Conjuring, Annabelle... notre classement du Conjuring-verse, du pire au meilleur

La Rédaction | 5 juin 2021 - MAJ : 05/06/2021 13:28
La Rédaction | 5 juin 2021 - MAJ : 05/06/2021 13:28

Conjuring 3 : Sous l'emprise du diable arrive en salles. L'occasion de revenir sur cette saga horrifique très populaire.

À l'origine, il y a James Wan, cinéaste malin révélé grâce au carton stratosphérique Saw. Après plusieurs films d'épouvante appréciés, il se lance dans Insidious, très beau quasi-remake de Poltergeist, puis enchaine avec Conjuring : Les Dossiers Warren, sous l'égide de New Line et de son distributeur Warner. Il transforme ainsi 20 millions de dollars de budget en 320 millions de recettes. Il n'en faut pas plus pour lancer une franchise entière, adaptant le modèle Marvel au cinéma d'horreur mainstream.

Les films du "Conjuring-verse" sont particulièrement juteux, puisque leur mise ne dépasse jamais les 40 millions, et qu'ils rapportent souvent des sommes astronomiques. Et malheureusement, au fur et à mesure que les producteurs se remplissaient les poches, la qualité a baissé, d'autant plus que Wan est parti s'essayer au blockbuster indigeste dans son coin, laissant la réalisation à ses protégés. D'où ce classement condensant les avis des membres de la rédaction, pas franchement ravie par les centaines de jumpscares qu'elle a dû subir. C'est les risques du métier.

 

photoOn laisse nos références derrière nous

  

7. LA MALÉDICTION DE LA DAME BLANCHE

Ça raconte quoi ? La Dame Blanche. Spectre terrifiant, pris en étau entre le paradis et l'enfer, piégé par un terrible destin dont elle est elle-même l'artisan. La seule évocation de son nom sème la terreur dans le monde depuis des siècles... Nan, c'est juste un autre fantôme habillé en blanc qui saute sur les gosses pour les faire sursauter

Pourquoi c'est douloureux ? Beaucoup de films du Conjuring-verse flirtent avec le seuil de souffrance. Mais seul La Malédiction de la Dame blanche le franchit aussi franchement. La logique esthétique de la saga est poussée dans des retranchements à la limite du sabotage : chaque contrechamp abrite un jumpscare pénible, martyrisant au passage nos pauvres oreilles grâce à un mixage sonore niant la notion même de nuance. C'est à croire que les spectres n'ont que ça à faire que surgir toutes les 15 secondes d'un recoin mal éclairé pour arracher un cri crispant à des gosses abrutis.

 

photoAttrape-le, qu'on en finisse

 

Tout dans ce film n'est voué qu'à éprouver nos sens, d'un montage traquant les sursauts au point de nous faire saigner des yeux à une musique pseudo-atmosphérique passe-partout, en passant par le design du fantôme en question, décalque blême d'à peu près la moitié du catalogue de la franchise, aussi pauvre qu'aseptisé. L'origin story expédiée à la va-vite dans le coin d'une église, récitant le scénario de la quasi-intégralité des productions du genre, achève de révéler la nature de l'objet : un produit marketing grossier, dont l'opportunisme n'échappera pas au plus crédule des spectateurs.

À noter, comme toujours, à quel point la distribution française joue le jeu de l'arnaque mercantile. Pour mieux convaincre les pré-ados fascinés par les creepy-pasta du terroir, elle se permet de carrément changer l'identité du spectre et le conforme de fait aux attentes supposées d'un public réduit au statut de cible commerciale. La Llonara, dont le nom a même été remplacé dans les sous-titres de l'exploitation salles, devient la dame blanche. Car dans l'univers Conjuring et ses disciples, les fantômes sont tous les mêmes.

 

photoLa Nonn... euh non, enfin, on sait plus

 

6. ANNABELLE : LA MAISON DU MAL

Ça raconte quoi ? Après deux films, les Warren récupèrent la poupée maléfique Annabelle. Selon eux, l'objet n'est pas hanté en soi (quel scoop), mais il attire le mal sous toutes ses formes. Le couple décide alors de l'enfermer dans sa pièce dédiée aux babioles maléfiques, la grande kermesse des jumpscares.

