Alien : Covenant - critique que personne n'entendra crier

Simon Riaux | 7 avril 2021 - MAJ : 07/04/2021 19:19
Simon Riaux | 7 avril 2021 - MAJ : 07/04/2021 19:19

Alien : Covenant, ce soir à 21h05 sur CStar.

Cinq ans après un Prometheus qui aura engendré nombre de débats passionnés en nous proposant de réinventer la mythologie AlienRidley Scott continue d'interroger la légende qu'il a forgée à l'occasion d'Alien : Covenant. Conscient des reproches formulés à l'égard du précédent  volet, le réalisateur poursuit la mutation de cet univers, avec l'intention d'assoir une nouvelle fois la figure du Xénomorphe au sommet de la chaîne alimentaire de l'horreur.

PARADIS PERDU

L'équipage du Covenant traverse la galaxie avec à son bord des milliers de colons en cryo-sommeil, destinés à coloniser une lointaine planète habitable. Suite à une avarie, le personnel de bord est sorti d'hibernation, juste à temps pour capter un étonnant message, manifestement d'origine humaine, provenant d'un astre inconnu, qui a tout d'un paradis terrestre. Il s'agit en réalité d'un piège qui va se refermer sur eux et broyer leurs idéaux.

 

Photo Katherine WaterstonGround control to Major Scott

 

Scott a entendu les complaintes outrées des spectateurs agacés par ses questionnements cosmogoniques et, si les Ingénieurs ne sont pas totalement absents de cette nouvelle aventure horrifique, le cinéaste a décidé de changer son fusil d'épaule. En effet, Alien : Covenant opte pour un rythme extrêmement dense, resserré et adopte très rapidement une structure proche du slasher, tendance série B énervée.

Menace pléthorique et omniprésente, prédation ultra-violente, le malheureux équipage du Covenant n'aura pas droit à une seconde de répit. Gorgé d'une misanthropie qui confine souvent au nihilisme, le scénario se veut une machine de mort impitoyable lancée sur une galerie de personnages sacrificiels. La mise en scène tour à tour brute et nerveuse de Scott confère à ce jeu de massacre une très grande intensité, qui surprend tout d'abord par son apparente froideur, avant que le film ne dévoile véritablement où il entend diriger notre empathie.

 

Photo Michael FassbenderBlanc est mon cuir, noir est mon cœur

 

LA TOILE DE DAVID

Car si nos piteux colons se transforment rapidement en buffet ambulant, c'est qu'Alien : Covenant ne s'intéresse pas tant à eux qu'au véritable héros de cette nouvelle saga. Il s'agit bien sûr de David, qui devient plus que jamais un anti-Ripley, une figure vertigineuse de démiurge, à mi-chemin entre Faust, Prospero et Frankenstein.

Au coeur de ce chemin de croix, qui a substitué la peur de la maternité du Huitième Passager à une terreur séminale plus masculine, ce héros négatif, touchant dans sa quête d'un absolu mortel et indépassable, charrie avec lui une esthétique troublante, riche de références au romantisme allemand. Il confère à Covenant une richesse thématique et une poésie macabre qui s'hybrident curieusement avec la déferlante de violence graphique issue du cinéma d'exploitation.

 

PhotoIl a bon dos l'alien

 

Son importance et le traitement que le script réserve à ses protagonistes croyants nous donne également à voir une évolution radicale de l'oeuvre de Ridley Scott. Si ce dernier a toujours appréhendé ces personnages avec une distance loin d'être bienveillante, il paraît, depuis le décès de son frère Tony, plus révolté que jamais contre les fausses idoles ou illusions spirituelles des personnages qu'il déploie.

Dans le sadisme qu'organise le metteur en scène pour mettre à l'épreuve son équipage, on lit un rapport désormais totalement désenchanté au monde, une défiance complète à l'égard des marchands de rêve et de transcendance bon marché. Presque 40 ans après nous avoir alliés à Sigourney Weaver dans sa lutte contre une déité bio-mécanique meurtrière, Scott s'est définitivement rangé du côté de la créature, de sa perfection synonyme de pureté.

 

photoXénomorphe sur le toit

 

FAIS-MOI MAL

Radical et fiévreux, Alien : Covenant distille avec cruauté quelques puissants moments de cinéma. Il suffit à Ridley Scott d'un traveling semi-circulaire et d'un dialogue en apparence anodin autour de l'apprentissage de la musique pour nous faire comprendre le magnétisme diabolique de son héros maléfique et sa maîtrise du médium.

Il ne renonce pas pour autant à relire, réinventer et détourner les figures matricielles de la saga. Les irruptions de l'abominable Spineburster devraient rester dans les mémoires, tant elles frappent par leur ignominie sanguinolente. À la fois plus léger et plus profond que Prometheus, ce chapitre en forme d'hommage enragé à la première trilogie Alien réussit à divertir intensément, et a la bonne idée de se conclure de vicieuse manière, offrant à ses personnages un futur terrain de jeu aussi retors que létal.

