Captain America version 1990, le pire film de super-héros jamais réalisé ?

Par Prescilia Correnti
8 novembre 2020
MAJ : 20 novembre 2024
Captain America : photo, Matt Salinger

Continuons notre road-trip sauvage des vieux films de super-héros. Après le Dr. Strange des années 1970, c’est au tour de notre Captain America de briller.

Tout au long des années 1980 et 1990, Marvel Comics a essayé tant bien que mal de faire de ses personnages des figures montantes du cinéma à Hollywood. En 1981, Stan Lee quitte New York pour la Californie afin de diriger le département cinéma de Marvel. À cette époque, Marvel n’a pas la puissance cinématographique d'aujourd'hui et connaît au contraire bien des déboires économiques. 

À la suite d’une avalanche de faux départs, de tentatives de négociations infructueuses et de mauvais choix, Marvel est contraint de vendre les droits cinématographiques de ses héros à un certain nombre de sociétés de production pour survivre. Entre projets inlassablement repoussés (Spider-Man) ou échecs (The Punisher, Howard The Duck), les années 90 n'ont pas été une décennie particulièrement favorable aux super-héros du cinéma. 

À l'époque, personne ne savait vraiment comment raconter une histoire de super-héros solide et convaincante avec des personnages intéressants. Apparemment, parce que les comics ont tendance à être ringards et exagérés (d'une manière amusante), les cinéastes ont décidé que leurs films devaient être aussi ringards et exagérés (mais pas d'une manière amusante). La production américano-yougoslave de Captain America, sortie en 1990 ne fait pas exception à la règle.

 

photo, Matt SalingerQuand tu essaies d'être un méchant convaincant

 

LA DIFFÉRENCE ENTRE UN BON ET UN MAUVAIS FILM

Produit par Menahem Golam et dirigé par Albert Pyun, le Captain America de 1990 va connaître quelques grands changements par rapport aux comics, pour le bien comme pour le pire du long-métrage. À commencer par une introduction bien sombre pour un film de super-héros.

Captain America voit le jour dans l'Italie des années 1930. Le long-métrage s'ouvre sur des soldats fascistes qui s'introduisent dans une maison familiale et s'emparent du jeune fils, disant qu'ils ont besoin de lui pour son "intelligence supérieure". Une fois le jeune garçon capturé, les soldats se chargent ensuite de tuer tous les autres membres de la famille.

Le garçon est ensuite emmené dans un laboratoire où on lui explique qu'une nouvelle procédure a été développée pour rendre les êtres vivants beaucoup plus forts et intelligents. Compte tenu de l’affreuse expérimentation menée sur un rat difforme, on ne peut qu’imaginer le pire pour ce pauvre gamin. Lorsqu’ils font venir la scientifique qui a inventé le procédé, cette dernière est horrifiée à l'idée de l'utiliser sur un enfant et refuse de prendre part à l'expérience. En représailles, les soldats tentent de la tuer, mais elle réussit à s'échapper, laissant les fascistes continuer à faire des expériences sur le petit garçon.

 

photoQuand tu fais un point déprimant sur ta vie en 2020

 

De toute évidence, c'est ce qui est censé être à l'origine de Crâne rouge, qui a maintenant une origine italienne. Pourtant, on sait que Crâne rouge est censé être un Allemand du nom de Johann Schmidt qui a travaillé aux côtés d'Hitler et des nazis et qui a ensuite formé le groupe terroriste Hydra. Alors, pourquoi a-t-il fallu changer sa nationalité ? Était-il trop coûteux de faire appel à un acteur allemand pour le rôle ? Était-ce parce qu'il était moins cher de tourner en Yougoslavie plutôt qu'en Allemagne ? Captain America est sorti en 1990, le mur de Berlin a-t-il joué un rôle dans cette décision ? Mystères…

Le film fait ensuite un bon de sept ans dans le futur pour nous emmener en plein milieu de la Seconde Guerre mondiale. La scientifique qui avait inventé le procédé du super-soldat a apparemment rejoint le camp des Américains aux États-Unis et a réussi à affiner son expérience. Ce qui signifie que le prochain gars ne verra pas son visage se transformer en une grosse tomate pourrie et déformée. Et ce chanceux n’est autre que… Steve Rogers ! Il vit à Redondo Beach, sous le soleil de la Californie.

 

photo"J'adore ma nouvelle vie"

 

A contrario, si Captain America : First Avenger s'est donné la peine de montrer un contraste net entre Steve Rogers avant et après le projet "Rebirth", le Captain America de 1990 s’en est essuyé les mains. En 2011, il était essentiel de montrer à quel point Steve était physiquement sous-développé et frêle avant de devenir tout chamois et ultra-costaud, afin de mettre l'accent sur la puissance impressionnante de ce sérum de super-soldat. 

