Comme chaque année, à l'approche des fêtes de fin d'année, les traditionnels films et téléfilms de Noël tournent en boucle à la télévision. Si certains comme La Vie est belle, Maman j'ai raté l'avion ou Gremlins sont devenus des institutions devant lesquelles passer ses après-midi de décembre en attendant le soir du Réveillon, d'autres, à force de rediffusions et de réhabilitation par les générations qui ont suivi, ont aussi acquis leur statut d’œuvre culte.
La Course au jouet peut être vu comme une mauvaise comédie dans laquelle Arnold Schwarzenegger se ridiculise, mais en dépit de tous ses défauts (et ils sont nombreux), le film de Brian Levant reste un petit classique du genre, qui se regarde toujours avec le même plaisir à l’approche de Noël.
TURBO MAN ARRIVE
Après avoir vaincu Thulsa Doom, pourchassé Sarah Connor (et sauvé son fils), affronté un Predator à mains nues, voyagé sur Mars et sauvé sa femme des terroristes, cette fois, Arnold Schwarzenegger doit faire face à une menace encore plus grande : un enfant. Et pas n’importe lequel, Anakin Skywalker en personne.
Le petit Anakin (qui s’appelle ici Jamie) est bien triste que son papa Howard Langston ait manqué son passage de ceinture de karaté, trop absorbé par son travail. Pour racheter l’amour de son fils, le père de famille lui demande alors ce qu’il souhaite le plus pour Noël. Comme tous les autres enfants de l’univers du film, Jamie veut un Turbo Man avec tous les accessoires et celui qui n’aura pas le sien dans la cour de l’école sera un vrai loser auprès des autres. Liz (Rita Wilson), la femme d’Howard, lui a bien demandé d’aller l’acheter il y a plusieurs semaines, sauf qu’il a complètement oublié et doit maintenant se mettre en quête d’un Turbo Man à la veille de Noël, tout comme Myron (Sinbad), un facteur prêt à tout pour obtenir le jouet.
À l’époque, Arnold Schwarzenegger avait déjà tout fait ou presque, de l’action à la science-fiction en passant par la comédie, révélant un potentiel comique dans Double détente qu’il a ensuite bonifié avec Jumeaux, True Lies, Un flic à la maternelle et Junior. Son utilisation en contre-emploi est bien gérée et la montagne de muscles semble totalement investie dans ce rôle improbable de père et mari vendeur de matelas dans le Minnesota. Tout l’intérêt et le charme du film résident dans le fait de le voir enchaîner les situations improbables au milieu des magasins et l’acteur a été grassement payé 20 millions de dollars pour s’installer dans ce rôle absurde (soit un tiers du budget de 60 millions de dollars).
Balançant ses répliques et ses crochets avec des expressions faciales que lui seul maîtrise et la même intensité que dans un film d’action, il repousse les obstacles, soulève les vendeurs et agresse quiconque se met sur son chemin à la recherche du Saint Graal en plastique. Même s’il n’est crédible que quand il doit cogner ou être intimidant, il participe largement au plaisir qu’on peut ressentir devant le film simplement en apparaissant à l’écran avec tout le charisme et la stature qui le caractérise. Une prestation devenue mémorable avec le temps, sa dernière avant d’entamer sa chute avec le tristement célèbre Batman & Robin.
BOOSTER ? MAIS ON S’EN FOUT DE BOOSTER !
Comme les Power Rangers ou les Tortues Ninja, Turbo Man est pensé comme un pur produit marketing des années 90 et le film a bien saisi l’engouement pour les super-héros et leurs dessins animés, devenus des phénomènes culturels. Dans son costume inspiré de Flash, ce héros imaginaire combat Dementor aux côtés de son acolyte à fourrure rose, Booster, et tout un tas de produits dérivés lui sont dédiés : des jouets, des comics, des céréales et des pyjamas. Avec sa scène d'introduction entre contrefaçon et parodie, le film dévoile immédiatement ses intentions de s'attaquer au merchandising et à ses excès.
Randy Kornfield a d’ailleurs écrit le script en se basant sur son fils et son obsession pour les jouets Power Rangers, que sa famille essayait de désespérément de lui dénicher. Chris Columbus, qui produira et chapeautera le film, avait vécu une expérience similaire en cherchant un Buzz l'Éclair pour son fils. Ayant déjà montré son habileté pour décortiquer la fête de Noël et en dévoiler les aspects les plus obscurs avec Maman j'ai raté l'avion ou Gremlins, il s’inspirera lui aussi de ce souvenir pour réécrire le scénario (sans être crédité) comme une satire anti-consumériste. Le projet est ensuite proposé à Arnold Schwarzenegger après l’abandon du remake de La Planète des Singes dans lequel il devait jouer (et qui se fera finalement sans lui en 2001, mais c’est autre histoire).
Certes, la critique contre le merchandising imaginée au départ finit par ressembler à une immense publicité imaginée par un enfant, mais le regard cynique que pose le film sur les fêtes de fin d’année n’en reste pas moins pertinent. Certaines scènes de cohue dans le film évoquent clairement ce qui se passe pendant le Black Friday aux États-Unis, avec ces gens qui se jettent sur les rayons et les produits en hurlant comme s’ils participaient à la bataille du Gouffre de Helm.
Anticipation de génie ou simple coïncidence, quelques semaines après la sortie du film, les ruptures de stock des peluches Elmo ont déclenché une frénésie collective à travers les États-Unis : un employé s'est fait marcher dessus par des centaines de clients qui avaient repéré un exemplaire, certaines poupées ont été revendues pour des sommes exorbitantes et deux femmes ont même été arrêtées après s'être battues... pour une peluche Elmo.
