Wonder Woman : 5 moments qui prouvent qu'elle n'a rien à envier à Batman ou Superman

Arnold Petit | 13 janvier 2021 - MAJ : 13/01/2021 15:19
Arnold Petit | 13 janvier 2021 - MAJ : 13/01/2021 15:19

Même si elle se fait souvent voler la vedette par Batman et Superman, il ne faut pas sous-estimer Wonder Woman. Avec ses deux camarades de la Trinité, l’Amazone créée par William Moulton Marston est un des personnages les plus puissants de DC, mais a quand même dû attendre 2017 pour avoir le droit à sa propre adaptation cinématographique par Patty Jenkins avec Gal Gadot.

En attendant que Wonder Woman 1984 ait (peut-être) droit à une sortie officielle et légale en France, retour sur 5 moments tirés des comics où l'Amazone a prouvé qu'elle était la plus grande héroïne de l'univers de DC et qu'elle mérite d'être prise au sérieux.

 

photoParce que Wonder Woman, c'est pas Gal Gadot

 

WONDER WOMAN VS BATMAN

Greg Rucka est un des auteurs qui ont défini l'histoire de Wonder Woman. Avant de s'emparer du personnage en 2003 pendant trois ans et de le retrouver des années plus tard dans la continuité instaurée par DC Univers Rebirth, le scénariste s'était déjà intéressé à l'Amazone dans un one-shot intitulé Wonder Woman : Hiketeia (disponible en France dans le premier tome de Greg Rucka présente Wonder Woman).

L'Hiketeia est un ancien rituel grec pratiqué par une personne prêtant allégeance à une autre : le suppliant se soumet à genoux devant son protecteur, qui lui doit alors le secours et l'hospitalité s'il accepte, sous peine d'être tué par les Érinyes, des furies qui s'assurent que la tradition est respectée. Ce rite antique est considéré comme une loi divine dans la mythologie et ne peut être brisé que si le suppliant part de son propre chef.

 

photoWonder Woman face aux Érinyes

 

Un soir, alors qu'elle se trouve à l'ambassade de Themyscira à New York, Diana remarque une jeune femme qui attend dehors par la fenêtre. Quand elle ouvre la porte, cette inconnue lui demande l'asile, s’agenouille à ses pieds et pratique le rite d'Hiketeia sous ses yeux. L'héroïne accepte de recueillir cette femme appelée Danielle Wellys et se retrouve donc obligée de la protéger coûte que coûte, mais ignore qu'elle a commis plusieurs meurtres à Gotham et que Batman est sur ses traces depuis qu'elle lui a échappé (deux fois). Lorsqu’il arrive pour la récupérer, Wonder Woman s'interpose et le remet à sa place une première fois avec une droite, puis quand il tente de s'en prendre à nouveau à Dany après qu’elle ait fui l’ambassade par culpabilité, l'Amazone envoie Batman au sol et le force à jeter l'éponge une fois pour toutes en écrasant son visage sous sa botte.

À travers cette courte histoire entre tragédie grecque et drame contemporain, la bienveillance, l’altruisme de Wonder Woman et son lien avec la mythologie sont habilement exploités et mis en valeur face à un Batman dépeint comme un héros froid, dénué d'humanité. Greg Rucka s'intéresse à la moralité des deux héros et met l'Amazone en opposition au Chevalier Noir, la justice divine face à celle des hommes, l'idéalisme face au cynisme.

 

photoBat-loose

 

WONDER WOMAN VS SUPERMAN

Depuis leur première rencontre en 1947, Wonder Woman et Superman sont devenus des alliés et de fidèles amis au sein de la Justice League. S'ils se sont rapprochés intimement dans certaines versions de l'univers de DC, les deux super-héros ont également été opposés à de multiples reprises, pour différentes raisons.

Même si certains comme Batman ou Lex Luthor ont déjà pu rivaliser avec Superman en utilisant la technologie et une bonne dose de kryptonite, Wonder Woman pourrait bien être la seule à pouvoir se mesurer face à lui uniquement en se servant de ses capacités exceptionnelles, de son équipement offert par les Dieux, mais aussi de son âme de guerrière qui la pousse à aller jusqu’au bout, quoiqu’il arrive.

