Sorties cinéma du 29 décembre : les nouveaux films à voir

La Rédaction | 29 décembre 2021 - MAJ : 29/12/2021 13:53
La Rédaction | 29 décembre 2021 - MAJ : 29/12/2021 13:53

Belle, Lamb, The Card Counter, The King's Man... quelles sont les sorties cinéma de la semaine du 29 décembre ?

Chaque semaine, Écran Large fait son marché dans les salles de cinéma, et sélectionne quelques sorties et films incontournables (pour de bonnes ou mauvaises raisons).

Avec le prequel de Kingsman, encore Léa Seydoux, le nouveau film de Paul Schrader, les seigneurs des agneaux, le retour de Mamoru Hosoda, un thriller inspiré d'Amélie Nothomb, une longue histoire d'amitié, Daniel Brühl et son voisin chelou, un test de grotesque.

 

The King's Man : Première mission : photo, Harris DickinsonPrêt pour 2022 

 

LES SORTIES QU'ON CONSEILLE

The King's Man : Première Mission

Durée : 2h11

 

 

De quoi ça parle : À la veille de la Première Guerre mondiale, des représentants du Royaume-Uni s'allient en secret pour préserver la couronne et empêcher l'Europe d'être balayée par un conflit meurtrier.

Pourquoi il faut le voir : Parce que Matthew Vaughn, réalisateur des deux premiers Kingsman, change ici de braquet. Plutôt que proposer un nouveau film d'espionnage, il va ici se pencher dans le grand cinéma d'aventure, et le film de guerre, porté par l'héritage de maitres de la trempe de John Huston et son fameux L'Homme qui voulut être roi. Le résultat confère à cette odyssée qui nous entraîne à travers toute l'Europe une intensité et un coeur épique palpitants, devenus beaucoup trop rares au sein de la production hollywoodienne.

Mais il ne suffit pas de se trouver de grands maîtres ou de filmer divinement l'action pour hybrider ce parfum aventureux à l'univers loufoque de Kingsman. Pour ce faire, Vaughn doit hélas souvent délayer son scénario, voir le tordre pour essayer de satisfaire autant les fans de la licence que ses aspirations propres. La conséquence prend ici la forme d'un premier tiers cruellement rébarbatif.

La note d'Écran Large : 3/5

Tromperie

Durée : 1h45

 

 

De quoi ça parle : D'un homme qui aime sa femme, mais aussi les autres et qui aime l'écrire. Jusqu'au jour où les mots, le goût de la fiction et de la séduction deviennent une si forte tempête, qu'elle menace de tout emporter sur son passage.

Pourquoi il faut le voirArnaud Desplechin fait partie des très rares metteurs en scène à être authentiquement littéraires. C'est-à-dire parvenant à traiter de la littérature, des mots, du verbe et des vertiges qui leur sont propres, en usant de moyens cinégéniques. D'où le sentiment perpétuel d'assister à un exercice à la fois funambule, presque tout à fait unique et pourtant typiquement français.

Et en adaptant Philip Roth, il se frotte à une langue qui lui colle à merveille. Entre sensualité, psychanalyse, sexualité et pur plaisir de la valse amoureuse, il se livre ici à un jeu de dévoration passionnant. En outre, le cinéaste est aussi un des stylistes hexagonaux les plus puissants en matière de rupture de ton, et c'est un bonheur de voir ce fan de comics - qui fantasma longtemps d'adapter Spider-Man - passer avec autant de virtuosité du drame intime à la comédie, sans oublier la sensualité. Il parvient d'ailleurs et assez miraculeusement à diriger Léa Seydoux et Denis Podalydès qui donnent ici quelques unes de performances les plus accomplies.

La note d'Écran Large : 4/5

The Card Counter

Durée : 1h51

 

 

De quoi ça parle : Compteur de cartes hors-pair, William Tell sillonne les casinos américains, tout en tentant de fuir un passé qui lui colle à la peau. Sa rencontre avec un jeune homme, Cirk, va rouvrir certaines plaies.

