Joker : Warner répond à la polémique autour des armes à feu qui entoure la sortie du film aux Etats-Unis

Christophe Foltzer | 25 septembre 2019
Christophe Foltzer | 25 septembre 2019

Si Joker sortira chez nous le 9 octobre prochain (mais vous pouvez déjà lire notre critique ici) et le 4 octobre prochain aux États-Unis, le film a déjà une bonne petite polémique qui l'accompagne.

Il est toujours difficile de parler des horreurs du Réel sur un site de cinéma, mais parfois, on n'a pas trop le choix. Surtout quand les deux univers se rencontrent malheureusement. En 2012, à la sortie du Dark Knight Rises de Christopher Nolan, un taré en armure et doté de gros calibres avait ouvert le feu sur une salle comble à Aurora, dans le Colorado, tuant 12 personnes et en blessant 70 autres. Un drame tragique devenu malheureusement bien trop courant avec les années, notamment dans les écoles aux Etats-Unis.

 

photo, Joaquin PhoenixUn monde qui part en vrille

 

À l'occasion de la sortie de Joker, les familles des victimes ont adressé une lettre à la Warner, ce qui a déclenché une petite polémique outre-Atlantique, même si, pour une fois, nous sommes loin de ce que l'on pourrait en attendre :

"La tuerie d'Aurora, perpétrée par un individu isolé qui ne se sentait pas accepté par la société, a changé nos vies. Quand nous avons appris que Warner allait sortir un film appelé Joker, qui présente le personnage avec une origin story sympathique, nous avons marqué une pause.

Nous voulons être clairs sur le fait que nous respectons votre liberté d'expression, mais quiconque a vu un jour un film tiré d'un comic-book pourra vous le dire : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. C'est pourquoi nous vous demandons d'utiliser votre plateforme massive et votre influence pour vous joindre à nous dans le but de bâtir une communauté plus sûre et avec moins d'armes. Que chacun soit en sécurité devrait être la priorité absolue pour une entreprise comme Warner Brothers.

 

photo, Joaquin PhoenixLe reflet de notre époque ?

 

Depuis que le gouvernement fédéral a échoué à réformer la montée de la vente d'armes, c'est aux grosses sociétés comme Warner d'agir. En mettant fin aux contributions politiques envers des candidats qui sont financés par la NRA et qui votent contre ces réformes. En utilisant votre influence au Congrès pour faire du lobbying actif pour ces réformes."

Une demande qui ne ressemble pas aux polémiques habituelles donc, et qui en appelle à la responsabilité des grands groupes dans la gestion politique et économique du pays tout en respectant les positions de chacun. Une demande qui fait plutôt plaisir à voir dans ces moments de réaction émotionnelle parfois hâtive ou excessive.

Une demande qui exigeait évidemment une réponse de la part de Warner qui n'a pas tardé à publier un communiqué pour faire acte de sa décision :

 

photo, Joaquin PhoenixUn sourire légèrement forcé

 

"Les armes à feu sont un problème critique de notre société et nous exprimons notre plus profonde sympathie envers toutes les victimes et leurs familles touchées par ces tragédies. Notre société a une longue histoire dans les dons aux victimes de violence, y compris concernant Aurora, et nous avons enjoint nos partenaires hors de cette industrie à appeler les politiciens à mettre en oeuvre un accord bi-partisan concernant cette épidémie.

En même temps, Warner croit que l'une des fonctions du cinéma est de provoquer des débats difficiles autour de sujets complexes. Ne vous y trompez pas : en aucun cas le personnage du Joker ou le film lui-même ne constituent une approbation de la violence du monde réel. Ce n'est ni l'intention du film, ni celle du réalisateur, ni celle du studio que de faire de ce personnage un héros."

Des paroles on ne peut plus rassurantes en cette période de confusion dangereuse entre la réalité et la fiction. Maintenant, il faut des actes.

 

Affiche fr

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commentaires

abbeylee
26/09/2019 à 13:43

"K le droit de vote aux femems aussi, il a fallu batailler longtemps, c'était dans nos cultures patriacales de ne pas les laisser s'exprimer, mais heureusement que l'on a persévéré."

"Gneu gneu le patriarcat" > Bordel, les PNJ SJW, quelle plaie... va brasser du vent ailleurs.

MystereK
26/09/2019 à 11:20

K le droit de vote aux femems aussi, il a fallu batailler longtemps, c'était dans nos cultures patriacales de ne pas les laisser s'exprimer, mais heureusement que l'on a persévéré.

Arsh
26/09/2019 à 11:11

Je suis le seul à me poser des questions quand je lis que le Joker du film a une origin story "sympathique" ?
Personnellement il me fait plus flipper qu'autre chose...

Anonyme
25/09/2019 à 19:25

@K. : c'est justement avec ce genre de mentalité qu'on ne change pas les choses.

Mad
25/09/2019 à 18:48

Ce qui me fait rire c'est que quand c'est un film comme F&F rempli de guns ça passe, parce que c'est léger et fantaisiste, tandis que quand c'est un vrai drama réaliste, de suite l'on coupe court. C'est d'un ridicule.

K.
25/09/2019 à 14:50

Ca fait combien de temps qu'ils polémiquent sur les armes à feu aux USA ?
Ils sont pas fatigués à force ?

Les armes à feu font partis de la culture américaine et personne ne pourra rien y changer, quelque soit le nombre de tueries qu'il y aura, jamais les armes a feu ne seront interdites ni les lois les entourant durcies. Tout le blabla autour est une perte de temps.

sylvinception
25/09/2019 à 14:04

Et dans "navrant" y a les lettres "nra"...
Ça ne s'invente pas. (rime)

Stavos
25/09/2019 à 13:49

C'est quand même dramatique que les gens derrière le film doivent se justifier de la sorte, le public devient completement dingue. C'est navrant.

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