Le réalisateur de Green Room adresse un conseil très amical à ceux qui méprisent Netflix

Créé : 16 avril 2018 - La Rédaction
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On attendait le nouveau film du réalisateur de Green Room du côté de Cannes, mais la brouille entre la Croisette et le géant de la SVOD a rebattu les cartes.

Son Aucun homme ni dieu (Hold the Dark en version originale) nourrissait beaucoup d’attentes, grâce au très grand succès remporté par Blue Ruin et Green Room, à tel point qu’il n’était pas du tout délirant d’espérer le voir rejoindre la sélection officielle. Le Festival ayant reprécisé qu’il n’accepterait plus de films n’envisageant pas de distribution en salles dans l’Hexagone (ce qui obligerait Netflix à se soumettre à la chronologie des médias, ce qui n’est pas dans son intérêt).

 

Photo Imogen PootsImogen Poots (Green Room)

 

Résultat, plusieurs films évacués de la manifestation, dont Roma d’Alfonso Cuarón et The Other side of the wind, d’Orson Welles. C’est dans ce contexte agité, ou certains acteurs de l’industrie en viennent à se demander quels sont les traits constitutifs d’une œuvre cinématographique. C’est en substance la question que posait Steven Spielberg il y a quelques semaines en affirmant que les productions Netflix, refusant les problématiques inhérentes à la distribution classique de films, ne devrait pouvoir concourir aux Oscars.

Un débat loin d’être tranché, et qui semble agacer un tantinet Jeremy Saulnier. Interrogé par Indiewire, le cinéaste a fait savoir avec ce qu’il fallait d’humour noir que si sa prochaine création serait sous pavillon Netflix, elle n’en serait pas incontestablement une œuvre de cinéma.

 

bande-annonce

"Tuto débat cinéphile"

 

« Avec les nouvelles plateformes de distribution et l’arrivée de nouvelles stratégies de diffusion, j’entends beaucoup de débats de toutes parts concernant ce qui constitue un film. Je me ferai une joie de me tenir éloigné de ce débat aussi longtemps qu’on me laissera raconter des histoires avec l’argent des autres. Oscar ou Emmy ? Pas mon problème.

Mais si quelqu’un essaie de m’expliquer que mes modestes films ne relèvent pas du cinéma, je l’invite gentiment à se poignarder le visage plusieurs fois, avant de se foutre le feu. »

S'il n'a pas de date de sortie officielle pour le moment, selon nos informations Aucun homme ni dieu devrait débarquer sur Netflix le 1er juin prochain.

 

Photo Jeremy SaulnierJeremy Saulnier

commentaires

badass man 06/05/2018 à 16:12

On s'en bat les couilles de son conseil

STEVE 17/04/2018 à 18:00

TOTALEMENT D'ACCORD AVEC FOX.

J'aurais pas dit mieux!

Je pense pareil.

Le rol’ 17/04/2018 à 17:24

Saulnier n’a pas seulement le talent d’un Peckinpah jeune mais egalement l’attitude..
Even better!

MystereK 17/04/2018 à 15:56

Débat inutile....

Oui, la meilleure expérience du cinéma est souvent sur Grand Ecran, mais....

Combien de film un amateur de cinéma voit-il par an ? 200 ou 300 ? Les voit-il tous sur grand écran ? Bien sur que non ! On peut estmer au'au moins la moitié des films que le cinéphile, cinéphage voit, sont vu à la maison, en diffusion sur des chaine dédiées au cinéma, en VOD ou sur support physique. Il ne peut pas voir le dernier Saulnier au cinéma ? Tant pis, il le verra sur Netflix en semaine et samedi soir, au lieu d'aller voir le nouveau Saulnier, il ira voir le dernier Scott. Le fait que les films de Netflix ne sont pas distribué en salle ne va pas emêcher le cinéphile de le voir, ni d'aller au cinéma en voir un autre à la place, il agende simplement sont calendrier autrement

Combat non seulement inutile, mais aussi stupide. Et si ces films ne sont pas sélectionnés dans un évènement comme Cannes, tant pis, il y a d'autres festival moins snob et cela n'empêche aps le film d'être bon (ou mauvais). De plus, pour Cannes, le problème ce n'est pas seulement Cannes, mais cette chronoloie des médias obsolètes.