Pourquoi il faut le voir : Parce que c'est le grand retour de Paul Schrader à la réalisation, après le magnifique Sur le chemin de la rédemption. Dans la continuité de ce dernier, The Card Counter croque avec une infinie noirceur une Amérique traumatisée, en proie à un vide existentiel surcompensé par les lumières clinquantes des machines à sous. 

En plus de jouir d'une photographie racée, le film se permet quelques percées expérimentales dérangeantes, surtout lorsque le récit s'attaque au passé tétanisant de son protagoniste. Pour autant, on retiendra surtout de The Card Counter la simplicité dévastatrice de sa mise en scène, entièrement pensée pour mettre en avant le jeu d'Oscar Isaac, dont le seul regard semble abriter des galaxies. Un bel écrin pour l'un des acteurs les plus talentueux de sa génération.

La note d'Écran Large : 4/5

Lamb

Durée : 1h46

 

 

De quoi ça parle : De María et Ingvar, un couple d'éleveurs de moutons qui vit reclus en Islande. Leur quotidien est bouleversé par la naissance d'un nouveau-né... particulier, qu'ils vont se faire une joie d'adopter.

Pourquoi il faut le voir : En quête d'un conte de Noël ? Lassés du sentimentalisme à la Disney ou des resucées du Doctor Seuss ? Lamb est fait pour vous. Minimaliste, brumeux et peu inquiet de remplir les quotas de spectacle, le film de Valdimar Jóhannsson ne tient qu'à sa simplicité, au jeu très juste de Noomi Rapace et Hilmir Snær Guðnason et surtout à un effet spécial périlleux. Pas à grand-chose, donc.

Et pourtant, il est largement à la hauteur, pour peu qu'on dépasse le premier degré de lecture (une thématique qu'on ne révèlera pas de peur de spoiler mais qui envahit les films du genre depuis des années déjà) pour s'attacher à l'universalité de son récit. Contrairement aux autres productions estampillées post-A24, il n'utilise pas son style dépouillé pour traquer l'austérité de The Witch, mais plutôt pour toucher du doigt l'aspect initiatique de son histoire, une pureté qui ne le rend que plus cruel.

La note d'Écran Large : 3,5/5

Belle

Durée : 2h02

 

 

De quoi ça parle : Suzu est une adolescente timide et complexée, sauf dans le monde virtuel de U, où elle devient Belle, une icône musicale suivie par près de 5 milliards de followers. Cette double-vie va être bouleversée par sa rencontre avec la Bête, un avatar aussi effrayant que fascinant.

Pourquoi il faut le voir : Dès 2009 et son passionnant Summer Wars, Mamoru Hosoda avait évité de nombreux pièges en traitant le fantasme des mondes virtuels non comme un danger, mais comme un espoir de rassemblement du collectif. Une décennie plus tard, le réalisateur des Enfants loups a l'opportunité de pousser encore plus loin cette réflexion avec le terrassant Belle.

Si la maîtrise du cinéaste n'est plus à prouver, son dernier-né est néanmoins porté par une ambition encore inexplorée. À la fois film musical, mélodrame et conte science-fictionnel, Belle assume sa dimension de carrefour culturel, avec pour socle sa relecture de La Belle et le Bête. L'ensemble pourrait aisément se casser la gueule, mais Hosoda y injecte tellement de coeur qu'on ne peut qu'être emporté par ce tourbillon lyrique, au point où ce dernier ose aborder des thèmes hautement difficiles dans une dernière partie qui laisse sur les rotules. En bref, l'un des grands films de la fin d'année.

La note d'Écran Large : 4/5

 

A perfect Enemy

Durée : 1h28

 

 

De quoi ça parle : Un célèbre architecte rate son avion. Le voici coincé dans un aéroport anxiogène, un jour de pluie, avec une jeune inconnue manifestement décidée à lui faire passer un sale quart d'heure.

