American Nightmare, Invisible Man... Blumhouse pense qu'il y a trop de films d'horreur, et que ça ne va pas durer

Marion Barlet | 28 février 2020 - MAJ : 28/02/2020 11:12
Marion Barlet | 28 février 2020 - MAJ : 28/02/2020 11:12

La société de production Blumhouse fête ses 20 ans cette année et opère de plus en plus un virage vers la franchisation de ses films.

Créée en l'an 2000 par Jason Blum, la firme peut se targuer d'avoir cumulé des doubles succès, sur le plan financier et critique. Elle est connue pour avoir lancé des films d'horreur plus ou moins bons, mais presque toujours avec de petits budgets et de maxi profits. À tel point que Blumhouse compte plusieurs franchises, de Paranormal Activity à American Nightmare, en passant par Insidious et Halloween. Pour un flop comme Black Christmas, il y a une tonne de cartons, et la machine tourne sans problème.

La société s'est défendue comme une cheffe dans le cinéma de genre, entre l'horreur, le thriller, le fantastique et la science-fiction,  et en jonglant entre de pures séries B faites à la chaîne, et des collaborations avec des cinéastes prestigieux. Get Out en est l'exemple paradigmatique, tout comme les derniers M. Night Shyamalan.

 

Photo Daniel KaluuyaBravo Get Out

 

Blumhouse a gentiment fait son trou et bénéficie aujourd'hui d'une importante visibilité et d'une reconnaissance certaine. La preuve en est, elle a déjà deux films distribués à son actif en ce début d'année : Nightmare Island et Invisible Man. Si le premier (de Jeff Wadlow) nous a radicalement déçus par son conformisme et son manque d'inventivité, le second (de Leigh Whannell) nous a séduits par l'intelligence de ses effets de surprise. Plus tard dans l'année sont attendus entre autres The HuntAmerican Nightmare 5 et Halloween Kills

Pour 2020, nous avons donc, sur les films vraiment attendus, une adaptation inspirée de la série L'Île fantastique, un remake, deux suites et un seul film original. La société de production bascule-t-elle vers la facilité de la franchise au détriment de l'innovation et de ce qui a fait son identité ? Dans un entretien avec Bloody DisgustingJason Blum a répondu aux questions touchant l'avenir de sa société et de son orientation :

 

photo, Elisabeth MossAvancer en terrain connu/ terre inconnue

 

« C'est vraiment difficile d'amener les gens au cinéma et l'une des choses auxquelles ils répondent clairement, ce sont les franchises connues, dans une certaine mesure. Donc, j'aime les utiliser comme une coquille pour raconter des histoires originales. C'est comme un cheval de Troie. C'est une coquille pour inciter les spectateurs à venir et voir les films. »

La vie de sa société dépend de l'accroche, de la préexistence d'un nom, d'une référence, afin que le public sache face à quoi il est. La notion de "coquille" est ambigüe, puisqu'elle sous-entend que l'extérieur (ici le titre) n'a rien à voir avec l'intérieur, la chair du film. La franchisation est un appât pour attirer le spectateur et l'amener à voir des œuvres finalement originales. 

« Vous pourriez faire notre film Nightmare Island et si vous aviez fait quelques pas de côté, ce ne serait pas Nightmare Island, ce serait juste original. Mais si c'est original, les gens sont moins susceptibles d'aller le voir, ce qui est idiot, mais c'est vrai. »

 

photo, Lucy HaleQuand tu apprends que tu es une coquille vide

 

Constat désarmant de la part de Jason Blum, et même sceptique. Le producteur avoue ici jouer avec les attentes du public tout en désirant faire des œuvres qui réinventent le genre. Cependant, les cahiers des charges interdisent des changements de direction brutaux dans une franchise qui perdrait ses fans. Le producteur garde toutefois une affection prononcée pour ses films, dont Happy Birthdead, dont le second a malheureusement moins marché que le premier.