Évidemment, la baby-sitter de leur fille ramène chez eux la plus stupide de ses amies, laquelle va aisément passer outre le ridicule dispositif de sécurité mis en place pour protéger l'endroit et libérer moult démons, fantômes et autres esprits. La nuit va être longue, pour eux comme pour nous.

 

photoNon.

 

Pourquoi c'est un gros gâchis ? Le premier Annabelle était déjà un aveu d'échec : impossible de faire de la poupée elle-même l'antagoniste principal. La suite avait quelque peu contourné ce problème, et ce troisième opus choisit enfin de faire un film Annabelle... sans Annabelle. En utilisant l'objet comme prétexte, Gary Dauberman et James Wan s'émancipent enfin du sérieux plombant d'une saga qui pédalait depuis trop longtemps dans la semoule pour se laisser aller au pur train fantôme cinématographique qu'on attend désormais des films du Conjuring-verse.

Le principe à l'origine de Annabelle Comes Home (titre original bien plus pertinent qu'une énième adaptation française bassement racoleuse) a des airs de fantasme inassouvi : enfin, la fameuse pièce des Warren, qui nous nargue depuis plusieurs années, peut laisser transparaître son potentiel, et lâcher son bestiaire fourni (fantômes japonais et spectres mutilés se disputent aux mariées ensanglantées et aux loups-garous) sur quelques jeunes décérébrés, au mépris des ridicules ambitions historiques et mythologiques de la franchise.

 

photoQuand on t'utilise pour un gag horrifique poncé jusqu'à la moelle

 

Malheureusement, dans les faits, Annabelle 3 démontre tous ses défauts. Car c'est avant tout un immense gâchis, qui s'empare de toutes ces figures horrifiques alléchantes pour les conformer à une recette, à un cahier des charges qu'on jurerait figé sur un tableau Excel. Les séquences d'épouvante calibrées s'enchaînent assez mollement, multipliant les retournements de croix et les jumpscares au rythme réglementaire. Les monstres se succèdent sans éclat, sans violence et surtout sans originalité.

Les expérimentations ludiques des films de Wan sont caricaturées de temps à autre, histoire de donner l'illusion de varier les plaisirs. Mais le traitement qui est réservé à ce pitch appétissant révèle surtout le plus gros défaut du Conjuring-verse après le départ de son créateur de la réalisation : son attachement à une formule toute faite, lubie hollywoodienne déjà très irritante dans les blockbusters super-héroïques, carrément rédhibitoire dans un film d'épouvante pur.

 

photo Annabelle 3"À la prochaine !"

 

5. ANNABELLE

Ça raconte quoi ? John déniche le cadeau de ses rêves à sa femme enceinte Mia : une poupée. Sauf que très vite, le rêve va se transformer en cauchemar. Après avoir survécu à l'introduction de deux satanistes dans leur maison, le couple et surtout Mia vont être confrontés au retour d'une force démoniaque à travers Annabelle.

Pourquoi c'est irritant ? Probablement parce qu'on attendait tous d'en savoir plus sur cette fameuse poupée après l'introduction sacrément flippante du premier Conjuring (et donc de la saga entière). Dès ce premier volet, la fameuse Annabelle était là, discrète, dans l'ombre, et pourtant déclencheur d'une certaine angoisse. Et comme le film réalisé par James Wan était sacrément réussi (vous verrez bien sa place dans notre classement), ce spin-off était hyper attendu en plus d'être très tentant.

Avec ce film consacré à la poupée vicieuse et effrayante, la saga avait donc de quoi passionner et surtout, faire monter un cran son baromètre de la peur et des cris. Et dans un premier temps, le film y parvient plutôt bien. Si le prologue reprend les mêmes plans que The Conjuring, le long-métrage démarre avec efficacité lorsque la poupée fait son entrée dans la vie de Mia (Annabelle Wallis, au prénom sacrément opportun).

 

photo, Annabelle WallisAnnabelle Wallis qui donne son prénom à Satan

 

Et sincèrement, toutes les péripéties dans leur nouvelle maison tiennent en haleine, notamment grâce à l'utilisation judicieuse des sons (cette machine à coudre) et une caméra fluide, le chef opérateur régulier de James Wan et réalisateur de l'excellent Mortal Kombat : Destruction finale (on voulait dire l'étron), John R. Leonetti ayant pris les commandes. De fait, le plan-séquence qui suit Mia dans la nuit ensanglantée du premier acte est un petit tour de force, où la tension monte crescendo jusqu'à un déferlement de violence (un peu trop haché certes, mais plutôt plaisant) qui devait lancer les hostilités.

