Marché du film : Notre top 5 (Cannes 2012)

Laurent Pécha | 27 mai 2012
Laurent Pécha | 27 mai 2012

Le marché du film 2012 n'aura pas été un grand cru. Même les films que l'on n'a pas pu voir pour cause de badge presse, n'ont pas eu d'écho dithyrambique. Sur les 31 films découverts en 8 jours, on vous présente ici notre best of. Le top 5 du marché 2012.

1-The Dinosaur Project

Pourquoi l'avoir choisi :   Avec un tel titre, la curiosité est forcement à son maximum. Et l'univers du found footage collé aux dinosaures, le cocktail a de quoi exciter l'imagination.

Ça raconte quoi : Une équipe de scientifiques et d'aventuriers part en Afrique pour vérifier la possibilité que des dinosaures soient encore en vie. On retrouve les bandes de leur expédition. Le visionnage va nous permettre de comprendre ce qui a pu arriver à l'équipe.

Verdict : Le meilleur du found footage avec un canevas à la Cannibal Holocaust. On y reviendra bientôt plus longuement mais le choc pris à la vision de The Dinosaur project est total. La qualité d'écriture permet d'éviter tous les pièges inhérents à un genre qui nous casse les pieds. Bien que caricaturaux, les personnages sont suffisamment bien décrits pour que l'on s'intéresse un minimum à eux et que l'on ne trouve pas la première partie du film ennuyeuse. Le réalisateur a toujours en mémoire le désir de justifier toutes les images que l'on découvre, permettant de se trouver face à un récit suffisamment crédible pour que l'on ne s'énerve pas des facilités habituelles du genre. Et surtout, on en a pour son argent. Ici, point de coup de la sorcière que l'on voit en toute fin de film, les dinosaures sont les stars de l'histoire et on va les voir  et très rapidement d'ailleurs. Cerise sur le gâteau, rien n'a été bâclé et le film de proposer des dinosaures parfaitement crédibles rendant les aventures de notre équipe particulièrement palpitantes. La trouvaille du festival et de loin. Et un nom à retenir, Sid Bennett.

% de chance de le voir en salle : 60%

% de chance de le voir en vidéo : 100%

2- The First time

Pourquoi l'avoir choisi : Parce qu'on ne sait jamais dire non à un film teenagers. Et puis, à 20 heures, il était seul en lice.

Ça raconte quoi : Dave et Aubrey se rencontrent à une soirée. Ils ne sont pas libres et pourtant, leur attirance réciproque va tout chambouler. Et peut être les amener à perdre leur virginité ensemble ?

Verdict : Pour son deuxième film, Jon Kasdan, l'un des deux fils de Lawrence Kasdan, signe un idéal de comédie teenager romantique. A l'image d'une longue et superbe scène d'ouverture où ses deux héros (épatants Dylan O'Brien et Britt Robertson) font connaissance, The First time sonne incroyablement juste. Sachant parfaitement capter son époque tout en conservant ce soupçon de péripéties qui en fait un vrai bon film de cinéma,  The First time agit comme une capsule temporelle euphorisante.

% de chance de le voir en salle : 10%

% de chance de le voir en vidéo : 50%

 

3- Robot and Frank

Pourquoi l'avoir choisi :   Un excellent buz le précédait. L'occasion de voir Frank Langella dans un de ses trop rares premiers rôles.

Ça raconte quoi : Un ancien voleur de bijoux passe une retraite esseulée, sa femme l'ayant quitté et ses enfants peu présents. Il va se lier d'amitié avec le robot domestique que son fils lui a offert.

Verdict : Quel immense plaisir de voir Frank Langella obtenir enfin le grand rôle qu'il mérite tant depuis des années. L'ex Dracula de Badham est terriblement touchant dans ce personnage qui va renaître et se reconstruire au contact d'un robot. Le duo improbable est constamment au cœur du récit auquel il apporte humour délicieux et poésie. Joliment secondés (Susan Sarandon, James Marsden, Liv Tyler), Frank Langella et Peter Sarsgaard (la voix si importante du robot) parviennent à créer le plus singulier et pas le moins touchant couple-ami vu au cinéma de récente mémoire. Pour son premier film, Jake Schreier, fait preuve, de plus, d'une maîtrise du cadre et d'une rigueur narrative des plus prometteuses.