 

photoIl fait moins le malin le Kryptonien

 

Dans Injustice : Les dieux sont parmi nous de Tom Taylor, Superman est devenu un tyran après que le Joker l’ait poussé à tuer Lois Lane et certains héros comme Wonder Woman ont rejoint son régime tandis que Batman organise la résistance aux côtés d'autres héros et va demander l’aide des Dieux de l’Olympe. Alors qu'il prend le Hall de Justice d'assaut et demande la reddition de son vieil ami, l’Amazone refuse de s’écarter et demande à ce que l'affaire soit réglée par un combat à mort pour éviter un carnage. Les Dieux acceptent et Superman se porte volontaire comme champion pour représenter les siens, mais, sachant ce qui allait se passer (comme toujours), Batman choisit Wonder Woman. Diana refuse et se rue sur le Chevalier Noir, mais Zeus intervient et explique que le pacte doit être honoré.

Superman ne retient pas ses coups et envoie Diana au sol, mais alors qu'il lui demande de renoncer, elle se relève avec rage et se déchaîne, trop fière pour abandonner. Après lui avoir enfoncé les globes oculaires, elle lui casse le bras et le cogne jusqu'à ce qu'il soit inconscient. Mais alors qu'elle s'apprête à lui porter le coup fatal, Sinestro la surprend en l'attaquant dans le dos et la guerre entre les deux clans éclate finalement.

 

photoAvec Harley Quinn en commentatrice

 

Greg Rucka a lui aussi un affrontement entre les deux figures de DC quand il était en charge du titre consacré à l'Amazone. Maxwell Lord manipule Superman pour lui faire croire que Wonder Woman est Doomsday et qu'elle a tué Lois, déclenchant ainsi la fureur du Kryptonien. Diana tente de l'arrêter, mais Superman lui brûle le visage avec sa vision thermique, l'emmène dans l'espace pour la jeter sur Terre et lui brise le poignet.

Pour gagner du temps et réussir à capturer Maxwell Lord avec son Lasso de la Vérité, elle lance son diadème et tranche la gorge de Superman (qui survit quand même, parce que c'est Superman). Soumis au sortilège du lasso, Max Lord explique que l'enchantement ne peut prendre fin que s'il meurt et Diana décide alors de lui briser la nuque, même en sachant que Clark ne pourrait jamais la pardonner d'avoir tué quelqu'un pour le sauver.

 

photoAlors, il est où le souffle glacial ?

 

WONDER WOMAN, DÉESSE DE LA GUERRE

En 2011, DC décide de relancer son univers avec Flashpoint et lance une nouvelle continuité baptisée New 52 (ou Renaissance en France). Wonder Woman est confiée à Brian Azzarello et Cliff Chiang, qui signeront un des passages les plus mémorables autour de l'Amazone, allant même jusqu'à réinventer ses origines pour l'occasion. Diana n'est plus une création d'argile d'Hippolyte dans laquelle les dieux auraient insufflé la vie, mais le fruit d'un adultère entre la reine de Themyscira et Zeus lui-même. L’Amazone a ensuite été entraînée par Arès pendant sa jeunesse, perfectionnant ses capacités jusqu'à devenir une guerrière redoutable, mais tout en conservant la compassion et l’empathie qui la définissent.

Durant ce récit mythologique aux accents shakespeariens (qui rappelle le travail de Neil Gaiman avec American Gods), Wonder Woman rencontre Zola, une jeune femme porteuse de l'enfant de Zeus, qui est recherchée par les Dieux parce que son bébé entraînerait la chute de l'Olympe. Pour la protéger, Diana se dresse alors contre les Dieux grecs et s'allie à certains d'entre eux comme Arès ou Héphaïstos, mais se retrouve confrontée à un autre ennemi dévastateur : le Premier-Né, fils d'Héra et de Zeus, qui s'est libéré de la prison dont il était retenu pendant des millénaires.

 

photoLa Voie de la Guerrière

 

Lors d’une bataille sanglante, Arès est sur le point de mourir de la main du Premier Né. Pour empêcher ce dieu déchu de devenir encore plus puissant et de régner sur l'Olympe, Diana s'empare d'une lance et décide d'empaler le Dieu de la Guerre et le Premier-Né qui le retient. En tuant Arès, qui meurt dans ses bras, elle devient donc la nouvelle Déesse de la Guerre. Alors qu'Hadès vient pour chercher Arès, son neveu, Diana décide de conduire le corps de son mentor elle-même dans la barque de Charon et l'accompagne sur le Styx. Après avoir renié sa nature et ses pouvoirs divins, elle décide finalement de les accepter et libère tout son potentiel afin de vaincre le Premier-Né et de ramener la paix.

