Gary Ross (Seabiscuit)

Didier Verdurand | 30 janvier 2005
Didier Verdurand | 30 janvier 2005

Deux fois nominé à l'Oscar du Meilleur scénariste pour Big et Président d'un jour, Gary Ross est un homme sûr de lui mais qui aime prendre son temps. Cinq ans après Pleasantville, il présente à Deauville son nouveau film qui a bénéficié cet été d'un magnifique bouche-à-oreille aux États-Unis, où sa carrière est au meilleur de sa forme. Également producteur, il a accepté de répondre à nos questions sur ses diverses facettes.

On sent que vous êtes particulièrement proche du sujet du film, et pas seulement parce que vous êtes passionné d'équitation. Votre famille vous a sensibilisé à cette crise qu'on appelle la Grande Dépression ?
Oui, mon père a été obligé de déménager plusieurs fois dans différentes villes des États-Unis. Il a été obligé de travailler dur à l'âge de 16 ans, et forcément, cela marque.

Dans quelle mesure votre nomination à l'Oscar a changé votre vie ?
Je ne sais pas… A vrai dire c'est plutot la seconde nomination qui a fait bouger les choses. Vous savez, après on attend qu'une seule chose de vous : que vous écriviez un nouveau scénario, et qu'il soit de qualité ! Mais c'est vrai que vous attirez plus l'attention, ce qui peut comporter des avantages.


Comment travaillent les mythiques producteurs Frank Marshall et Kathleen Kennedy ? Sont-ils présents sur le plateau ? Ou vous laissent-ils totalement libres ?
Les deux !! Une production comme Seabiscuit demande énormément de travail, et croyez-moi qu'il y a un boulot fou sur le plateau et que leur présence était loin d'être inutile ! J'étais le boss sur le tournarge, mais ils savaient ce que je voulais, et ils étaient nécessaires à son bon déroulement, à tous les niveaux. De mon coté, je ne fais pas vraiment de distinction entre les fonctions de scénariste, réalisateur et producteur. Mon but est de faire le meilleur film possible et de ne rien laisser au hasard.

Vous étiez frustré quand vous n'étiez que scénariste ?
Non, j'avais toujours eu des rapports privilégiés avec leur metteur en scène. Sur Big, je n'ai pas manqué un seul jour de tournage. J'ai fais des études de cinéma, j'ai appris aussi à leur contact, et je suis passé à la réalisation quand cela m'a semblé naturel, quand le bon moment était venu.


Quelles sont les différences d'approche entre les trois acteurs principaux, par rapport à votre direction ?
Jeff Bridges a besoin de beaucoup discuter de son personnage, il est très impliqué, travaille énormément sa préparation. Avec Tobey Maguire, tout est facile car nous nous connaissons bien, je l'avais déjà dirigé, et il y a une grande osmose entre nous ce qui évite les pertes de temps. Chris Cooper est beaucoup plus indépendant, il sait déjà où il veut aller, a des idées arrêtées et il n'y a pas à le corriger ! Oui, c'est quelqu'un de vraiment très indépendant.

Tobey Maguire est devenue une star avec Spider-Man. Est-ce que cela affecte son jeu ?
Pour moi, il n'est pas une movie star mais un acteur. Et s'il prend de plus en plus confiance dans son jeu, c'est surtout parce qu'il enchaîne les films, il gagne en expérience.


Que sont devenus les huit chevaux qui interprètent Seabiscuit ?
Je sais qu'il y en a un qui fait des courses, mais les autres, je n'en sais rien, ils ont été vendus.

Vous leur avez organisé une projection du film ?
(Rire.) Ah non, mais c'est une bonne idée, il faut que j'y pense ! Ce serait très curieux de voir leur réaction !

Avez-vous déjà un projet en tête ?
Non, j'ai d'autres centres d'intérêt que le cinéma, et je n'oublie pas de vivre ma vie de la manière la plus riche possible. Travailler sur un film demande un temps fou, et on ne peut rien faire à coté.


Vous faites aussi de la politique ?
Oui mais sur des endroits bien localisés. Je ne voudrais pas me présenter comme Gouverneur de Californie ! A ce sujet, ce qui me fait peur dans le fait qu'Arnold Schwarzenegger se présente, c'est que les gens vont plus voter pour un film en quelque sorte, que pour un véritable programme. Et je ne partage pas ses idées, je suis un Démocrate !

Un dernier mot sur la préparation du DVD ?
Je pense que vous ne serez pas déçus, car nous y avons activement travaillé. Nous avons réalisé trois making of à différents stades, et nous rentrons vraiment dans les détails. Je n'ai pas encore vu un DVD aussi complet. Il y aura aussi des scènes coupées, des bonus passionnants sur les chevaux, y compris une course d'époque remportée par le véritable Seabiscuit.

Propos recueillis par Didier Verdurand en septembre 2003.

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Aucun commentaire.
votre commentaire