Les imports au rapport – Épisode 3

Par Jean-Baptiste Herment
29 juin 2005
MAJ : 9 septembre 2018
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C’est reparti pour un petit tour du monde des parutions DVD à l’étranger, avec au moins un arrêt incontournable aux États-Unis. Tous ces films (sauf indication) sont présentés dans leur langue d’origine et sous titrés anglais.

ÉTATS-UNIS
Attaquons d’emblée cette rubrique par LA parution que tous les fans de raretés attendaient : Danger : Diabolik . Annoncé l’été dernier puis annulé sans raison, ce nouveau chef d’œuvre de Bava arrive à point nommé pour nous rappeler qu’en matière d’adaptation de BD, celle de l’auteur du Masque du démon, ultra fidèle esthétiquement à un des fumetti (BD italienne destinée aux adultes) les plus connus, en impose. Avec ses cadrages imaginatifs et ses couleurs over the top, Danger : Diabolik se doit d’être découvert par toute une génération de cinéphiles. Trépidant, cynique et diablement séduisant, le film de Mario Bava est l’exemple parfait d’un certain fantasme de cinéma.


Paramount a sorti le grand jeu puisqu’en plus du film présenté dans une copie très correcte, on trouve des bonus vraiment sympas, dont un commentaire audio de Tim Lucas (biographe officiel de Bava dont le livre sur le maître n’en finit plus de se faire désirer, n’est ce pas Bruno ?) et John Philip Law lui-même, ainsi qu’un documentaire passionnant sur le film. Les images de Barbarella (d’une ringardise même pas jouissive) que l’on peut apercevoir dans le reportage pré-cité témoignent du fossé qui sépare un esthète tel que Bava, d’un ringard comme Vadim. Arrêtez de lire cette critique et foncez chez votre revendeur le plus proche, c’est un ordre !

NoShame continue d’éditer les perles du giallo avec deux de ses plus belles réussites, signées Sergio Martino: La Queue du scorpion et L’Étrange cas de Mrs Wardh. Malgré un transcodage Pal/NTSC un peu gênant, les copies sont assez belles et en version intégrale, et c’est bien là le principal. Ces deux pépites sont l’occasion de constater que Martino, s’il n’est pas le plus connu des réalisateurs de genre, demeure l’un des meilleurs réalisateurs de son époque juste après le trio de tête incontournable (Bava, Argento, Fulci).


Certains films restent inédits pour de nombreuses -et mauvaises- raisons (pas assez commerciaux, pas d’acteurs de renom) et Primer (New Line) est de ceux-ci. Minuscule budget de 7000 dollars, ce premier film est tout bonnement une bombe d’inventivité et d’audace. À partir du thème du voyage dans le temps, Primer nous plonge dès la première seconde dans une ambiance à la 2001 pour livrer une réflexion tout à fait ahurissante sur les notions d’héroïsme, de pouvoir et d’amitié. L’absence de sous-titres français est vraiment dommageable et le jargon technique, mêlé à un scénario à faire pâlir L’Armée des douze singes, risque d’en laisser plus d’un sur le carreau.


Lloyd Kaufman, patron de la Troma, a eu la judicieuse idée d’adapter son livre Everything I learned, I learned it from the Toxic Avenger, en un coffret de 5 DVD rempli jusqu’à la gueule de reportages et d’interviews (dont Larry Cohen, Trey Parker ou Bill Lustig), couvrant tout ce que les apprentis cinéastes se doivent de savoir sur le 7e art et ses secrets. Cela s’appelle Make your own damn movie et c’est à mourir de rire (le coup du chien muni d’une accréditation, l’altercation entre le Sgt Kabukiman et un passant,…).

Petite parenthèse pour vous annoncer la parution des Sopranos saison 5 chez HBO et dont nous vous reparlerons plus en détails dans les prochains jours.

ALLEMAGNE
Peu de chose à signaler, si ce n’est la parution du cultissime Anthropophagous de Joe D’Amato. Surtout connu pour ses deux (uniques) scènes de cannibalisme, le film de D’Amato ne vaut pourtant pas tripette et reste le symbole d’un cinéma italien à l’agonie qui a troqué sa classe d’antan contre une platitude formelle digne de la télé. Le film est présenté dans trois versions différentes dont la version américaine qui censure les deux scènes précitées (exit la scène du fœtus).

Toujours au rayon des horreurs sans nom, Subconcious cruelty (Sazuma) de Karim Hussain choisit la voie de la surenchère et propose tous les sévices possibles et imaginables. On vous passe les détails mais on peut vous dire que même Mel Gibson n’aurait pas osé (Hussain réserve un sort très « arrosé » à son Jésus Christ …). L’éditeur en rajoute une couche avec un second disque de bonus dont certains courts-métrages feront grincer des dents. Si Hussain filme ces horreurs avec un certain style (il se réclame de Bava et d’Argento), on peut lui préférer la classe morbide et beaucoup moins complaisante d’un Nacho Cerda (dont le tétanisant Aftermath s’apprête à sortir en Zone 1) qui partage les mêmes obsessions que Hussain, le génie en plus.

HONG KONG
Le cinéma de l’ex-colonie britannique se cherche toujours depuis quelques années et la qualité de son répertoire s’en ressent. House Of Fury, la dernière production de Jackie Chan fait donc figure de bonne surprise avec son humour bon enfant et ses bastons assez énergiques. Le rôle principal étant campé avec malice par le génial Anthony Wong, on ne fera pas la fine bouche, d’autant que House of Fury dépote quand même plus que tous les Twin effects et productions Wong Jin du moment.


On ne peut pas en dire autant du dernier film des frères Pang, The Eye 10, troisième épisode de la série, qui nous ferait presque regretter l’opus 2 tellement la sauce ne prend plus. Le mélange humour pour djeuns et les CGI bien foireux finissent par lasser et ne donnent qu’une envie : se repasser le premier en boucle !

Faute de temps et de place (NDLR, enfin surtout de temps, JB, car la place, tu l’as …), on vous signale en vitesse les sorties de Occhi Di Cristallo (le nouveau chef d’œuvre du giallo, approuvé par Christophe Gans) malheureusement qu’en italien, de Creep en collector chez Pathé UK ou encore du Dead Ringers de David Cronenberg en zone 1 (au master de meilleur tenue que le TF1).


Voilà pour ce petit tour des imports de ce mois de juin et rendez-vous le mois prochain.

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