Pourquoi il faut le voir : Adapter le roman Cosmétique de l'ennemi, écrit par Amélie Nothomb, n'a rien d'une sinécure. Il contient peu de personnages, et s'il tient la route, c'est essentiellement grâce au style distinctif de l'autrice. Par conséquent, les écueils étaient innombrables, à commencer par la caractérisation du personnage masculin principal, protagoniste malgré lui, à la fois charismatique et solaire, tout en se révélant veule et manipulateur.

Et c'est justement là où le bât blesse, tant Kike Maíllo peine à nous convaincre que son interprète peut porter sur les épaules une quelconque forme de spleen de malaise ou d'angoisse. La comédienne Athena Strates, en revanche, mérite toute l'attention du spectateur, et notamment de ceux qui s'intéressent aux écrits de Nothomb. Elle personnifie à la perfection son idée du féminin, du drame, et vaut à elle seule le détour.

La note d'Écran Large : 2,5/5

 

LES FILMS QU'ON N'A PAS VUS, MAIS QU'ON VA RATTRAPER 

Next Door

Durée : 1h32

 

 

De quoi ça parle : Daniel est un célèbre acteur de cinéma. Alors qu'il s'apprête à partir à Londres pour un casting, il est confronté à son mystérieux voisin, Bruno. Ce dernier, bien décidé à lui faire vivre un enfer, lui fait des révélations qui menacent sa vie professionnelle et personnelle. 

Pourquoi il faut le voir : Parce que Daniel Brühl (Good bye, Lenin !, Inglourious Basterds) va passer derrière la caméra pour s'essayer à la réalisation avec Next Door, pour lequel il est également acteur principal et producteur. Son personnage étant un acteur prénommé Daniel, on devine facilement la comédie meta, grinçante et satirique sur les inégalités sociales.

En se fiant uniquement à la bande-annonce, il est difficile de coller un genre précis sur le film qui semble vouloir verser dans le thriller, probablement au second degré. Et puis, il est toujours préférable de voir Daniel Brühl faire du cinéma que jouer dans Falcon et le Soldat de l'Hiver sur Disney+.

La note d'Écran Large : On n'espère que ce ne sera pas en-dessous de 3/5

 

LE FILM QU'ON N'A PAS VU, MAIS QU'ON NE RATTRAPERA PAS

Le Test

Durée : 1h17

 

 

De quoi ça parle : Annie Castillon mène une vie de famille exemplaire, entourée d'un mari aimant et d'enfants serviables. La belle harmonie du foyer vole en éclats le jour où elle trouve un test de grossesse positif dans la poubelle de sa salle de bain et cherche à qui il pourrait bien appartenir. 

Pourquoi on n'a pas forcément envie de le voir : Chouette, encore une comédie familiale fun et légèrement subversive pour parler du fossé générationnel entre des parents dysfonctionnels et leurs enfants. C'est en tout cas ce que hurle la bande-annonce du film réalisé par Emmanuel Poulain-Arnaud qui proposera son second long-métrage après Les Cobayes.

Et même si le jeu d'Alexandra Lamy et Philippe Katerine a l'air solide et bien moins gênant que ce qu'a pu offrir le cinéma français en 2021, cette fin d'année est malheureusement trop chargée pour ne pas avoir à faire des "sacrifices". On n'a sûrement bien mieux à voir, même si on préfère toujours avoir tort avec ce genre d'affirmation.

La note d'Écran Large : Pas envie/5

Tout savoir sur The King’s Man : Première Mission

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commentaires
Souhait 2022
29/12/2021 à 09:45

Un rétrospective Arnaud Desplechin par Écran Large ???
Pour 2022 ?
D’ailleurs vivement que sa filmographie soit rééditée en blu ray !!!

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