George Clooney (Jeux de dupes)

La Rédaction | 22 avril 2008
La Rédaction | 22 avril 2008

Jeux de dupes a beau être le titre de son dernier film, George Clooney, lui, joue franc jeu. Après avoir évoqué sa nouvelle comédie romantique dans lequel il partage la vedette avec Renée Zellweger, l'acteur-réalisateur, démocrate convaincu, a profité de sa venue à Paris pour évoquer les causes qu'il défend activement.

 

 

 

Pourquoi avez-vous choisi la comédie romantique pour votre nouveau film ?
Après Syriana et Good night and Good luck, on ne me proposait que des scénarios très sérieux, avec des sujets politiques graves, mais je ne voulais pas forcément être catalogué comme réalisateur engagé ou réalisateur de film à thèse. J'ai donc sorti Jeux de dupes du placard et je lui ai redonné un coup de jeune ! Steven Soderbergh me l'avait envoyé en 1998 à l'époque où il envisageait de réaliser le film lui-même. Mais, dans le script, Lexi ne bossait pas, le jeune footballeur n'était pas un héros de guerre et mon personnage était beaucoup plus jeune... Et puis, il n'y avait pas vraiment d'intrigue.

 

 

 

 

La forte présence du football américain risque de déconcerter les amateurs de comédie romantique...
D'ordinaire, je n'aime pas et je ne veux pas faire de comédies romantiques parce que je sais comment elles vont finir ou ce qui va se passer. La seule façon de rendre le genre intéressant, c'est de le placer dans un univers atypique comme le football américain. D'ailleurs pour moi ce n'est pas un film sur le football américain mais sur des mecs qui se tapent dessus pour savoir qui aura la fille !

 

Vous jouiez au football enfant ?
Oui sans arrêt mais nous n'avions pas d'équipe. Je jouais au baseball et au basket à l'école en revanche. Pour le rôle, j'étais à peu près dans de bonnes conditions physiques car je joue encore au basket deux à trois fois par semaine. Mais de toute façon, il n'y a pas de bonne façon de s'entraîner à mon âge ! Vous pouvez avoir suivi le meilleur entraînement du monde, ça ne change rien : quand vous vous prenez des coups, vous avez du mal à vous en remettre et vous êtes bien sonné !

 

 

 

 

 

Le film se passe dans les années 20. Vous semblez nostalgique de cette époque ?
J'adore les « screwball comedies », les films de Preston Sturges et Howard Hawks, et j'ai essayé de donner le même esprit au film, notamment dans la relation qui se noue entre Renée et moi à l'écran. J'aimais aussi beaucoup la mentalité sportive de l'époque. On vibrait dans les stades et on s'activait en coulisses. Les matches étaient sponsorisés par des entrepreneurs locaux, ce qui créait pas mal de conflits au niveau local. Tout n'était pas aussi figé qu'aujourd'hui et même si je ne l'ai pas connue, j'ai la nostalgie de cette époque où l'argent et les puissants ne dictaient pas encore leur loi.

  

 


  

 

Vous vous investissez dans de nombreuses causes. Vous menez notamment campagne pour le Darfour et vous vous engagez aux côtés de Barack Obama. Envisageriez-vous une carrière politique ?
Absolument pas ! J'ai grandi dans un milieu très politique : mon père qui était journaliste à la télé a été candidat au Congrès il y a quelques années, mon grand-père et ma mère étaient maires, et quelques-uns de mes amis font de la politique... Mais tous les rendez-vous « politiques » que je prends n'ont qu'un seul but : aider le Darfour, et non me construire une carrière politique. Je m'intéresse beaucoup aux problèmes actuels mais je ne suis pas aussi compétent pour les gérer que mon ami Bernard Kouchner par exemple. J'admire beaucoup le travail qu'il a fait pour le Darfour.

 

Vous êtes justement allé au Darfour pour filmer un documentaire avec votre père Comment avez-vous vécu cette expérience ?
Quand vous avez passé du temps là-bas et que vous partez, tout le monde vous dit : « Ne nous oublie pas ». Beaucoup d'occidentaux vont au Darfour et font des promesses qu'ils ne tiennent pas. Lors de mon dernier voyage, au moment de mon départ, une petite fille s'est approchée de moi, m'a tiré par la manche et m'a demandé quand je reviendrai. Quand je lui ai dit « bientôt », elle m'a répondu : « Vous dites toujours ça ». Au Darfour, ils voient défiler des humanitaires ou des occidentaux tout le temps mais beaucoup ne viennent que pour se donner bonne conscience. Or, ce genre de causes doit être soutenu par de forts engagements personnels si l'on veut que le peuple survive. Il ne faut pas oublier que la barbarie existe encore, non loin de nos frontières, et qu'il faut la combattre à long terme.

 

 

 

   

Que pensez-vous des prochains Jeux Olympiques à Pékin ?
Je suis allé en Chine il y a un an et demi avec deux athlètes olympiques. J'en ai profité pour demander aux autorités chinoises d'arrêter de vendre au Soudan les armes qui tuent les populations du Darfour.... Ils m'avaient répondu qu'ils règleraient ça à leur manière, ce qui en d'autres termes voulait dire qu'ils ne feraient rien. Mais aujourd'hui avec le Tibet et les massacres qui se déroulent au quotidien, le problème prend de l'ampleur. Les médias relaient l'information et la Chine ne peut plus nier aussi facilement la situation. Quant aux JO, je suis pour le boycott des deux cérémonies par les représentants des gouvernements mais je suis contre le boycott par les athlètes. Ils sont là pour la beauté du sport et il faut respecter cela.

 

Vous êtes parfois critiqué pour vos prises de position aux Etats-Unis...
Je suis un adulte et je ne suis pas idiot. Je sais ce que je fais. Quand je me suis publiquement opposé à la guerre en Irak, certains m'ont qualifié de traître. Mais j'assume pleinement. Je me bats pour ce que je crois être juste.

 


 

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