Dans ce Captain America, Steve Roger (Matt Salingerétait déjà physiquement bien en forme et avait déjà la gueule de l’emploi. Il est supposé être un soldat patriote dont le père est mort à la guerre et qui quitte sa famille pour devenir le premier super-soldat américain.

Ce qui l’a empêché de rejoindre l’armée, ce n’était pas sa faiblesse, mais parce qu’il souffrait de polio, ce qui rendait sa jambe boiteuse. Un sacré désavantage pour le combat, ça c’est sûr. Le sérum n’aura pas l’utilité de le transformer en super-soldat claquant et scintillant, mais plus d’augmenter sa force et sa rapidité et de lui donner un joli frisbee aux couleurs de l'Amérique.

 

photoUn Crâne Rouge plutôt réussi

 

UN CAPTAIN PLUS FIDÈLE AUX COMICS ? 

Après Avengers : L'Ère d'Ultron, de nombreux internautes et critiques ont fait part de leurs retours mitigés sur le Steve de Chris Evans. Caractérisé comme étant trop propre, trop gentil, trop noble, les fans du "vrai" Steve Rogers dans les comics ont reconnu qu’ils leur manquaient quelque chose. Peut-être était-ce le fait que même le héros le plus noble des États-Unis avait lui aussi son côté sombre en démontrant qu’il pouvait être égoïste et prétentieux, bref qu’il était humain et non une super-machine parfaite.  

Malgré toutes ses bouffonneries, le Captain America de Matt Salinger incarne, même si c'est peut-être par accident, beaucoup des traits que les fans recherchaient chez un Steve imparfait.

Il se montre jaloux et rancunier. Par deux fois, il simule le mal des transports, fait une course folle et vole la voiture de sa pauvre comparse, la laissant en rade sur une route déserte à cause d'une conviction obstinée qu'il n'a besoin d’aucune aide pour venir à bout de ses ennemis. C’est à la fois bête et hilarant, mais ce n'est pas si mal. 

 

photoCrâne Rouge une fois passé sous le bistouri

 

De même, si dans le Captain America de Joe Johnston, Steve Rogers est connu pour être le symbole de l’Amérique (c’est un peu le retour du héros vaillamment tombé au combat que tout le monde souhaite voir revenir d’entre les morts), dans la version d’Albert Pyun, ce n’est pas le cas, presque tout le monde l’a oublié.

Dans les vingt premières minutes du film, Captain se dirige droit vers la bataille avec Crâne Rouge et tombe dans un tas de neige avant même que quelqu'un ne se rende compte de son existence, puis se réveille cinquante ans plus tard et retourne directement dans la même bataille. Sauf que personne ne sait qui il est, hormis deux personnes : sa bien-aimée laissée pour compte et un jeune enfant devenu Président des États-Unis d’Amérique (Ronny Cox).

 

photoQuand tu n’as pas ton attestation de dérogation

 

Le message est d’autant plus frappant lorsque lors de leur dernière confrontation, Crâne Rouge dit à Steve : "Personne ne se soucie de toi", et que ce dernier lui répond : "Moi, je me soucie de toi". Le monde n'a pas connaissance de Captain America dans cette version de l'histoire, et les valeurs qu'il est censé défendre ne sont plus pertinentes pour tous ceux qui l’entourent.  

Le film nous dit peut-être le contraire, mais en réalité, Captain America n'est qu'un type rancunier, un héros en devenir qui ne ferait jamais le tour du quartier si tout le monde autour de lui ne se mettait pas à l’aider. Ce n'est probablement pas le défaut de caractère que les fans espéraient, mais c'est un changement agréable de voir un supposé super-héros devoir compter autant sur ses alliés.

 

photoMatt Salinger, dégouté d'avoir été refoulé par Marvel 

 

UN CRÂNE EN VAUT BIEN DEUX 

De son côté, l’ennemi numéro 1 du héros des États-Unis, Crâne Rouge (Scott Paulin) est le personnage qui détient le plus de profondeur dans son écriture. Un méchant au passé tragique et douloureux, ce n’était pas commode et c'était surtout bien avant qu'Hollywood ne sache faire de bons gars intéressants. 

En 1990, Albert Pyun et les scénaristes Stephen Tolkin et Lawrence J. Block décident de déverser toute leur caractérisation dans ce qui fait un "bon méchant" : le film commence directement sur lui, enfant innocent dans les années 1930 qui voit toute sa famille se faire assassiner, puis qui se retrouve torturé et transformé en monstre par un procédé inhumain. 

