BIFFF 30 ans! Final Part : Epées volantes, Nazis from the Moon & Palmarès

Patrick Antona | 19 avril 2012
Patrick Antona | 19 avril 2012

Pour son deuxième week-end, et avant la proclamation du palmarès en clôture, la 30ème Edition du BIFFF a enfin atteint une vitesse de croisière confortable qui permet d’offrir à son public nombreux et chéri une rafale de films qui ont eu le mérite de relever une sélection qui était un peu tiède, sans être jamais décevante.

 


 Juste avant ce week-end fleuve, il est à noter la venue de William Friedkin venu présenté son Killer Joe, déjà chroniqué dans nos pages, et qui a sacrifié à la coutume locale à savoir de chanter devant une foule bruxelloise chauffée à blanc ( Anything goes de Cole Porter) avant d’offrir un Q&A des plus acharnés et intéressants.  Autre exclusivité du festival, l’adaptation du jeu video Ace Attorney par Takashi Miike n’atteint malheureusement pas les délires espérés par celui qui nous a offert des OFNIS absolus tels que Yatterman ou la série Dead or Alive. En dehors d’un début prometteur et de quelques bonnes idées de mise en scène, on s’ennuie ferme de ce film de procès qui finit par être aussi passionnant qu’une partie de cluedo que l’on se tape un jour de pluie. Tout aussi monotone et à la limite du pénible, le thriller romantique coréen Hindsight relève de l’accident industriel, pour qui connait la qualité qui sied normalement aux œuvres du genre venues de la Péninsule. Reste que Song Kang-ho reste un sacré comédien et que son jeu alliant rudesse et sensibilité finit par toujours amener du positif et de l’entrain là où règne la platitude la plus totale. Dans les œuvres déjà soumises auparavant à nos avis éclairés par delà les autres festivals, il est à citer Juan of the Dead, The Incident et Extraterrestre qui ont réussi à rallier les bons suffrages des bifffers .

 


 

Mais la grosse exclusivité du week-end reste incontestablement la présentation le samedi soir du  Iron Sky du finlandais Timo Vuorensola, grosse comédie au croisement de Mel Brooks et du space-opera qui ne fut pas la baudruche un moment pressentie mais plutôt une bonne surprise chroniquée ici.  Plus tôt dans la journée, le très beau mais très long dessin animé japonais Children Who Chase Lost Voices from Deep Below (Voyage vers Agartha quand il sortira en DVD en France) de Makoto Shinkai avait quelque peu engourdi l’ambiance, malgré son style et un propos qui en fait une œuvre dans la ligne des créations de Hayao Miyazaki. Heureusement l’ambiance fut réactiver par la farce Iron Sky avant de se rafraîchir à nouveau avec les mauvais Elevator (le réalisateur Stig Svendsen a commis la grave erreur de snober la chanson voulue par le public !) et Panic Button, resucée de Saw bien bavarde et moralisatrice en diable.

La suite des festivités dimanche permit de découvrir le dernier avatar de la série animée Full Metal Alchemist destiné au grand écran, Full Metal Alchemist : The Sacred Star of Milos qui, même si son animation n’atteint pas des sommets, propose un spectacle des plus achevés dont un final cataclysmique assez extrême dans sa violence. L’Italie n’était pas absente de la programmation avec le thriller science-fictionnel  L’Arrivo di Wang mais il faut s’armer de patience devant ce huis-clos peu passionnant, qui se veut une parabole politique sur la peur de l’autre et qui ne réussit à vraiment surprendre que dans ses dix dernières minutes qui nous ramènent au bon vieux temps des films d’Antonio Margheriti. La ghost-story The Awakening (diffusée en France sous le titre La Maison des Ombres) a pour elle une mise en scène appliquée, de bons comédiens et une direction artistique soignée, il n’en demeure pas moins que ce croisement entre Les Innocents et Les Autres ne convainc  pas complètement, la faute à un twist fumeux qui tue toute émotion. Continuant son cycle 3D, le BIFFF nous offrait le soir venu le dernier Wu Xia « numérique » de Tsui Hark, l’aérien et splendide Flying Swords of Dragon Gate, marquant le retour de Jet Li dans son giron. Même si l’on peut regretter une perte de rythme  dans son milieu du fait de l’éclatement de l’intrigue et une tendance à la théâtralité, Tsui Hark possède toujours ce  sens aigu de l’épique et du spectaculaire, rehaussé par une utilisation astucieuse de la 3D, qui finit par combler les fans du genre. Les autres seront sûrement un peu dépassés par cette œuvre faussement anarchique qui se tient parfaitement dans la lignée de son modèle initial, le Dragon Gate Inn de King Hu et de son remake des années 90 déjà produit par Tsui Hark en son temps.

