Interview Ivan Calbérac (Une semaine sur deux)

Jean-François Erdeven | 21 juillet 2009
Jean-François Erdeven | 21 juillet 2009

Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) sera sur les écrans le 22 Juillet, pour l'occasion le réalisateur Ivan Calbérac nous parle de son film, une histoire familiale sur un couple séparé qui apprend avec leurs enfants à vivre d'une nouvelle manière.

 

Vos deux premiers films empruntaient les mêmes thématiques, relations de couples, histoires d'amours. Ici vous changez de registre, plus sérieux, pourquoi ?

Quand on vieillit, on veut aborder des choses plus profondes, c'est assez naturel et relatif à ce qu'on vit. Je voulais depuis longtemps raconter une histoire de passage à l'adolescence, une première histoire d'amour, c'est un thème qui me travaillait. La garde alternée est un sujet qui m'a touché dans ma vie privée, je trouvais intéressant de le voir du point de vue des enfants. Le divorce est devenu banal et normal chez les parents, alors que ça ne l'est pas pour les enfants.

 

 Vous suivez aussi les adultes...

L'idée était de suivre la double vie des uns et des autres, en tant que spectateur on a de l'avance sur les personnages, ce qui crée de la comédie et de l'émotion.

 

Les enfants sont plus adultes que les parents...

Oui c'est vrai, on raconte une histoire après une séparation, un moment où chacun essaie de retrouver ses marques. Les enfants ont un côté plus sérieux que les parents, qui une fois leurs enfants partis se retrouvent de nouveau célibataires, et là ils retombent dans l'adolescence, cherchent à retrouver l'âme soeur. Mathilde Seigner avec Grégori Dérangère redevient maladroite comme à l'adolescence.

 

Les enfants s'y retrouvent mieux que les parents qui se posent beaucoup de questions...

Ils n'ont pas les mêmes problèmes, ni les mêmes plaisirs, c'est intéressant de voir comment chacun les vit. Léa (Bertille Chabert) trouve son oxygène dans sa relation avec Hugo (Keyne Cuypers) et elle juge beaucoup ses parents. Ils essaient de reconstruire leurs vies, chacun est bloqué entre l'idée d'aider les autres et de se faire du bien à lui. C'est aujourd'hui au centre de la société, dans une culture de l'individu. Si on ne s'ouvre pas à l'autre on y arrivera pas, si l'on est trop égoïste on est aussi malheureux. Le film propose une réconciliation.

 

Et cette idée de ne pas prendre partie, c'est une ligne de conduite depuis le début?

Oui je voulais faire un film qui ne soit pas polémique, pas dramatique avec des moments de comédie, qui ne soit pas culpabilisant, un film qui fait du bien. C'était très important pour moi de ne pas rentrer dans le jugement, de montrer que chacun a ses raisons. Des raisons qui amènent au trouble, à l'incompréhension, à la tristesse. Le film va vers un terrain d'entente pour que chacun comprenne l'autre. Mathilde Seigner dit à un moment: « on est une famille en deux parties, mais une famille quand même », c'est le message que je voulais donner.

 

 


 

 

SPOILER

Il y a-t-il eu la tentation du film à l'américaine avec à la fin le couple qui se remet ensemble ?

J'avais envie de faire un film optimiste, mais pas un film mièvre avec un happy-end pas crédible. C'est un film qui peut faire du bien, car il est crédible. Je ne voulais pas donner de faux espoirs aux enfants devant le film car j'ai une responsabilité.

FIN DU SPOILER

 

Avec des similarités, comment vous positionnez-vous par rapport au film LOL ?

Je l'ai vu, c'est un film plus trash, ça parle de relations sexuelles, ça parle un peu de drogue, là c'est une comédie vraiment familiale où chacun en apprendra un peu plus sur les autres.

 

C'est un peu plus dur...

Plus émouvant, plus profond je pense, plus dans la vérité des choses. LOL c'était le portrait d'une génération adolescente, là c'est le portrait d'une famille.

 

Beaucoup de films arrivent et se ressemblent...

Ce sont des films qui ont du succès, il y a une envie de voir des films où l'on se reconnaît, où l'on apprend des choses sur sa famille. Il y avait une lacune, aujourd'hui on a des films qui font du bien.

 

 


 

 

Pourquoi les films familiaux ont des titres à rallonge tandis que les titres des films horrifiques de genre sont en un mot ? Après Le premier jour du reste de ta vie...

Non il y a aucune volonté de rapprochement. Il s'appelait Une semaine sur deux, mais on s'est interrogé pour savoir si on rajouterait et la moitié des vacances scolaires, puis comme le film sortait pendant les vacances, ça induisait quelque chose de sympathique. C'est un titre un peu long...

 

C'est en deux parties, ça sauve un peu...

Je constate aussi, Je ne suis pas là pour être aimé, Je vais bien ne t'en fais pas...

 

Je vais te manquer, Quelque chose à te dire... Mais au caisse de cinéma, un public plus âgé oublie le titre du film...

Une semaine sur deux ça rentre bien dans la tête.

 

Quelles ambition avez-vous pour le Box-Office ?

Faire mieux que les films précédents.

 

Le film sort dans combien de salles?

Entre 300 et 350...

 

Ca augmente de plus en plus...

On a deux stars dans le film.

 

 


 

 

Parlons de ces stars, pourquoi eux ?

Ce sont des stars et des acteurs populaires, accessibles avec un fort pouvoir d'identification. C'est un couple intéressant avec deux polarités opposées, on comprends leur attraction comme leur séparation. Mathilde Seigner a dit oui tout de suite, elle a voulu un autre style de rôle, avec ce franc-parler et une douceur qui se révèle. Bernard Campan fonctionne très bien avec Mathilde.

 

Cette scène avec les pancartes est excellente...

Il la rend crédible, il a fait la scène en ne sachant pas qui était les figurants parmi les vrais passants.

Au final, c'était pour moi un casting très étonnant et très attirant. Deux acteurs qu'on a envie de suivre, ils sont drôles. Bernard m'a dit que le rôle l'avait réconcilié avec la comédie, c'est l'adéquation de ses deux carrières.

 

Et la découverte du film Bertille Chabert...

Quand on écrit un film comme ça, trouver l'actrice c'est vraiment le gros enjeu. La partition était énorme, elle a plein de choses à jouer, de la petite fille à l'adolescente. On a fait un casting à Paris et à Lyon avec des centaines d'enfants. Et même après l'avoir choisie, il y a toujours un doute. On l'a vraiment entourée, avec un côté familial sur le tournage.

 

Retranscription par Jean-François Erdeven

Un grand merci à Ivan Calbérac

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