Interview Vincent Tabaillon, monteur d’Insaisissables

Par Laurent Pécha
31 juillet 2013
MAJ : 25 octobre 2018
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Dans le nouveau film de Louis Leterrier,  Insaisissables, qui vient de sortir ce mercredi 31 juillet, le montage prend une place des plus importantes, le rythme étant au coeur du processus créatif du récit. L'occasion pour Ecran Large de rencontrer le monteur attitré du cinéaste français depuis plusieurs films, un compatriote nommé Vincent Tabaillon. Le bonhomme qui a débuté sa carrière chez Onteniente vit actuellement le rêve américain. Expatrié à Los Angeles, il est actuellement en train de monter le Hercules 3D de Renny Harlin. Un parcours étonnant qui en fera rêver plus d'un.  

 

C'est le quatrième film que tu montes pour Louis Leterrier. Raconte-nous votre première rencontre et comment le travail a évolué au fil de ces 4 films.

J'ai rencontré Louis au moment du Transporter 2. Il cherchait un nouveau monteur et je venais de finir un film de Fabien Onteniente avec son mixeur que je remercie en passant pour m'avoir fortement recommandé. Je me souviens du rdv qui avait été plutôt rapide, je suis rentré dans le bureau, on s'est dit bonjour, et il m'a demandé quand est-ce que je commençais ? (sourire)

 

C'est vrai qu'après quatre films avec un même réalisateur, tu commences à bien le connaître, tu apprends à anticiper ce qu'il va aimer ou ce qu'il va au contraire détester… Ce qui finit par permettre de gagner pas mal de temps. Tu dois juste être vigilant et ne pas par faute de confidence te relâcher au niveau du travail, je me donne toujours la même rigueur dans mes montages, c'est très important pour moi. Tu as aussi une confiance qui s'installe avec le temps et les expériences. La confiance est très importante dans le processus du montage, et encore plus ici aux Etats-Unis. Le réalisateur doit pouvoir complètement se reposer sur toi.

Tu as commencé par monter tes premiers longs, notamment pour Onteniente. Etait-ce un choix de carrière ? Une opportunité à saisir ?

J'ai effectivement commencé par monter les films de Fabien Onteniente, ce fut une grosse opportunité à saisir. J'étais assistant monteur sur le film 3 zéros et après quelques mois de montage, la monteuse a quitté le film. La production et Fabien ont alors engagé un nouveau monteur. Mais Fabien qui est quelqu'un de plutôt impatient, est venu me voir après une semaine et m'a confié le montage. J'ai donc pris le relais avec Fabien et j'ai achevé le film dans la position de monteur principal. Je connaissais toutes les images par cœur et on s'entendait plutôt bien. Avec le recul, le choix était plutôt logique. 

Cela a été une expérience folle, j'avais 26 ans et je me retrouvais monteur pour la première fois sur une des grosses comédies françaises de l'année, avec plein d'effets spéciaux pour ne rien arranger à la difficulté. J'avais déjà monté quelques courts-métrages mais rien d'aussi gros et d'aussi long. Il y a eu beaucoup de boulot et surtout énormément de pression. Au final, tout s'est bien passé et surtout le film a connu le succès. Cela reste à date un des films dont je suis le plus satisfait.

Et ce n'est pas le seul film d'Onteniente que tu as monté…

On a effectivement ensuite retravaillé ensemble sur deux autres projets, le dernier étant Camping. Nos chemins se sont séparés quand j'ai commencé à faire des films aux Etats-Unis. Avec le recul, il est évident que tous ces films avec Onteniente ont été des expériences particulièrement bénéfiques. C'est aussi grâce à elles que je suis là où je suis aujourd'hui. Fabien m'a donné ma chance. Il m'a permis de montrer ce que je pouvais faire et de commencer ma carrière de monteur assez tôt. Si je n'avais pas travaillé sur ses films, je n'aurais d'ailleurs peut être jamais rencontre Louis.

 

Un monteur doit-il être proche de l'univers du cinéaste pour lequel il monte le film. Plus généralement, quels sont tes goûts personnels ?