Sauf qu'en fait, après ça et d'autres mini-événements oubliables, le couple (et leur enfant né depuis) va s'installer dans un appartement. Dès lors, tout va devenir fade et insipide. Si on ne jette pas la pierre sur la bêtise des personnages (la poupée est de retour alors qu'elle avait été jetée par le mari, mais tout le monde s'en fout au bout de 12 secondes), on ne pourra en revanche que pointer du doigt le scénario en lui-même.

 

photo, Annabelle WallisHahahahahahha (imitation du rire bizarre, d'un enfant bizarre)

 

Désincarné, dénué de volonté, bourré de facilités (le personnage de Alfre Woodard sérieux) et trop bruyant pour vraiment effrayer, Annabelle devient interminable (en dépit de ses petites 98 minutes) et particulièrement ennuyeux. Et si on retient quelques séquences amusantes (ce prêtre violemment projeté en l'air) ou plutôt inspirées (la scène de l'ascenseur, quelle belle idée), l'ensemble ne parvient jamais à retrouver l'atmosphère de ses premiers instants et reste surtout profondément vain.

Gênant pour un long-métrage supposé développer l'univers dont il est tiré et surtout reposer sur une poupée qu'on ne voit finalement presque jamais.

 

photoAnnabelle en PLS

 

4. La Nonne

Ça raconte quoi ? Avant d'être guest de luxe dans Conjuring 2, la fameuse nonne renommée Valak hantait déjà les recoins sombres et les vieux miroirs dans une abbaye roumaine. C'en était trop pour le Vatican, qui a envoyé la petite soeur de Vera Farmiga et un prêtre pour enquêter, et constater que oui, c'est bien la merde.

Tout le monde sait que personne n'arrêtera la nonne, puisque l'histoire se déroule dans les années 50. Il faudra blâmer un paysan français du nom de Maurice, qui sera plus tard exorcisé par les Warren, parce que cet univers est très bien pensé quand même.

 

photo, Taissa Farmiga"Attention derrière toi !" numéro 1

 

Pourquoi c'est pas terrible ? Parce que tout est parti de cinq minutes de nonne dans le noir chez les Warren, et de toute évidence, personne n'a été beaucoup plus loin. L'histoire de Valak a donc été bricolée autour de l'enthousiasme de son apparition dans Conjuring 2, avec une seule intention visible : piocher dans l'héritage du film d'horreur gothique pour gonfler la formule.

Une idée amusante, et plus que logique pour un univers catho-porn, qui use et abuse des clichés du genre (une croix retournée par ici, une voix bizarre par là). D'autant que le réalisateur Corin Hardy avait emballé quelques bonnes scènes dans Le Sanctuaire, imparfait, mais amusant (sachant que James Wan a été renfort réalisateur seconde équipe sur La Nonne).

 

photo, Demian Bichir"Attention derrière toi !" numéro 12

 

Sauf qu'à l'écran, c'est le vide intersidéral, à peine camouflé par douze machines à fumée dès qu'un personnage marche à l'extérieur (voire à l'intérieur, parce que pourquoi pas). Ce n'est pas un hasard si l'une des scènes les moins ratées reprend directement celle de Valak dans Conjuring 2, tout en parvenant à la rendre plus simple, plus bête, et moins effrayante. Sans mise en scène inventive, sans idée visuelle forte, les épisodes de ce Conjuring-verse s'écroulent pour révéler leur vacuité abyssale.

Bienvenue donc dans l'antre des clichés aussi gros que le box-office de train fantôme de pacotille (à ce jour le plus gros succès de la série, avec plus de 365 millions) : abbaye déserte, village louche, jeune sœur novice, prêtre hanté par quelques fantômes, mythologie étalée à coups de dialogues lourdingues, rafales de vent parce que le diable aère les pièces humides, et autres silhouettes dans le fond de l'image parce que ça fait peur. C'est un festival de jumpscares de bas étage, de la scène d'intro où une nonne est tirée par les pieds dans une pièce sombre, jusqu'au grand final-tornade de CGI.

