Clowns, reptiles, seins nus et pire encore : les invasions d'aliens les plus cool, jouissives, ridicules

La Rédaction | 6 décembre 2016
La Rédaction | 6 décembre 2016

La rencontre du troisième type de Premier contact de Denis Villeneuve rappelle que l'invasion d'aliens a connu de bons et moins bons jours.

Pile ou face : les aliens viendront pour nous aimer ou nous détruire. La Guerre des mondes ou E.T. L'extraterrestre. Independence Day ou Starman. X-Files ou Doctor Who.

Avant Blade Runner 2049 en octobre 2017, Denis Villeneuve s'envole une première fois dans les étoiles avec Premier contact, où Amy Adams rencontre de mystérieux aliens apparus sur Terre dans d'imposants vaisseaux. Une belle variation de thématiques classiques, qui donne l'envie de se replonger dans la grande histoire des invasions, sur les grands et petits écrans.

Petite sélection d'aliens mémorables, pour le meilleur et parfois pour le pire/rire.

 

Photo Amy Adams

 

LA REVOLTE DES TRIFFIDES (1962) de Steve Sekely

La nature qui s'attaque à l'espèce humaine pour l'éradiquer : une bien intrigante idée sur laquelle Shyamalan s'est notamment cassé les dents avec Phénomènes. Bien avant ce nanar, l'écrivain britannique John Wyndham imaginait Le Jour des triffides : après une éclipse qui rend aveugle l'humanité, d'horribles plantes carnivores envahissent et tuent les survivants.

Une oeuvre culte, qui a donné plusieurs films et mini-séries (la dernière en date en 2009, avec Dougray Scott et Joely Richardson), à laquelle Danny Boyle rend hommage dans 28 jours plus tard où le héros se réveille dans un hôpital à la manière du livre. Et oui, ça reste un peu ridicule.

  

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LES ENVAHISSEURS (1967) créé par Larry Cohen

Il suffit d'un doigt. Pour être précis : un auriculaire un peu trop rigide, qui prouve que cet humain est en réalité un alien sous couverture. La série culte suit les aventures de David Vincent (sorte d'embryon de Fox Mulder), qui décide après avoir vu une soucoupe volante de traquer ces diaboliques envahisseurs infiltrés dans la société.

Dans l'Amérique des années 60, la science-fiction a toujours un parfum très politique. Mais ici, elle est aussi diablement efficace en dessinant en fond le portrait d'un pays malade, aux paysages arides et inquiétants. Les fameux aliens, eux, disparaissent dans une lumière rouge, avec un simple tas de cendres pour mieux masquer leur invasion sournoise. Peu importe le poids des années : la série reste diablement inquiétante.

 

 

L'INVASION DES PROFANATEURS (1979) de Philip Kaufman

Traumatisme absolu et film culte d'une puissance intacte. A l'origine, il y a un roman de Jack Finney publié en 1955 sous le titre de Graines de terreur, adapté par Don Siegel en 1956 sous le titre L'Invasion des profanateurs de sépultures. La passionnante et terrifiante histoire sera officiellement adaptée trois autres fois : par Philip Kaufman, Abel Ferrara (Body Snatchers en 1993) et Olivier Hirschbirgel (la catastrophe Invasion en 2007).

Mais la version de 1979 avec Donald Sutherland reste indéniablement la plus marquante et extrême. Nappé dans une noirceur sublime, le cauchemar est sans issue. D'une efficacité redoutable, le film pousse jusqu'au bout l'idée d'une invasion silencieuse et insidieuse, et explore sans peur ni hésitation la facette abominable de l'histoire. Le fascinant concept de cette invasion sera repris de nombreuses fois, sous différentes formes. Robert Rodriguez en offrira une variation délicieusement amusante avec The Faculty, niché au coeur de la vague de teen movies des années 90.

 

Photo Donald Sutherland

 

LE GENDARME ET LES EXTRA-TERRESTRES (1979) de Jean Girault

En 1979, la saga préféré des alcooliques détenteurs de port d’arme livre à la France un message fondamental : l’eau ça craint. C’est la morale de cette belle histoire, dans laquelle Louis de Funès découvre avec horreur qu’un paquet de vilains martiens tentent de conquérir la Terre. Heureusement, l’eau tue les vilaines créatures robotiques en les faisant rouiller. La preuve que vous feriez bien de ne plus en mettre dans votre pastis. On ne sait jamais.

 

Photo Louis De Funès

 

(1984), créé par Kenneth Johnson

Une date incontournable pour l'amateur de science-fiction dressé aux samedi après-midi sur M6. Composé d'une mini-série en deux volumes et d'une série de 19 épisodes, V raconte comment une race d'aliens débarque sur Terre avec d'immenses vaisseaux et de belles promesses, pour masquer la terrible vérité : derrière leurs masques humains se cachent d'odieux reptiles de l'espace, venus récolter des humains pour leur frigo. 