Wonder Woman par Brian Azzarello et Cliff Chiang est une excellente porte d’entrée au monde de la super-héroïne, avec de superbes dessins et une intrigue complètement épique, qui s’amuse avec la mythologie grecque, la représentation des Dieux de l’Olympe et l’univers de DC avec ingéniosité, tout en montrant à quel point Wonder Woman est un personnage complexe par nature, une guerrière au service de la paix, qui ne tue que lorsque c'est nécessaire.

 

photoBrochette de divinités

 

WONDER WOMAN VS JUSTICE LEAGUE

En plus de Batman et de Superman, Wonder Woman a également affronté d'autres membres de la Justice League et a même réussi à tous les vaincre.JLA : A League of One de Christopher Moeller démarre au Moyen-Âge. Des chevaliers luttent contre un dragon nommé Drakul Karfang, mais ne parviennent pas à le tuer et l'enferment donc dans une caverne en scellant les portes. Des siècles plus tard, Wonder Woman retourne à Themyscira et apprend par un oracle de Delphes que la bête va se réveiller et que toute la Justice League va périr en essayant de l'arrêter.

 Afin d'empêcher que ses amis soient tués en même temps qu'elle, Diana décide alors de s'en prendre à eux l'un après l'autre, jusqu'à ce qu'elle soit la dernière et unique membre de la Justice League, à la manière de Batman dans Justice League : La Tour de Babel. Alors que chacun des héros part accomplir la mission qui lui a été attribuée, l'Amazone se débarrasse d'abord de Martian Manhunter et du lien télépathique qu'il maintient entre eux, puis de Kyle Rayner, le Green Lantern qui a remplacé Hal Jordan. Avec l'aide des nymphes, elle réussit ensuite à faire tomber Flash et enfermer Aquaman, puis assomme Batman et se retrouve finalement face à Superman.

 

photoC'est pour ton bien

 

Désemparé, Superman tente de comprendre ce qu'il se passe et de calmer Diana, mais l'Amazone ne s'arrête pas. Sachant qu'elle ne pourrait pas le battre en combat singulier, elle lui explique que les autres héros de la Justice League sont enfermés dans une capsule qu'elle a placée en orbite autour du Soleil et qu'ils n'ont plus que quelques heures d'oxygène pour survivre. Comme prévu, Superman abandonne et va les sauver, permettant ainsi à Wonder Woman d'aller affronter Drakul Karfang avant qu'il ne ravage la Suisse et le reste du monde.

Ce récit épique de fantasy aux illustrations picturales montre que Diana peut surpasser les autres membres de la Justice League en utilisant sa force brute et son intelligence, mais prouve également sa loyauté, sa dévotion et son sens du sacrifice envers ses amis et l'humanité.

 

photoLa désolation de Drakul Karfang

 

WONDER WOMAN, AMBASSADRICE DE THEMYSCIRA

Contrairement à Bruce Wayne qui doit simplement dépenser sa fortune colossale ou à Clark Kent qui se fait passer pour un journaliste au Daily Planet, Diana assure une fonction officielle, qui accapare une grande partie de son temps. Greg Rucka avait déjà exploité son rôle d'ambassadrice de Themyscira dans Wonder Woman : Hiketeia et il utilisera cette facette du personnage pour caractériser son passage autour de l'Amazone.

Entre deux interventions avec la Justice League pour sauver la planète ou l'arrestation d'un dictateur, Diana doit également faire des discours devant les Nations Unies, donner des conférences devant des étudiants, gérer les crises diplomatiques entre Themyscira et le reste du monde, représenter les valeurs des Amazones, faire la promotion de son livre ou encore répondre à des interviews pour la télévision ou des magazines. Comme n'importe quel ambassadeur, elle possède son propre cabinet avec tout un tas de collaborateurs, y compris son propre chef cuisinier, Ferdinand, un cousin éloigné du Minotaure en personne.

 

photoQuand Wonder Woman troque sa tenue d'Amazone

 

Dans un numéro de Phil Jimenez, Lois Lane suit Diana pendant toute une journée. Pendant que la journaliste prend des notes pour son article, Wonder Woman se rend aux Nations Unies pour un discours en faveur des droits des femmes, à la Maison-Blanche pour un entretien avec le Président Luthor, dans un talk-show ou encore dans des pays en guerre pour réconforter des enfants à l'agonie. En plus d'avoir eu l'occasion de l'interroger sur sa relation avec Superman et de faire une partie de billard avec elle, Lois a également pu se rendre compte de la charge qui pèse sur les épaules de Diana et de ce qu'elle représente aux yeux du monde entier.