% de chance de le voir en salle : 100%

% de chance de le voir en vidéo : 90%

4- Excision

Pourquoi l'avoir choisi :   La bande-annonce laissait présager une œuvre barrée. La présence de guests prestigieux (Traci Lords, John Waters, Malcolm McDowell). Et puis du sexe et du sang mélangés, ça nous a toujours attiré.

Ça raconte quoi : Une ado en conflit avec une mère rigide, se fascine pour la chirurgie tout en ayant le désir de perdre sa virginité.

Verdict : Bien que moins puissant que son trailer, Excision confirme la capacité du cinéma US à sans cesse se renouveler pour évoquer les affres de l'adolescence. Sans cesse transcendé par son actrice principale (AnnaLynne McCord que l'on verra sûrement beaucoup à l'avenir), Excision dresse un portrait sans concession et haut en couleurs (les épatantes séquences fantasmées par son héroïne) d'une jeune femme à la recherche d'un équilibre constamment instable. Bourré d'humour noir, faisant la part belle à des seconds rôles savoureux (Traci Lords en tête en mère castratrice), le premier film de Richard Bates Jr. (un nom à retenir) a beau souffrir d'un manque de rebondissements, il n'en demeure pas moins une proposition de cinéma singulière et particulièrement fascinante dans ses meilleurs moments. A l'instar de son final plus qu'osé qui fait écho à un certain Faux semblants.

% de chance de le voir en salle : 5%

% de chance de le voir en vidéo : 80%

5- Arbitrage

Pourquoi l'avoir choisi :  Richard Gere dans un rôle de méchant. Les films sur la finance ont la côte.

Ça raconte quoi : Les ennuis d'un magnat de la finance qui voit sa vie professionnelle et privée sur le point d'exploser suite à des choix malheureux.

Verdict : Quel plaisir de revoir Richard Gere dans un premier rôle aussi complexe. L'acteur campe formidablement bien cet as de la finance peu sympathique (absent pour ses enfants, infidèle, trahissant ses amis, calculateur,...) et pourtant attachant. Construit comme un vrai thriller, Arbitrage fait monter la tension autour du personnage de Gere et parvient constamment à impliquer le spectateur dans les rebondissements du récit. Une réussite incontestable qu'on espère voir vite sur nos écrans.

% de chance de le voir en salle : 70%

% de chance de le voir en vidéo : 100%

Bonus (car déjà vu au marché du film de Berlin)

Casa de mi padre

Pourquoi l'avoir choisi :   On nous a jeté de Hit and run (buyers only) et c'était la salle d'à côté. Et surtout, on l'avait déjà vu au marché du film à Berlin. Et un Will Ferrell a la particularité de se bonifier à chaque vision.

Ça raconte quoi : En cherchant à sauver le ranch de leur père, deux frères que tout oppose vont devoir affronter un redoutable baron de la drogue.

Verdict : C'était drôle à Berlin, cela l'est tout autant à Cannes. Et même encore plus tant la deuxième vision permet d'apprécier l'avalanche de gags de cette relecture à la sauce Will Ferrell des fameuses telenovelas comme Les feux de l'amour. Filmé façon grindhouse (les hilarantes séquences avec le tigre blanc), entièrement en espagnol et constamment joué au premier degré, Casa de mi padre ne laisse jamais une seconde de répit au spectateur. Qu'importe si tout n'est pas de la même efficacité comique  - encore que - Will Ferrell et ses invités de marque (Gael García Bernal, Diego Luna) ont suffisamment de cordes à leur arc pour relancer le rire au détour d'une nouvelle mimique ou d'un gag absurde. On n'oubliera pas de citer pour finir la présence de la sublime et le mot est presque faible, Genesis Rodriguez. On l'avait vu dans le thriller, Dos au mur mais là, c'est dans un festival de tenus sexy qu'elle nous est proposé. Et même mieux au cours de la désopilante scène d'amour où l'on pourra admirer ses fesses. Celles de Will aussi pour les fans hardcore !

%de chance de le voir en salle : 50%

% de chance de le voir en vidéo : 70%

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