PIFFF 2015 : Des Girls et des Scream pour l'ouverture du Festival

Simon Riaux | 18 novembre 2015
Simon Riaux | 18 novembre 2015

Ce mardi 17 novembre, l’ouverture du Paris International Film Fantastic Festival était un évènement à ne pas manquer. Important pour le cinéphile, essentiel pour l’amateur de cinéma de genre et peut-être indispensable pour le citoyen.

Les organisateurs eurent la dignité de ne pas s’appesantir sur les attentats qui ont plongé la France dans son actuel état de sidération, on ne trahira pas leur esprit en évitant d’en faire des caisses sur la symbolique évidente que recouvrait cette cérémonie d’ouverture, dans un des temples du Septième Art.

Tout au plus rappellera-t-on qu’étant une des premières manifestations culturelles du jour d’après, parmi celles qui n’auront pas souhaité (ou dû) annuler leurs festivités, le PIFFF portait sur ses épaules un poids énorme, dont il s’est défait avec une élégance salvatrice et une bonne humeur bienvenue.

Le public était là. Chaleureux. Ému. Réuni. Il faut dire que des années après la grand-messe du Rex, qui fut le haut lieu des bisseux, fantasticophiles et autres cinéphages affamés, voir le PIFFF rejoindre ce haut lieu du cinoche qu’est le Grand Rex n’avait rien d’anodin. Des spectateurs d’alors en passant par les plumes ayant connu cet âge d’or, sans oublier les nombreux nouveaux venus, le sentiment d’assister sinon, à une renaissance, mais bien à la continuation d’une tradition, fragile, mais bien moins vulnérable qu’il n’y paraît.

Le Paris International Fantastic Film Festival a donc ouvert ses portes en présentant au public Scream Girl, comédie méta jouant des codes du slasher. On y suit un groupe de post-teenagers précipités de l’autre côté de l’écran, alors que tous assistaient à la représentation d’un classique du cinéma d’horreur, dans lequel jouait feu la mère de l’une d’entre eux.

Avec une légèreté sympathique (mais qui fait aussi son évidente limite), le métrage entend relire et décortiquer Vendredi 13 avec une logique comparable à celle de Scream, à savoir en en dévoilant ses rouages pour les pousser jusqu’à l’absurde. Particularité notable, Scream Girl joue en plus la carte de la mélancolie et de l’émotion, s’attardant sur la relation entre son héroïne et l’avatar de sa mère, personnage de pimbêche timide qu’elle devra paradoxalement guider dans un univers dont c’est elle qui détient les codes.

On regrettera le manque de cohérence globale de l’ensemble, quelques soucis de rythme et une absence de rigueur (aussi bien dans la mise en scène que l’écriture) qui interdisent au film de se hisser au-dessus de sa condition de slasher parodique sympatoche.

Mais voilà qui n’en demeurait pas moins une ouverture idéale, rigolarde et touchante, de celles qui rappellent cette donnée essentielle, à savoir que le cinéma de genre est un avant tout un cinéma de l’émotion, de son jaillissement soudain et inattendu. Une forteresse de l’imaginaire, que nous serions bien inspirés de défendre.

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