 

photo, Taissa Farmiga"Attention derrière toi !" numéro 36

 

3. ANNABELLE 2 : LA CRÉATION DU MAL

Ça raconte quoi ? Un fabricant de poupées et son épouse accueillent dans leur maison reculée les pensionnaires d'un orphelinat qui vient de fermer. Mais leur demeure est aussi la résidence de leur dernière création, Annabelle, et elle ne voit pas l'arrivée d'une troupe de petites filles d'un très bon oeil.

Pourquoi c'est pas si mal ? Le film porte de nombreuses tares des productions satellites du Conjuring-verse. Il multiplie fréquemment les effets faciles, et durant sa première moitié, se focalise presque exclusivement sur des sursauts faciles, qui manquent cruellement d'intelligence, préférant se reposer sur des effets sonores ronflants que d'authentiques surprises frissonnantes. De même, la direction artistique fait un usage assez inconséquent de l'imagerie catholique. Non pas qu'elle soit malvenue, ou hors de propos, mais elle a des airs de béquille stylistique, tant l'imaginaire de l'ensemble apparaît pauvret, préférant se reposer sur un référentiel pré-établi, qu'en proposer une nouvelle déclinaison.

 

PhotoFilm enlevé, personnages élevés

 

Autant de défauts qui donnent le sentiment d'avoir affaire à une contrefaçon de la méthode James Wan, et génèrent un ennui profond chez tout spectateur en quête d'une angoisse un peu plus profonde qu'à l'accoutumée. Autant de problèmes qui étaient présents dans le précédent long-métrage de David F. Sandberg, le sympathique, mais anodin Dans le noir. Néanmoins, le metteur en scène finit par étonner, voire effrayer, quand il prend enfin totalement possession de son récit.

En effet, cet épisode possède un élément qui distille rapidement une belle tension : avec une majorité de son casting composé d'enfants, l'idée que les marmots vont finir en compote de rotules s'avère payante. Le cinéma américain n'ayant pas pour habitude de malmener trop sérieusement les gosses, sentir l'étau se resserrer sur eux est une source de suspense efficace, qui s'avère payante quand le scénario se transforme en pur train fantôme. Car c'est bien ce à quoi nous avons affaire quand le récit accélère brutalement et nous emmène vers un climax à tiroir, riche de quantité de scènes et de plans marquants, parmi les plus graphiques et torturés aperçus dans la franchise.

 

PhotoRampes Forrest ! Rampes !

 

2. CONJURING 2 : LE CAS ENFIELD

Ça raconte quoi ? Alors que le cas Amytiville fait grand bruit aux États-Unis, Lorraine et Ed Warren sont de retour dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère et ses filles vivant dans une maison hantée. Tirée d'une histoire vraie évidemment (lol).

Pourquoi c'est sympa ? Quoi qu'on pense de James Wan en tant que réalisateur, on ne peut pas nier qu'il a du cran et ce deuxième volet du Conjuring-verse en est probablement une des belles preuves. Après avoir fait un carton avec Conjuring premier du nom et avoir laissé la main à son poto Leonetti pour le spin-off raté Annabelle, le monsieur a décidé de reprendre les commandes lui-même en se chargeant à la fois de la réalisation, du scénario et de la production (ouais il voulait tout faire). Tout ça, en s'occupant de l'autre côté de la saga Insidious.

Restait du coup à savoir comment le cinéaste sino-malaisien pouvait remettre son univers horrifique sur les bons rails après l'échec critique d'Annabelle (niveau box-office il a fait un énorme carton avec 257 millions de dollars dans le monde pour 6,5 millions de budget). Facile : en reprenant la formule de Conjuring : Les dossiers Warren, ramenant le duo Wilson-Farmiga et se montrant beaucoup (beaucoup) plus généreux.

 

James WanUne sacrée découverte

 

Sur le papier, ce Conjuring : Le Cas Enfield n'a rien de bien original avec sa famille hantée par une force démoniaque, sa petite fille possédée (Madison Wolfe) en mode L'Exorciste, ses chaises qui bougent seules, ses portes qui claquent et ses murs qui tremblent. Et pourtant, c'est un petit régal à bien des niveaux. Évidemment, le long-métrage n'est pas parfait et contient énormément de défauts (l'ensemble est peut-être trop attendu, le scénario un peu brouillon et la durée de 2h14 beaucoup trop longue), mais rien qui n'empêche de prendre un certain pied devant les nouvelles aventures de Ed et Lorraine.

