Kyle Newman (Fanboys)

Par Simon Riaux
28 juillet 2011
MAJ : 9 octobre 2018
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Mercredi 3 août sort directement en DVD & Blu-ray chez Wild Side, Fanboys, le film de Kyle Newman, véritable lettre d'amour à la saga Star wars créée par George Lucas. L'occasion était trop belle d'évoquer avec le réalisateur une expérience bien singulière. Car tourner un film approuvé par Lucas sur sa plus célèbre création, n'est pas donné à tout le monde. Et nous d'être tous un peu jaloux de Kyle d'avoir approché le mythe de si près. 

 

 

 

Votre première impression lorsque vous avez découvert La Menace Fantôme ?

J'ai aimé mais je sentais que j'avais besoin de le revoir. Ce que j'ai fait, à peu près quatre fois d'affilée dans la même journée ! J'avais imaginé le film tellement souvent dans ma tête, qu'il était difficile de s'accrocher à cette vision concrète et officielle des origines d'Anakin Skywalker. Quoi qu'il en soit, j'ai appris à l'aimer. La Menace fantôme vieillit bien, et en fait c'est devenu un de mes Star wars préférés. C'était très facile de s'en moquer, car il est sorti bien après la première trilogie, avait déclenché beaucoup d'excitation, et il manquait encore deux films pour que l'histoire devienne un ensemble. Mais cet Episode I fut un excellent retour de cette fable fable épique.

 

Racontez quand et comment vous l'avez découvert ?

Je me suis rendu à une séance de minuit à Manhattan, où je vivais à l'époque, avec plusieurs amis de la NYU film school. Ça ressemblait plus à une fête qu'une projection, parce que la moitié de la salle était en costume ! Ce fut une expérience incomparable. Les Star wars sont toujours une histoire d'expérience, et de communauté, avant d'être quoi que ce soit d'autre.

 

 

 

Que représentait Star wars pour vous ?

Quand je pense à Star wars, je pense à ma famille. Mes plus grands frères, mon petit frère… nous étions et nous sommes de grands fans. Enfant, mes premiers mots furent les noms des personnages ! Ensemble nous avons eu tout les jouets, Star wars nous a rassemblés, et, au fil des années m'a permis de rencontrer de formidables amis, que je considère aujourd'hui comme faisant partie de ma famille. Star wars représente aussi l'imagination et l'invention. Ce que George Lucas a réussi à concevoir et générer est tout simplement incroyable.

 

Qu'est-il arrivé lors de la sortie (ou non-sortie) de Fanboys ? Que s'est-il passé avec les Weinstein ?

Fanboys était un film indépendant qu'ils ont acquis pour le distribuer. Ils en possèdent les droits et peuvent exploiter d'autres versions du film. Même si je n'étais pas d'accord avec eux et suis resté fidèle à ma vision, je ne pouvais pas faire grand chose. Mais j'ai été patient et je savais que le film me reviendrait, comme ce fut le cas. Heureusement, j'ai eu un peu de temps pour remettre le film en forme, restaurer ses thématiques, son ton et message d'amitié.

 

 

 

Les premiers films sont souvent les plus personnels. Dans quelle mesure Fanboys l'est-il ?

Tous les films sont personnels, sans quoi, on ne devrait pas les faire ! Non, Fanboys était très personnel pour moi, parce qu'il y a un peu de ma personne dans chacun des personnages principaux. Si je ne peux pas dire que cela en concerne un en particulier, je vois des aspects de ma personnalité s'incarner en eux. J'ai l'énergie et le talent de Hutch, je peux être terre à terre comme Éric (et avoir un penchant pour le dessin), je peux être maladroit comme Windows, et comme Linus je ne crains pas d'être un livre ouvert. Fanboys représente également une époque très spéciale de ma vie. Et il rend hommage à une ère et un type de films qui ont forgés mon existence.


Pour quelles raisons avez-vous accepté de le réaliser ?

J'ai su que devais y prendre part la minute où on me l'a pitché ! Je devais faire ce film ! Cela nous a pris plusieurs années pour développer le scénario, mais c'était un projet passion et de bien des manières, émotionnellement autobiographique.

 

Qu'est-ce qu'un fanboy d'après vous ? Et un fanboy de cinéma ?

C'est quelqu'un qui ne peut cacher ses sentiments, qui n'a pas peur de s'engager ou de croire en quelque chose quoi que le reste du monde puisse en penser. Il en va de même pour les fanboys de cinéma. Ils partagent un amour immortel du cinéma, une nostalgie, et sont prêt à prendre les armes pour le défendre ! Je suis également un fan de football, et c'est la même chose. C'est une question de passion.

 

 

 

Avez-vous vu George Lucas in love ?

