Avant le choc Joker, Batman : The Killing Joke - pourquoi c'est grandiose, incroyable et incontournable

Prescilia Correnti | 21 septembre 2019 - MAJ : 21/09/2019 12:46
Prescilia Correnti | 21 septembre 2019 - MAJ : 21/09/2019 12:46

À l’occasion de la sortie prochaine du Joker de Todd Phillips, nous nous sommes replongés dans Killing Joke. Un incontournable de l’histoire de Batman et du Joker.

C’est qu’il est un arc bien curieux et étrange que celui de Killing Joke. Sorti il y a près de 30 ans en 1988, Killing Joke est donc né de l’imagination de Brian Boland avec l'aide d’Alan Moore. Ce dernier décrira lui-même quelque temps plus tard après sa parution que c’est un comics « quelque peu maladroit, mal jugé et dépourvu d’importance humaine réelle ».

En d’autres termes, peut-être était-il un peu trop sombre, trop sévère, au point de ne pas être au niveau des autres monuments littéraires de l’écrivain comme Watchmen, V pour Vendetta ou La Ligue des gentlemen extraordinaires. Pourtant, Killing Joke jouit encore aujourd’hui d’une popularité hors-norme, si ce n’est carrément dantesque. Tim Burton dira d’ailleurs que Killing Joke est sa bande dessinée préférée : « c’est le premier comics que j’ai aimé ».  

À coup de millions d’exemplaires vendus, le célèbre comicbook (re)donne une interprétation au Joker, au point de marquer définitivement son histoire. Ils nous livrent une histoire haletante, violente, peinture d’une société moderne qui pousse l’homme au centre de l’histoire à devenir complètement. Un peu comme le Joker de Todd Phillips ? Alors, comment en une journée, un être humain peut tomber dans la folie ? C’est justement ce dont nous allons parler.

 

 

LA MEILLEURE DES BLAGUES

Dès les premières pages de Killing Joke, il est difficile de savoir où l’on va. Est-ce un comics sur le Joker ? Sur Batman ? Sur le Joker ET Batman ?  Brian Boland et Alan Moore nous propulsent directement dans l’enfer d’Arkham tandis que le Chevalier Noir surgit de l’ombre afin de trouver le Joker. Tout devient un peu plus clair lorsque l’on commence à entrevoir le sombre plan du Joker pour piéger le Commissaire Gordon et prouver une de ses théories qui lui est chère.

Si Killing Joke retient donc notre attention, c’est avant tout parce les deux auteurs ont été les premiers à présenter au grand jour le passé du célèbre antagoniste de Gotham. Bien que Brian Boland préfère appeler sa genèse une « histoire parmi tant d’autres que le Joker se crée dans son esprit déluré », le comicbook nous offre enfin un aperçu clair de son passé. Nous découvrons ainsi, au fil du récit entremêlé avec Gordon, la tragique histoire de la naissance du Joker. 

 

Alan Moore, Brian BolandC'est qu'on aurait presque de l'empathie

 

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commentaires

stef13013
11/10/2019 à 15:42

Entierement d'accord !
Bravo pour cet article

Euh
09/10/2019 à 10:46

À lire et relire, à des années lumière en termes d'écriture et de subtilité du film Joker

Rudy Mako
24/09/2019 à 19:25

Le meilleur affrontement Batman /Joker que j'ai jamais lu et vu. Masterpiece !

Geoffrey Crété - Rédaction
22/09/2019 à 12:11

@RDM

Oui un bug. Tant mieux pour les non abonnés :)

Erwan
22/09/2019 à 12:07

@Opale : Ouais White Knight est absolument génial dans son traitement du Joker. Pour moi c'est un classique instantané.

Opale
22/09/2019 à 11:01

Un classique, un chef-d'oeuvre. Juste à coté le White Knight est aussi un sacré morceau d'écriture maligne.

RDM
22/09/2019 à 09:58

@Ecranlarge y a un soucis non !? J'peux lire votre article entièrement sans avoir l'abonnement....

Adam
22/09/2019 à 00:06

C est dit dans l article d EL qui cite Bolland mais je le répète: c est UNE des origines possibles du joker. Il dit lui même dans un autre comics que depuis son bain d acide il n a plus de souvenirs précis de son passé, que des scènes s entremêlent mais qu il n est pas sûre que ce soit arrivé...

danny_1952
21/09/2019 à 18:40

Je suis d'accord avec Nolan. En matière d'horreur, moins on en montre, plus on laisse l'imagination du cinéphile travailler, mieux c'est.

Je ne sais plus qui comparait le Hannibal de Manhunter à celui du Silence des agneaux. Qu'il ne me dise pas que le meurtrier en série de cette scène-ci de Manhunter n'est pas extrêmement troublant.
https://youtu.be/y07Z8YVbjbs?t=60

Pourtant, il ne fait rien de plus que de rester à proximité de la femme qu'il convoite et regarder ce qui se passe.

Erwan
21/09/2019 à 17:42

Oui The Killing Joke est à lire absolument mais attention, c'est pour public averti. L'oeuvre demeure assez malsaine et dérangeante. Ce n'est pas un défaut car totalement dans le propos, toutefois faut pas avoir peur d'être mis mal à l'aise durant sa lecture.

Aussi si Killing Joke demeure une référence pour toute adaptation du personnage, ce que j'apprécie dans la com faite autour du film Joker c'est qu'il ne cite pas le comics a tout bout de champs. Todd Phillips declarait même que les plus grosses influences de son film tenaient davantage dans des films des années 70 tels que Taxi Driver et Vol au dessus d'un nid de coucou. Il voulait que son personnage ai une folie "barroque", de celle dont on ne peut pas rationnaliser les actes. Vous me direz c'est le propre de la folie. Sauf qu'aujourd'hui cette dernière se voit souvent identifiée, mis dans des cases psychiatriques. Un personnage n'est plus seulement fou, il est atteint de troubles maniaco dépressif, de bipolarité, de PTSD. D'un côté tant mieux ca souligne l'avancée de la psychiatrie mais aussi une avancée dans l'etat d'esprit des gens concernant les maladies psychiatriques (qui peuvent toucher tout le monde, un dépressif dans ses phases les plus basses peut carrément virer dans le nihilisme total proche d'un Tyler Durden).

Toutefois pour le Joker, cette approche barroque de la folie est une excellente idée. C'est ce qui le rend d'autant plus effrayant. Il n'est pas que dépressif ou pervers narcissique... il est autre chose, une force destructrice, nihiliste et qui s'amuse de cela.

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