Le monteur doit, s'il n'est pas proche de l'univers du réalisateur, pouvoir le comprendre et s'en imprégner. Je pense qu'il est aussi important que le monteur ait son propre univers et sa propre vision, cela aide à avoir le recul nécessaire que le réalisateur n'a parfois plus sur le film.

Mes goûts personnels en matière de films sont hyper larges. En ce moment avec le temps qu'il me reste après le boulot, je suis plus dans les séries télé, Breaking bad étant de loin ma favorite.

 

Y a-t-il autant de facettes de Vincent qu'il y a de metteurs en scène avec qui tu travailles ?

Il y a un seul Vincent mais il s'adapte plutôt facilement (sourire). Je me fonds dans l'univers du film et essaie de m'imprégner de la vision du réalisateur tout en apportant mon expérience et mes compétences.

Concrètement, ressens tu que le film t'appartient un peu à un moment ou as-tu toujours conscience que ce n'est jamais ton bébé mais celui du réalisateur ?

En tant que monteur, je pense, contrairement à beaucoup de mes confrères, que le film est et reste toujours celui du réalisateur. Je n'ai pas de velléités à devenir cinéaste. Je suis au service du film et du réalisateur, je suis un des outils mis à sa disposition pour transcrire à l'écran sa vision et concrétiser son film. Ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas d'opinion ou ma propre vision de ce qu'il faut faire, j'essaie juste tout le temps de transposer ma vision et mon savoir-faire à travers les yeux du réalisateur. Je fais tout pour porter le film où je pense qu'il devrait aller, mais au final, je laisse toujours au réalisateur le dernier mot. C'est lui qui signe le film et qui va vivre avec pendant toute sa carrière, et qui va devoir le défendre et le justifier. Par contre, je dois toujours être entièrement satisfait de la manière dont le montage a été effectué. Un film est une combinaison de beaucoup de gens et de talents orchestrée par un réalisateur. Si je voulais réaliser, je ne serais pas monteur, mais je pense qu'il faut absolument une connivence entre le réalisateur et son monteur.

 

Tu as déjà été confronté au fait d'être plusieurs monteurs sur un seul film. Une situation que tu apprécies ? Comment la gères-tu ? Est-ce si différent que d'être seul à bord avec le réal ?

J'ai eu effectivement plusieurs fois des expériences avec plusieurs monteurs. Surtout depuis que je travaille aux Etats-Unis. C'est une pratique plutôt courante sur les gros films de studios americains d'avoir deux voire trois monteurs. Il y a différent type de collaboration, la plus commune est un monteur qu'on appel le main editor qui ensuite est entouré de un ou plusieurs monteurs additionnels ou co-monteurs. La difficulté dans ce type de collaboration n'est souvent pas le montage à proprement parler mais plutôt la gestion de l'ego de chacun, malheureusement. Chacun essaie de trouver sa place et ce n'est pas souvent évident. Les rôles doivent être bien définis au départ sinon ça déborde de partout. Il m'est arrivé de venir sur un film pour monter une ou deux scènes en particulier sans avoir une implication dans le reste du film. Je trouve qu'il s'agit là de la version la plus simple et la plus saine du co-montage.

Personnellement, j'essaie de ne pas avoir de problèmes d'ego, il y a déjà tellement de choses à gérer pendant une post production. Je monte des films car je prends du plaisir à voir les scènes prendre forme et ensuite former un film. Même après tout ce temps passé, je continue d'éprouver le même plaisir. 

 

Avant de t'envoler vers les USA, tu as monté Arthur et les minimoys et Astérix 3. Des films peu appréciés par la critique. Comment vit-on les critiques sur ces films ? Y a-t-il un détachement parce que l'on n'est « juste » le monteur ?

