Last Action Hero : le monumental classique de John McTiernan et Arnold Schwarzenegger

Mathieu Jaborska | 27 juin 2021
Mathieu Jaborska | 27 juin 2021

John McTiernanArnold Schwarzenegger, et à l'arrivée, un flop. Retour sur le culte Last Action Hero.

L'édition 4K disponible depuis mi-juin 2021 de Last Action Hero ravit les amateurs de cinéma américain. Énorme flop lors de sa sortie en 1993, la comédie d'action est depuis largement revenue en odeur de sainteté, au point de bercer l'enfance d'une génération entière et de trouver grâce aux yeux de ceux qui font et commentent la pop-culture aujourd'hui. Ecran Large ne déroge pas à la règle, et saute sur l'occasion pour consacrer deux dossiers au blockbuster.

Après avoir décrypté la genèse hallucinante de ce blockbuster énorme, on plonge dans la profondeur de sa mise en abyme.

 

Photo Austin O'BrienAttrapez le pop-corn

 

Un film dans le film dans le film...

Dès ses débuts, le cinéma s'est amusé à mettre en scène son propre dispositif, pour mieux souligner son artificialité. Simple projection de lumière sur un panneau blanc, le septième art est particulièrement propice à l'auto-réflexivité. En 1929, le pionnier de l'avant-garde russe Dziga Vertov signait par exemple déjà une oeuvre définitive du style : L'Homme à la caméra. De ces démonstrations expérimentales au prochain Scream et ses dérivés, la mise en abyme et ses pendants divers n'ont cessé de squatter la pellicule.

Le premier jet de Last Action Hero, pondu par deux aspirants scénaristes drogués à la pop culture, s'inspire d'ailleurs, de l'aveu même de Zak Penn, des Simpson, série qui s'est justement démarquée par sa capacité à réfléchir à ses propres clichés. Une grosse partie des nombreux détracteurs de la comédie lui reproche pourtant ses similitudes avec La Rose pourpre du Caire, sorti sept ans plus tôt. Dans la réalisation de Woody Allen, ce n'est pas une vraie personne qui rentre dans le film, mais l'inverse. Une comparaison d'autant plus évidente que le second acte livré par McTiernan et son armée de scénaristes rejoue le même enjeu.

 

photoLa Rose pourpre du Caire, le meilleur film de Woody Allen selon Woody Allen

 

Ces reproches, rapprochements et questions futiles du type "qui l'a fait en premier ?" importent finalement peu. Le cycle est infini. Un genre émerge, ravit un public, puis passe à la moulinette de la déconstruction de ses mécaniques. Chez Dziga Vertov, c'est la prise de vue dépouillée, chez Allen, le cinéma romantique hollywoodien, chez Wes Craven, le slasher. Et chez McTiernan, consciemment ou pas, c'est le blockbuster qui en fait trop.

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commentaires
Deevo
28/06/2021 à 20:34

Super article! Et film d une incroyable générosité et drôlerie qui m a transporté plus jeune.
« Comment comptes-tu claquer des doigts pour tes molosses, une fois que je t’aurais bouffé les pouces des deux mains? »

Miami81
28/06/2021 à 14:12

Le film est vraiment sympa mais marque la fin de cette génération de films dont il se moque gentiment. Par contre, la voix VF du gamin est juste insupportable et plante à elle seule le film.

Benasi
28/06/2021 à 09:31

Ma fille de 9 ans connait certains dialogues par coeur, sans l'avoir vu. A force que je sorte les punchlines de ce film.
"Pourquoi je perdrai mon temps avec un branquignole dans ton genre, alors que je pourrais faire des choses beaucoup plus risquées ? Comme ranger mes chaussettes par exemple"

Kyle Reese
27/06/2021 à 19:12

Donc Last action hero est un film profondément nihiliste ? L’échec était inévitable alors … Not to be ! Ce que sera le résultat au box office.

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