J'ai vu George Lucas in love et j'ai été impressionné. C'était très intelligent, et ça a ouvert la voie à bien d'autres fan films, pas seulement de Star wars, mais pour toutes les franchises. C'était aussi l'un des premiers court-métrages devenus célèbres grâce à Internet. 

 

Votre casting n'était pas si célèbre lors du tournage, vous devez être fier d'avoir rassemblé ces acteurs… Qu'ont-ils de si spécial ?

J'adore le casting du film. C'étaient tous mes premiers choix ! À la minute où j'ai rencontré chacun d'entre eux, j'ai eu un déclic. J'ai quasiment engagé Dan Fogler à la seule vue d'une photo. J'ai dû le rencontrer. Et en trois minutes de discussion c'était bon. On est du même moule, et c'est un vrai fanboy de cinéma, musique, pop culture, comic book… Star wars a beaucoup compté dans son enfance à lui aussi. C'est fou comme un film peut rassembler les gens. Kristen Bell était une amie, et mon seul choix pour Zoé. Elle travaillait sur Veronica Mars à l'époque, et je ne pensais pas que Fanboys puisse s'inclure dans son semploi du temps, mais j'ai insisté avec nos producteurs, et elle a fait de même avec les siens. Finalement, les deux productions ont trouvé un moyen et c'est devenu possible. Elle croyait vraiment dans le projet, et était la meilleure Zoé possible.

J'ai aussi rencontré ma femme, Jaime King, sur le plateau. Pour moi c'était le plus beau des présents. Ce film a fait entrer tant de gens merveilleux dans ma vie.

 

 

 

Comment avez-fait pour avoir accès à tant de matériau Star wars ? George Lucas était-il au courant du tournage ? A-t-il vu et aimé le film ?

Jamais Fanboys n'aurait pu exister sans le soutien de George Lucas. Le destin du film était dépendant de sa bénédiction. Ça n'aurait eu aucun sens s'il ne nous avait pas autorisé à jouer dans son monde. Star wars est dans chaque scène du film, qu'il s'agisse de marque déposée, de référence verbale, visuelle ou du sous-texte dramatique.

Il n'y avait pas d'autre possibilité que son soutien. Heureusement, les gens de Lucasfilm ont réagi au film et à son coeur. Ils m'ont fait confiance pour réaliser un film qui célèbre la fan attitude, et une fois qu'ils ont compris l'esprit de la chose que je tournais, ils m'ont donné encore plus de soutien et d'accès. Ils nous ont accueilli dans la famille. En réalité, nous étions le premier film narratif non produit par Lucasfilm à filmer dans le fameux Skywalker Ranch. C'était un rêve devenu réalité, un point de repère important, et ça a validé le voyage de nos héros de pouvoir y filmer. Je suppose que George aime le film, car il me parle encore ! Il est une source d'inspiration… et il a un excellent sens de l'humour.

 

Avez-vous réinventé l'intérieur du Skywalker ranch, ou ressemble-t-il à la réalité ?

Cette séquence était vraiment dure à mettre en place, mais essentielle pour l'accomplissement de leur voyage. Nous avons beaucoup travaillé sur l'architecture et la disposition du véritable ranch, et avons fait de notre mieux pour reproduire le design des appliques aux murs.

Nous avions un tout petit budget pour les constructions, mais notre production designer, Cory Lorenzen (Napoleon Dynamite) a fait un boulot formidable avec très peu de moyens. Le ranch que vous voyez à l'écran est une combinaison d'une école que nous avons filmée au Nouveau-Mexique, des décors construits sur une scène, et le véritable Skywalker ranch. Nous étions si fiers que Lucasfilm nous donne la permission d'y filmer – une première pour une oeuvre de fiction. Je me pinçais lorsque j'ai passé ces portes pour la première fois.

Nous avions très peu d'argent pour éclairer le ranch, une fois sur place, l'arrière-plan est d'ailleurs éclairé avec des phares de voiture ! Le cinéma indépendant requiert de s'adapter pour trouver le moyen d'accomplir ce que l'on veut. Je n'allais pas refuser de filmer au Skywalker ranch parce que je n'avais pas les moyens de l'éclairer. La salle d'accessoires qu'ils découvrent a été fabriquée, car il n'existe pas d'espace de ce type dans le vrai ranch. Rick McCallum nous a d'ailleurs complimenté pour notre décor, en disant qu'il était mieux que l'original. Le bureau de George Lucas a été subtilement embelli les panneaux de bois et les textures sont identiques, mais nous avons rajouté des accessoires et des objets collector. Au final, c'est une vision très révérencieuse et élevée du véritable Skywalker ranch.

 

 

 

Et que penser de la réplique finale ?