En plus d'offrir quelques frissons bien sentis dans la maison d'Enfield, James Wan met surtout les potards en développant plus son duo iconique. Leur amour, leur lien, leur tourment (la mystérieuse vision de Lorraine évoquée dans le premier volet est au coeur du récit)... tout est plus caractérisé et si c'est parfois fait avec de gros sabots, l'histoire en ressort grandi, en évitant d'être une simple et énième histoire de maison hantée et se transformant en combat saupoudré d'une romance magnétique.

 

Vera Farmiga, Patrick WilsonUn couple de plus en plus attachant

 

Et plus encore, si James Wan réussit à rendre encore plus attachant son duo de buteurs de démons (pas idiot le bougre pour que les spectateurs en redemandent), il se fait surtout plaisir en introduisant de nouvelles créatures et donc teaser un peu plus l'étendu de l'univers. Ainsi, le Crooked Man en a fait frémir plus d'un lors de sa première apparition (ce bruit d'os qui résonne encore) et on se demande bien pourquoi le bestiau n'a toujours pas eu le droit à son film solo (ça aurait sûrement été autre chose qu'Annabelle).

Mais surtout, c'est avec la nonne (ou Valak) que le futur réalisateur d'Aquaman s'amuse le plus à terrifier. Outre son apparence sacrément flippante, elle est savamment utilisée à travers la mise en scène imaginative de James Wan. Et rien que pour cette séquence où la peinture de la nonne prend vie et attaque de front Lorraine Warren, Conjuring : Le Cas d'Enfield mérite cette deuxième place tant elle surpasse bien des autres longs-métrages de la franchise à elle seule.

 

Photo Conjuring 2, The NunL'art, quand le gouvernement vous dit que c'est dangereux !

 

1. CONJURING : LES DOSSIERS WARREN

Ça raconte quoi ? Une famille fait appel aux époux Warren, après qu'une sombre présence a commencé à semer la terreur dans leur ferme retirée du monde.

Pourquoi c'est flippant ? Lorsque sort ce premier volet de Conjuring, le nom de James Wan est déjà bien connu des amateurs de surnaturel, et d'horreur en général. Remarqué avec Saw, il a rapidement fait montre d'un amour gourmand pour les grands classiques de la frissonnade, du cauchemar gothique avec Dead Silence à la fausse maison hantée d'Insidious. Le producteur, scénariste et réalisateur a fait montre d'un appétit formidable pour recycler et rejouer les grands classiques du genre et les conjuguer à sa sauce.

Une logique qu'il pousse ici dans ses plus beaux retranchements. En effet, on ne compte plus les hommages, références et citations qui émaillent le film et le traversent. À bien des égards, ce premier opus fonctionne comme une sorte de petit abécédaire du fantastique ainsi qu'une déclaration d'amour de la part de l'auteur, qui nous permet de découvrir les arcanes de sa cinéphilie horrifique. Mais surtout, Wan n'en reste jamais à la simple citation, ou à la reproduction dévitalisée, tant il parvient à trouver sa place dans le dispositif. Et surtout, il réussit à nous terrifier.

 

photo, Vera Farmiga"J'ai dit on joue à colin-maillard !"

 

Les clins d'oeil sont peut-être légion, mais le film les revisite avec une caméra beaucoup plus mobile que la plupart des oeuvres auxquelles il fait ici référence. Et cette capacité à jongler ainsi entre différents univers transforme non seulement l'espace, mais aussi nos attentes nos références. Malgré son attrait un peu bourrin pour le jumpscare, le métrage devient ainsi curieusement imprévisible. Ce sentiment d'inconnu est d'autant plus puissant que le rythme de la narration est en constante accélération, jusqu'à un climax d'une rare intensité.