Organisation militaire sous le sceau d'une quasi croix gammée, montée en puissance d'un régime totalitaire validé par le peuple, naissance d'une résistance : sous ses airs de série B, l'oeuvre de Kenneth Johnson est passionnante. Elle est également délirante et délicieuse dans son allure kitsch, illuminée par une foule d'images et personnages mémorables - Diana, Diana qui mange une souris, Diana qui tire, Diana qui regarde méchamment les autres, Diana qui affronte sa rivale blonde, ou encore ce camp de prisonniers entouré de sables mortels.

 


LIFEFORCE - L'ETOILE DU MAL 
(1985) de Tobe Hooper

Il n’y a pas 36 000 moyens d’envahir la Terre. Le plus sûr reste encore de débarquer, avec un vaisseau tout pété, une vampire aux airs de Mathilda May très portée sur le naturisme et la fornication improvisée, et une charge virale surpuissante. Le résultat donne une production Cannon à la fois spectaculaire et fauchée, coquine et flippante, grandiose et boursoufflée, entre le B et le Z, souvent fascinante. Avec, en bonus, une performance totalement azimutée de Patrick Stewart.

 

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LES CLOWNS TUEURS VENUS D'AILLEURS (1988) de Stephen Chiodo

Incontournable. Un film sorti de l'esprit dérangé des frères Chiodo (spécialistes des effets spéciaux notamment crédités sur Critters) qui a conquis des générations de cinéphiles, charmés par la générosité, l'inventivité et la démence de ce fabuleux nanar (doté d'une VF forcément adorée).

Il y est question d'une armée d'aliens à l'apparence de clowns, qui parlent comme des Ewoks et s'attaquent à la population d'une petite ville pour les consommer sous différentes formes, grâce à une série de pièges et numéros tous plus absurdes les uns que les autres. Chien en baudruche, ombres chinoises, pop-corn et barbapapa, rayons lasers ou simple uppercut : rien n'est trop bête pour berner et collecter ces abrutis d'humains. L'un d'eux finira en marionnette avec la main d'un clown dans ses entrailles, avant que les héros comprennent qu'il suffit de leur péter le nez pour que les clowns explosent dans un tourbillon vert fluo. Grandiose.

 

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BAD TASTE (1988) de Peter Jackson

Pour son premier film, Peter Jackson n'y va pas avec le dos de la cuillière et sait se faire remarquer. Chez lui, les aliens ressemblent à tout le monde et leur vaisseau spatial prend les allures d'une maison on ne peut plus normale. Mais cette invasion diffère des autres puisqu'ici, les aliens n'ont qu'un seul but : faire du ragoût d'humain. Ce qui nous vaut quelques belles séquences où l'un de nos héros est plongé dans une grosse marmite avec des légumes. 

Gore, stupide et impressionnant pour l'époque, Bad Taste rappellera aux plus réfractaires du genre qu'avant de nous les briser avec son King Kong qui fait du patin à glace dans Central Park ou ses Hobbits qui marchent sans s'arrêter de geindre, Peter Jackson était un gros taré qui savait rigoler. Aliens grotesques, personnage qui remet des morceaux de sa cervelle dans le crâne, mouton explosé à la roquette : Bad Taste c'est un peu le Peter Jackson qu'on aimerait encore avoir. Même si on peut se brosser pour voir un jour la suite qu'il nous a promis il y a bientôt 15 ans.

 

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LE BLOB (1989) de Chuck Russell

À l’inquiétante version originale de 1958 où opérait Steve McQueen, on préfère le délire de 1988, peut-être moins angoissant mais encore impressionnant aujourd’hui. Véritable cauchemar en coulisses, tant donner vie aux Blob occasionna d’arrachages de cheveux, le film demeure une des invasions les plus bizarroïdes. Songez donc : une masse gélatineuse venue de l’espace englobe tout sur son passage, surtout les ados fornicateurs. Absurde, écoeurant et par endroit presque affriolant de menaçante moiteur. 

 

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INVASION : LOS ANGELES (1989) de John Carpenter

Après l'échec retentissant des Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, John Carpenter revient aux petits budgets et signe deux de ses chefs-d'oeuvre coup sur coup : Prince des Ténèbres et Invasion : Los Angeles. Dans ce dernier, les aliens sont déjà partout et particulièrement à la tête du pays. Hypnotisant les gens grâce à la télévision et leur technologie qui déforme la réalité, ils ne sont visibles que grâce à des lunettes de soleil spéciales qui permettent de voir l'envers du décor : des ordres incitant à la procréation, à l'obéissance, à la consommation. C'en est trop pour Roddy Piper qui décider de leur casser la gueule. 