 


 

La fin des festivités, avant la soirée de clôture où fut présenté Cabin in the Woods, vit succéder au   mauvais neo-slasher ibérique Paranormal Xperience 3D  l’intéressant thriller psychologique danois Beast de Christoffer Boe (Reconstruction).  Œuvre crépusculaire qui donne du couple une vision bien pessimiste et qui permit de découvrir le talent de la comédienne Marijana Jankovic, présente au BIFFF dans le jury international. Plus tard, ce sont les fans des flicks de la compagnie Sushi-typhoon qui seront comblés avec un Zombie Ass: Toilet of the Dead qui promettait du lourd.

Au final, le palmarès du BIFFF a vu la consécration de La Maison des Ombres, déjà récompensé à Gerardmer, ainsi que des prix mérités pour Tormented et Iron Sky.

COMPÉTITION INTERNATIONALE (jury : Mick Garris, Marijana Jankovic, Eric Valette, Guillaume Malandrin, Paco Cabezas)

- Le Corbeau d’Or 2012 : La maison des ombres (The Awakening) (Royaume-Uni) de Nick Murphy ;

- Le Corbeau d’Argent 2012 : Juan of the dead (Cuba/Espagne) de Alejandro Bruguès pour sa mise en scène inventive, son sens de l’humour et plus particulièrement pour la prestation de son acteur principal, ainsi que Tormented 3D (Japon) de Takashi Shimizu pour son originalité et son point de vue unique sur l’enfance à travers les yeux de son personnage.

COMPÉTITION EUROPÉENNE (jury : Jean-Paul Bertin, Philippe Blasband, Pierre Dejemeppe, David Hainaut, Matyas Veress, Serge Dero, Kenan Gorgun)

- Le Méliès d’Argent 2012 : Iron Sky (Finlande/Allemagne) de Timo Vuorensola. Mention spéciale à The Sandman (Suisse) de Peter Luisi pour avoir apporté un peu d’amour au BIFFF.

 


 

COMPÉTITION DU 7e PARALLÈLE (jury : Bruce Ellison, Pat Cronenberg, François Marache, Daph Nobody)

- Le Prix du 7e Parallèle 2012 : Himizu (Japon) de Shion Sono. Mention spéciale à Shuffle (USA) de Kurt Kuenne.

COMPÉTITION THRILLER (jury : Maxime Chattam, Stéphane Bourgoin, Gigi Etienne, Philippe Dumont)

- Le Prix du Meilleur Thriller 2012 : Seule contre tous (The Whistleblower) (Canada/USA) de Larysa Kondracki. Mention spéciale à Paul Rhys pour sa performance exceptionnelle dans Eliminate : Archie Cookson (Royaume-Uni) de Rob Holder.

Et pour terminer, le Pégase (Prix du Public) 2012 a été attribué à Iron Sky (Finlande/Allemagne) de Timo Vuorensola.

Encore merci aux organisateurs du BIFFF (Guy, Gorges, Youssef, Jonathan et tout le staff) pour leur bienveillance et leur disponibilité, spéciale dédicace à la Dream Team des bénévoles sous la tutelle suisse de Sophie et rendez-vous est pris d'ors et déjà pour 2013. 

 


 

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