourquoi pas ? » »

Voilà, selon Nicole Kidman, les trois commandements auxquels obéir si vous souhaitiez collaborer sereinement avec le réalisateur de génie en son temps. Pas sûr, néanmoins, que Shelley Duvall aurait eu le même avis.

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Adam

Ben le premier commandement en ce qui me concerne si je devais tourner avec Kubrick : me rappeller de ce qu’on vécu Nicholson et surtout cette pauvre Shelley Duvall.
Et me demander si ça vaut le coup au stade où en est ma carrière…

Sanchez

Abrège frère calme toi t’avais déjà ta main dans la braguette pour pas grand chose

Abrège Frère

Titre putaclic qui laisse supposer des demandes sexuelles de la part du réalisateur