Daniel Day-Lewis a (encore) poussé à l'extrême sa préparation pour le rôle principal de Phantom Thread

Jean-Luc Hassaique | 4 janvier 2018
Jean-Luc Hassaique | 4 janvier 2018

Comment on joue un créateur de mode ? Daniel Day-Lewis a la réponse : on fait de la haute-couture, évidemment. Simple non ?

Vous connaissez la méthode de l'Actors Studio ? En schématisant à l'extrême, c'est une méthode qui consiste pour un acteur à véritablement se métamorphoser pour correspondre à un rôle, à la fois physiquement mais aussi plus profondément, dans sa propre personnalité et ses émotions. Pour caricaturer, c'est la méthode du personnage de Robert Downey Jr dans l'hilarant Tonnerre Sous Les Tropiques, qui joue un acteur subissant une opération pour devenir noir pour mieux coller à son personnage. Ça vous semble extrême? C'est normal, c'est une caricature, et comme dans toutes les bonnes caricatures, il y a un fond de vérité.

 

Robert Downey Jr parodie ouvertement Daniel Day-Lewis dans Tonnerre Sous Les Tropiques

 

L'acteur Daniel Day-Lewis, explicitement l'inspiration de la blague ci-dessus, est en effet passé maître dans l'art de s'infliger les pires tourments pour rentrer dans la peau de ses personnages : il a par exemple passé des mois en fauteuil roulant et il demandait aux techniciens de le soulever jusqu'au plateau ou de le nourrir à la petite cuillère pour My Left Foot, ou encore dans Au Nom Du Père, pour se glisser dans la peau d'un homme accusé à tort d'être un terroriste de l'IRA, il a perdu pas mal de kilos, demandé à être enfermé plusieurs jours en cellule et a voulu subir un "interrogatoire musclé", où des techniciens du plateau ont dû l'insulter et lui jeter des seaux d'eau glacé.

Et évidemment, l'Irlandais a remis ça pour Phantom Thread de Paul Thomas Anderson. Bon cette fois c'est plus soft : Daniel Day-Lewis y incarne en effet un couturier de renom, donc point de prison lugubre ou de vie en solitaire dans la forêt cette fois. Par contre, il a quand même entièrement cousu une robe Balenciaga de ses propres mains, comme il le raconte à W Magazine :

 

Photo Daniel Day-LewisDaniel Day-Lewis dans Phantom Thread

 

"La robe Balenciaga était très simple. Ou en tout cas, ça avait l'air simple jusqu'à ce que j'ai à apprendre par moi-même comment on faisait et je me suis rendu compte que, mon Dieu, c'est incroyablement complexe. Il n'y a rien de plus beau dans tous les arts que quelque chose qui a l'air simple. Et si vous fabriquez quoi que ce soit dans votre vie, vous savez à quel point il est impossible d'arriver à cette simplicité apparente. Rebecca [Miller, sa femme ndlr] a été très patiente. J'ai notamment buté sur un soufflet dans l'aisselle. On ne pouvait pas deviner comme c'était fait d'après les photos. Rebecca l'a portée. C'est très joli."

Phantom Thread sortira en France le 14 février 2018.

 

Affiche

commentaires

Roukesh
05/01/2018 à 09:46

Ce que je disais c'est qu'il s'est toujours donné à fond dans ses rôle, et que c'est ce qui lui a permis d'en avoir 3. Ca pouvait peut être porté à confusion.

Satan LaBite
05/01/2018 à 09:12

A Roukesh: "quand on veut être le premier homme aux trois oscars du meilleur acteur" ? Bah il les a déjà. Donc soit tu es vraiment à la ramasse, soit tu as confondu 3 et 4.

F4RR4LL
05/01/2018 à 00:59

Tu es un bon acteur, on sait, mais s'il te plait laisse l'oscar à Gary Oldman ! TOut le monde voudra te donner ce 4éme, comme une lettre à la poste, mais le pauvre gary le mérite bien plus.

Roukesh
04/01/2018 à 14:19

Il y en a des anecdotes sur cet acteur de génie. Quand on veut être le premier homme aux trois oscars (du meilleur acteur) on s'en donne les moyens. Il m'impressionnera toujours. En espérant qu'il repousse encore sa retraite.

Blop
04/01/2018 à 13:27

Il doit pas être facile à vivre ce garçon.

votre commentaire