Le rapport à la critique est vraiment en fonction du film. Il y a des films que j'ai fait dont je ne suis pas particulièrement content ou fier. J'essaie au plus possible de rester conscient, objectif et réaliste quant à la qualité du film que je fais. Mais pour la plupart, j'aime les films que j'ai fait. C'est assez dur de vivre le rejet des critique mais encore plus celui du public. Quand tu passes un an à monter un film, que tu bosses 15 heures par jour pour donner le meilleur, ce n'est pas très plaisant de voir que les gens n'apprécient pas ce travail. En tant que monteur tu t'investis beaucoup, tu passes beaucoup de temps à construire chaque plan du film, chaque petite image est importante.

Sur Insaisissables, les critiques aux USA n'ont pas été très bonnes, c'est frustrant quand tu sais que le film est bien et que tu en es fier. Heureusement, le public a été au rendez-vous et a super bien réagi au film. Ce qui me fait doucement rire aujourd'hui et qui me fait surtout plaisir, c'est de voir les mêmes critiques qui disaient du mal du film, retourner leur veste en avouant que ce n'était pas si nul que ça en fait. 

Vois-tu, comme c'est le cas souvent avec des cinéastes, qu'il peut y avoir une patte Tabaillon ? Y a-t-il des « trucs » que tu utilises souvent.

J'espère qu'il y a une patte Tabaillon… non je plaisante, mais oui il y a forcement des choses que tu retrouves d'un film à l'autre, des façons de faire ou plutôt des niveaux d'exigence dans ton travail. A chaque film tu dois réinventer ta manière de monter, aucun film ne se ressemble. Tu dois t'adapter au jeu des acteurs, à la manière de filmer du réalisateur. Tu n'a jamais une liberté totale, tu fais avec ce que tu as. Parfois, c'est vachement bien, d'autres fois, non et tu dois alors t'arracher pour trouver des solutions. Avec l'expérience,  tu apprends à appréhender les films différemment. Mais tu ne peux pas appliquer à la lettre des techniques d'un film à l'autre.

 

Mais as-tu des influences ? Des films auxquels tu te réfères, des monteurs spécifiques ?

Il s'agit principalement du cinéma américain. Un peu classique comme réponse mais tout ce qui est Blade Runner, Star wars (la première trilogie), les Indiana Jones (seulement les vrais donc pas de 4), Mad Max 1 et 2, E.T. Plus récemment, je pense à Tarantino, Robert Rodriguez ou encore Renny Harlin à ses bonnes heures. Les frères Scott, Ridley et Tony, sont aussi de grosses inspirations.

 

Ta première expérience aux USA, fut donc pour L'Incroyable Hulk de Leterrier. Comment l'as-tu vécu ?

L'Incroyable Hulk, comment te dire… la claque de ma vie, c'est un peu comme ca que je pourrais le définir. Mets toi à ma place une seconde, tu es un petit monteur français qui a monté quelques films et qui, quand il ne travaille pas, passe son temps à mater des films et des séries télé américaines et aimerait trop juste aller en vacances à Los Angeles. Et un jour on t'appelle et tu te retrouves non seulement à Hollywood, mais sur un film de super-héros. Même dans ton rêve le plus fou, tu ne l'imaginais même pas. C'est un peu ça L'Incroyable Hulk pour moi.

As-tu vu de gros changements avec ce que tu as vécu en France ?

La manière de travailler ici, en tout cas sur la catégorie de films sur lesquels j'ai pu bosser est vraiment différente de la France. En France, par exemple, tu as 2, voire 3 producteurs maxi en général. Quand tu es sur L'Incroyable Hulk ou Le Choc des titans, tu en as 15 et ils ont tous leurs mots à dire. C'est une autre manière de voir les choses, ici les producteurs et le studio ont un pouvoir de décision bien plus fort qu'en France où l'on est dans un système d'auteur/réalisateur. Quand tu montes un film ici, tu as beaucoup plus de contraintes. C'est une autre façon d'appréhender le film.

