Festival International du Film de Saint-Jean-De-Luz : Monsieur, L'ordre des médecins, Un beau voyou, bilan du jour 3

Christophe Foltzer | 5 octobre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Christophe Foltzer | 5 octobre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Le temps file, la compétition entre dans son dernier tiers et, comme on pouvait s'y attendre la sélection maintient son cap.

Après une seconde journée riche en émotions, on espérait que la compétition ralentisse un peu son rythme ne serait-ce que pour nous permettre de souffler. Mais ce n'était clairement pas son intention puisqu'avec cette troisième journée, elle a prouvé qu'elle était bien décidée à ne pas nous lâcher une seconde. Et c'est tant mieux.

 

photo FIF Saint Jean de Luz

 

MONSIEUR

On commence, une fois n'est pas coutume, avec ce que l'on pourrait qualifier à tort de comédie romantique. En effet, avec cette histoire de domestique qui se rapproche de son employeur, un riche jeune homme de Bombay, on s'attend à retrouver tous les poncifs des récits d'amour sur la différence entre les classes et la puissance des sentiments qui permettent de baisser toutes les barrières sociales pour permettre à un couple de se former.

Pourtant, dans ce premier long-métrage hyper maitrisé, la réalisatrice Rohena Gera nous propose plutôt une réflexion très lucide et désenchantée sur la société indienne actuelle. Sur une jeunesse tiraillée entre le poids de ses traditions, le désir d'assumer ses désirs et l'interdit qu'elle se met pour préserver le bien commun et les conventions sociales. Ne jugeant jamais ses personnages, le film nous propose un très beau portrait de femme, tout en nuances et en tendresse, tout autant qu'un message fort contre toutes les formes de communautarismes, en écho aux travaux précédents de la réalisatrice.

Doté d'une superbe photographie, d'une mise en scène particulièrement inspirée et juste, Monsieur constitue une sacrée expérience, un très beau film et clairement l'un de nos grands favoris de la compétition. En tout cas, un nouveau coup de coeur à n'en point douter.

 

photo monsieur

 

L'ORDRE DES MÉDECINS

Changement radical d'ambiance avec le film suivant puisque L'ordre des médecins de David Roux nous plonge dans l'univers hospitalier et traite d'un sujet aussi douloureux qu'actuel : la fin de vie. A travers cette histoire de médecin aguerri qui se protège émotionnellement et se voit contraint d'accueillir sa mère malade dans un service voisin, c'est en effet notre rapport à la mort et à la perte qui est mis en exergue. Où s'arrête le professionnel, ou commence l'intime ? Voici les thématiques de ce premier long-métrage très fort.

Saluons à ce titre l'incroyable performance de Jérémie Renier dans le rôle de Simon, le protagoniste principal du récit qui y trouve là l'un des meilleurs personnages de toute sa carrière. Notons aussi le souci du détail exemplaire relatif au sujet du film, évidemment inspiré par l'expérience personnelle du réalisateur, rendant le film très juste sur le plan émotionnel.

En résulte un film fort qui risque d'en retourner plus d'un tout autant qu'un gros et bon travail sur la solitude.

 

photo l'ordre des médecins

 

UN BEAU VOYOU

Nouveau virage à 180° avec le film suivant, Un beau voyou, premier long du romancier Lucas Bernard, qui nous fait voguer cette fois vers les rives de la comédie à la Billy Wilder avec quelques accents surréalistes. Et il fallait bien cela pour raconter cette histoire de voleur de tableaux, traqué par un commissaire bien blasé et au seuil de la retraite.

Charles Berling et Swann Arlaud se prêtent totalement au jeu et à l'esprit quelque peu foutraque du récit et prennent manifestement un grand plaisir à interpréter ces deux personnages un peu hors du temps, forcément en correspondance et en jeu de miroir, portés par des dialogues particulièrement efficaces dont certains se révèlent ravageurs.

Si l'on pourrait reprocher au film un léger manque de cohésion générale et une petite tendance à trop se regarder à certains moments, il est empreint d'une telle énergie et d'une telle bonne humeur que ces petites scories s'effacent rapidement au profit du plaisir qu'il procure. Et c'est assez rassurant de voir une comédie française, aujourd'hui, qui ne prend pas son spectateur pour un imbécile, ne recherche pas la facilité et en appelle à de glorieux ainés.

 

photo un beau voyou

 

La compétition ne faiblit donc clairement pas avec le temps et les films et c'est déjà avec une pointe de tristesse que nous allons aborder la journée suivante parce que oui, la fin du festival arrive déjà à grands pas. Heureusement, il nous reste encore quelques films à découvrir. A suivre.

 

photo FIF Saint Jean de Luz

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commentaires
Christophe Foltzer
05/10/2018 à 18:40

On apprend de ses erreurs et on laisse faire les autres...

Chris
05/10/2018 à 12:53

C'est pas comme ça que mister foltzer se fera insulter avant le dessert.

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