 

Affiche

 

Résumé

Alien : Covenant joue simultanément la carte du film d'exploitation régressif et enragé, tout en ménageant de passionnantes pistes symboliques. Il gagne sur les deux tableaux.

Autre avis Geoffrey Crété
Après Prometheus, Alien : Covenant prouve que Ridley Scott ne sait pas quoi faire de cette créature, cette mythologie, et cette saga. D'où un film souvent soigné mais profondément bancal, qui oscille entre vieux schémas paresseux et parenthèses incongrues, lesquelles montrent que le réalisateur court après autre chose.
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Lecteurs

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commentaires
phil78
02/10/2021 à 18:10

Même si le scénario parrait au premier abord déjà vu. On apprécie la justesse de la mise en scène. les plans. les images. du grand art.
On retrouve l atmosphère du 1 er Alien. of course.. puisque du Même realisateur.
La créature devient un personnage de 1er plan.
La fin est terrifiante pour la suite .

Supersaucisse
30/07/2021 à 15:03

Que les thematiques de ceux films soit interessante est une bonne chose.
Mais quand ont sait oas correctement les exploiter derriere sans etre coherant ca vaut rien.
Comment peut on defendre l'indefendalble et croire une seul 1 sec aux personnages stupide et a l'histoire grotesque et debile

prof west
09/04/2021 à 15:39

Trac salut

ça dépend pour qui meme si je trouve que prometheus et covenant sont loin des 2 premier Alien, cela reste sympathique et bien mieux que cette bouse de interstellar a qui perso j'ai mis 0,5/5* chacun son avis.

Simon Riaux - Rédaction
09/04/2021 à 10:25

@Trac

Il était temps de vous en rendre compte.

Trac
08/04/2021 à 22:53

Simon Riaux qui mets 4 étoiles à Alien Covenant mais même pas 3 à un film comme interstellar hahaha ce type est un génie

S. D.
08/04/2021 à 21:27

4 étoiles? Sérieux...?

convenant
08/04/2021 à 13:21

En tant que films j'ai bien aimé covenant et un peu moins prometheus. Je comprends tout a fait la note d'EL sur covenant même si j'aurais plutôt mis 3,5 grand max.

MAIS en tant qu'histoire intégrée à la saga, c'est bof voir nul et ce depuis prometheus. Je comprends tout à fait les fans parce que l'origine des aliens inventée par Ridley Scott est vraiment très moyenne. Les ingénieurs, les xéno comme arme évoluant par l'intermédiaire d'un robot crée par l'homme, bof bof, trop anthropocentré et du coup on passe à côté de possibles origines plus mythologiques qui auraient pu être passionnantes. T'aurais pu trouver mieux Ridley.

Et oui je sais c'est contradictoire, j'aime le film pour le bon moment qu'il fait passer mais du tout pour son implémentation dans la saga alien

Roro
08/04/2021 à 10:27

J'ai essayé de le regarder à nouveau hier. J'ai coupé au milieu. Pourtant je suis assez fan de la saga, et j'avais plutôt apprécié Prometheus. Mais là... Ils sont tellement débiles que ça en devient grotesque. On pourrait mettre la musique de Benny Hill dans la scène de la navette avec les 2 qui glissent sur la même flaque de sang... Bref, oui, je pense que le film a tué la saga.

Monsieur Vide
08/04/2021 à 09:52

Allez, j'ose recopier un post que j'ai fait précédemment par flemme de réécrire sans doute..
Les réflexions et décisions de la plupart des personnages sont vraiment écrites avec les fesses. Des milliards de dollars en jeu, une expédition historique dans l'histoire de l'humanité, des centaines de colons à transporter vers un monde nouveau.
Monde nouveau étudié, recherché depuis des lustres..et...
Hop! On a la foi , on le sent bien alors direction la planète étrange qui apparaît comme ça ! Et je sors presque en sandale pour explorer.
Une petite protection faciale peut être au cas où des spores ou virus se baladeraient ? Non, pas besoin..
La preuve..
Je suis pas hater, mais c'est vrai que je n'aime pas qu'on me prenne pour une andouille en voulant me faire entrer dans une histoire avec des ficelles aussi incohérentes. Et qu'on ne parle pas de science fiction ou de suspension d'incrédulité, ça n'a rien à voir avec le fait d'écrire a peu près correctement une histoire. Scott a étrangement charcuté son film et comme il n'est sûrement pas idiot je me demande bien pourquoi.
Ps :Ah oui, et cette fille au début qui fait que des conneries , enferme sa copine et finit par tout faire péter...les anges de la téléréalité auraient fait un meilleur équipage..

DjFab
08/04/2021 à 08:58

Je suis d'accord (même si surpris) avec cette critique, je mettrais aussi 4/5.

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