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Ça : « Il » est revenu son statut de film culte ?

Par Jacques-Henry Poucave
28 mars 2017
MAJ : 21 mai 2024
12 commentaires

Devenu au fil des années un classique révéré par des millions de spectateurs, le premier film adapté du chef d’oeuvre de Stephen King est-il si génial ?

Photo Grippe-Sou Pennywise (téléfilm)

Alors que la toute première bande-annonce de la nouvelle adaptation de Ça devrait se dévoiler dans quelques heures à peine, l’occasion était trop belle de revenir sur la précédente, demeurée culte pour toute une génération de spectateurs.

En effet, si Ça : « Il » est revenu s’est progressivement imposé comme une référence, une analyse de la version de 1990 permettra de voir à quel point le remake apportera son lot de nouveauté.

Il est aussi l’occasion de découvrir une adaptation peut-être plus fidèle, dont la conception permettra d’explorer d’autres voies, et qui sait, de corriger certains défauts d’une transposition attachante mais parfois un peu gauche.

En effet, on a beau adorer le téléfilm en deux parties produit en 1990, on aurait tort d’y voir une quelconque forme de perfection, et nous en profitons donc pour nous replonger dans les points forts – et les points faibles de cette œuvre. 

 

 

LES POINTS FORTS

 

Tim Curry

Pas évident de reconnaître le fantasque Frank-N-Furter sous le maquillage de Grippe-Sou le Clown. Après lecture du phénoménal roman de Stephen King, on pouvait craindre que personne ne soit véritablement en mesure d’incarner une des plus féroces et cruelles abominations jamais couchées sur le papier.

Mais Tim Curry a prouvé le contraire, avec un impeccable talent. A la fois drôle, implacable, imprévisible et toujours d’une terrifiante sophistication, l’entité diabolique à laquelle il prête ses traits demeurera l’un de ses plus grands rôles (avec celui du Rocky Horror Picture Show). 

La transformation est totale, si radicale, que même la voix de l’artiste en devient méconnaissable, épousant totalement l’esprit retors du monstre boulotteur d’enfants.

 

 

Les séquences cauchemardesques

Ça : « Il » est revenu n’est pas exempt de défauts, mais a su sur quel élément fondamental mettre tous ses atouts. Surtout concernant la construction de ses scènes horrifiques. Sans doute conscient que la matière première inventée par Stephen King était suffisamment puissante pour ne pas avoir à être transformée, le téléfilm les reprend à l’identique et en offre une illustration particulièrement flippante.

 

Stephen King

 

Le résultat final regorge ainsi de passages mémorables. Toutes les apparitions de Grippe-Sou bien sûr, mais aussi la transformation de gâteaux en insectes et morceaux de cadavres animées, des têtes apparaissants dans un réfrigérateur, une énorme bulle de sang éclatant au visage d’une jeune fille… toutes ces scènes aussi abominables qu’inoubliables.

 

Sur le papier comme à l’écran, un sommet de terreur.

 

La durée

L’avantage d’être un téléfilm en deux parties de 1990, c’est qu’on a le temps. Ça : Il est Revenu s’étale tout de même sur 3h12, ce qui permet au récit de conserver l’ambition et la richesse du chef d’œuvre de Stephen King.

On se réjouit ainsi que le métrage respecte la répartition des deux lignes temporelles, et puissent ainsi déployer un très large panel de personnages.

 

 

LES POINTS FAIBLES

 

Le rythme

Certes, Ça : « Il » est revenu a le bon goût de prendre le temps, mais il a en revanche un peu de mal à gérer son rythme. La faute à une partie consacrée aux adultes beaucoup plus faible (exception faite des passages de trouille). Car si le scénario est extrêmement riche, sa mise en scène se fait beaucoup plus plan-plan dès que le scénario enchaîne les tunnels de dialogue.

On a beau être reconnaissant au métrage de conserver la puissance du roman, le résultat est loin d’être toujours à la hauteur, et plusieurs scènes traînent douloureusement en longueur.

 

stephen king roman

Fabuleuses couvertures de la première édition de poche française 

 

Stephen King

« Je ne comprends pas Bobby, j’avais laissé mon charisme juste là, sur cette chaise. »

 

Le look

Produit en 1990, Ça : « Il » est revenu est totalement à cheval entre les années 80 et la décennie qui leur a succédées. Sans doute à cause de cette période, mais aussi d’un budget pas toujours à la hauteur du projet, le look du film est souvent un peu pauvre, sitôt Grippe-Sou éloigné du récit.

Entre des costumes franchement moches, des décors urbains trop génériques, des intérieurs qui sentent le studio à 16 000 km et une photo un peu baveuse et totalement oubliable, le film manque souvent de relief, esthétiquement parlant.

 

Stephen King

 À quand le retour de la fashion police de proximité ?

 

La fin

Le dernier tiers du roman de King est d’une puissance inégalée, plongeant dans l’horreur, la poésie, et la mélancolie avec une grâce rare. Malheureusement, en l’état, la fin originale est quasiment inadaptable. D’abord parce qu’une grande partie de la confrontation entre Ça et le Club des Losers se déroule dans l’esprit et l’imagination des protagonistes ce qui en fait un sacré défi visuel.

 

Stephen King

Quand y a pas le budget, y a pas le budget…

 

Et pour corser encore la chose, le premier affrontement (alors que nos héros sont encore des pré-adolescents), se conclut par une séquence bouleversante, que la censure aurait sans doute beaucoup de mal à tolérer : une initiation sexuelle improvisée dans les égouts, entre les protagonistes, alors en pleine communion transcendantale. Inutile de préciser que la sexualité débridée entre mineurs ne fait pas partie des grands dadas du cinéma américain.

Du coup la conclusion de Ça : « Il » est revenu souffre à la fois d’une représentation très cheap de la forme finale de Grippe-Sou et d’un déficit émotionnel certain, tout en frustrant durablement les fans du roman.

 

Stephen King

Stephen King

Gremlins + Big Ass Spider + cocaïne = Kamoulox

 

S’il a marqué une génération et demeure une des adaptations les plus soignées du roman de Stephen King, Ça, Il est Revenu est bien loin d’avoir épuisé tout ce que l’œuvre originale avait à nous offrir. À quelques heures seulement du dévoilement du premier trailer du nouveau remake, notre impatience est grande.

Rédacteurs :
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west666

Pour moi non absolument pas je le trouve long et chiant a mourir de plus il ne fai tabsolument pas peur comme tous le monde dit , a moins d’avoir une phobie des clowns ok ^^

J’espère vraiment que le remake sera moins une aventure pseudo fantastique pour les momes

Copeau

Une fois que l’on met de côté notre nostalgie évidente devant un tel classique …il ne reste plus qu’un film franchement mauvais. Difficile de le revoir aujourd’hui tant c’est cheap. Seul son souvenir ému, symbolique de toute une génération, est à conserver. Mais c’est déjà pas mal, non ?

Raiden

Je l’ai revus récemment et je le trouve toujours aussi génial, bref sa reste un film culte et de très bonne qualité et aussi intemporel même si je pense que la nouvelle adaptation sera meilleure, enfin j’espère ^^

PS : La partie sur les enfants reste la meilleur dans le film.

Towanda

Complètement d’accord avec Copeau.

Et dans les points positifs il faut aussi rajouter le superbe thème musical de Richard Bellis…vainqueur d’un Emmy pour cette OST cette année-là.

Snake

Merci pour cette article interessant ! je pense que le nouveau film a moyen d’etre tres bon, le realisateur n’est pas un simple faiseur ( a defaut de Tommy lee Wallace) et son mama avait de tres bonnes idees,