Un symbole de vérité, de respect et de bonté, qui a même poussé les vraies Nations Unies à désigner l'héroïne comme ambassadrice honoraire en octobre 2017 pour une campagne autour de l'émancipation des femmes et des filles. Cette nomination peu judicieuse a largement été contestée à travers plusieurs pétitions et la mission de Wonder Woman auprès de l'ONU de notre univers s'est finalement achevée au bout de deux mois.

 

photoDe la méfiance à la confiance

 

D'autres moments auraient pu figurer dans cette liste : quand Wonder Woman décime les humains dans DCeased ; lorsque les Amazones et les Atlantes s'affrontent dans Flashpoint ; son rôle dans Kingdom Come avec sa fameuse armure dorée ou encore la fois où elle a utilisé un des serpents de la tête de Méduse pour s'injecter du venin dans les yeux et pouvoir ainsi la regarder sans craindre d'être changée en pierre. Une preuve de plus que Wonder Woman mérite qu'on la respecte autant que Batman ou Superman, si ce n'est plus.

Tout savoir sur Wonder Woman 1984

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commentaires

Gloss
16/01/2021 à 14:27

@corleone
Assez d'accord avec toi, Gal Gadot est vraiment loin des comics avec Patty Jenkins, à voir si le Snyder cut va la mettre plus en valeur.
Ce qu'elle devrait envier, c'est surtout une réalisatrice qui ne se perd pas dans les effets numériques…

Alaindubourgdubrin
14/01/2021 à 15:38

@kong
100% d'accord.
Prenons garde à la diversion qui se dissimule derrière le divertissement.
On nous endort avec des stupidités pendant que notre liberté, nos droits et la démocratie sont menacés.
Mon propos n'est pas de dire que l'on ne peut pas s'évader mais simplement qu'il ne faut pas quitter des yeux le monde réel. Ces films de super-héros en dehors de leur nullité scénaristique et abyssale (pour la quasi intégralité) abreuvent les gens de stupidités et limitent leur capacité à raisonner. On est très loin de certaines oeuvres très intelligentes d'Alan Moore par exemple. Je pense aux watchmen et à v pour vendetta. Matrix peut s'apparenter en quelques sortes à un film de super héros mais il est intelligent et donne à réfléchir.

N'oublions pas non plus la dimension raciste et propagandiste qu'on peut retrouver dans pas mal de ces films de super-héros.
Exemple: Wonder Woman 1984 et la scène de l'Arabe avec une mitrailleuse qui formule un voeu selon lequel il souhaite avoir l'arme atomique.
Captain America 2, et la scène dans laquelle Redford précise lors d'une réunion que le bateau attaqué au début du film l'a été par des pirate algériens et no, pas par des pirates français, la scène où il diabolise le pakistan plus loin.
Il y en a des tonnes pour qui sait ouvrir les yeux. Les iraniens diabolisés aussi dans tranformers 3 (vers 14 mn environ). Les deux premiers transformers qui justifient la présence américaine en Irak tout en nous balançant des absurdités genre dinosaures mécaniques (je ne sais plus dans quel épisode). Retour vers le futur et la scène des lybiens.
L'image des indiens dans les westerns. L'image du noir qui a été sali dans le cinéma. l'asiatique comme dans Diamant sur canapé par exemple, les scènes racistes avec Mickey Rooney il me semble.
Attention à la diversion et à la programmation mentale.

sentenza
14/01/2021 à 08:11

Il faut arreter de penser que les comics se résument aux super héros, il y a beaucoup de comics, notamment indépendant, qui ont des récits et des univers bien plus originaux.

Castor
13/01/2021 à 19:36

Des films nuls adaptés de comics tout aussi nuls

sylvinception
13/01/2021 à 17:32

Sur la première photo de l'article : Gal Gadot passant l'audition pour le remake de Stargate.

Kastor Kong
13/01/2021 à 17:12

Tu as raison Kong ! Kieslowski Kubrick Rohmer Truffaut revenez !!!!!

corleone
13/01/2021 à 15:44

Oui. Ce côté brut et sauvage de l'héroïne originelle qui manque terriblement à Gal Gadot.

kong
13/01/2021 à 15:26

J'en peux plus de la sous-culture véhiculée par les comics.
Où sont passés les projets originaux qui font appel à l'intelligence des lecteurs et des spectateurs ?
Parce que les comics à haute dose, c'est l'uniformisation par le bas et la geek attitude en circuit fermé. C'est de plus en plus lassant et ennuyeux...

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