Mad God : on a vu le film d'animation hallucinant de Phil Tippett

Mathieu Jaborska | 23 septembre 2021
Mathieu Jaborska | 23 septembre 2021

C'est la saison des festivals pour les cinéphiles francophones et Écran Large. Après avoir couvert Cannes, la Mostra de Venise et Deauville, on est revenus s'encanailler à Paris, à l'occasion de cette nouvelle édition de l'Étrange Festival, rendez-vous incontournable des amateurs de bizarreries cinématographiques et de folie figée sur pellicule.

Pour faire suite à nos écrits sur l'anomalie Barbaque, présenté en ouverture, on revient sur l'un des films les plus attendus de cette édition, si ce n'est le plus attendu : le titanesque Mad God, le cauchemar d'une vie de Phil Tippett.

 

photoGods and monsters

 

De quoi ça parle ? Difficile à dire. On suit un personnage qui s'enfonce dans les entrailles d'un monde qu'on devine post-apocalyptique et qui rencontre une galerie de monstres étranges et souvent violents.

C’était comment ? À la hauteur. Lors de la cérémonie de clôture, Mad God s'est vu attribuer le prix du public. Un trophée à valeur symbolique, les très respectables spectateurs de l'Étrange Festival étant bien au courant de la valeur du long-métrage. Façonnée laborieusement durant une trentaine d'années par le prodige de la stop-motion Phil Tippett et ses collaborateurs, entraperçue à travers quelques extraits et l'excellent documentaire Phil Tippett : des rêves et des monstres d'Alexandre Poncet et Gilles Penso, cette orgie animée avait des airs de magnum opus.

Et en effet, on en sort avec l'impression d'avoir assisté à un accomplissement. Les stigmates de sa construction au long cours (les changements incessants d'instruments de captation, notamment) en ajoutent finalement encore un peu à la radicalité du projet. Tippett nous plonge dans un univers lui-même en pleine mutation technique permanente, décati et au bord de l'effondrement. Une sorte de macrocosme sans frontières qui s'enrichit de sa propre décadence, un monde à la fois post et pré-apocalyptique qui ne pouvait naître qu'entre les mains d'un artiste omniscient. Un monde modelé par un dieu fou.

 

photoDe rouille et d'os

 

On comprend vite qu'il nous faudra abandonner toute idée de narration. Au fur et à mesure de la progression du héros anonyme dans un labyrinthe de récup' hypnotisant, il apparait que sa quête est la même que la notre : s'imprégner de ces décors s'imbriquant les uns dans les autres, ces monstres destructeurs et ces passages secrets vicieux, au point presque de s'y noyer. Car évidemment, personne ne ressort indemne d'une telle descente aux enfers.

Toutefois, il serait peut-être hâtif de résumer l'oeuvre à un gigantesque parcours de montagne russe visuel. Le monde pensé par Tippett évoque plus une dégénérescence du nôtre. Il n'est caractérisé que par la guerre, la pollution et la survie. C'est comme s'il décrivait une société si corrompue qu'elle a fini par évacuer la logique de ses institutions et constituer son propre ordre nonsensique, qui s'expérimente plus qu'il ne se comprend. Une expérimentation franchement unique, qui ne pouvait s'animer qu'image par image.

Et ça sort quand ? Le film n'a pas de distributeur, que ce soit aux États-Unis ou chez nous.

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commentaires
Chandler Jarrell
23/09/2021 à 17:09

Un trip hallucinant, c'est un chef d'oeuvre, de toutes évidences ... A l'étrange, il fallait aussi ne pas manquer "the spine of night", une nouvelle date dans l'anim Dark Fantasy.


23/09/2021 à 16:31

J'ai pu voir le film à l'étrange festival et je suis moins enthousiaste que vous. On ressort du film avec un mal de crâne, visuellement c'est incroyable mais sans histoire et avec aucun dialogue et des sons assourdissants c'est assez dur de rester immergé dans le film.

Mushy
23/09/2021 à 14:59

Merci ! j'ai envie de le voir maintenant ! Même pas une ptite idée de la date de sortie ?

L'autre
23/09/2021 à 13:43

Comment j'ai hâte !!! Avec Rob Bottin c'est LA pointure des fxs à l'ancienne !!!

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