Gérardmer 2014 : palmarès et bilan

Simon Riaux | 3 février 2014
Simon Riaux | 3 février 2014

L'heure est venue de faire le bilan de cette 21ème édition du Festival du film fantastique de Gérardmer, ainsi que de revenir sur son palmarès. Ce dernier aura su sans mal distinguer les œuvres majeures de la sélection (à l'exception de Last days on Mars, toujours injustement considéré comme une horrible purge) et leur permettra – espérons-le – de jouir en France d'une exposition médiatique digne de ce nom.

 

Le grand gagnant est incontestablement The Babadook, récompensé par pas moins de quatre prix (du Jury ex-aequo, du Jury jeunes, du Public et de la Critique) et dont on se réjouit qu'il signe la révélation d'une réalisatrice appelée à compter. Excellente nouvelle que le prix du Jury ex-aequo attribué à Rigor Mortis, œuvre délirante et inclassable en provenance de Hong-Kong, qui aura laissé les festivaliers à genoux devant son infernale inventivité. Le Jury Syfy aura fait preuve d'audace et d'intelligence en honorant The Sacrament de Ti West, création attendue et pas totalement aboutie, dont la puissance dépressive fit planer sur les Vosges une gravité inattendue. On sera plus circonspects quant à l'attribution du Grand Prix à Miss Zombie, curiosité japonaise intrigante quoique un peu trop poseuse pour emporter notre complète adhésion. 

 

Après cinq jours de projections, de festivités, d'interviews, de débats et de digressions, ce sont principalement l'excitation et le soulagement qui ressortent de cette 21ème édition du Festival de Gérardmer. En effet, l'institution avait dû essuyer l'an passé quelques sévères critiques relatives à sa sélection et la tenue de sa ligne, critiques visiblement entendues et digérées. Car si l'on a pu regretter de ne pas voir certains films concourir directement en compétition, nombre de projections ont durablement marqué les rétines des spectateurs. Des œuvres telles que The Machine, Discopathe, Sonno Profondo, The Station ou encore Coherence ont ainsi animé la ferveur des festivaliers comme de la presse et témoignent d'un éclectisme et d'une variété aussi rassurantes qu'excitantes. On aimerait voir la compétition officielle moins portée sur une vision « auteurisante » du genre et réserver autant de croustillantes déviances que la sélection Hors Compétition, mais on ne va pas jouer au plus fin et plutôt se délecter des nombreuses surprises que nous a réservé le Festival.

Enfin, il convient évidemment de saluer au sein de la compétition la présence des œuvres récompensées par les divers jurys, dont les qualités et l'exigence auront été largement remarquées. Ainsi n'est-il pas irraisonnable d'espérer que la révélation Babadook préfigure d'une nouvelle salve d'œuvres déterminantes révélées par le Festival dans les années à venir. Histoire d'en rajouter une couche, bénissons également Gérardmer pour avoir donné l'occasion aux plus fins esthètes de se re-faire une idée du très sympathique Last days on Mars.

Un très grand merci aux formidables bénévoles et aux équipes du Public System Cinema, dont la chaleur, la réactivité et le dynamisme ont une nouvelle fois fait des merveilles.

 

 

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