Produit façonné par des scientifiques déjantés, Crâne Rouge est le résultat stéréotypé d’un bon Frankestein Hollywoodien. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il travaillait avec les nazis pour bombarder la Maison-Blanche (où Steve s’est retrouvé attaché dessus, ce qui a conduit cette fusée de l'Italie à Washington, puis en Alaska), mais quand cela a échoué, il a apparemment décidé de s'installer à Rome et de devenir un mafieux discret.

 

photoQuand il s'énerve, il devient rouge 

 

Après une ellipse temporelle, nous le retrouvons en 1993 (ne demandez pas pourquoi ce film se déroule trois ans après sa réalisation, cela fait partie de sa magie), où il a subi une révision de sa chirurgie plastique et travaille avec sa fille Valentina (Melinda Dillon). Son nouveau projet est de kidnapper le président américain et lui implanter une sorte de puce de contrôle. Bien évidemment quand son opération échoue, il décide de faire sauter tout le monde.

Dans cette version, Crâne Rouge nous apparaît plus humain, très loin derrière l’imaginaire de Joel Simon et Jack Kirby quand il a créé le personnage dans les comics ou de l'interprétation de Hugo Weaving dans Captain America : First Avenger. Dans une scène où Il se tient près d'un piano - ce qui est significatif, car il en jouait juste avant que les nazis ne l'obligent à regarder sa famille se faire tuer - ce dernier dit au Captain : "Nous sommes tous deux des tragédies. Et maintenant, j'envoie nos deux âmes fatiguées se reposer."

Et Steve ? Il prend la pose et déclare : "Pas si j'ai mon mot à dire" avant d'utiliser son bouclier pour faire tomber Crâne Rouge d'une falaise et, très probablement, couper la tête de Valentina. Subtil, ce Steve ne l'est pas, on vous l’a dit. Mais, intentionnellement ou non, cela nous laisse avec une véritable sympathie pour le diable, une profondeur que First Avenger n'avait pas permise.

 

Hugo Weaving La version Crâne Rouge de 2011 

 

Concernant l’aspect esthétique des deux protagonistes, beaucoup jaseront sur le look peu glorieux du costume de Captain America. Si Scott Paulin dans son rôle du Crâne rouge joue très bien le rôle du vilain et son look correspond bien à celui du méchant de la bande dessinée, le costume de Captain America paraît idiot en comparaison. Mais il ressemble aussi à Cap de la bande dessinée.

On ne peut pas remplacer un casque rouge, blanc et bleu de l'armée avec des petites ailes ridicules qui sortent de son capuchon.  Il ressemble à un personnage de comics de son époque, alors pourquoi est-ce que ce serait obligatoirement une mauvaise chose ? D’autant plus que le réalisateur Albert Pyun a contacté Marvel Comics pour la réalisation du costume noir "Captain America" que Steve Rogers portait dans le comics en 1989, mais ces derniers ont refusé.

Pour l’anecdote, le costume de Captain America de Matt Salinger était fait de caoutchouc épais. Il était lourdement rembourré et ne respirait pas. Le tournage s'est déroulé en été en Yougoslavie, avec des températures atteignant 40,5 degrés. On peut imaginer que ce n'était pas des conditions idéales.

 

photoMatt Salinger à bout de souffle 

 

UN FILM ÉTONNAMMENT FÉMINISTE ? 

Aux côtés de Matt Salinger et de Scott Paulin se tiennent fièrement des figures féminines. Ainsi on retrouve un casting plutôt solide composé de Francesca Neri, Melinda Dillon ou encore de Kim Gillingham qui interprète deux rôles. Quand Captain America se termine, il y a une chose étonnante qui frappe : aucune des femmes du film - qui sont nombreuses - n'a été une demoiselle en détresse. Bien au contraire. 

Le personnage d'Erskine joué dans le film Marvel par Stanley Tucci est une femme dans la version d'Albert Pyun, nommée docteur Maria Vaselli (Carla Cassola). Elle commence en tant que scientifique travaillant sur le sérum Red Skull, mais lorsqu'elle voit ce qu'ils font à l'enfant, elle se rebelle et, lorsqu'ils essaient de la tuer, s’échappe.

Dès lors, elle commence à travailler avec le gouvernement américain pour améliorer le sérum, et lorsque Steve est prêt à recevoir sa dose, elle est toujours là. Elle a tué, bien sûr, comme Erskine, mais le fait qu'une femme ait occupé un tel poste d'autorité dans les années 1930, de manière si évidente, démontre l'envie du réalisateur de mettre la gent féminine à un rôle bien important que celui de la petite amie en détresse.