En outre, si les copieurs de Wan parsèment leurs films de crucifix et ne comprennent jamais véritablement la mystique chrétienne qu'ils brandissent, le cinéaste, lui, en use souvent avec intelligence. En chevillant son récit au ressenti des Warren, il nous donne à sentir à la fois le vertige de leur foi et la possibilité d'un Mal infini, invincible, affamé. Une puissance surnaturelle qui se trouve démultipliée lors d'une séance d'exorcisme parmi les seules à s'être aventurées dans des ténèbres aussi monstrueuses que celles imaginées par un certain William Friedkin dans... L'Exorciste.

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commentaires
Alex89
07/06/2021 à 18:24

Le film "La malédiction de la Dame Blanche" ne fait pas officiellement partie du Conjuring Universe.

Daddy Rich
06/06/2021 à 11:16

Je suis de ceux qui avaient relativement bien aimé le fameux INSIDIOUS à sa sortie pour quelques clins d'œil bien senti!
Puis, je reconnais avoir pris un certain plaisir au Conjuring premier du nom!
Ensuite, j'ai totalement décroché de cette soupe qui ne fait que recycler de vieux ingrédients du cinéma horrifique des années 70/80!
Le deux j'ai eu énormément de mal à aller au bout!
Annabelle je n'ai du voir que le 1er qui ne m'a pas laissé un grand souvenir!
Et alors, LA NONNE et LA DAME BLANCHE: a vomir!
Les clins d'œil sont devenues de triste récusées d'un cinéma qui lui avait inventé quelque chose!

Hanza314
05/06/2021 à 16:25

Le 1er opus est de loin le meilleur! James Wan a réussi à donner de la profondeur à tous les personnages, on s'attache à eux et c'est ce qi fait que cela fonctionne si bien.
Et la scène de l'exorcisme est d'une telle intensité.... J'ai rarement ressenti ça au cinéma. Peu de films (récents) arrivent à cette intensité là dans l'horreur.
Il est de loin pour moi le meilleur film d'horreur depuis bien longtemps. Avec Midsommar et Hérédité on a là 3 très bons films

Kyle Reese
05/06/2021 à 13:35

Très frustrant le conjuring verse. Du coup moi qui aimé bcq les 2 conjuring je n’ai rien regardé du reste. Peut être vais je juste tenter Annabelle 2 que vous jugez pas si mal.

arno2marcq
05/06/2021 à 13:01

Conjuring 1 et 2 sont des films très réussis. Le 3 semble l'être moins d'après ce que j'en ai lu.
Après c'est comme toujours, l'attrait de l'argent est là et on fait des spin-off, des films inspirés de etc... D'où Annabelle, La Nonne, La Dame blanche...Après est-ce vraiment important que ça soit bien réussi pour les producteurs ? Je ne pense pas, les producteurs ont bien compris que lorsqu'une saga est lancé, les fans regarderont même si ils trouvent cela moins bien ou carrément mauvais. Même si les recettes baissent au fur et à mesure attirant moins de curiosité de "nouveaux spectateurs", ces films sont très rentables. Et j'avoue qu'en tant que fan de films d'horreur, je m'en fiche un peu aussi. SI l'univers me plaît, je vais tout regarder. J'ai regardé tous les Vendredi 13, Freddy, Saw... et dieu sait qu'il y a du mauvais là dedans.

T.
05/06/2021 à 12:10

"C'est à croire que les spectres n'ont que ça à faire que surgir toutes les 15 secondes d'un recoin mal éclairé pour arracher un cri crispant à des gosses abrutis."
"Évidemment, la baby-sitter de leur fille ramène chez eux la plus stupide de ses amies, laquelle va aisément passer outre le ridicule dispositif de sécurité mis en place pour protéger l'endroit"
"la fameuse nonne renommée Valak hantait déjà les recoins sombres et les vieux miroirs dans une abbaye roumaine. C'en était trop pour le Vatican"
"rafales de vent parce que le diable aère les pièces humides"

Ah ah merci Mathieu j'ai bien rigolé avec ton papier, et je suis relativement d'accord avec ton classement. Si on excepte les deux premiers conjuring, les autres films de la franchise sont plutôt mauvais à quelques exceptions qui durent le temps de quelques scènes efficaces (mais ça ne suffit pas à en faire de bons films d'horreurs).
Et oui c'est vraiment dommage qu'un fantôme dans cet univers soit obligatoirement (ou presque, bonjour le crooked man oublié) une femme voilée en blanc (ou noir au choix)...

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