Il y a du vrai partout. Chaque personne qui voit le film aura sa propre interprétation de la dernière réplique. Pour moi, elle était drôle et permettait de rappeler aux gens que ce qui compte, ce n'est pas le film, mais bien l'expérience qui en découle. J'aime VRAIMENT la Menace fantôme et je mets au défi quiconque de regarder les six films d'affilée et de me dire qu'ils ne fonctionnent pas comme une fable épique incroyablement riche. Mais la dernière réplique « Et si ça craint ? » parle aussi à ceux qui n'aiment pas la prélogie. C'est une question importante pour des personnages qui ont tant consacré de leur existence à une série de films. Je pense que tous les fans ont connu une angoisse similaire avant que l'Episode I ne sorte en 1999.

 

Comment avez-fait pour avoir autant de caméos ? Comment était-ce de diriger autant d'acteurs de Star wars ?

Le scénario était notre meilleur atout. Les acteurs l'ont aimé. Le fait que ces comédiens aiment sincèrement Star wars et veuillent utiliser le film comme un moyen de le montrer nous a aussi aidés. Seth Rogen, Will Forte, Danny McBride, Ethan Suplee, Dave Denman, Jaime King, Craig Robinson, Jason Mewes, Kevin Smith… Il sont tous grandi à l'époque de Star wars. Ils étaient donc prédisposés à recevoir ce projet et y voir l'humour et la tendresse.

C'était également un rêve de travailler avec Carrie Fisher, Billy Dee Williams, et William Shatner. Ce sont des étoiles pour moi. On aurait dit qu'ils avaient jailli de la pellicule pour atterrir sur mon plateau. Du coup c'était étrange de les rencontrer et de me dire que j'allais les diriger. Mais après deux minutes de nervosité, j'ai dépassé tout ça et adoré la tâche à accomplir, raconter et collaborer. C'était un honneur de travailler avec chacun d'entre eux.

 

Un mot au sujet de Seth Rogen ? Il est plutôt Star wars ou Star Trek ?

Seth est vraiment un acteur merveilleux et un type formidable. Il ne vient pas avec son ego. Et il y  va à fond. Il ne vit que pour les films et il y excelle. Il crée une ambiance formidable sur le tournage, en tirant le meilleur du matériau qu'il a, tout en s'amusant. Les autres comédiens bénéficient de son énergie. Concernant la guerre entre Star wars et Star trek, il est fifty-fifty. Pour beaucoup de gens de ma génération, il était presque impossible d'échapper à ces deux franchises. Jay Baruchel, en revanche, est beaucoup plus un fan de Star trek !

 

 

 

Pourquoi William Katt a-t-il été remplacé par Danny McBride ?

William Katt a fait du super boulot mais le studio voulait une plus grosse scène de comédie pour faire office de jonction dans le film. Et pour être honnête, c'était nécessaire. Nous avions un agenda très serré et peu de temps pour réussir la scène du premier coup. J'aime toujours beaucoup la version tournée avec William, mais la version avec Danny convient bien mieux à l'histoire dans son ensemble.

 

Êtes-vous du même avis que vos personnages ? Harrison Ford est le meilleur acteur du monde et n'a jamais fait un mauvais film ?

Malgré un ou deux films en dessous de la moyenne (NDR/ Il est sympa avec Harrison, Kyle), c'est un immense acteur avec des tonnes de charisme et une présence à l'écran unique. Ce n'est pas mon favori, mais j'aime vraiment beaucoup ses films, à commencer par Les Aventuriers de l'arche perdue, et Blade Runner. C'est une légende.

 

 

 

 

L'histoire de Fanboys est aussi triste, car elle traite de la possible disparition de quelqu'un… [spoiler] Comment avez-vous pu conserver la fin ? Dans beaucoup de films, ce se serait achevé sur une miraculeuse guérison…

À chaque étape du processus, de l'écriture, en passant par le financement, puis le tournage jusqu'au montage, j'ai dû me battre pour conserver la fin et l'esprit du projet. C'était le coeur de notre désaccord avec les Weinstein. Heureusement, ils ont eu une illumination et réalisé que les gens ne veulent pas de fin cliché, mais une bonne histoire. Je voulais que celle de Fanboys délivre une vraie émotion. Je ne voulais pas assommer le public avec les détails de la lutte de Linus contre le cancer… mais en donner l'impact émotionnel. Cela assurait qu'il y ait un enjeu pour les personnages et leur existence. Et cela offre à leur voyage un réel point de départ. Oui ils entreprennent un périple sauvage et ridicule, mais au coeur du film il y a l'amitié et ce que l'on fait de notre temps passé sur cette planète.

 

Pour revenir à la conclusion du film, il est très touchant de voir que vous vous attachez au voyage plus qu'à sa destination. À ce titre, pouvez-vous nous parler de votre amour du cinéma, et de ce qu'il peut accomplir ?

