Red Notice sur Netflix : James Bond, Indiana Jones... avez-vous vu ces "hommages" grossiers ?

La Rédaction | 17 novembre 2021 - MAJ : 17/11/2021 18:37
La Rédaction | 17 novembre 2021 - MAJ : 17/11/2021 18:37

Red Notice, qui cartonne sur Netflix, peut remercier James Bond, Indiana Jones ou encore True Lies.

C'était le parfait film-algorithme de Netflix, c'est apparemment un succès record sur Netflix, et Red Notice 2 ne va pas tarder à être officialisé. Comme prévu (et redouté), le bulldozer Red Notice est ainsi arrivé, pour prouver la triste intelligence de business à l'œuvre dans cette surproduction hors de prix (200 millions de budget, dont au moins 60 pour le trio).

Porté par Dwayne Johnson, Gal Gadot, Ryan Reynolds et probablement le plus beau cynisme industriel de l'année, Red Notice semble avoir été créé par un générateur d'idées hollywoodiennes éprouvées, remixées avec la finesse des cuisses de The Rock. Et il n'y a qu'à voir les "hommages" grossiers à quelques films cultes pour s'en rendre compte. La preuve par 4.

 

 

JAMES BOND

C'était visible dès les bandes-annonces, et Red Notice le confirme au bout de 10 minutes à peine : Quantum of Solace a de toute évidence tapé dans l'œil du réalisateur et scénariste Rawson Marshall Thurber (Skyscraper), qui reprend quelques idées du début du James Bond pour sa propre intro.

Au début de Quantum of Solace, 007 pourchasse un méchant sbire de Mr. White dans les rues (et sur les toits) d'Italie. Arrivé au sommet d'une tour où résonne une cloche, il est attaqué par son ennemi, tombe dans le vide, et traverse un plafond en verre plus bas. La caméra est alors embarquée dans la chute, avec une petite aide numérique pour créer le mouvement et la violence. L'effet est d'une efficacité redoutable, et représente certainement l'un des (rares) moments marquants de ce Quantum of Solace bancal.

Difficile d'en vouloir à Rawson Marshall Thurber, qui a repris à peu près le même plan, la même idée et la même mise en scène. Mais impossible de ne pas avoir envie d'en rire.

 

photo

 

 

Bien sûr, Quantum of Solace n'est pas le seul film à avoir utilisé cet effet numérico-cascade. Et c'est là que Red Notice rajoute une couche de rire, puisque l'intro emprunte autre chose au James Bond : la baston sur l'échafaudage.

Juste avant cette chute dans les bras de The Rock, Ryan Reynolds échappe ainsi aux gardes des lieux dans une grande valse sur un échafaudage, où il utilise tout ce qu'il a à disposition (les barres, une corde, son humour increvable) pour grimper et stopper les figurants. Soit exactement ce que James Bond fait juste après sa chute, où il affronte le sbire dans une scène très verticale. Il y a la même idée de démonter la structure pour freiner et faire tomber son adversaire, et un jeu avec une corde qui traîne par là.

Chez James Bond, c'est bien plus long et sauvage, et Daniel Craig est trop occupé par la bataille pour se recoiffer ou adresser ses plus beaux sourires Colgate à la caméra. Mais là encore, difficile de ne pas voir les "hommages", d'autant que les deux scènes se déroulent en Italie, d'où une ressemblance visuelle évidente (de la présence des tuiles à la photo du film). La plus grande imagination de Red Notice ici : inverser l'ordre entre l'échafaudage et la chute.

 

photo Daniel CraigPermis de plagier : refusé

 

INDIANA JONES

Quand John Hartley et Nolan Booth s'en vont récupérer le troisième et dernier oeuf de Cléopâtre, l'évidence se fait jour, à la manière d'un grand coup de fouet dans la brume. Décor luxuriant d'une jungle en plastique, passage secret, matériel abandonné par les nazis contenant un précieux artefact... Sur le papier, nous sommes bien évidemment dans ce mélange de serial et de pulp qui compose l'ADN de base d'un certain Indiana Jones.