Une invasion invisible, d'autant plus terrible qu'elle se fait avec le consentement de chacun. Un film d'autant plus d'actualité qu'il en était prophétique. Véritable critique de la politique de Reagan, revoir ce film presque 30 ans plus tard nous met face à la terrible réalité que l'invasion a peut-être réussi. Dérangeant et fort, il fait encore plus froid dans le dos qu'à l'époque. 
 

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LA MUTANTE (1995) de Roger Donaldson & UNDER THE SKIN (2014) de Jonathan Glazer

Ou comment la même idée donne deux films que tout oppose. Dans les deux cas, il est question d'une forme de vie extraterrestre qui cache sa terrifiante nature sous les courbes d'une séduisante femme : Natasha Henstridge dans La Mutante, Scarlett Johansson dans Under the Skin.

 

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Créée par une équipe de scientifiques naïfs, qui exécute des instructions venues du ciel avec la conviction que les aliens sont bienveillants, Natasha Henstridge arpente les rues de Los Angeles à la recherche d'un homme pour donner naissance à sa progéniture - avec Giger crédité au design de la bête. Comme une mante religieuse diabolique. Loin de cette amusante série B, Scarlett Johansson est une entité venue d'un ailleurs mystérieux, avec une mission plus énigmatique : elle attire ses victimes dans une zone entre deux mondes, où leur corps est absorbé par un liquide obscur avant que les restes ne soient envoyés vers une autre partie de ce qui ressemble à une grande machinerie rougeoyante. 

Vol de vêtements, scène de séduction dans un club, sexualité exacerbée, nudité qui vire au cauchemar : les deux films ont des points communs évidents. Mais Under the Skin est un objet terriblement envoûtant qui hante durablement l'esprit, s'épanouissant dans un cadre de film arty où il provoque malaise et surprise. Et si l'invasion y est moins appuyée que dans La Mutante, elle n'en demeure pas moins tétanisante, notamment dans les derniers instants.

 

Photo Natasha Henstridge

 

VIRUS (1999) de John Bruno

Une mauvaise série B oubliée, pour le bien des consciences, où Jamie Lee Curtis, William Baldwin et Donald Sutherland affrontent une force alien passée par la station Mir avant d'aller prendre possession d'un bateau russe. Adapté des comics de Dark Horse, ce bide en salles tourne autour d'une électricité extraterrestre qui a décidé d'anéantir l'espèce humaine, alias le Virus du titre. A moins d'être prêt à affronter un beau nanar avec des cyborgs et des robots au milieu d'une tempête, mieux vaut passer son tour pour essayer le jeu vidéo SOMA, qui offre un cauchemar digne de ce nom autour de la même imagerie.

 

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BATTLEFIELD EARTH
 (2000) de Roger Christian

Avec Battlefield Earth, ça ne rigole plus. Les aliens ont gagné et réduit l'humanité en esclavage dans un monde post-apocalyptique revenu à l'état sauvage. Et tout ça pour quoi ? Pour prendre notre or, le métal le plus précieux de cette civilisation. 
 
Plus un digest des dogmes de l'Eglise de Scientologie qu'un vrai film de S.F., Battlefield Earth est en effet l'adaptation des romans de L. Ron Hubbard, le triste gourou et dieu vivant de Tom Cruise, Will Smith et John Travolta, qui produit et interprète d'ailleurs le film. On ne voit pas comment l'humanité a pu se faire avoir par ces aliens grotesques, répliques extra-terrestres d'Homer Simpson, qui donnent une arme à un esclave pour voir s'il est effectivement intelligent (et qui bute deux gardes au passage). On ne saurait que trop conseiller à nos prochains envahisseurs de ne pas faire comme dans le film. En effet, pour éviter une révolte, mieux vaut ne pas éduquer son ennemi en le transformant en Jésus vengeur tout en lui expliquant nos moindres faiblesses. Ça peut être utile pour garder le pouvoir.

 

Photo John Travolta, Forest Whitaker

 

EVOLUTION (2001) d'Ivan Reitman

Quand le réalisateur de SOS Fantômes récupère cette histoire d'invasion, le film passe du thriller sérieux à la grosse et grasse farce. D'où David Duchovny, Julianne Moore (irrésistible en scientifique maladroite), Seann William Scott et Orlando Jones confrontés à des créatures d'une laideur et d'une bêtise indécentes. L'invasion commence ici avec un astéroïde venu d'ailleurs, qui se plante dans une caverne au milieu du désert dans une mise en scène qui rappelle très fortement le film X-Files - il y a même un liquide noir.