Le cinéma a toujours été un échappatoire , mais je l'aime parce qu'il peut aussi inspirer et fournir de nouvelles manières de voir le monde, ainsi, lorsque vous sortez de votre évasion de deux heures, peut-être avez-vous grandi, changé, et peut-être verrez-vous la vie un peu différemment. Certes, il s'agit de divertissement avant toute chose, mais le cinéma peut faire tellement de choses. C'est presque un miroir. Personnellement, j'aime qu'un film me surprenne, m'affecte, et puisse me faire rire en même temps. C'est ce que j'ai essayé de faire avec Fanboys. Je voulais que ce soit une virée marrante qui touche à toutes les émotions. Comme la vie !

 

 

 

Justement, quels autres films ont cet effet sur vous ?

2001 : L'Odyssée de l'espace, Whitnail et Moi, Rencontre du troisième type, Inglorious basterds, Les Goonies, Les Moissons du ciel, Yojimbo, Bienvenue Mister Chance, L'Étrange Noêl de Monsieur Jack… J'aime toute sorte de films. Mes goûts ne s'arrêtent pas au genre. J'aime les films avec une vision… des films qui m'inspirent dans mon existence et mon travail.

 

Quel est votre Star wars favori et pourquoi ?

L'Empire contre attaque. J'avais quatre ans quand je l'ai vu pour la première fois, c'était fun et audacieux, mais aussi noir, avec des personnages très riches. Et Irvin Kershner a trouvé le moyen d'améliorer quelque chose qui avait déjà changé la face du monde. C'est aussi le film qui nous fait pénétrer le plus avant dans le mystère de la Force, via Yoda. C'est un film profond avec un rythme trépidant, qui ne se repose pas sur les lauriers de son prédécesseur. Il a ouvert de nouvelles voies pour tous les réalisateurs. Je vois vraiment la sage comme un film géant en six parties, une incroyable merveille, encore et toujours, le génie de George Lucas et de l'univers qu'il a créé.

 

 

 

Dans le film, vos personnages expliquent ce qu'ils ont accompli dans leur enfance pour Star wars et pourquoi ce sont des fans ultimes. Avez-vous fait quelque chose de comparable ? 

J'ai fait Fanboys ! Pour moi, c'est l'hommage ultime à Star wars. Cela m'a pris sept années et des poussières de ma vie pour le porter à l'écran aux U.S.A, et je suis encore là, toujours en train d'en parler. Je suis si heureux que le film sorte dans le monde ! Ça me réjouit vraiment. Le film n'est pas parfait, il est défectueux. Mais pour moi, il est parfaitement défectueux. J'en ai tellement bavé, ne serait-ce que pour garder l'histoire de base intacte. Mais ce procédé, ce combat sans fin, m'ont rapprochés de moi-même et de mon fanatisme. Ça a mis en lumière ce qui comptait pour moi en tant que fan et réalisateur. Et ça m' a permis de grandir. En faisant ce film j'espère que j'ai été capable de rendre justice à Star Wars et permis aux gens de comprendre que les fanboys sont comme tout le monde, avec des passions qu'ils n'ont pas peur d'embrasser.

 

 


À quoi ressemblerait le monde sans Star wars ? Pouvez-vous l'imaginer ?

Non, je ne peux pas ! Et heureusement nous ne le saurons jamais. Quelque soit votre opinion sur la franchise, les films ont toujours été un véhicule pour l'innovation artistique et technologique. Chaque film a établi de nouveaux standards, et a défié l'industrie cinématographique. Star wars, c'est les Beatles du cinéma. Et George Lucas est plus qu'un réalisateur. Il a défié ses pairs, et les a soutenu par son innovation. C'est un visionnaire qui a utilisé ses oeuvres pour transformer le medium cinéma pour toujours.

 

 

Autoportrait de Kyle Newman en direct du Comic Com

 

 

 

Quels sont vos prochains projets ?

À venir pour moi il y a Barley Lethal, une comédie lycéenne d'action, que je réalise pour RKO Pictures. Nous sommes en train d'établir le casting, et j'ai trouvé mon actrice principale. Je travaille aussi sur un remake de The Last american virgin (qui était un remake du film israëlien Lemon Popsicle). J'ai aussi développé un western/biopic d'action sur le légendaire DJ Wolfman Jack, intitulé Heard it on the X, et un film sur l'histoire vraie d'Errol Flynn, avant son escapade hollywoodienne, adapté de son autobiographie. Je viens également d'achever l'écriture d'un huis-clos de SF psychologique appelé Aftermath, que j'espère diriger, et là je suis au beau milieu de l'écriture, avec ma femme, d'une comédie féminine : Girls night out. J'aime avoir des projets.

 

 

 Retrouvez le test du Blu-ray de Fanboys en cliquant sur la jaquette

 

 

 

Remerciements à Benjamin Gaessler (Wild Side) et à Kyle Newman pour sa disponibilité et générosité.

 

Rédacteurs :
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