S'il est l'ambassadeur de cette recette, le héros imaginé par Lucas et Spielberg ne peut évidemment pas en clamer la propriété exclusive. Néanmoins, le fait que le personnage de Reynolds sifflote l'air de rien le légendaire thème musical composé par John Williams nous indique clairement que c'est à lui, et à personne d'autre que nos joyeux drilles font référence. Avant de le piller purement et simplement. Après quelques tirs échangés avec figurants, tous nos héros s'allient à l'occasion d'une éreintante poursuite en voiture qui duplique sans vergogne les rebondissements émaillant la poursuite dans la mine de Indiana Jones et le Temple maudit.

 

photo, Dwayne Johnson, Ryan ReynoldsChapeau-feutre les artistes !

 

Les grosses cylindrées remplacent ici les wagons, mais le découpage est à plusieurs reprises identique, alors que les véhicules se croisent, se doublent, tandis que les personnages luttent pour leur survie, sautant d'une bagnole à l'autre. Impossible de ne pas voir Indy et Demi-Lune se lançant conseils et imprécations à toute vitesse.

La proximité est telle que la partition générique du film semble soudain s'énerver pour retrouver jusqu'aux notes de la deuxième aventure d'Indy sur grand écran. L'écho en devient ahurissant quand se mêlent à cette équation des échos lointains d'autres épisodes. C'est le cas lorsque la caméra s'arrête sur le visage de Johnson, pour nous dévoiler une arête rocheuse contre laquelle il risque de s'écraser avant de se rétablir dans sa jeep. Et si tout cela ne vous suffisait pas, le monteur son nous gratifie d'un "cri Wilhem" (artefact sonore que des films s'amusent à disséminer depuis des décennies lorsqu'un figurant meurt).

Tant que vous y êtes, n'oubliez pas de (re)jeter un oeil à la vidéo dans laquelle notre bon Geoffrey vous explique pourquoi Le Temple maudit est un gigantesque film d'aventures.

 

PhotoPlus dangereux que la SNCF

 

TANGO ET CASH

Sympathique buddy movie de la fin des années 80 (en partie réalisé par Andrei Konchalovsky !), le film Tango & Cash met, comme il se doit, aux prises deux individus que tout oppose. Un professionnel imperturbable aux muscles encombrants et un petit malin porté sur la vanne et le second degré. Parce que la vie n'a rien d'un long fleuve tranquille, tous deux vont se retrouver en prison. Durant cette incarcération, tous deux discuteront, sous les douches, de la rocambolesque situation qui les a menés là, de la machination qui les voit embastillés, avant de faire des blagues à base de savonnette.

 

photo, Sylvester Stallone, Kurt Russell"Je sais très bien où tu as rangé cette savonnette"

 

Cette description vous rappelle quelque chose ? Rien d'étonnant, tant Red Notice s'efforce de la recycler, à tous les niveaux. Ainsi, quand notre duo, dont les rôles sont répartis exactement comme dans Tango & Cash, se retrouve emprisonné dans une geôle russe... nous avons droit à une séquence incroyablement similaire, quasiment plan par plan.

Le bourrin taciturne humecte d'un air contrit. Le petit malin fait des blagues. On se douche. Et on plaisante au sujet d'un savon. Cette recette exceptionnelle de la lourdeur en débardeur jouit en outre d'une photographie très proche, qui tire un peu plus sur le bleu dans le film Netflix, mais contient de grands niveaux de gris et des vannes à base d'homo-érotisme d'un niveau... comparable.

 

photo, Ryan Reynolds, Dwayne JohnsonC'est du propre

TRUE LIES

Rawson Marshall Thurber a sûrement eu l'impression de réaliser son True Lies, dont il tente maladroitement d'emprunter le ton décalé. Une scène "hommage" en particulier saute aux yeux, au milieu du film, lorsque Gal Gadot et Dawyne Johnson dansent sensuellement avant de braquer Sotto Voce (Chris Diamantopoulos).

Dans les dernières minutes du film de James Cameron, le couple d’espions formé par Arnold Schwarzenegger et Jamie Lee Curtis repart en mission. Ils sont chargés d’infiltrer une soirée huppée, mais en profitent pour danser un tango torride, ignorant complètement l’agent Gibson avec qui ils sont en liaison. 

