The King of New York : le chaînon manquant entre Scarface et Menace II Society ?

Raphaël Iggui | 24 octobre 2021
Raphaël Iggui | 24 octobre 2021

30 ans après sa sortie, The King of New York apparaît comme le point de jonction ultime entre le style d'Abel Ferrara et la vague des Ghetto Movies.

"Qui tu préfères être ? Le King of New York ou le Prince de Bel Air ?" Outre les indices évidents sur l'âge de son auteur, cette phrase, extraite du morceau Laisse nous faire du rappeur Infinit, a le mérite d'introduire dans le rap français un film culte pour de nombreux rappeurs américains, mais peu référencé par leurs homologues hexagonaux, bloqués dans le cycle éternel "Le Parrain - Scarface - La Cité de Dieu - la filmo de Scorsese-Paid in Full". 

Un culte qui peut paraître curieux au premier abord. Après tout, The King of New York est avant tout le sixième film d'Abel Ferrara, cinéaste sulfureux, esthète de l'underground et auteur principalement inspiré par son fief et sa ville de coeur : New York. Avec Woody Allen et Martin Scorsese, Ferrara fait partie des cinéastes qui ont donné ses lettres de noblesse cinématographiques à la nouvelle Amsterdam

Mais Ferrara se rapprocherait plus d'un Lumet ou d'un Scorsese période Taxi Driver dans sa manière de faire de la pourriture des âmes dans la grande pomme son matériau de base. Dans The King of New York, Ferrara dilue ses obsessions au sein d'un film de gangsters stylisé, qui annonce, à sa manière, la vague des Ghetto Movies (appellation pratique, mais trompeuse) qui déferlera sur les années 1990. Rebroussons ensemble jusqu'à la croisée des chemins.

 

Photo, Christopher WalkenLe châtelain de la grosse pomme

 

The Cringe of New York

Franck White (Christopher Walken), ancien parrain new-yorkais, vient de sortir de cinq ans de prison et compte bien reprendre sa place dans la pyramide mafieuse de la ville, même si ça implique de liquider tout ce qu'elle compte de nationalités. Il sera accompagné dans sa tâche par ses fidèles lieutenants majoritairement afro-américains, notamment son chien fou, Jimmy Jump (Laurence Fishburne).

Mais ces cinq années passées dans une cellule de Sing-Sing l'ont aussi profondément marqué, le poussant à chercher à faire le bien en investissant dans l'hôpital de la ville et en clamant vouloir se présenter comme maire. Une évolution de sa mentalité dont il aura bien du mal à convaincre Gilley (David Caruso), Bishop (Victor Argo), et Flanigan (Wesley Snipes), trois flics qui ne comptent pas laisser White reprendre le contrôle de la ville aussi facilement...

 

Photo, Christopher WalkenQui aura qui en premier ?

 

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commentaires
Raphaël Iggui - Rédaction
25/10/2021 à 18:25

@Mx

A aucun moment du dossier, je prétends que le film prend un quelconque parti entre les deux. Par contre, le parti pris du film serait plutôt de dire que les individus n'existent jamais qu'au sein d'un contexte, et que les frontières morales sont une illusion dont on prend conscience en les franchissant. En adoptant un comportement de truand, les flics s'exposent à finir comme tel. Relisez bien.

Mx
25/10/2021 à 13:44

absolument pas d'accord avec toi, au contraire, le film ne prend pas spécialement partie, puisque renvoyant dos à dos les truands vs les flics, les acteurs sont au diapason, la tuerie dans le night-club, sous fond de rap old school, et dans la lueur bleutée, bref plein de scènes cultes!

Hank Hulé
25/10/2021 à 09:38

@ galetas : il en parle dans les suppléments (en chiant un peu sur terminator d'ailleurs...)

Hank Hulé
25/10/2021 à 09:37

Revu hier en 4k UHD : la copie est sublime, le film l'est moins. Le film ne raconte finalement pas grand chose, rivé sur le regard (magnifique) de Walken. Que ce soit du côté gangsters ou flics, aucune empathie et les enjeux sont minces. Le film reste pas mal comme témoignage d'une époque sur NY mais on est très très loin d'un Mann.

Hasgarn
25/10/2021 à 07:46

Je suis rester complètement en dehors de ce film.
J’en garde un souvenir vraiment bof, fauché et mal foutu.

Je ne dois pas être le bon public de ce film

Xbad
24/10/2021 à 22:10

Une ambiance aussi lourde que dans Bad lieutenant, j'adore

galetas
24/10/2021 à 20:43

J'espère que la copie UHD qui vient de sortir est à la hauteur du film.
J'avais lu quelque part que FERRARA s'était inspiré de TERMINATOR pour son film.

Mx
24/10/2021 à 16:27

Walken, tu veux dire.

The king
24/10/2021 à 15:58

Un pur cher d’œuvre avec Christopher Walker !

Flash
24/10/2021 à 14:53

Mx@ c'est possible, faut que je revois ce film.
Il est incroyable aussi, dans voyage au bout de l'enfer.

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