Le film d'horreur est très à la mode et peut en rebuter certains, tant la qualité se trouve noyée dans la masse de propositions. Jason Blum est toutefois confiant pour la suite, comme il l'a expliqué dans la logique suivante :

 

photoThe Hunt : un film qu'on attend de pied ferme

 

« C'est ce qui arrive toujours. L'horreur commence à fonctionner, c'est commercial, tout le monde fait un film d'horreur. Maintenant, personne ne voit de films d'horreur parce qu'il y a un film d'horreur chaque semaine, donc il y en a trop, le marché est inondé. Je pense que le nombre de films d'horreur en salles que vous allez voir va diminuer au cours des deux ou trois prochaines années. C'est bon pour nous. Ouais, parce que la qualité augmente. J'aime donc penser que nous faisons de meilleurs films d'horreur que la plupart des gens, et donc que lorsque le marché est moins encombré, nos films s'en sortent mieux. »

Faudra-t-il attendre deux-trois ans que le genre horrifique se décante avant que ne ressurgisse des propositions ouvertement originales de la part de Blumhouse ? En attendant, vous pouvez retrouver notre dossier sur la société de Jason Blum pour approfondir ces questions, juste ici.

  

Affiche française

commentaires

Manu
29/02/2020 à 20:43

@Mad quoi ? Midsommar une pépite ? C’est de l’ironie c’est ça ?

Maurice Escargot
28/02/2020 à 19:31

Je suis assez d'accord avec Nina... Toute cette vague auteurisante du cine "d'horreur" prend le genre de haut, en se l'accaparant sans véritablement le comprendre.
Avant, des auteurs comme Friedkin, Kubrick, Donner ou même Polanski s'effaçaient devant le genre pour l'enrichir. Et ça, sans compter des maîtres avérés comme Carpenter, Craven ou Romero.
Maintenant, Aster balance ses névroses devant tout le monde, Peele pond tract sur tract, le genre en ressort toujours plus dévitalisé car il n'est plus qu'une image de fond, et pourtant tout le monde gueule au génie.

Oulah
28/02/2020 à 19:00

Nina

Tu confonds films d'horreurs et films d'épouvante-horreurs. L'horreur a plusieurs formes au cinéma.

Nina
28/02/2020 à 17:07

Faut surtout arrêter de dire Film d'Horreur à toutes les sauces... un vrai film d'horreur, c'est L'exorciste, Conjuring, Ça ou Evil Dead. Pas des films comme Midsommar, Get Out, American Nightmare, The Hunt apparemment et encore moins The Invisible Man que j'ai vu mercredi !

Nina
28/02/2020 à 17:02

@Mad... Midsommar et The Lighthouse des films d'horreur ? Franchement....

R.
28/02/2020 à 12:06

"J'aime donc penser que nous faisons de meilleurs films d'horreur que la plupart des gens"

Arrête de penser ça te réussi pas...
A24, pour ne citer qu'eux, proposent des films d'horreurs (ou à composante horrifique) largement meilleurs que tous les films qui sortent de chez Blumhouse qui ne fait que surfer sur la popularité auprès des adolescents des films à jumpscares initiés par James Wan et son Conjuring verse. Reste quelques pépites au milieu (Get Out ou Invisible Man) et des films un minimum novateurs (Happy Birthdead et son concept par exemple) mais globalement c'est de la machinerie industrielle à la Disney mais dans le domaine horrifique.

Molle
28/02/2020 à 11:36

Moi je penses qu il y a trop de trolls au cinéma tant qu en qu acteurs ou actrices et réalisateurs et que effectivement cela ne va pas durer

Mad
28/02/2020 à 11:21

Ce type est vraiment un tâcheron c'est pas possible. Non, il n y a pas assez de films d'horreur Monsieur, et l'on va surtout pas penser que vos productions en sont des bons. C'est pas croyable d'être aussi con et opportuniste ! Ce mec nous inonde de merdes et ose dire qu'il y a trop de films d'horreur sur le marché après ça. Sans ses bouses, il y a tellement peu de films d'horreur, on a le droit à quelques pépites (Midsommar, The Lighthouse, Gretel & Hansel dernièrement) mais hormis ça, c'est un marché totalement vide qu'il a pris d'assault avec ses films pour pubères.

Ce qu'il a dit dernièrement sur Midsommar c'est vraiment incroyablement rempli de stupidité.

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