 

photo, Dwayne JohnsonGal Radote

 

S’il ne va pas jusqu’à calquer les plans de James Cameron et préfère une ambiance plus feutrée, le réalisateur a repris les principaux éléments à son compte : le bal chic, le tango, l’infiltration et le gars blasé dans l’oreillette.

En plus de travestir la dynamique comique des époux avec les répliques ironiques de Johnson et Ryan Reynolds sur le mariage ou le divorce, la scène convoque également le même illogisme de situation : un culturiste (qu’on ne surnomme pas The Rock parce qu’il est chauve) et une femme fatale qui transpirent des phéromones, mais sont censés se fondre dans la masse et passer inaperçus.

 

photo, Arnold SchwarzeneggerTrue Lies et fausse bonne idée

 

À la différence près que le personnage de Gal Gadot n'a pas eu besoin de massacrer sa robe dans un couloir ou de faire un strip-tease devant un "inconnu" pour se désinhiber, mais se présente d'emblée comme une séductrice tête brûlée. Ce qui était un facteur humoristique extrême dans True Lies et permettait d'apprécier l’évolution du couple tombe fatalement dans un premier degré trop caricatural dans Red Notice.

Une référence sur la forme, aucunement sur le fond. Personne ne sera surpris : n'est pas James Cameron qui veut.

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commentaires
Eva gringe
17/12/2021 à 15:27

Et non ce n'était pas eva green qui sortait de l'eau mais la femme du chiffre, lui qui jouait une partie de poker sur son bateau.

Pulsion73
02/12/2021 à 10:51

rectif : miami et pas miama, ^^.

Pulsion73
02/12/2021 à 10:50

Miama81, oui mais cette Eva Green là fait de grosses fautes d'orthographe. ^^ ."très pour très" : my god !
Cela dit, peut-être que la vraie Eva les aligne aussi mais je n'en mettrais pas ma main à couper et hop au feu.

Miami81
19/11/2021 à 14:00

Dingue! y'a Eva Green dans les commentaires!

MoiLeVrai
18/11/2021 à 15:48

Je n'ai pas vu ce film et ne veux pas le voir. Par contre est-ce honnête de tomber sur les "plateformes" en disant que ces films médiocres plombent le cinéma plus que sles films de studio? Est-ce impossible d'avoir des films de qualité ou différents produits ou diffusés exclusivement/prioritairement par les "plateformes"? Je ne crois pas et pense notamment à Okja, The King, Roma, et d'autres que l'on puisse aimer ou pas, ne sont pas des blockbusters stereotypés.

Eva Green
18/11/2021 à 14:32

Aussi la scène de fin où Gal Gadot sort de l'eau. Cette scène ressemble très pour très à celle de Casino Royale avec Eva Green sortant de l'eau elle aussi.

Geoffrey Crété - Rédaction
18/11/2021 à 14:15

@Sprig

... je vais donc préciser que c'est de l'humour annoncé dès le titre, qui va de pair avec le ton général de l'article (dès l'intro), et du site depuis environ toujours. Et personne n'a dit qu'il y avait la moindre gravité à ne pas avoir vu ces "hommages" donc oui, tout va bien.

Sprig
18/11/2021 à 14:12

C'est un peu une insulte de la rédaction de nous demander si on a vu les "clins d'œils grossiers".
Si ils sont "grossiers" comme vous le dites, si on ne les a pas vu on serait un peu des grosses buses nan ? Bien sur qu'on les a vus et pour ceux qui ne les ont pas vus bah ce n'est pas grave en soi, on peut continuer à vivre sans connaitre indiana jones, true lies ou un des james bond.
Attention ce n'est pas une critique ou un jugement, n'oublions que n'est important que ce à quoi on donne de l'importance.

Lex ikks
18/11/2021 à 13:23

Je ne comprends pas le contenu des critiques négatives. Je pensais que le projet et sa bande annonce étaient clairs... Personnellement quand je lis les critiques, j'ai l'impression de lire "pas de scénario et trop de sexe" pour un porno

Amnorian
18/11/2021 à 08:55

Pareil que Kelso. C'est typiquement un film direct to video, il est agréable et fun à regarder, et c'est tout ce qu'on lui demande.
Autant les autres références sont valable, autant celle de la douche est un peu surfaite, des scènes de douche dans les films de prison sont très fréquente pas besoin de donner une référence.

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