Comme chaque année, les lendemains de Cannes font entendre différents sons de cloche quant à l'attribution des récompenses. On se souvient, entre autres exemples, qu'en 1994, Clint Eastwood souhaitait décerner la Palme d'Or au film de Zhang Yimou, Vivre, avant de se ranger finalement derrière la majorité des membres de son jury pour consacrer le Pulp fiction de Tarantino. À contrario de ce grand élan démocratique, Isabelle Huppert avait dictatorialement imposé Le Ruban blanc d'Hanake lorsqu'elle présida en 2009. Enfin, en 2008, Entre les murs de Laurent Cantet avait quant à lui fait l'unanimité des membres du jury emmené par Sean Penn.
Aujourd'hui et moins de 48 heures après avoir décroché la récompense suprême, c'est au tour de La Vie d'Adèle de faire l'objet de multiples assertions contradictoires. Si l'on devine bien volontiers que Steven Spielberg a fait preuve d'une plus grande sagesse lors des délibérations que Mme Huppert, un doute subsiste quant à l'unanimité ou non de l'attribution du précieux sésame. Selon nos confrères du 20 minutes, les faveurs de Spielberg allait plus volontiers au long-métrage d'Asghar Farhadi, Le Passé, avant de s'incliner face à la majorité lors d'un putsch de dernière minute emmené par Cristian Mungiu et Lynne Ramsay pour consacrer le film d'Abdellatif Kechiche. À l'opposé, nos confrères du Parisien rapportent des propos tenus par Daniel Auteuil qui déclare que « tous les films récompensés ont fait l'unanimité », infirmant par la même occasion les rumeurs des deux clans opposés au sein du jury avant de préciser qu'« il y a eu entre nous le sentiment d'une bourrasque assez décoiffante » suite au visionnage de La Vie d'Adèle.
La Vie d'Adèle : Palme d'Or à l'unanimité ou bien consensus de dernière minute ?