Aujourd'hui encore, l'engouement général autour d’un personnage comme Bébé Yoda prouve que le scénario n’est peut-être pas si surréaliste que ça. En plus des sous-entendus sexuels disséminés dans les dialogues çà et là ou des Pères Noël qui revendent des jouets illégalement, le film n’a pas tellement à cœur de préserver la magie de Noël. La traque de la figurine prend des proportions plus du tout enfantines quand Myron menace carrément de faire exploser une bombe. Uniquement au nom du tout-puissant capitalisme qui manipule les enfants en les lobotomisant à coups de messages subliminaux dans les dessins animés pour qu’ils détestent leurs parents s’ils ne leur achètent pas le jouet de leur rêve.
Robert Conrad dans le rôle du flic qui mène la vie dure à Schwarzy
ON DIRAIT QUE VOUS NE CROYEZ PAS AU PÈRE NOËL
Mais plutôt que d’asséner son message moralisateur à la face du spectateur, le film le fait passer sous le couvert d’un scénario qui part dans tous les sens et beaucoup trop loin tout le temps, à la manière d’un cartoon, sans trop se prendre au sérieux. Ted, incarné par le regretté Phil Hartman, reflète à lui seul cet esprit cartoonesque du film. Ce voisin qui accroche les décorations sur les maisons des autres et ramène un renne pour divertir les enfants ressemble presque trait pour trait au personnage de Ned Flanders dans Les Simpson, que tout le monde adore détester.
Dans cet univers, les règles de logique et de physique ne s’appliquent pas, comme en témoignent les cascades. Pendant son périple, Howard affronte un gang de Pères Noël, poursuit une balle dans un centre commercial et tente de l’arracher de la bouche d’une petite fille, démonte la porte d’un studio de radio et agresse l’animateur, puis tabasse un renne, le fait picoler et finit par carrément voler en jetpack au-dessus de la ville dans un costume rougeoyant. Et sans prendre de drogue.
Myron, interprété par Sinbad, remplit à la fois le rôle de comique récurrent, de méchant de service et de compagnon de beuverie de façon interchangeable, suffisamment drôle et déjanté pour ramener du rythme quand il le faut. Jake Lloyd avait déjà reçu tout un tas de critiques pour sa performance avant de devenir Anakin, alors qu’il remplit son rôle d’enfant devant lequel s’apitoyer de façon admirable, sans être particulièrement brillant, comme le reste du casting. Les personnages étant tous aussi pauvres les uns que les autres, on ne peut décemment pas lui reprocher de faire ce qu'il peut avec sa jeune expérience.
Alors que les minutes défilent, le film accumule les clichés et stéréotypes déjà bien usés, multipliant les gags et péripéties sans beaucoup d’originalité jusqu'à prendre des allures de téléfilm. La réalisation de Brian Levant n’est pas exceptionnelle et se contente de reprendre les codes de la comédie américaine grand public qu’il avait déjà utilisé dans Beethoven.
S’il ne se démarque pas par son inventivité, La Course au Jouet possède une énergie réjouissante qui fait de lui un film drôle, efficace, même plaisant par instant quand il ose rappeler que si Noël est une fête magique qui s'apprécie avec ses proches, c'est aussi un des pires moments de l'année quand il s'agit de leur chercher des cadeaux. Et dans le contexte actuel, un film de Noël qui attaque la société de consommation tout en faisant faire n’importe quoi à Arnold Schwarzenegger, est-ce que ce n’est pas exactement ce dont tout le monde a besoin ?
La suite est réservée à nos abonnés. Déjà abonné ? Se connecter
Un de mes films d’enfance. Excessif, stupide, mais qui touche un discours plus nuancé que d’habitude sur Noël, certes cynique mais rappelant aussi qu’il est l’occasion de faire un peu plus attention à son entourage proche. Puis voir Schwarzy en gros tas de muscle désoeuvré par son fils, Monsieur tout-le-monde pris dans une folie cartoonesque (en effet), ben, sans le vouloir, c’est un peu touchant. Bref, un bon film RTL9.
Tellement de souvenirs d’enfance, vous m’avez donné envie de le revoir !
J’aime tellement ce film. Mention spéciale à l’une des meilleures musiques de David Newman !
jamais vu cette daube, meme en son temps, ce film avait tres mauvaise presse,
on ne le savait pas alors, mais Arnold était dejà sur la pente descendante, apres True lies, que j’ai pas trouve tres bon à l’époque,je pense que c’est le plus mauvais film de Cameron-,qui fut grand succes commercial et critique, Arnold enchainaitait les maiuvais film et les fours, l’effaceur, son role givre dans Batman avec CLonney, un film mauvais « end of time » de peter Hyams etc…
C’est bien pour les enfants. Je l’ai vu je devais avoir 15 ans et j’avais trouvé ça naz également.
La cible été clairement les jeunes pouvant emmener leurs parents au ciné, ou l’inverse 😉
A l’époque de sa sortie, j’avais trouvé ça carrément naze!!!!!
Revu avec mes enfants… eux ont apprécié (ils ont 7 et 9).
Mais, j’ai trouvé ça… toujours aussi naze!
J’aime bien Shwarzy dans les comédies, je le trouve bonne acteur dans ses rôles de contre emploie (jumeau,, un flic à la maternel et la course au jouet…).
Stallone qui est pourtant meilleur acteur n’as pas réussis dans ce domaine (arrête ou ma mère va tiré) bon il y a l’excellent Demolition Man mais c’est plus action que comédie.
Phil Hartman est assez bon en voisin profiteur. Par contre Sinbad bof bof.
beaucoup d’indulgence en regardant ce film surtout à Noël.
Mais les FXs, surtout à la fin, aïe aïe aïe.
Excellent film. Il existe même une suite.