Las Vegas Parano : la virée psychédélique et désespérée de Terry Gilliam en Amérique

Arnold Petit | 24 mai 2022
Arnold Petit | 24 mai 2022

Quand Terry Gilliam adapte Las Vegas Parano, ça donne un film aussi fou qu'absurde sur la drogue et l'Amérique des années 70.

Las Vegas Parano retrace l'épopée sous substances du journaliste Raoul Duke (Johnny Depp) et de son avocat, le bien nommé Dr Gonzo (Benicio Del Toro) à la recherche du Rêve américain dans la ville du péché. Réhabilité comme une oeuvre culte et une référence des films sur la drogue après son échec en salles, le long-métrage de Terry Gilliam tiré du roman de Hunter S. Thompson est une parfaite adaptation, dans laquelle le réalisateur déverse ses obsessions et ses excentricités avec la même furie que le journaliste gonzo.

 

Las Vegas Parano : photo"En route !"

 

Inherent Vice

Pourtant, en termes d'adaptation, Fear and Loathing in Las Vegas: A Savage Journey to the Heart of the American Dream (dans son titre original) est un roman pour le moins difficile et problématique, à peu près autant que son auteur : Hunter S. Thompson, réputé pour sa prose féroce et son rythme de vie décadent, fait de drogues, d'alcools, d'insomnies et d'armes à feu. Envoyé couvrir une course de moto pour Sports Illustrated, le journaliste vit une virée lysergique et irrationnelle aux côtés de son avocat à Las Vegas, qu'il racontera dans un récit aussi comique et jouissif que décousu, outrancier et provocateur.

Ses notes éparses sur la mort du rêve américain, les drogues, le sentiment de déprime national et les pensées les plus obscures de son cerveau sont (évidemment) refusées par le magazine, mais publiées en 1971 dans Rolling Stone, et s'imposent comme le manifeste d'un journalisme que Thompson qualifie lui-même de "gonzo" (un style totalement subjectif, écrit à la première personne, généralement sous l'influence de substances). Le recueil regroupant ses feuillets devient une oeuvre importante de la littérature américaine et le livre de chevet de la génération LSD et du nouvel Hollywood.

 

Las Vegas Parano : photo"Te laisses pas enfler par ces enflures"

 

Martin Scorsese, puis Oliver Stone essaient tous les deux de s'emparer du texte à la fin des années 70, avec Jack Nicholson et Marlon Brando pour interpréter Duke et le Dr Gonzo. Art Linson reprend quelques passages du livre dans son film Where the Buffalo Roam en 1980 avec Bill Murray en Hunter S. Thompson, mais l'idée d'une adaptation de Las Vegas Parano reste en plan jusqu'en 1992, lorsque la société Rhino Films lance le développement d'un long-métrage avec Johnny Depp et Benicio Del Toro au casting.

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Accèder à tous les
contenus en illimité

Sauvez Soutenez une rédaction indépendante
(et sympa)

Profiter d'un confort
de navigation amélioré

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Durden
30/05/2022 à 01:28

Grâce à ce film je me drogue, et c'est que du bonheur.

Rayan
24/05/2022 à 17:04

Putain de chef d'œuvre

Mick
24/05/2022 à 14:36

C'était chouette à l'époque quand le talent existait encore dans le monde du cinoche.

votre commentaire