La chose est moyenne, voire franchement mauvaise lorsqu'elle dérive vers l'humour potache. Mais Reitman s'en donne à coeur joie pour créer un monde de créatures improbables avec des CGI affreux : un moustique qui se cache dans un colon, un ptérodactyle dans un centre commercial ou encore un anus géant qui menace l'Arizona. Ces mutants qui grandissent à un rythme délirant pour s'adapter à la planète se révèlent ainsi parfaitement abrutis et minables, et globalement incapables d'assurer leur mission. L'invasion débile par excellence.

 

Photo Julianne Moore, David Duchovny, Seann William Scott

 

L'ATTAQUE DE LA MOUSSAKA GEANTE (2001) de Panos H. Koutras

Tout est dans le titre. Bon appétit.

 

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DREAMCATCHER (2003) de Lawrence Kasdan

C’est ce qu’on appelle une invasion de merde. Littéralement. Le roman de Stephen King était particulièrement complexe à adapter. Après 200 pages terrifiantes et malaisantes, le texte virait à l’odyssée intérieure et introspective. Résultat : un film qui lutte pour représenter sans ridicule ses extra-terrestres-ténias-étrons-envahisseurs (rayez la mention inutile), avant de succomber au grand n’importe quoi à coup d’avions de chasse, de CGI crados et duel d’E.T. sous LSD. Un film qui vous sort des tripes pour salir la cuvette.

 

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HORRIBILIS (2006) de James Gunn

Avant de s’occuper des Gardiens de la Galaxie, James Gunn nous a régalés avec une invasion alien parfaitement dégueulasse, mais Ô combien réjouissante. Elle prend d’abord la forme de heu, bah une très grosse dame, qui explose et se répand en une multitude d’horribles sangsues qui transforment d’innocents ploucs en zombies, lesquels fusionnent en un abominable magma qui rappellera aux connaisseurs le climax humide de Society.

 

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THE DARKEST HOUR (2012) de Chris Gorak

Avec Timur Bekmambetov (Wanted, Abraham Lincoln chasseurs de vampires) à la production, peu de doute sur la marchandise. Ce produit digne d'un DTV, qui a sa place sur l'étagère des plaisirs très coupables, raconte comment un groupe d'Américains affronte à Moscou une invasion d'aliens apparemment venus nous voler des cailloux. Des aliens invisibles qui désintègrent au moindre contact mais qui allument aussi les appareils électriques autour d'eux - merci au scénariste Jon Spaihts, auteur de la version originale de Prometheus, pour l'astuce.

La chose est mauvaise, en 3D, et écrite avec une nonchalance déconcertante. Mais elle n'en reste pas moins bêtement amusante, comme une partie de cache-cache grotesque dans une ville déserte, où l'on espère que chaque personnage sera vite anéanti au ralenti pour apprécier leur désintégration au contract de ces électro-aliens.

 

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commentaires

Faudel is alive
09/02/2018 à 06:34

franchement il manque même si ça a été dit le blob et mars attack et j'en passe et des meilleurs

moky99
19/09/2017 à 10:40

Bizarre qu"il n'y ait pas Mars Attacks! dans cette liste, qui était assez azimuté.

Albert
07/12/2016 à 18:56

Bordel, faites nous péter un blob...

Pog
07/12/2016 à 17:28

@Albert

Sans parler du fait qu'on est de la poussière d'étoiles, de la matière interstellaire, que la vie sur Terre a probablement été ramenée par une météorite (ou que ça y a participé) etc ;)

Albert
07/12/2016 à 17:10

@ Pog:
Oui pas de prob. . Mais effectivement la terre fait egalement parti de l espace au sens large du terme. . On est tous un peu Alien sur les bords de toute manière. . ;-)

Pog
07/12/2016 à 13:14

@Albert

Les Triffides aussi sont des créations humaines dans mon souvenir. On va dire que c'est alien au sens large, "pur étranger", dans un milieu qui n'est pas le sien. Blob ou triffides ça reste sacrément anormal et lié à un événement spatial (crash de météorite, éclipse : symboliquement voire même techniquement là encore, ça marche)

LaTeub
07/12/2016 à 12:02

@Dios comme je le disais, peu grave, ça roule, on s'en fout...

Albert
07/12/2016 à 09:57

@ Pog : de l espace oui, mais sans cause d origine Alien donc.

Albert
07/12/2016 à 09:52

@ Yotsu :
:-)

Pog
06/12/2016 à 23:17

Techniquement ça reste une invasion venue de l'espace donc - invasion boomerang via les étoiles disons.

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