 

Etait-ce un rêve, un objectif de venir travailler aux USA, ou avant tout c'est la fidélité à Louis qui t'a fait suivre ce chemin…

Travailler ici comme je te l'ai dit, c'était au-delà du rêve. Je le dois à Louis et je ne pourrais jamais assez le remercier pour ça. Après avoir fini L'Incroyable Hulk, je voulais absolument vivre aux USA, et plus particulièrement à Los Angeles. Je suis tombé amoureux de cette ville et de la vie qui va avec. Et si, monter des films ici, s'avère plus dur, avec une pression supplémentaire et une exposition plus compliquée à gérer, cela me convient car je trouve plus de projets qui me ressemblent.

Le Choc des titans a été beaucoup critiqué. Le film a connu énormément de réécritures, de nombreuses scènes sont restées sur le carreau (notamment vis-à-vis des Dieux). Avec le recul, comment juges-tu l'expérience ?

L'expérience du Choc des titans a été incroyablement dure. Le planning était fou, moins d'un an pour faire le film, quand tu sais que certains plans prennent 6 mois pour être créés et avoir le rendu visuel définitif. Quand tu te lances dans des projets aussi gros, tu sais un peu ce qui t'attend. Il faut être honnête, tu ne peux pas décemment te dire que ca va être à la cool sans aucune pression de nulle part. Tu sais qu'il y a beaucoup d'argent, donc beaucoup d'intérêts de beaucoup de gens et que tu va avoir constamment tout ce joli monde sur le dos. Une situation pas facile à gérer quand tu essaies de monter le film. Il y a eu plusieurs réécritures, comme je dirais presque tout le temps ici, et notamment la fin du film, qui, selon moi, était beaucoup plus forte avant.

 

As-tu comme Leterrier des regrets ? 

C'est compliqué. C'est effectivement frustrant de devoir changer des choses quand tu es intimement persuadé du contraire. Mais d'un autre côté, tu comprends pourquoi cela a été demandé. Tout le monde a peur pour sa place et fait tout pour que la personne au dessus de lui ne puisse pas lui reprocher quoi que ce soit. C'est un peu la chaise musicale. Il faut s'assurer de garder sa place et ce n'est pas forcement en prenant des risques… Le Choc des titans fut effectivement une expérience difficile, très difficile même. Mais, après, tu as compris comment Hollywood fonctionnait. Ce n'est plus juste théorique. Tu en as vu le côté réaliste. Si c'était à refaire, je recommence demain, avec toutefois quelques petits ajustements.

Un mot sur The Prodigies et Welcome to Hoxford, deux projets qui ont en commun des ambitions visuelles bien au dessus de la moyenne. C'est le challenge de se confronter à des univers picturaux forts qui t'ont donné envie de t'embarquer dans l'aventure ? Qu'as-tu tiré de ces deux expériences ?

Concernant Progigies, je l'ai fait car Antoine est un mec génial, et qu'il a un univers complètement barré. Cela m'a excité de me confronter à cette nouvelle façon de faire aussi, le film était entièrement en motion capture. Tu crées les plans au fur et mesure que tu montes, puisque le cadrage est entièrement virtuel. Je n'ai pas pu finir le film puisque je partais sur Le Choc des titans. Mais voilà une bonne expérience de montage à plusieurs, j'ai commencé le film et un autre monteur a pris le relais.

Pour Welcome to Oxford, je me suis embarqué dans l'aventure parce que j'avais vu le court-métrage précédent de Julien Mokrani qui m'avait complétement bluffé. L'expérience a été marrante puisque je montais à Los Angeles et lui était à Paris. Du coup, on a utilisé skype et les mails. On s'en est pas mal sorti… Julien a un sens graphique et visuel assez fou et ce fut très intéressant de le voir construire son univers.

Je suis super friand de nouvelles rencontres avec des réalisateurs qui ont envie de faire des trucs un peu différents ou en tout cas très marqués visuellement. J'essaie au plus possible de collaborer à des courts-métrages, quand mon emploi du temps le permet.

 

Pour Taken 2, nouveau réal, nouveau monteur. Un vrai challenge d'être à la hauteur du premier qui avait marqué son monde, notamment aux USA où il a rencontré un énorme succès.