Boddicker 17/04/2018 à 13:55

It's evolution baby!
Il y aura toujours de bons films et de bons réas, que l'on préfère les regarder sur grand écran ou son téléphone, il y aura aussi toujours des vinyles et des livres papiers et des photos argentiques pour ceux qui préfèrent, le pourquoi du comment c'est du détail...
Faudrai arrêter de couiner pour un oui pour un non, surtout pour des problèmes qui n'en sont pas.
Adapt or die.
Cheers bitches!

Fox 17/04/2018 à 10:48

J'ai beaucoup d'affection pour Jérémy Saulnier : ses films sont bons et sa déclaration fait bad ass.

Mais je dois bien avouer que j'ai un gros problème avec Netflix. Que de nouveaux acteurs émergent dans l'industrie cinématographique, choisissent de financer ou distribuer des métrages qui ne trouvent pas l'argent ailleurs... très bien, très bonne initiative. Ca fait bouger les choses, ça donne leur chance aux "plus petits" et je ne peux que saluer cette contre-offensive face à des studios encroûtés dans leur conformisme.
Mais que les choses soient claires : JE VEUX VOIR LES FILMS SUR GRAND ECRAN ! Tous ceux qui pensent que les émotions sont les mêmes devant sa télé (ou pire, devant une tablette !) que devant un écran géant et plongé dans le noir 2 ou 3 heures durant.... Désolé messieurs (ou mesdames) mais je ne vous comprends pas. Il m'est même arrivé de "redécouvrir" des films au cinéma, que je connaissais pourtant parfois par coeur devant ma télé. Et que dire des chocs sensoriels éprouvés dans son siège, avec rien autour de vous pour vous "distraire" (GRAVITY en Atmos 3D, BURIED, ENTER THE VOID, THE FOUNTAIN, TREE OF LIFE...).

Je ne suis pas en train de dire que les formats ne doivent pas être diversifiés, je dis juste que je veux continuer d'avoir le choix de découvrir mes films où je veux. Avec la politique de Netflix, je n'ai clairement pas ce choix. Et savoir que je ne pourrai pas voir au cinéma les nouveaux Garland, Saulnier ou Cuaron me donne envie de pleurer...

(The) Aurelio 17/04/2018 à 08:46

Tout est dit. Et qu'ils aillent se faire foutre ces patrons de festival qui vivent encore (dans leur tête) en 1950. Le monde change les mecs, faut se secouer un peu les miches.

FredFred 17/04/2018 à 08:11

Citons cet article du Figaro paru ce jour :
"Au désespoir des cassandres, le modèle de Netflix continue de produire des miracles. Jamais le leader de la vidéo à la demande n'a même affiché une croissance aussi torride."
"Le succès de la plateforme est une des raisons de la baisse de fréquentation des salles de cinéma aux États-Unis, à mesure que le public choisit de regarder à la maison des productions de haute qualité. "
"Netflix se présente aussi comme un studio. Il compte dépenser jusqu'à 8 milliards de dollars en productions originales en 2018. De ce total environ 80 seront des longs-métrages, ce qui dépasse le volume de production d'un studio de Hollywood."
"Et Reed Hastings d'égratigner au passage les responsables du festival de Cannes: «Nous regrettons que nos films ne soient pas autorisés à concourir cette année au festival de Cannes. Le festival a adopté une nouvelle règle qui veut dire que si un film est en compétition à Cannes, il ne peut pas être vu sur Netflix en France au cours des trois prochaines années. Nous ne ferions jamais une chose pareille à nos abonnés français»."

jetebiftek 17/04/2018 à 04:56

C'est qui se con ?

maxleresistant 16/04/2018 à 21:22

Oh yeah

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