Christopher Lee est mort à 93 ans : notre adieu au maître du macabre

Simon Riaux | 11 juin 2015
Simon Riaux | 11 juin 2015

Il était Dracula, il était le savant fou, il était Scaramanga, il était la bête, les ténèbres et l’ombre impérieuse de décennies de cinéma de genre. Véritable légende pour des millions de spectateurs sur plusieurs générations, Christopher Lee s’est éteint à l’âge de 93 ans.

L’émotion qui nous étreint à l’annonce du décès de l’acteur est d’une nature bien particulière. Elle ne tient pas seulement à la nostalgie, elle n’est pas uniquement provoquée par l’avalanche d’images qui lui succède. La terreur enfantine ou le ravissement esthétique provoqués par une voix d’outre-tombe, des canines ensanglantées ou une mine formidablement grave ne suffisent à contenir la charge du symbole.

Christopher Lee fut un artiste à l’invraisemblable longévité et au parcours d’une richesse incomparable. Né Christopher Frank Carandini Lee le 27 mai 1922, il devait participer à 225 films au long de sa carrière. Non content de marquer de son empreinte le Septième Art il fut aussi producteur, musicien, chanteur et photographe.

La Hammer le révèlera au public en 1958 dans le rôle du Comte Dracula. Une image qu’il fera sienne et qui ne le quittera jamais tout à fait. S’il ne cantonne pas à un genre et explore continuellement, du Chien des Baskerville à L’Homme au Pistolet d’Or jusque chez Tim Burton, c’est toujours le prédateur nocturne qui imprime nos rétines dès qu’apparaît l’acteur félin.

Soixante ans durant, il incarnera une série de rôles emblématiques. On le retrouve dans Les Vierges de Satan de Terence Fischer, Le Corps et le Fouet de Mario Bava, sera cinq fois Fu Manchu. Sa prestation dans le cultissime The Wicker Man contribuera à faire du film de Hardy et Shaffer un chef d’œuvre absolument inclassable.

Dès les années 80/90, le Septième Art entreprendra de lui rendre hommage. On le retrouve ainsi pastichant sa propre carrière dans Gremlins 2, Peter Jackson le consacrera aux yeux de la nouvelle génération en lui confiant le rôle de Saroumane dans la trilogie du Seigneur des Anneaux et celle du Hobbit. Il fut également le une des rares vraies trouvailles de la prélogie Star Wars, qui bénéficia un peu de son aura.

Depuis 2004, l’artiste prêtait sa voix au groupe de métal Rhapsody of fire. On lui prêtait un passé d’espion, suite à son enrôlement auprès des services de renseignement britanniques en Afrique du Nord durant la Seconde Guerre Mondiale. Il parlait couramment sept langues, dont le français, l’Hébreux ou encore le russe. Pour les innombrables journalistes qui eurent la chance de l’interviewer, il était un totem et un mythe, perpétuellement à la hauteur de sa fantastique réputation, mélange improbable d’accessibilité et d’affable sophistication. Son destin exceptionnel semble à présent se confondre avec son impressionnante carrière.

Héros du cinéma, héros de cinéma, c’est un compagnon de route des cinéphiles du monde entier qui nous a quittés. Christopher Lee était une légende, un mythe et il est bien difficile aujourd’hui d’accepter qu’il devienne un souvenir.

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commentaires
Yamix
11/06/2015 à 22:11

Merci à ce grand Monsieur pour ces décennies de grand art.

Et merci à EL pour ce brillant hommage.

MARCo_CERISUELO
11/06/2015 à 21:15

Respect complet à l'artiste... et à l'homme.

YunoWhy
11/06/2015 à 18:40

Pareil c'était l'acteur dont je craignais le plus le départ vu son très grand âge.

Un acteur monstrueux dans tous les sens du terme.

Mordhogor
11/06/2015 à 18:29

Je craignais l'arrivée de ce jour, qui sans cesse reculait tant la longévité de ce Monsieur était invraisemblable, et j'ai du mal à m'en remettre, comme beaucoup. Bravo pour l'hommage.

actar
11/06/2015 à 17:44

reste plus que Kirk Douglas, le dernier des dinosaures. RIP Monsieur Lee

Dirty Harry
11/06/2015 à 16:05

La classe internationale. et le Swag pour l'éternité. Et aussi un vrai homme qui a un parcours à l'ancienne, militaire, espion, il était du temps où les aventuriers se reconvertissaient dans l'actorat (comme Lino Ventura qui fut Docker, lutteur) en apportant un vécu et un Savoir (car dans ses interviews le type était loin de débiter des lieux communs que les passions contemporaines produisent, en faisant partager une érudition et un raffinement de l'esprit digne des meilleurs "Chaps" d'Angleterre). Aujourd'hui on a des têtards voulant se réaliser dans leur narcissisme en croyant devenir célèbre...

west
11/06/2015 à 15:29

rip

Boo
11/06/2015 à 15:03

ça fout un coup quand même ....

rigolax
11/06/2015 à 14:54

Un sacré Monsieur nous a quitté....

Bibi
11/06/2015 à 14:49

Merci pour cet hommage poignant. Je me joins à vous pour pleurer cet immense monstre sacré du Cinéma.

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