 

photo"Je ne suis pas ton assistante Steve"

 

Vient ensuite la figure de Peggy Bucky Bernie (Kim Gillingham), le seul véritable amour de Steve qui promet de l'attendre "pour toujours, et toujours, et toujours, etc." Vous pensiez qu'elle n'est qu'une amoureuse aux yeux de biche jusqu'à ce que nous la retrouvions 50 ans plus tard, mariée et maman.

Quand Steve la trouve, elle lui dit qu'elle a attendu jusqu'à ses 38 ans, puis qu'elle s'est mariée et a eu des enfants, parce qu'elle n'allait pas laisser sa vie passer. Lorsqu'elle avoue qu'elle se sent vieille et laide par rapport à lui, ce dernier lui répond qu'il la trouve belle, ce qui est aussi pas mal pour une époque où les femmes entendaient dire qu'elles étaient "trop vieilles" pour exister au-delà de 26 ans.

 

photoLa totale décontraction de la situation

 

Malheureusement, quelques heures après leurs retrouvailles, elle se fait tuer par la fille de Crâne Rouge, et nous apprenons que même lorsque sa vie était en jeu, elle n'a jamais donné aucune information sur Steve - une héroïne à sa manière. 

Et puis il y a la fille de Bernie, Sharon (Kim Gillingham). Mais Sharon, même si elle n'est pas la version de Sharon de l'agent 13, est en fait un personnage féminin assez rafraîchissant. D'une part, elle n'a jamais explicitement attiré l'attention de Cap, et d'autre part, elle a une raison très précise, qui n'est pas liée à la romance, pour le suivre.

 

photoLe futur président des États-Unis 

 

POURQUOI ÇA N’A PAS MARCHÉ ?

Si Captain America n’était finalement pas si moche que ça, alors quelles ont été les raisons de son échec totalement cuisant ? En 2006, le site IMDb le classe 48e dans la liste des pires films jamais réalisés.

La première difficulté qui se présentait à l’équipe tournait autour des droits d’acquisition du héros. Les droits de Captain America en live-action ont été achetés par Cannon films en 1984, et le film est ensuite passé entre plusieurs mains et a eu plusieurs scénarios différents avant ce qui a été retenu pour le film de 1990.

Lorsque le producteur Menahem Golan a été licencié de Cannon, une partie de son indemnité de licenciement a été de continuer à contrôler les droits du film Captain America.

À suivi : la venue d’Albert Pyun en tant que réalisateur pour que le film puisse se finir. Le film aurait été budgété à moins de 10 millions de dollars, autour de 6 millions selon certaines sources. En réalité, après le départ de Cannon films, Captain America aurait été tourné avec un budget avoisinant les 3 millions. Même si aucune source ne confirme réellement les chiffres, une chose est sûre : il a été réalisé à bon marché avec les moyens du bord. D’après les seules sources existantes, il n’aurait rapporté que 10 000 dollars au box-office.

 

photoQuand t'as du mal à accepter la vérité 

 

Si Captain America est sorti dans les salles de cinéma au Royaume-Uni en 1990, il n’a en revanche jamais vu le jour dans les salles de cinéma américaines. 21st Century a commencé à monter une campagne de publicité, mais avant que le film n'ait pu atteindre une large notoriété, la campagne a été arrêtée et Captain America a été mis de côté pendant les deux années suivantes.

Ces derniers n’auront eu connaissance de leur héros national qu’au moment de sa parution en VHS. Ce qui est dommage, car initialement la sortie en salles du film devait avoir lieu au printemps 1990, coïncidant en grande partie avec l'année du 50e anniversaire de la création de Captain America et de ses débuts dans le monde des comics.

Le moment de la sortie proposée était également considéré comme une tentative de Marvel Comics de tirer profit de la popularité soudaine des adaptations cinématographiques de super-héros et de bandes dessinées en direct, alimentée par le succès de Batman sorti en 1989.

 

photo, Matt SalingerQuand tu essaies malgré tout de faire bonne figure

 

L'autre raison c'est que la cible visée par le film n’était peut-être pas la bonne. Captain America souhaitait traiter en profondeur le culte des héros, d'où la fascination des garçons Kimball et Beatty pour le Captain pendant leur enfance. Mais malheureusement, il se perd totalement en faisant également référence à la Torche humaine et à Superman. L'idée est là, mais le propos mal placé. 

La triste vérité c’est que cette version de Captain America souffre d'une valeur de production spectaculairement mauvaise, et certains tentent à tort (et à moitié, à son avantage) de faire de Captain America une arnaque stoïque de Superman à la mâchoire carrée. Les effets sonores percutants sont tirés directement d'un dessin animé, certains décors sont risibles, et l'écriture du personnage de Steve est inexistante : c'est un bon soldat qui veut être un bon soldat et qui continue à l'être. 