J'aime les nouvelles rencontres et j'avais croisé Olivier quand j'étais stagiaire au laboratoire éclair, il venait étalonner ses courts- métrages que je trouvais plutôt pas mal d'ailleurs. Pour les besoins de Taken 2, on s'est rencontré dans un café à Los Angeles, le courant est plutôt bien passé et je suis rentré en France pour faire le film.

Quand tu fais un 2 tu penses forcement au premier surtout quand il a connu un tel succès. Mais tu dois aussi te concentrer sur le film que tu fais, surtout que l'idée n'était pas de faire la même chose. Tu ne prends pas Olivier Megaton pour remplacer Pierre Morel, ce sont deux réalisateurs qui n'ont pas vraiment le même « style ». Je suis très content de mon expérience sur Taken 2, même si avec un peu plus de temps, on aurait pu améliorer certains éléments. Mais tu as rarement assez de temps, c'est quelque chose que tu dois assimiler et avec lequel tu dois jouer.

Sans rentrer dans la polémique, comment réagis-tu si on te dit que le film est mauvais… le montage en prend forcement pour son grade (genre, on y voit rien, etc…).

Forcement, les critiques font mal, surtout quand elles attaquent particulièrement ton travail. Il faut toutefois relativiser et au final, c'est plus l'avis du public que tu écoutes.

 

Now you see me (le titre français est tellement nul) est donc ton quatrième  film avec Louis. Et c'est sans aucun doute où le travail sur le montage est le plus visible pour le commun des mortels.

Insaisissables, oui on peut dire que ce n'est pas terrible comme titre. Mais, ça, je n'y peux rien (sourire). Cela me fait plaisir que tu dises ça en tout cas sur le film puisqu'il s'agit, à mes yeux, de mon travail le plus avancé jusqu'ici. Je me suis éclaté à le faire. Louis a une façon très personnelle de tourner. Certains disent qu'il tourne beaucoup, voire trop. Je ne suis pas d'accord. Il tourne de manière à ce que tu ais toujours ce qu'il te faut pour monter. Il n'est pas rare sur ce genre de films qu'il faille répondre à des demandes parfois diamétralement opposées à ce qui était prévu au départ. Avec Louis, il y a toujours ce qu'il faut,  c'est un vrai bonheur pour le monteur.

Le film n'a de cesse d'aller vite. Il ne fallait pas laisser le spectateur réfléchir de peur qu'il ne trouve le pot aux roses. Quels ont été vos intentions visuelles ?

On a voulu faire un film où tu joues constamment avec le spectateur en lui donnant des indices et en essayant de le faire participer au déroulement de l'intrigue. Il fallait faire un film prenant et qui t'emmène avec lui dans un rythme un peu effréné. A l'image de l'histoire du film et du personnage du flic joué par Mark Ruffalo, on part à la poursuite de ces magiciens en essayant de comprendre et d'anticiper ce qu'ils vont faire sans jamais y arriver mais en restant toujours très près de le faire.

La mise en scène de Louis aide beaucoup à ça, toujours en mouvement pour continuer à avancer, elle fait totalement partie du film, comme un élément inhérent de l'intrigue. Louis a un sens visuel et du mouvement assez développé. Il est l'un des premiers à avoir utilisé des immenses cablecams dans ses films, ce qui te permet des plans incroyables sans avoir recours aux SFX. Tu as ainsi une vraie sensation de réalisme. C'était essentiel ici puisqu'un film sur la magie se doit de sembler réel. Tu ne peux pas avoir recours à de la grosse 3D pour faire passer les tours de magie. A ce titre, tous les tours de magie ou de passe-passe du film sont vraiment réalisables et l'ont été. C'était vraiment le leitmotiv avec Louis : le film devait toujours rester réel et vrai.