 

photoCaptain essaye de faire bonne figure

 

Les principaux intéressés, Albert Pyun et Matt Salinger, avaient un jour indiqué qu’ils aimaient profondément ce personnage et qu’ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour le rendre fidèle dans un film aussi sous-financé. Matt Salinger affirmait même qu'il trouvait le scénario excellent. Quand on est dans le déni, c’est difficile d’en sortir. 

Au détour d’interviews, Pyun et Salinger évoquaient également la qualité de leur collaboration et donnaient plus ou moins l'impression qu'avec plus d'argent et plus de temps, ils auraient pu réaliser un meilleur film. Après tout, on ne peut pas leur en vouloir. S'en prendre au film, c'est un peu comme s'en prendre à un vieil homme pauvre et physiquement handicapé. 

D’ailleurs pour l’anecdote, lors de la sortie du film Captain America : First Avenger, Matt Salinger avait accordé une interview à GQ dans laquelle il admettait que le nouveau film Marvel "ressemble à ce que nous avions espéré que le nôtre ressemble". Il a ensuite avoué qu'il avait demandé à Marvel de faire une apparition dans le film, ce qu'ils ne lui ont pas accordée. 

 

photoQuand tu te rends compte que 2020 n'est pas encore fini

 

EN CONLUSION 

Le film aurait-il pu être pire ? Bien que la qualité de production bon marché et l'idéalisme caricatural du film soient fidèles à la conception du super-héros, Captain America se révèle moins ringard que Ray Cycle ou Captain Planet voire Superman IV : Le Face-à-face.

Au-delà de l'échec épique du héros lui-même, il y a en fait un semblant d'histoire intéressante. Il y a un méchant tragique arraché à sa famille et forcé à devenir un monstre, élevant sa fille pour qu'elle devienne un leader à part entière. Il y a une fille de forte volonté qui perd un parent et suit le seul homme qui peut lui rendre justice, et il y a un président dont la foi en ce mythique Captain America peut être l'expression de sa foi en un monde meilleur.

Est-ce le pire film de super-héros jamais réalisé ? Sûrement pas. Captain America d'Albert Pyun est peut-être un mauvais film, mais il est fidèle à sa source, et son créateur est clairement respecté. Il reste un long-métrage intéressant à regarder pour tous fans de l'univers Marvel ainsi qu'une bonne base sur ce que deviendra plus tard le phénomène des super-héros. En somme, Captain America est une simple histoire et sans grande exécution, avec la défense de son potentiel et la considération qu'il s'agissait simplement d'une occasion manquée.

La suite est réservée à nos abonnés. Déjà abonné ?

Lisez la suite pour 1€ et soutenez Ecran Large

(1€ pendant 1 mois, puis à partir de 3,75€/mois)

Abonnement Ecran Large
Rédacteurs :
Tout savoir sur Captain America
Vous aimerez aussi
Commentaires
7 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Deny

Comme quoi le « c’était mieux avant » ne marche pas pour ce sujet!

Marvelleux

Il y a un début a tout

on a perdu le captain et l'Amerique

toujours aussi ringards et exageres en 2020 les types et les heroines en collant serres,
au moins à l’époque pas de propa gande mon dialiste a coup de quotas
les realisateurs de l’épqoue avaien t tout compris tellement c’est has been le concept, de nos jours,les nons cineastes y croient durs comme faire à leur anti hero en cgi ils veulent même des oscars des fois
au moins les nanards de l’époque coutaient pas 200 ,300,voir 400 millions de dollars promo incluse ou pas

Gregdevil

Loué en vidéo club quand j’étais gosse. Meme bon public j’avais été grave déçu. La scène dans l’hélico dure des plombes et il ne s’y passe rien, on sent bien que tout le film est comme ça. Manque de budget flagrant. Un vrai nanar

Marvelleux

Dire que je l’ai eu en vhs à l’poque (edition ciné famille). Acheté a la foire fouille. No comment

Kyle Reese

Malgré tous les efforts de la production, ça pique les yeux.
Je salut les bonnes intentions de l’équipe créatrice tout de même mais il faut avoir les moyens de ses ambitions et quand ça veut pas ça veut pas.

Tient un truc marrant, les symboles de Crâne Rouge et de Blofelt sont quasiment les mêmes … Révélation dans le prochaine 007, Blofelt est Crâne rouge cqfd !! 🙂

Flash

Jamais eu la chance ou malchance de voir ce film.