 

Que peux-tu nous dire de la version longue qui va sortir en vidéo ? Le film a-t-il été compliqué à monter ? Il y avait plusieurs intrigues différentes…

Dans la version longue qui sera sur le Blu-ray et le DVD, il y aura des scènes dans leur vraie longueur ainsi que certaines séquences inédites. Le film n'est pas vraiment différent, il y avait juste des petites subtilités qu'on a du retirer mais principalement c'est le même un peu plus développé à certains endroits. Il n'y avait pas d'autres intrigues, juste des manières de les révéler ou pas différentes.

Y a-t-il de grosses difficultés pour que la narration visuelle ne trompe jamais le spectateur ? Ce qu'il voit à l'écran, n'est jamais un mensonge.

La narration du film a été incroyablement dure à mettre en place mais ce fut aussi extrêmement amusant de jouer sur de tous petits détails presque invisibles à la première vision mais qui prennent tellement de sens par la suite. C'est un vrai challenge de garder l'intérêt du public quand tu le laisses dans le flou tout le temps et que tu lui fais faire fausse route tout le temps. Ce fut très, très compliqué mais je suis vraiment satisfait du résultat.

 

Quelle est la scène dont tu es le plus fière ?

C'est difficile d'avoir une scène préférée mais le show de Las Vegas, c'est la première scène que j'ai monté sur le film, je dois dire que je l'aime bien… Mais quel bonheur sur ce film d'avoir tous ces super acteurs à monter, que du bonheur !

 

Actuellement, tu bosses sur le Hercules de Renny Harlin. Y a-t-il une vraie satisfaction de travailler avec quelqu'un qui fut un des réal phares du cinéma d'action des 90's ? Es-tu fan de ses films ?

Je suis effectivement en train de monter le prochain film de Renny Harlin, et si j'ai dit oui c'est bien sûr parce que je suis un fan de ses films passés, Cliffanger, Au revoir à jamais… C'est un peu encore une fois un truc auquel tu n'as jamais vraiment pensé. Imaginer un jour qu'un réal de son envergure te demande de monter son film.

Que peux-tu nous dire dessus ? A quoi peut-on s'attendre ?

C'est un film tourne en stéréoscopie (3D) ce qui a le mérite d'être plutôt joli. Je ne suis pas un fan absolu de la 3D, j'aime bien pour les dessins animés, mais pour les films live, je ne trouve pas ça exceptionnel. Mais là, je dois dire que je trouve ça plutôt bien et le fait que ce ne soit pas comme la plupart de films qui sortent en 3D une conversion mais une prise de vue stéréoscopique y fait beaucoup.

Le film raconte une période de la vie d'Hercules, c'est un mélange d'action/aventure et de comédie romantique. J'ai plein d'espoir. Je suis encore dans la découverte des images puisqu'ils sont encore en tournage.

Par rapport à la concurrence de l'autre film, sens-tu de la pression sachant que le Ratner a des atouts supérieurs au vôtre (The Rock, plus d'argent,…) ?

Je ne me suis pas trop intéressé à la concurrence pour être honnête, faute de temps principalement… mais je ne pense pas que les deux films se ressembleront, ils ne traitent pas la même période apparemment et les directions semblent plutôt éloignées de ce que j'ai pu entrevoir. L'autre film sera a priori purement tourné vers l'action alors que Renny cherche plus à faire un mélange de genres. Il est clair que l'autre film a beaucoup plus d'argent et un plus gros casting, mais ce n'est pas forcement un gage de qualité. Ce n'est pas la première ni la dernière fois qu'Hollywood fait  deux films simultanément sur le même sujet.

 

 

Finalement, tu es heureux d'être aux USA ? La France ne te manque pas professionnellement parlant ? As-tu déjà d'autres projets après Hercules ?

Je suis très heureux ici à Los Angeles et mon fils aussi. J'y ai trouvé un rythme de vie qui me convient, et pour l'instant, je dois dire que je n'ai pas de manque relatif à la France si ce n'est la famille qui est un peu éloignée. Au niveau professionnel, je commence à y trouver mon compte et j'ai l'impression d'avoir accès à plus de projets qui me ressemblent. Mais je n'exclue pas du tout la possibilité de rentrer en France si une aventure cinématographique me tente.

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